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EAN : 9782361831943
219 pages
Éditeur : Les Moutons Electriques (06/02/2015)

Note moyenne : 3.59/5 (sur 44 notes)
Résumé :
Moscou, dans un futur en retard sur le nôtre. Manya et Vinkenti sont deux urgentistes de nuit qui circulent à bord de leur ambulance volante de classe Jigouli. La Russie a subi un brusque infarctus politique, entraînant le pays tout entier dans une lente agonie économique et une mort clinique quasi certaine. Le duo d’ambulanciers est donc le témoin privilégié de la dégradation des conditions de vie des Russes. Surtout que leurs propres emplois sont menacés par une c... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
Dionysos89
  06 février 2015
Sovok : adj. Arg. Qui désigne les individus et les idées qui sont profondément imprégnés de réminiscences nostalgiques de l'ex-URSS. Il est clair qu'avec ce roman de Cédric Ferrand, on en a notre comptant, de réminiscences soviétiques. Ça suinte la rouille léniniste et ça crisse entre la faucille et le marteau : avis aux amateurs ! Au passage, nous retrouvons ici le format souple des Moutons électriques, le même que pour Wastburg, c'est bien vu pour harmoniser nos bibliothèques...

Quelques lignes techniques sur les ambulances miteuses stockées dans une église en délabrement et nous voilà reparti dans le style décalé et gouailleur de Cédric Ferrand : les comparaisons volontairement grand-guignolesques s'enchaînent sans crier gare. Avec ses expressions bien à lui, l'auteur fouille dès le départ les bas-fonds de la société russe (et surtout moscovite) après une déchéance économique et politique ; ce quotidien construit de bouts de ficelle, de coups de bas et de coups de main, entre dépannages divers et dure loi du « tout se paye », est une des marques de fabrique de l'auteur.
Dans tout ce fatras, nous suivons la semaine catastrophique de Méhoudar, qui vient tout juste de décrocher un stage de nuit dans la société d'ambulances, Blijni. Affecté à l'équipe de de Manya et Vinkenti, duo truculent s'il en est, Méhoudar doit rapidement s'adapter afin de répondre aux différents besoins des blessés, des rues encrassés aux hôpitaux submergés. le fait que Méhoudar est un juif, peu pratiquant, tout frais débarqué du Birobidjan, permet des allusions croustillantes et des comparaisons fines entre les confessions religieuses, mais c'est loin d'être le coeur du récit : il s'agit, le plus souvent, de s'amuser ou de s'apitoyer sur la nécessaire habitude de s'appuyer sur des bouts de ficelle ou des coups fumeux. On ne pourrait citer toutes les bonnes idées induites par ce roman, rien que la « blague » récurrente sur La Pravda (« La vérité » en russe), qui ment comme elle s'imprime, vaut le coup d'oeil.
Dès la quatrième de couverture, la trame chronologique est difficile à cerner ; à mon avis, c'est une volonté de l'auteur de se placer dans le temps de façon plutôt floue (même si des indices parsemés et une connaissance de l'univers précisent que nous sommes vers 2025). Un fort aspect steampunk est annoncé, mais il est finalement très léger. Or, c'est vrai que nous retrouvons dans ces pages une tendance « Do It Yourself », puisque les Moscovites sont amenés à se débrouiller seul pour bidouiller, réparer, troquer tout ce qui leur passe sous le nez ; tout cela donne un bon côté punk malgré tout à cette histoire.
De plus, nous sommes dans une Russie post-soviétisme qui en a gardé de lourds travers tout en revenant à organisation plus primaire, comme si la société était partie en déliquescence et que le développement était désormais complètement atrophié : donc, rétro-futurisme certes, mais pas tellement parce que le futur est arrivé plus tôt dans le passé, surtout parce que le futur se dirige vers le passé (vive les phrases cryptiques !). Dans tous les cas, cette Russie n'est pas une vision autre du passé, mais bien une anticipation de ce qu'elle pourrait devenir.
Après Wastburg, l'auteur confirme son aptitude à traiter de la déliquescence de la vie, des sociétés. le caractère urbain de ses histoires aide beaucoup dans cette optique, puisque la ville est bien souvent le creuset des inégalités et des complots de toutes sortes. Pour cela (et pour rester un petit peu dans la comparaison entre ces deux romans passionnants), Sovok s'appuie sur une trame narrative relativement simple : composer les chapitres en suivant les jours de la semaine où Méhoudar s'est fait recruter en tant qu'ambulancier urgentiste, les heures de nuit rythmant les différents paragraphes. Sans aller jusqu'à répéter le récit sous forme de nouvelles quasi indépendantes les unes des autres comme dans Wastburg, Cédric Ferrand renouvelle son écriture sur des bases malgré tout connues et c'est rassurant pour le lecteur, et ce, au point de voir dans ce récit une tout autre optique narrative. Ainsi, autant dans Wastburg, le récit avait une fin conclusive plutôt prononcée et surtout amenée tout au long du roman (le lecteur était curieux de connaître la suite de la destinée de cette ville frontière, mais le besoin se concrétisait peut-être davantage en une relecture que l'attente d'une suite), autant dans Sovok, le lecteur peut ressentir l'impression de lire une vaste et captivante introduction dont la « conclusion » est une ouverture maîtrisée vers des événements tout aussi captivants. Et tout cela n'est pas pour rien, puisque Sovok est issu de l'univers de jeu de rôle éponyme. À défaut de suite à ses deux ouvrages, nous attendons donc d'autres « mises en roman » d'univers de jeux de rôle qu'il fait vivre, comme Brumaire, Vermine et bien d'autres…

