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ISBN : 2354885636
Éditeur : Gulf Stream Editeur (03/05/2018)

Note moyenne : 4.45/5 (sur 19 notes)
Résumé :
Armelle le sait depuis trois ans, elle aime les filles. Seul son carnet bleu est mis dans la confidence. L'adolescente solitaire et férue de lecture y confie ses peurs, ses espoirs. Elle lui parle d'Inès, une nouvelle élève qui l'attire. Lorsque son amie la rejette violemment, Armelle devient rapidement l'objet du mépris et des insultes de ses camarades. Pourtant, cet événement n'est qu'un tournant dans sa vie qui bascule définitivement un dimanche soir. Alors que s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
Glittery_books
  26 mai 2018
Ce livre m'a intrigué dès sa sortie. Non seulement pour sa couverture (je ne suis pas superficielle, chut) mais aussi pour le jeu de mot présent dans ce titre, qui est extrêmement fort, je m'en rends compte après avoir refermé ce bouquin. Puis bien évidemment, la quatrième de couverture m'a intrigué. Je pense qu'on peut dire que les mentalités changent, et que les ME osent plus de choses, comme par exemple publier des livres abordant des sujets LGBTQIA+... Ou pas. Ou du moins, en parti. En général, c'est des personnages masculins gays. Que ce soit dans les YA, en fantasy, dans les contemporains… Alors oui c'est bien, je ne dis pas le contraire, mais les femmes sont souvent oubliés, les jeunes filles surtout. J'ai beaucoup de mal à trouver des livres en Français, YA et abordant l'homosexualité féminine. On fait vite le tour, malheureusement, et parfois… c'est bourré de clichés. Alors j'ai éprouvé une immense joie en voyant cette quatrième de couverture. Et connaissant un peu l'auteure, je n'ai pas eu peur de tomber sur un livre bourré de clichés. J'ai eu raison.

Dans ce livre, nous rencontrons Armelle, une jeune fille qui se découvre attirée par les autres filles. C'est un peu surprenant, au départ, elle s'en rends compte abruptement, pas dans les meilleures conditions. Elle se penche sur la question, mais reste très discrète. Ses pensées, c'est entre elle et son carnet, Blue. Elle y écrit ses tracas, toutes les pensées qui peuvent lui passer par la tête. Elle écrit ses joies, ses peines surtout. Sa découverte de soi. C'est à travers ce carnet qu'on peut vraiment ressentir toutes ses émotions, et à quel point elle change peu à peu de discours. Mais revenons à Armelle. Après s'être rendue compte que les filles lui plaisaient, elle reste à l'écart mais se permets de regarder un peu… autour d'elle. C'est à ce moment qu'elle a son premier réel coup de coeur, pour une fille de sa classe. Et tout part d'ici. Comme vous pouvez vous en douter, Armelle n'est pas très discrète, et certains élèves remarquent ses regards envers Inès, son coup de coeur. Malheureusement. Et elle se retrouve face à l'homophobie de tous, au lycée. Et puis, comme si cela ne suffisait pas, ses parents finissent par l'apprendre, d'une manière pas très douce. Et ces derniers sont homophobes, sa mère en particulier. Armelle se retrouve avec des coups, une valise, et plus de toit au dessus de sa tête. Sa nouvelle vie commence à ce moment là, et je vous laisse découvrir la suite.

Inès, qui est aussi très importante dans l'histoire, presque un second personnage principal, puisqu'elle est le premier coup de coeur d'Armelle, qu'elle sait que c'est le cas, qu'elle sent son regard posé sur elle pendant les cours. C'est d'ailleurs elle qui fait le premier pas envers Armelle, pour mieux la rejeter ensuite. C'était dur à lire, mais on nous explique certaines choses ensuite, et ce rejet peut être compréhensible même s'il reste horrible pour Armelle. On la suit elle aussi, on apprends ce qu'elle a vécu, ce qu'elle vit, les tracas et les pensées qu'elle a, elle aussi. Au final, Inès et Armelle sont très similaires, mais pas trop non plus.

Ces deux personnages sont extrêmement bien travaillés. Bien loin des clichés. Elles sont fortes toutes les deux, traversent, ou ont traversés des périodes juste terribles, mais elles se tiennent encore debout, très fières. C'est des modèles, et c'est des personnages principaux féminins comme elles dont on a besoin.

