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EAN : 9782367408866
316 pages
Scrineo (04/03/2021)
3.01/5   35 notes
Résumé :
Alors que la Terre se meurt, survivre est devenu une lutte quotidienne…

Depuis que ses parents sont morts et que Kay, son meilleur ami, a été enlevé par les Glacés, Sanna se réfugie dans ses souvenirs pour se protéger du désespoir. Quand tout allait bien, quand Kay était encore là, quand le soleil brillait et que ses rayons réchauffaient le cœur. Lorsque Rahil, la grand-mère de Kay, meurt à son tour, Sanna se retrouve seule. Elle décide alors de parti... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
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Cela peut sembler surprenant de la part d'une blogueuse littéraire qui écrit pour conseiller (ou déconseiller, parfois) des livres aux potentiels lecteurs, mais je ne lis jamais d'avis de lecteurs avant de commencer un livre … Je veux pouvoir profiter de ma lecture sans aucun a priori, sans aucune attente ni réticente, sans aucune influence extérieure. Mais il y a bien une chose que je ne peux m'empêcher de voir, parce que je n'ai aucun moyen de le masquer : les notes sur les divers sites littéraires que je fréquente. C'est d'autant plus difficile d'en faire abstraction sur Livraddict que la note moyenne est accompagnée d'un code couleur : même en tentent de détourner le regard, impossible d'empêcher ce petit carré coloré de s'imprimer sur votre rétine et de vous indiquer le ressenti des autres lecteurs … Autant vous dire qu'au vu de la note que la plupart des lecteurs donnait à ce livre, j'étais tout de même un tantinet inquiète au moment de le débuter, mais ce livre confirme encore une fois que je ne suis jamais comme les autres, car j'ai globalement bien apprécié, hormis quelques petits détails dont je vous parlerai plus bas …

Ce qui devait advenir arriva : après des années durant lesquelles la sécheresse s'installait toujours plus, après des années durant lesquelles les épidémies se multipliaient, après des années durant lesquelles les animaux s'éteignaient, la terre n'est plus qu'un cimetière à ciel ouvert. Parqués dans des « cités d'habitation » surveillées par des drones, les survivants se tuent à la tâche dans les mines pour gagner quelques rations alimentaires, pour garder un toit au-dessus de la tête. Trop épuisés pour réfléchir, trop épuisés pour se révolter, trop épuisés pour rêver, trop épuisés pour espérer. Depuis la disparition de Kay, son meilleur ami d'enfance, Sanna se raccroche à ses souvenirs pour ne pas sombrer entièrement dans le désespoir, elle se raccroche à cette certitude inébranlable malgré les années : Kay est vivant, quelque part, dans cette cité entourée d'une barrière climatique où vivent les Glacés. A la mort de Rahil, la grand-mère du jeune homme, Sanna n'a plus rien à perdre : malgré les interdictions, malgré les dangers, elle s'en va tenir la promesse qu'elle a faite à la vieille dame. Elle s'en va chercher Kay, retrouver Kay.

Dans l'imaginaire collectif, l'effondrement se confond avec l'apocalypse : nous imaginons une terre ensevelie sous la lave déchainée, nous imaginons une terre ravagée par les ouragans enragés. La fin du monde est perçue comme un retour au chaos des origines : ne parlons-nous pas du « Big-Bang » pour évoquer les premiers instants de l'univers ? Dans le monde post-apocalyptique de Christine Féret-Fleury, point de tout cela : c'est le silence qui s'est abattu sur la Terre, la désolation dans tout son dépouillement. Plus un bruit : les oiseaux ne chantent plus, ils sont tous morts, le vent ne soufflent plus dans les feuilles des arbres, ils sont tous morts, les hommes ne grouillent plus de partout, ils sont tous morts. Ou pas loin de l'être. le coeur des hommes est aussi aride que cette Terre qu'ils creusent avec leurs ongles pour en extraire quelques misérables éclats de métaux rares, pour mériter cette insipide bouillie qu'on leur distribue comme on donnait du grain au bétail. Ils sont morts de l'intérieur, ces hommes, ces femmes et ces enfants qui triment du matin au soir pour ensuite s'enfoncer dans un sommeil si profond qu'aucun rêve ne peut plus s'y glisser. Les rêves … nul ne sait plus ce que cela veut dire.