Ensuite, il y a plusieurs autres personnages. Les parents d'Armelle, bien évidemment, qu'on peut rapidement détester, surtout sa mère, qui est homophobe, fervente supportrice de la manif pour tous (rien que d'écrire ces mots m'énerve.) vous savez, ces gens qui pensent qu'une vraie famille c'est un papa, une maman, une petite fille, et un petit garçon. Enfin bref, elle a une mère homophobe et sans cerveau, on ne va pas s'attarder là dessus, je vais m'énerver sinon. Et son père… Il l'est aussi, je pense. Mais parce que sa femme l'est, et qu'il la suit dans tout ce qu'elle fait. Un vrai petit toutou. Armelle est donc mal entourée.
Il y a aussi les “populaires”, mauvaises langues du lycée, Anaïs et sa clique. C'est les seuls personnages clichés du bouquin, je crois, mais on ne les croise pas si souvent que ça, alors ça passe.
On suit aussi une famille homoparentale. Et non, pas deux papas, mais deux mamans ! Oui, j'ai eu du mal à y croire… Un vrai bonheur. Merci à l'auteure pour cela.
Reba. Je ne peux en dire plus sur ce personnage, mais… wow.

C'est une histoire bouleversante, mais à la fois douce. C'est un bouquin qui m'a redonné de l'espoir. Et de la force. Armelle enchaîne les échecs et les déceptions, mais elle se relève. Elle commence en étant très mal entouré, mais finit par avoir un entourage incroyablement compréhensif, à l'écoute. Elle change, elle grandit, elle gagne en maturité. Elle se retrouve du jour au lendemain à la rue mais ne baisse pas les bras. L'évolution de ce personnage est vraiment beau, et même si ce bouquin m'a beaucoup fait pleurer, je l'ai refermé avec un sourire aux lèvres. Parce que face à la haine, il y a l'espoir. Et le positif gagnera toujours face au négatif.

Le fait que ce livre aborde autant de sujets en très peu de pages en fait une pépite. Homosexualité, homoparentalité, rejet de la société et de la famille, homophobie, le milieu scolaire qui n'est pas toujours très conciliant, la question de l'émancipation aussi… En 191 pages, l'auteure amène beaucoup de sujets qui peuvent être tabous, encore maintenant. Et ça fait du bien.

En bref, c'est un livre qui m'a fait passer par toutes les émotions, que j'ai dû parfois poser quelques minutes le temps de reprendre mon souffle et ne plus ressentir cette douleur au niveau du coeur, mais qui m'a fait aussi sourire et pleurer de joie, qui m'a presque donné confiance en moi. Un livre qui donne de l'espoir, aussi. Des personnages très forts, pas clichés, et même s'il y a pas mal de personnages, ils sont tous travaillés, et on ne les mélange pas entre eux. Une histoire d'acceptation, d'amitié, d'amour, aussi, mais pas forcément l'amour… amoureux.
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LightandSmell
  20 juin 2018
Armelle, lycéenne de 16 ans, aime les filles. Peu importe, me direz-vous. Dans le meilleur des mondes, vous auriez raison. Mais dans le monde d'Armelle qui est aussi le nôtre, c'est un problème… Bienvenue en 2018 où la tolérance est encore une utopie, et où des parents peuvent mettre leur fille à la porte en raison de son orientation sexuelle. Dans son malheur, la jeune fille trouvera néanmoins une main tendue qui l'aidera à garder la tête haute et à prouver qu'un individu a le droit d'être heureux, et ceci quelles que soient ses préférences amoureuses.
À la lecture de ce livre court, mais intense émotionnellement, on ne peut que penser à tous ces jeunes gens qui, comme Armelle, se sont retrouvés du jour au lendemain dans la rue en raison de leur orientation sexuelle. Combien ont eu la chance de l'adolescente et sont tombés sur des personnes prêtes à leur tendre la main ? Je n'en sais rien et, peut-être lâchement, ne préfère pas trop y penser. Mais ce qui est certain, c'est que je salue le travail des associations qui aident ces adolescents rejetés par les leurs.