Car contrairement aux dystopies « ordinaires », celles qui abreuvaient le marché de la littérature young-adult ces dernières années, nulle révolte ne gronde dans le coeur ou l'esprit des hommes. Ni même dans celui de notre jeune héroïne, Sanna. C'est quelque chose qui semble lui être reproché par nombre de lecteurs, sa passivité … C'est si facile, de reprocher à un personnage fictif nos propres vices. Si facile, de lui cracher dessus parce qu'elle ne fait rien pour que ça change, alors que nous sommes exactement comme elle. Pire qu'elle, même, car contrairement à elle qui ne fait que subir, nous avons encore le pouvoir d'agir. Nous pouvons encore éviter un tel sort à Sanna, cette pauvre innocente qui représente tous les gosses innocents à venir, tous ceux que nous condamnons à survivre dans une telle désolation. Mais nous ne le faisons pas. Parce que nous aimons notre petit confort, notre petite vie de loisir, notre oisiveté : bien sûr, nous voulons bien penser à éteindre la lumière en sortant d'une pièce, mais arrêter de prendre l'avion pour aller tremper les pieds dans une mer lointaine (alors que nous pourrions nous contenter du magnifique lac à 2 kilomètres de chez nous), hors de question ! Sanna est la victime de notre inaction, de notre passivité, de notre égoïste. Une victime innocente et fragile qui paie par sa douleur et sa solitude notre culte du loisir et de l'argent, notre mépris de la terre et de ses habitants futurs …

Et voici que Sanna, elle, est prête à risquer tout ce qui lui reste, c'est-à-dire cette vie, certes misérable mais précieuse, comme toute vie, pour honorer une promesse. Et cette promesse est désormais sa seule et unique raison de vivre. On peut y voir une sorte de fuite, de déni de la réalité, je préfère y voir un acte d'amour, d'amitié et de courage. de dévouement. de loyauté. Sanna laisse derrière elle tout ce qu'elle connait pour s'enfoncer dans l'inconnu le plus total, mais surtout dans l'incertitude la plus profonde : elle ne sait pas ce qu'elle va trouver derrière l'horizon, elle ne sait pas s'il reste quelque chose à trouver. Kay est-il encore en vie ? Se souvient-il d'elle ? Tandis que Sanna affronte mille et un dangers pour son ami d'enfance, le lecteur ne peut s'empêcher de redouter le pire : on le sent, celui que Sanna cherche n'est plus. On ne sait forcément comment ni pourquoi, mais on sait au plus profond de nous-mêmes que la pauvre enfant court après un mirage, et que lorsqu'elle le rattrapera, une terrible réalité s'imposera à elle et la brisera de l'intérieur. Chaque mésaventure qu'elle traverse, chaque nouvelle déception, chaque nouveau péril qu'elle affronte, nous rappellent que les contes de fées sont bien plus cruels que nous ne voulons bien nous l'admettre …

Voici d'ailleurs le premier point « négatif » que je reproche à ce livre que je trouve par ailleurs touchant et poignant : la monotonie du schéma narratif. C'est toujours la même trame : Sanna quitte un endroit, est recueillie par quelqu'un, s'y sent en sécurité, se découvre en danger, quitte ce nouvel endroit, pour être à nouveau recueillie par quelqu'un, et ainsi de suite. C'est un peu dommage que ça soit si répétitif, car cela efface tout effet de surprise : au bout de deux péripéties de cette sorte, nous savons parfaitement à quoi nous attendre par la suite … Mais d'un autre côté, nous ressentons ainsi la même lassitude que Sanna, nous nous rapprochons un peu plus d'elle par cet « ennui » qui s'installe progressivement. Et c'est aussi parce que nous avons le sentiment de tourner en rond que nous n'avons que plus encore envie de découvrir le fin mot de l'histoire, de savoir ce qui se cache réellement dans la cité des Glacés, de savoir qui est réellement cette Reine des neiges dont Sanna aimait tant le conte quand elle était petite fille. Et je dois avouer que c'est là que cela pêche à mes yeux : cette fin me laisse sur ma faim. Elle est à la fois trop convenue, prévisible, et trop décousue, expéditive. Elle aurait méritée d'être plus approfondie pour être plus captivante, plus marquante …

En bref, vous l'aurez bien compris, contrairement à la plupart des lecteurs, j'ai plutôt bien apprécié ce récit en dépit de cette fin un peu trop précipitée. L'autrice nous plonge dans un futur pas si lointain, un futur qui pourrait bien être le nôtre ou celui de nos enfants si nous ne faisons rien. Elle nous présente une jeune héroïne tout ce qu'il y a de plus humain : c'est juste une adolescente livrée à elle-même, qui puise dans une amitié passée la force de continuer à vivre. C'est un roman qui mise sur la simplicité plus que sur l'originalité, sur la sobriété plus que sur la singularité : on se sent d'autant plus proche de Sanna qu'il ne lui arrive rien de bien extraordinaire, seulement des situations que nous n'avons aucun mal à nous représenter. Elle ne s'apprête pas à mener une révolution, elle veut juste retrouver son ami : en cela, elle m'a vraiment énormément touchée et impressionnée, car même lorsqu'elle trouve un refuge sûr, elle préfère replonger au coeur du danger pour mener à bien cette quête. Mais j'ai beau avoir personnellement aimé ce roman, je peux non seulement comprendre ce qui a tant dérangé les autres lecteurs, mais aussi prédire qu'il ne plaira pas à tous les lecteurs : il faut aimer les récits plutôt contemplatifs pour se laisser entrainer par la route de Sanna …
Lien : http://lesmotsetaientlivres...
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Voici une réécriture du conte de la Reine des Neiges d'Andersen.
Depuis que ses parents sont morts et que Kay, son meilleur ami, a été enlevé par les Glacés, Sanna se réfugie dans ses souvenirs pour se protéger du désespoir. Lorsque la grand-mère de Kay meurt, Sanna décide de partir à la recherche de son ami disparu. La voilà embarquée dans un univers dystopique, dans un voyage semé d'embûches et de rencontres improbables.

Le début de ma lecture a été un peu laborieux pour être honnête. Je trouvais l'écriture assez commune, et surtout ce récit au « je » et au présent d'énonciation m'a perturbée. Quelques phrases au passé et une mise en scène du récit qui font que l'illusion du « vous lisez ce que je vis à l'instant présent » n'a pas marché avec moi. J'avais plutôt l'impression de lire le récit de la Sanna du futur, sur son passé, le tout raconté au présent. Ca paraît un peu incompréhensible, mais il faut savoir que Sanna vit véritablement l'enfer, au bord de la famine et de l'épuisement complet; le récit de ce qu'elle vit de manière simultané ne peut donc pas fonctionner.


Mais peu à peu, une fois ce problème d'énonciation mis de côté, j'ai apprécié la plume, car il y a un réel travail de reflet de l'univers dépeint. Oui c'est long, monotone, gris, sans couleurs. Parfois, on s'ennuie. Mais de fait, l'écriture est le parfait miroir de cet univers post-apo désolé. C'est fort bien fait. On a là une écriture en miroir. Pas évident de rendre un univers si peu attirant, et c'était un pari risqué. Mais au-delà du "j'aime ou j'aime pas", il y a un gros boulot de style ici. Ce qui est dommage c'est qu'on ne s'en rend pas forcément compte… mais si si il est là.

❄️❄️❄️❄️❄️
Les persos sont intéressants. Sanna le personnage type du roman d'apprentissage, Kay… un génial tour de passe passe littéraire : il est moteur du roman, hyper consistant et complexe, mais complètement absent. J'ai trouvé ça super ! Là encore, très risqué : on aime ou pas, mais c'est un tour de génie je trouve, surtout quand la réalité et fiction de Kay sont si distinctes. Ca interroge vraiment ce qui fait un personnage.
Dommage que figurants et Reine des neiges soient si pâlots en revanche. Il y en a des rigolos (autant qu'on puisse être rigolo dans cet univers), d'autres odieux, mais tous passent et s'effacent (quasiment), sans laisser de trace; dommage, ils avaient du potentiel.


Au-delà des grandes thématiques et de la structure simpliste et originelle du conte qui sont reprises ici (l'aspect du conte, la structuration en partie, les errements de Gerda/Sanna, Kay), j'ai bien aimé le côté réaliste qui s'adjoint au texte. En cela, l'aspect post-apo marche bien, avec des thématiques environnementales bien réelles. Point de déflagration qui éventre la Terre ici, non : juste un épuisement des ressources de celle-ci, avec une population livrée à elle-même, la faim, le froid et l'extrême sécheresse, bref, des choses qu'on sait tous mais qu'on tait.