Je remercie l'auteure d'avoir osé proposer un roman sur l'homophobie, un roman prônant le droit à la différence et à l'indifférence, pas celle qui vous annihile et vous gomme du paysage, mais celle qui vous fait comprendre que vous avez le droit d'être vous-même sans que cela n'offusque ni ne gêne personne. Et c'est parce que ce droit n'est pas encore acquis pour chacun que des livres comme Les maux bleus demeurent plus que jamais une nécessité. Un moyen intelligent et percutant pour sensibiliser au respect de l'autre et à la tolérance.
À travers Armelle, l'auteure nous prouve une chose qui semble si évidente et qui est pourtant occultée par certaines personnes : être homosexuel n'est pas un problème, ne l'a jamais été et ne le sera jamais ! le problème, ce sont les gens qui n'acceptent pas que chacun puisse être différent, et que l'amour puisse être protéiforme. Ce roman pourra donc certainement aider des adolescents, et même des adultes à parcourir le même chemin qu'Armelle, celui de l'acceptation de soi, de ses sentiments, et ceci en dépit du regard des autres et de leurs préjugés.
J'ai apprécié que l'auteure nous plonge dans la tête de son héroïne nous permettant ainsi de suivre tous ces doutes, ces incertitudes et ces pensées qui l'assaillent. Si Armelle sait qu'elle aime les filles depuis ses 13 ans, il lui faudra néanmoins un certain temps avant de pouvoir l'accepter et arriver à se qualifier elle-même de lesbienne. Mais malheureusement, son homosexualité va conduire ses camarades à la persécuter et ses parents à simplement la rejeter… Si j'ai détesté les pimbêches de son lycée qui font de la vie d'Armelle un enfer, j'ai été révoltée par ses parents. Comment des parents peuvent rejeter leur enfant parce qu'il aime quelqu'un du même sexe que lui ?
La violence de la mère d'Armelle à la découverte de l'homosexualité de sa fille se révèle ainsi tellement choquante que j'en ai presque eu le souffle coupé. Armelle avait anticipé un moment difficile à passer, mais elle n'aurait jamais cru sa mère capable d'une telle cruauté, et son père d'une telle lâcheté. Au cours de la lecture, on se rend compte que cette réaction excessive et honteuse n'est finalement que le reflet des peurs et des fêlures de cette femme devenue mère sans le vouloir. Or mère par obligation et mère aimante ne vont que très rarement de pair.
En plus de l'homosexualité, l'auteure aborde donc, même si ce n'est que succinctement, un autre tabou encore en vigueur dans notre société : ces mères qui ont des enfants par obligation et qui n'ont jamais réussi à s'épanouir dans un rôle qu'un conjoint ou que la société leur a imposé. Alors, est-ce pour ça que la mère d'Armelle finit par se battre pour un modèle idéal de famille qu'elle n'a elle-même jamais réussi à construire ? Peu importe finalement, on notera juste l'ironie de la situation avec une femme qui lutte pour le respect de valeurs familiales traditionnelles au mépris de ce qui fait une vraie famille, l'amour et la tolérance.
Le roman nous offre également le modèle non pas d'une famille idéalisée et standardisée, mais celui d'une famille homoparentale avec ses moments de doute et de bonheur. Je ne peux pas développer trop ce point sans vous spoiler une partie de l'intrigue, mais j'ai apprécié de voir ce genre de cellule familiale si rare en littérature, et a fortiori quand il s'agit de femmes. Et là encore, on se rend compte du poids de la société qui pèse sur ces familles atypiques qui peuvent encore faire peur… Cette famille homoparentale va apporter un peu de stabilité émotionnelle et matérielle à Armelle qui en aura fort besoin après le rejet de ses parents. La cohabitation ne se fera pas sans heurt, mais elle va lui permettre de grandir et de reprendre, petit à petit, confiance en la vie. Ceci est d'autant plus important qu'à part ce couple qui va s'occuper de la jeune fille, les adultes du roman semblent assez défaillants, pas forcément tous hostiles, mais plutôt démunis face à la situation dans laquelle se retrouve Armelle…
Cette jeune fille m'a beaucoup émue, mais elle m'a surtout impressionnée par sa force de caractère et sa personnalité de battante. Même quand ses camarades la briment et ses parents la rejettent, elle garde la tête haute et refuse de courber l'échine pour se conformer aux attentes de ses parents. Ces derniers, surtout la mère, ont, en effet, déjà une vision bien arrêtée du futur de leur fille, un futur modelé sans prendre en compte ses aspirations. Mais Armelle, dotée d'une certaine maturité et d'une grande capacité de réflexion, se battra pour mener la vie qu'elle souhaite et ne pas renoncer à ce qu'elle est en son for intérieur. Si j'ai adoré sa personnalité, j'ai aimé que l'auteure ne mystifie pas la jeune fille qui, malgré les difficultés qu'elle rencontre sur sa route, n'en demeure pas moins une adolescente comme les autres. Elle doute donc parfois, ne fait pas toujours les bons choix et se révélera même parfois agaçante. C'est donc avec plaisir qu'on la voit, petit à petit, évoluer, grandir, s'apaiser et reprendre confiance en la vie et en ces personnes qui seront là pour elle malgré sa réserve.
Les thèmes abordés par le roman ne sont pas simples, mais pourtant l'auteure ne tombe jamais dans le pathos ou le larmoyant. Elle trouve un juste milieu entre émotion et introspection, entre coups durs et moments plus tendres. On ressort donc de notre lecture avec un élan d'optimiste qui nous fait dire que si la route est encore longue avant que chacun puisse vivre librement sa vie amoureuse comme il l'entend, il y aura néanmoins toujours des personnes qui seront là pour propager de la lumière dans l'obscurité.
Enfin, comme avec Au bois dormant, j'ai été séduite par la plume de l'auteure qui, grâce à un vocable riche et empreint de poésie, nous immerge avec force dans l'histoire d'Armelle. D'une plume fluide et élégante, l'auteure vous fait ainsi passer par mille émotions et vous fait ressentir les tourments et les espoirs de son héroïne.
En conclusion, en abordant de manière simple, mais avec grande sensibilité, le thème de l'homophobie, l'auteure nous offre ici un très beau roman qui devrait toucher autant les parents que leurs enfants. Il me semble d'ailleurs constituer un excellent point de départ pour entamer une discussion autour de l'homosexualité et du rejet qu'elle peut encore susciter de nos jours. Les maux bleus fait donc partie de ces lectures belles et intenses que je recommanderai à tous, car nul doute que ce roman pourra aider certains lecteurs à s'accepter et/ou à mener une vraie réflexion sur la notion de tolérance.
Et qui sait, peut-être que d'ici quelques années, Armelle ne sera plus un visage parmi tant d'autres du rejet de la différence, mais un personnage de pure fiction nous narrant une époque où l'on pouvait encore être persécuté pour son orientation sexuelle. Douce utopie ou futur possible, c'est à chacun d'entre nous d'en décider…
Lien : https://lightandsmell.wordpr..
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cristalya
  15 août 2018
Ce livre me tentait beaucoup dès que j'en ai lu le résumé. Ce sujet me touche particulièrement, ne comprenant pas qu'on puisse discriminer des personnes à propos de leur orientation ou attirance sexuelle. Ce fut donc avec hâte que je me suis lancée dedans grâce au service de presse envoyé par Gulf Stream Editeur que je remercie par cette occasion.
Armelle sait depuis une rencontre silencieuse avec une jeune femme dans un restaurant au bord de l'autoroute qu'elle aime les filles, tout du moins c'est ce qu'elle finira par comprendre. Seulement, vivant avec des parents contre l'homosexualité, elle en vient à se poser des questions sur elle-même, si elle est anormale du fait de cette attirance non hétérosexuelle, comme le veut le modèle que nous propose la société.
C'est à la suite d'un événement qu'Armelle va l'avouer à ses parents trois ans plus tard, mais malheureusement, sa mère ne l'entend pas de cette oreille. A partir de là, tout bascule pour la jeune adolescente qui est jetée dehors, sans répit.
le roman va ainsi nous emmener à ses côtés, dans ses pensées intérieures mais aussi dans son carnet bleu, auquel elle confie ses doutes et ses questionnements. On va suivre ce personnage dans sa remise en question qu'elle va faire, des questions auxquelles doivent sûrement faire face de nombreuses personnes à l'orientation non hétérosexuelle, telles que : Suis-je normal ? Ai-je raté quelque chose ? Ai-je dévié du "droit chemin" ?, ...