Reste que l'intrigue m'a paru bancale, dans la juxtaposition parfois sans logique des péripéties (les choix de Sanna semblent parfois vraiment complètement décousus… on va dire que c'est la faim qui lui fait perdre son sens des causes-conséquences), les facilités scénaristiques énormes (que de deus ex machina là dedans…) et la fin expédiée : fort dommage d'ailleurs car il y avait là matière à explorer plein de choses géniales à peine effleurées, ce qui aurait donné une couleur SF au texte, tant ce royaume repose sur des technologies avancées et intéressantes.


Une lecture en demi-teinte donc : certaines choses m'ont déplu, d'autres sont vraiment géniales, mais surtout ce roman a eu le mérite de m'interroger sur plein de choses (conte/réalisme, peinture du personnage, énonciation…).
Finalement c'est un roman YA intéressant que je conseille, parce qu'il a de bons atouts et offre plus qu'un simple divertissement.
Lien : https://zoeprendlaplume.fr/c..
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J'ai commencé cette lecture en étant ultra hypée, je la finis ultra déçue.
Certes, le style et le lore sont deux gros points forts de ce texte, cependant le reste est trop faible pour que ça puisse compenser. Par ailleurs, l'univers et ses règles ne sont pas toujours très compréhensibles et, finalement, ce texte est plus une balade en mode "vitrine pour découvrir l'univers" qu'une véritable histoire, car l'histoire tourne en rond.

Le début est lent, trop lent, et autant je suis curieuse d'en savoir plus sur l'arrivée du Nuage, autant la trame au présent ne parvient pas à capter mon intérêt. Puis l'élément déclencheur arrive : c'est trop facile et trop rapide, on dirait un prétexte scénaristique pour faire commencer l'histoire. Il aurait fallu passer plus de temps sur le pourquoi du comment on a pu la virer de chez elle alors qu'elle y habite encore, sous prétexte que la grand-mère est morte, au lieu de l'expédier pour pouvoir commencer l'histoire. En l'état, ce n'est pas très crédible.
En plus elle ne ressent strictement rien à la mort de Grand'

Tout le reste de l'histoire est du même genre : trop tell, trop artificiel, et des déductions absurdes.
Comment Adalbert Corneille peut identifier Key avec les deux éléments bateaux que Sanna lui donne ? Comment Sanna et Aurore peuvent-elles se persuader que le Bien-Aimé est Kay alors que quand elles se rencontrent, le seulpoint commun entre eux deux est qu'ils soient des mecs ? Comment la communauté d'Alais peut se persuader que Sanna vient de Medusa alors qu'il a été décrit qu'elle a une apparence famélique de travailleuse exploitée qui ne *peut pas* appartenir à quelqu'un de Medusa ? Pourquoi elle décide que la communauté d'Alais ne croira pas qu'Ivan lui a fait du mal, à part parce que l'intrigue a besoin qu'elle parte ?
Toutes ces questions sans réponse sont des facilités pour faire avancer l'intrigue alors qu'elle n'aurait pas de raison de le faire et c'est très dommage.

Côté personnages, je ne me suis attachée à personne. L'évolution de Sanna est trop artificielle et très parachutée, en plus d'être tell ("aujourd'hui je suis une Sanna combattante"...), et cette évolution chaotique donne un personnage vide et sans cohérence. Petite mention pour Adalbert, aussi, que j'ai trouvé beaucoup trop forcé.
Par ailleurs, comme cela a été dit dans d'autres commentaires, Sanna est beaucoup trop passive et se laisse balloter par l'intrigue, ce qui rend encore plus difficile de s'attacher à elle.

Enfin, dernier point noir, la conclusion de l'histoire, qui n'a réussi ni à me surprendre, ni à m'émouvoir. le sale coup d'Ivan n'est en rien une surprise, on s'y attendait. C'est beaucoup trop facile que le plan pour sortir de son oubliette lui tombe dessus par la magie du hasard. Pareil, le bouclier climatique, obstacle affreux et infranchissable avec lequel on nous fait peur depuis le début du livre, elle le traverse en une demie page d'un coup de baguette magique. L'auteur a l'air de se rendre compte du problème car elle fait un peu de lampshading autour, mais ça n'arrange rien.
Quand Sanna est prisonnière de la Reine des neiges, j'ai totalement décroché de l'histoire, j'y suis indifférente. On a le cliché du méchant qui révèle son plan au gentil, mais ce plan est incompréhensible, même après plusieurs explications (elle veut faire se reproduire des hologrammes ?). Et comme on ne comprend pas tout de suite ce qu'elle veut faire, on ne comprend pas la première réaction d'horreur de Sanna. Et la fin n'a rien de crédible : Sanna a sérieusement démoli tout un complexe ultra sophistiqué en tapant dessus à coups de décorations de Noël ? Sérieusement ?

(sans parler du fantasme de la puce dans le vaccin... L'auteur n'a pas souvent dû voir d'aiguilles car à moins de vacciner avec une paille, ya pas la place de faire passer une puce qu'elles pourraient retirer à mains nues avec un couteau...)
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Les Editions Scrineo ont toujours l'art de s'adjoindre les services d'illustrateurs de qualité, ce qui leur permet de proposer des ouvrages visuellement attractifs. Avec cette couverture signée Xavier Collette, Glace ne fait pas exception à la règle. Rajoutez à cela un résume qui évoque une réécriture de la reine des neiges sur fond dystopique, et vous avez de quoi rendre curieux de se plonger dans cette histoire.

Dans un futur assez proche, les catastrophes climatiques se sont accumulées jusqu'à la survenue d'un Nuage toxique qui a terrassé la nature et mis l'humanité aux abois. Sanna a vu sa vie se transformer en quelques années, où, après avoir perdu ses parents, elle a dû quitter l'école pour travailler dans les mines, comme la plupart des habitants de sa ville en ruine. Elle a survécu à ces bouleversements grâce à Kay, son ami d'enfance. Mais celui-ci a été enlevé voilà plus de 2 ans par les Glacés, un groupe d'humains dont on ne sait rien. Quand la dernière attache qui la relie encore à la cité minière s'éteint, Sanna décide de fuir et de prendre la route afin de retrouver Kay.

Dès les premières lignes, nous sommes plongés dans un récit introspectif où, au travers des pensées de Sanna, nous nous imprégnons de sa détresse accumulée au fil des mois, la misère dans laquelle vit désormais l'humanité et les évènements qui ont conduit à cette situation. On perçoit bien la génération sans espoir ni perspective qui est née de cette catastrophe et l'incapacité qui est la leur, à penser quand la survie quotidienne est déjà un enjeu et où tout est fait pour effacer l'espoir et l'envie de rébellion.

Si l'ambiance de ce roman est bien posée, ce qui saute aux yeux avec ce choix narratif d'entrée en matière, c'est la quasi absence de dialogues. Évidemment cela permet de mieux appréhender la personnalité de Sanna et l'ambiance mortifère de ce monde, mais le revers de la médaille est que nous découvrons un texte assez contemplatif, qui manque de dynamisme.

Une fois passée cette introduction, l'histoire prend rapidement l'allure d'un road trip, jalonné par les rencontres que va faire Sanna. On entraperçoit à travers ces rencontres, différents pans de ce nouveau monde. Si c'est un choix qui semble judicieux pour nous offrir une vision la plus large possible de l'évolution de l'humanité, malheureusement, chaque introduction à ces nouveaux univers est trop peu exploitée pour que le lecteur y prenne véritablement plaisir. Au contraire, on voit poindre un sentiment de frustration au fil des pages devant l'accumulation de questions qui ne trouvent pas de véritables réponses.

La même frustration se fait ressentir au niveau des personnages où, si les personnages principaux sont assez bien campés, on ne découvre pratiquement aucun autre personnage, donnant un sentiment de vide à cet univers.

Les enjeux de chaque étape de Sanna ne sont pas véritablement mis en avant, avec un manque de suspens qui renforce ce sentiment de lenteur du récit. La fin est heureusement plus dynamique sans toutefois parvenir à véritablement convaincre. J'ai bien saisi les idées que l'autrice a voulu développer mais tout est passé si rapidement, sans véritable souci de cohérence ou de cohésion de l'univers, que j'ai eu le sentiment d'une explication sortie de nulle part et une résolution improbable.