On se met à la place de ces personnes, qui doivent faire face à l'hostilité d'une partie de la population, voire parfois de leurs proches, alors qu'elles sont tout aussi normales que des personnes hétérosexuelles, bisexuelles, ... On entend les remarques jetées pas si discrètement, les sous-entendus cachés, ..., et on comprend la souffrance que peuvent ressentir ces personnes par le biais du personnage d'Armelle.
le personnage d'Armelle se pose toutes ces questions, fait face à ses remarques, en pleine période de l'adolescence. Bien que je ne me sois pas identifiée à Armelle, on comprend qu'elle ait tous ces doutes, qu'elle a peur de s'affirmer telle qu'elle est, alors que ses parents l'ont laissée tomber. On suivra ainsi son évolution, son chemin vers l'acceptation de ce qu'elle est, parfois semé d'embûches et rendu difficile par les autres.
Les émotions sont très présentes dedans, très vives, et on pourrait presque les ressentir avec Armelle, voire les vivre avec elle, en fonction de l'identification qu'on lui porte. L'autrice le fait avec des métaphores par le biais d'Armelle, personnage appréciant particulièrement le français, la littérature et la poésie grâce auxquels elle s'évade quand elle le peut.
Cette histoire, cela peut en être une parmi toutes celles que vivent les personnes homosexuelles. Les histoires où cela se passe à peu près bien, celles où les personnes ne peuvent assumer ce qu'elles sont sans représailles, celles qui sont jetées pas leurs parents, par leurs amis, celles où elles finissent dans la rue, ou battues. Ici, Armelle a la chance de trouver des mains tendues qui veulent l'aider, mais ce n'est malheureusement pas toujours le cas. Ce livre est là pour aborder le sujet, amorcer la réflexion autour, et surtout montrer le problème que pose encore l'homophobie de nos jours malgré quelques avancées.
le roman se fait engagé sur un sujet malheureusement épineux pour certains, alors qu'il ne devrait pas l'être. Il montre les doutes, les représailles ou les paroles subies, les conséquences de cette discrimination, parfois mortelles, alors que ces personnes veulent seulement être ce qu'elles sont, se fondre dans la masse en étant elles-mêmes, qu'on les accepte tout en les respectant autant que les personnes hétérosexuelles.
Ce livre parle de ce sujet de manière abordable pour le plus grand nombre, faire comprendre ce que ressentent et vivent ces personnes, et qu'elles aussi ont droit d'être heureuses en étant ce qu'elles sont au fond d'elles-mêmes, et l'ouvrage prône donc au final, la tolérance, tout simplement.
le roman se lit rapidement, et sa petite taille en terme de pages, moins de deux cents, le rend d'autant plus accessible à pleins de personnes, grands lecteurs ou non.
Il le montre aussi, l'homophobie est en partie là à cause la peur de la différence qu'ont certaines personnes qui ne veulent pas voir changer leur petit quotidien et leur routine, et qu'elles déguisent sous les bannières "Un enfant = un père et une mère", "L'homosexualité va détruire notre société", "Les homosexuels vont corrompre nos enfants", et tout ce genre de bêtises que l'on peut entendre.

Pour conclure, le roman traite avec l'histoire d'Armelle le sujet de l'homophobie, et pour moi, avec réussite. Il est là pour montrer les doutes et la remise en questions mais aussi la discrimination autour de ces personnes homosexuelles, mais aussi par extension toutes celles de la communauté LGBTQ+. le livre, court, est accessible au plus grand nombre, et j'espère qu'il pourra faire changer le point de vue d'une partie des lecteurs et de la peur de la différence à propos les personnes à l'orientation non hétérosexuelle, car comme expliqué en fin de lecture, les discriminations homophobes sont en augmentation depuis quelques années, et très importantes dans le milieu familial ou amical proche, alors que ces personnes ont aussi droit au bonheur en étant elles-mêmes. Un roman, donc, qui prône la tolérance et l'acceptation de soi-même et de la part des autres.
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orbe
  27 juin 2018
Armelle se fait traiter de "Sale Guine" au lycée après s'être fait piégée par des filles de sa classe qui ont voulu dénoncer son homosexualité.
C'est pas mieux à la maison où ses parents on tenu à ce qu'elle défile avec eux à la manif pour tous, contre le mariage des couples de même sexe.
Doit-elle affirmer son goût pour les filles ? Quelles seront les conséquences ?
Un formidable roman qui nous met littéralement à la place de l'héroïne et nous plonge tout en finesse dans ses multiples interrogations.
Le récit invoque successivement l'attirance ressentie pour une personne de même sexe, le harcèlement à l'école, l'homophobie, le rejet des parents, les couples homosexuels et esquisse même des solutions.
Sans jamais généraliser ou être dans le jugement, avec une très belle plume, c'est un magnifique portrait d'adolescente qui nous est proposé.
Un livre juste et fort à partager et à offrir !
Lien : http://www.nouveautes-jeunes..
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DreamBookeuse
  06 juillet 2018
Un grand merci à Gulf Stream Editeur pour l'envoi de ce court roman, seconde la collection Echos et qui donne de l'espoir, de la fierté et du courage.
Mon résumé
Armelle a 17 ans. Cela fait trois ans désormais qu'elle sait qu'elle aime les filles, trois ans qu'elle se confie à Blue, son journal intime où elle y expose ses doutes, ses joies, ses peines, des questions sur la vie, le sens qu'on lui donne et l'image que l'on renvoie. Mais ça fait également quelques temps, au lycée, qu'on la harcèle, c'est parti d'un rien, d'un regard, d'un baiser qu'il ne fallait pas donner et toute sa vie a basculé. Mais il aura fallu que ses parents le découvre, qu'ils la mettent dehors et qu'elles regardent la porte se ferme sous son nez pour qu'elle explose.
Mon avis
Il y a ces romans qui sont des prises de conscience, qui sont des claques, des remises en question, des romans qui vous font vous sentir connectés. Les maux bleus c'est un de ceux-là. Il y a des réalités que l'on connaît mais que l'on refuse de voir, d'entendre, d'écouter. Un peu comme des informations qui vous viendraient de très loin, ce pays d'Afrique qui meurt de faim mais que vous ne savez pas situer sur une carte. Pour l'homophobie, ce que les homosexuels peuvent subir, la rue, le rejet, la haine, je sais que ça existe, j'en entends parler, j'en comprends les enjeux. Les livres vont toujours plus loin, surtout lorsqu'ils sont exceptionnellement bien écrits et immersifs comme celui-ci. Ils vous emportent. Vous êtes le personnage. Et là, moi, j'incarnais Armelle, cette héroïne de 17 ans, pas si éloignée de moi, pas si fictive. Et j'ai eu mal.
Armelle est une adolescente qui ressemble à beaucoup d'adolescente : elle ne se trouve pas particulièrement jolie, croit que toutes les autres filles sont plus belles, plus « femmes » qu'elle, elle aime la littérature et les mots et préfère changer de place en classe plutôt que de rester toujours sur la même chaise, au même bureau avec le même regard sur ses camarades. Oui mais Armelle n'est pas normale du moins c'est ce qu'elle pense, ce qu'elle ressent : elle n'entre pas dans les cases gentiment préparées pour elle, évite les questions de mariage avec sa mère, refuse de parler avenir étude et pharmacie avec son père. Elle aime les filles. Et cela n'aurait sans doute pas poser problème dans un autre monde, avec une autre famille. Mais voilà, un dimanche lorsque ses parents l'entraînent dans une manifestation contre le mariage pour tous, elle craque. Non les familles ne sont pas obligées d'être une maman, un papa et une petite fille et un petit garçon. Non aimer ce n'est pas dégoûtant. Et oui, elle aime les filles. Mais ses parents sont aimants, compréhensifs, n'a t-elle pas des dizaines de clins d'oeil complices avec sa mère ? Alors quand elle voit la porte de chez elle se refermer sur sa silhouette, en pleine nuit, elle ne comprend pas tout de suite, espère qu'on va la rappeler.
Et commence ainsi le basculement de toute une vie. En l'espace de 191 pages, l'auteure arrive à faire évoluer son personnage de façon très rapide et à la fois très naturelle. de prises de conscience en discussions intimes avec son carnet, de disputes en réconciliation, Armelle grandit, observe le monde qui l'entoure avec peut-être plus d'attention, une acuité nouvelle.
La jeune adolescente met également en mot ce que l'on aimerait crier à la tête de tous ces idiots qui se prennent pour les rois (et les reines) du monde et qui dictent les comportements des uns et des autres comme s'ils avaient été élus par un quelconque pouvoir.