Sans surprise au vu des points mis en avant dans ma chronique, Glace est un roman qui n'aura malheureusement pas su me toucher avec son histoire qui a voulu explorer trop de pistes sans en exploiter véritablement aucune et son rythme assez lent. Je ressors déçue d'être passée à côté de cette lecture.
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--- La Reine des neiges sous un jour nouveau ---

Quand j'ai appris que Glace était une réécriture dystopique de la Reine des neiges, mon intérêt s'est aussitôt éveillé. N'ayant pas lu le conte d'origine, ma seule référence en la matière est le dessin animé réalisé par Disney. Or, force est de constater que celui-ci n'a rien à avoir avec le roman que je vous présente aujourd'hui.

J'ai donc cherché un résumé du conte d'Andersen afin de savoir si l'auteure en avait respecté les grandes lignes, ce qui s'est avéré être le cas. Mais ai-je apprécié ma lecture pour autant ? Oui, en majeure partie, malgré quelques bémols ici et là. Je remercie donc les éditions Scrineo pour l'envoi de ce service de presse.

--- Des débuts très contemplatifs ---

Christine Féret-Fleury prend le temps de poser le cadre de son histoire. En nous décrivant le triste quotidien de Sanna, elle nous ouvre les portes d'un monde tel qu'il pourrait être dans plusieurs décennies. Les dérèglements climatiques sont ainsi à l'origine de bien des catastrophes, asséchant la terre et déchaînant les cieux. Pour la plupart privés de liberté, les hommes n'ont d'autre choix que de suivre les directives données par le gouvernement en place s'ils souhaitent survivre. Bref, comme vous pouvez l'imaginer, le côté dystopique du récit est effectivement présent, et c'en était même un peu déprimant.

Cependant, ce qui m'a vraiment posé problème, c'est la passivité de Sanna, l'héroïne. L'auteure nous raconte son passé afin de justifier son attitude, mais la majorité de ses souvenirs se concentre sur les mêmes sujets : Kay, la mort de sa mère, Kay, les errances de Grand', Kay, encore Kay… Comme une litanie qui se répète indéfiniment ! J'ai donc patiemment attendu que l'intrigue décolle enfin, ce qui est assez vite arrivé. J'aurais toutefois préféré une introduction un brin plus entraînante.

--- le hasard fait parfois trop bien les choses ---

Lorsque Sanna part enfin à la recherche de Kay, j'ai pris davantage de plaisir à la suivre dans sa quête. Alors, certes, elle n'a qu'une vague idée de l'endroit où il pourrait se trouver, mais sa détermination est sans failles. Ce changement soudain dans sa personnalité m'a déroutée, mais il était le bienvenu ; enfin, elle agissait !

Durant son périple, Sanna rencontre bien évidemment d'autres réfugiés climatiques, certains bien intentionnés, d'autres un peu moins. Et la chance semble chaque fois être avec elle ! C'est ce qui fait avancer l'intrigue, je le concède, mais quelques coïncidences m'ont fait tiquer. Elles m'auraient paru plus sensées dans une réécriture de conte classique, mais n'oublions pas que l'écrivaine a fait le choix d'ancrer son récit dans la réalité.

--- D'ailleurs au sujet de cette réalité… ---

Même si l'environnement que nous décrit Christine Féret-Fleury se révèle déprimant, j'approuve ses mises en garde. En effet, elle nous rappelle sans détour que le problème se trouve devant nos yeux et qu'en dépit de cela, nous ne luttons pas en faveur de la planète. Il est certainement déjà trop tard pour empêcher le désastre, mais de quel droit oserions-nous nous en plaindre ?!

L'univers révèle également d'autres surprises, et certaines m'ont laissée dubitative. Je ne peux vous en dire trop, ce serait vous spoiler des éléments essentiels du scénario, mais je regrette que l'auteure n'ait pas pris le temps de développer ces preuves tangibles que l'humanité est parvenue à s'adapter en se tournant vers des technologies avancées. de mon point de vue, cela aurait certainement enrichi l'histoire !

--- Des personnages peu attachants ---

C'est sûrement l'une des raisons pour lesquelles je n'ai pas pleinement apprécié ce roman auquel je reconnais pourtant un véritable potentiel. En fait, je n'ai pas toujours compris l'attitude des personnages, les raisons qui les poussaient à agir comme ils le faisaient. Peut-être le lent déclin du monde suffit-il à justifier l'hostilité, la perversité, voire la folie ? C'est fort possible, mais… il m'a manqué quelque chose !

Je suis donc restée de marbre face au destin de Sanna, à ses doutes, à ses peurs. Son évolution est intéressante, mais elle ne m'a pas touchée outre mesure. Quant à Kay, ce n'est pas tant le personnage qui m'a séduite, mais la manière de le percevoir. L'auteure joue en effet sur le prisme des souvenirs de Sanna pour nous offrir une vision tantôt idéale, tantôt déplorable de ce héros qui n'en est pas vraiment un…

En fait, le seul que j'ai aimé, c'est Adalbert Corneille, pour sa singularité. Son comportement est très troublant, mais sa bienveillance évidente. Comme une lueur dans l'obscurité !

--- Un final qui me laisse perplexe ---

Plus j'avançais vers le dénouement, plus j'étais curieuse de savoir ce qui se cachait derrière le mythe de la Reine des neiges. Ma curiosité était par ailleurs exacerbée par d'étranges extraits glissés entre les pages du livre.

Mais plus j'avançais vers ce dénouement justement, moins j'en comprenais la teneur. Malgré les explications de Christine Féret-Fleury, il m'est apparu flou. Pourtant, l'idée était excellente, j'en conviens. Peut-être aurait-il fallu, à l'image de ce one-shot, approfondir davantage cet aspect de l'histoire.

Quoi qu'il en soit, je ne sais toujours pas que penser de cette fin !
Lien : https://lesfantasydamanda.wo..
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critiques presse (2)
Syfantasy
16 juillet 2021
Glace est un bon roman à mettre entre les mains de quelqu’un qui cherche à s’initier à la science-fiction anticipatrice ou qui a un profil encore adolescent. Sanna est un beau personnage qui n’aura de cesse de grandir malgré elle et qui est portée par un style maîtrisé. L’avenir que dépeint Christine Féret-Fleury est lourd de responsabilités pour le lecteur car, malheureusement, c’est vers celui-ci que nous nous dirigeons…
Lire la critique sur le site : Syfantasy
Ricochet
25 mars 2021
En se centrant sur les ressentis physiques et psychologiques de son héroïne plus que sur des descriptions, des explications, l’autrice nous entraîne sur ses pas avec une impression de découverte, quand bien même la matière apocalyptique du roman n’est pas neuve.
Lire la critique sur le site : Ricochet
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
Pourquoi ai-je pensé que devenir leur victime était inévitable ? Pourquoi cette passivité, cette espèce de résignation ? Parce qu'une partie de moi avait envie d'être pris en charge, exemptée de toute décision ? Est-ce que c'est ça, l'enseignement sournois de tous ces siècles où les hommes ont dominé les femmes ?
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Je reprends ma respiration. J'ai la sensation grisante de me livrer à une activité interdite. J'ai prise sur ce que je suis en train de bâtir par des mots, des mots plus légers que l'air que je respire, invisibles pour les machines qui nous surveillent ; je crée quelque chose- une réalité, un rêve, je ne sais pas, mais je peux le modifier à mon gré, lui faire suivre les chemins que j'ai choisis. Il y a de la force dans les contes. Du pouvoir.
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Il y a de la force dans les contes. Du pouvoir.
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Il y avait beaucoup de corps à brûler, cette année-là.
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Pourquoi ne nous sommes-nous pas révoltés ? Parce que nous étions trop crédules et déjà trop soumis ?
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Videos de Christine Féret-Fleury (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Christine Féret-Fleury
Dans 'Le Pays aux longs nuages' (Marabout), Christine Féret-Fleury raconte l'histoire d'une reconstruction en Italie, celle de deux femmes, Acia et Kamar. Acia est italienne et cherche un sen sà sa vie, Kamar est syrienne et a dû fuir son pays. Elles vont se retrouver et se lier autour de la cuisine, et de tout ce qui fait le charme de ce pays. L'autrice nous en dit plus dans cette vidéo, à travers 5 mots.
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