Après cela, Armelle oscillera entre adolescente égoïste et mature, grandie par tous ces événements, par l'endroit où elle a trouvé refuge (un couple d'homosexuelles), par les conversations qu'elle aura eues, mais également, toujours, au fond, une adolescente en chemin, qui avance mais cette fois-ci dans la bonne direction : celle de l'épanouissement et de l'acceptation. Et je souhaite ce chemin à tous et toutes celles se retrouvant dans cette situation. Surtout lorsque l'on se dit, qu'au final, Armelle a eu de la chance de tomber sur les deux femmes qui l'ont recueillie, mais que beaucoup restent dans la rue pendant des années, sont obligés de se prostituer et tant d'autres choses pour survivre.
En résumé
Ce roman a été un coup de coeur, qui m'aura arraché de nombreuses larmes, de nombreux cris intérieurs aussi, qui m'aura fait prendre conscience, un peu plus profondément, intimement devrais-je dire, de nombreuses choses. Et je remercie du fond du coeur Christine Féret-Fleury d'enfin mettre en lumière l'homosexualité féminine (la masculine étant beaucoup plus présente dans les romans adolescents, les films et la littérature), l'homoparentalité et d'envoyer ce message à toutes ces femmes et tous ces hommes homosexuel.le.s (et tant d'autres) : vous pouvez être fier.e.s de ce que vous êtes.
Aujourd'hui c'est un combat, j'espère que plus tard ce sera une joie, qu'on ne l'appellera même plus « sujet tabou », et que l'on y verra plus aucune différence, parce que non il n'y en a pas, ce sont toujours des êtres qui s'aiment.
Lien : https://lesdreamdreamdunebou..
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
DreamBookeuseDreamBookeuse   06 juillet 2018
Ce n’est pas ta famille qui n’est pas normale Inès : c’est ce que les autres pensent et disent. Tu écoutes le journal télévisé, parfois ? Quand un enfant meurt sous les coups de ses parents, on dit que ces gens sont des monstres. On se dépêche de les mettre à part de l’espèce humaine, parce qu’on a peur de découvrir en soi la même violence. Si c’était l’enfant de deux femmes ou de deux hommes, on se dépêcherait de clamer qu’il fallait s’y attendre, qu’une famille de ce genre est forcément déviante et perverse. Tu comprends ce que je veux dire ?
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cathulucathulu   01 août 2018
Je lui dis adieu. Désolée, je ne serai jamais toi. Désolée, papa, maman Désolée. J'aurais bien aimé, pourtant, ça doit être si confortable d'être approuvée.
Cette fille idéale, aujourd’hui, je la pleure comme on pleurerait une morte.
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DreamBookeuseDreamBookeuse   06 juillet 2018
Ce n’était pas possible.
On ne jette pas son enfant à la rue. Elle avait voulu me faire peur, elle allait m’appeler, bientôt, dans quelques minutes ou quelques heures, me dire de rentrer, qu’on allait parler, que j’avais cours demain et qu’il fallait dormir. Je gardais mon smartphone dans le creux de ma main, je guettais, les nerfs tendus, la vibration qui me délivrerait.
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hashtagcelinehashtagceline   25 mai 2018
Si j’étais un homme, je serais amoureux d’elle.
J’étais soulagée. J’avais résolu l’énigme. Je m’étais glissée passagèrement dans la peau d’un homme, d’un homme épris, touché par la beauté d’une femme, mais comme je n’étais pas un homme, l’histoire allait s’arrêter là.
Du moins je le croyais.
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hashtagcelinehashtagceline   25 mai 2018
Pendant que je dormais un masque s’est posé sur mon visage, je le sens, si fin qu’il s’est insinué dans le moindre pli, collant, résistant, je ne pourrai jamais plus l’enlever. Et tout le monde verra.
Il y a eu hier, il y a aujourd’hui. Et je ne suis plus la même.
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Videos de Christine Féret-Fleury (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Christine Féret-Fleury
?Miroirs?, la web-série : Christine Féret-Fleury .13 écrivains de la nouvelle vague de la littérature pour ados et Young Adult font face à de jeunes lecteurs, âgés de 14 à 17 ans, pour des portraits chinois croisés en 13 capsules vidéo. Scénariste et réalisateur : Andrés Jarach sur une idée originale du Salon du livre et de la presse jeunesse
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