Sovok se révèle donc une lecture très fraîche, avec le style propre à Cédric Ferrand qui ne déçoit pas avec ce deuxième roman dans la même veine que Wastburg d'un point de vue de la forme mais radicalement éloigné du point de vue du fond. Encore plus que dans la cité fantasy précédente, Sovok incite fortement le lecteur à vouloir revenir dès que possible dans cette Moscou en proie aux foudres du post-soviétisme déliquescent.

[Bien davantage de contenus (images, liens et critique plus longue) sur https://bibliocosme.wordpress.com/2015/02/06/sovok/]
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boudicca
  09 février 2015
Après l'excellent « Wasburg » dépeignant les bas-fonds d'une cité apatride d'inspiration médiévale, Cédric Ferrand revient enfin avec un tout nouveau roman intitulé « Sovok ». Bien que lui aussi tiré d'un jeu de rôle, l'univers dépeint ici par l'auteur n'a rien à voir avec son précédent ouvrage puisqu'il s'inspire d'une Russie rétro-futuriste en pleine déliquescence. C'est bien simple, tout part à vau-l'eau : le gouvernement en place se distingue avant tout par son instabilité, les pouvoir publics manquent à tel point de ressources que se sont aux habitants de se cotiser pour rémunérer pompiers et instituteurs, et la plupart des quartiers se retrouvent à tour de rôle privés d'électricité et plongés dans le noir. L'avantage (parce qu'il faut bien en trouver...) c'est que les Moscovites sont devenus les rois de la débrouille ! Bidouillage en tout genre, troc, pot-de-vin, petits arrangements le plus souvent illégaux..., c'est qu'il faut savoir faire preuve d'audace et d'imagination si on veut être capable d'améliorer un peu son quotidien ! Manya et Vinkenti en savent d'ailleurs quelque chose, eux qui arpentent inlassablement toutes les nuits les rues moscovites à la recherche de potentiels patients requérants les services des urgentistes de Blijni. Un boulot éreintant qui ne va pas en s'améliorant lorsqu'on leur colle dans les pattes un petit nouveau, fraîchement embauché et disposant d'une semaine pour faire ses preuves.
Le roman se découpe en chapitres correspondant chacun aux jours de la semaine passé par Méhoudar en compagnie de ses deux collègues. le lecteur découvre donc en même temps que lui le quotidien de ces urgentistes sillonnant les rues à bord de leur Jigouli, ambulance défranchie comptant un nombre bien trop important de kilomètres au compteur mais qui possède l'avantage non négligeable de pouvoir se mouvoir dans les airs. le roman se compose ainsi d'une succession de petites scènes dévoilant chacune un peu plus l'état de la société moscovite de l'époque et les conditions de vie de ses habitants. le récit avance donc à un rythme plutôt soutenu et parvient ainsi à maintenir l'intérêt du lecteur intact du début à la fin. On en apprend aussi peu à peu sur les trois protagonistes du récit : Méhoudar, jeune homme fraîchement arrivé à Moscou dont il peine encore à comprendre le fonctionnement ; Manya, quadragénaire revêche à l'esprit pratique et ne s'embarrassant pas de sentiments ; et Vinkenti, conducteur obèse plus ouvert que sa collègue et s'intéressant de prêt à l'avenir politique de la Russie. Des personnages tous très réussis auxquels on s'attache sans mal et avec lesquels on ne serait pas contre faire un bout de chemin supplémentaire. le style de l'auteur reste quant à lui toujours aussi agréable, plein d'un mordant et d'un cynisme qui donnent lieu à des dialogues savoureux et plein d'humour.
Cédric Ferrand nous offre avec « Sovok » un roman très prenant consacré à une société futuriste russe décadente dont on se plaît à arpenter les coins et recoins et à rencontrer les habitants, plus ou moins réglos et arrangeants. L'auteur fait à nouveau preuve de beaucoup de talent, et c'est avec impatience que j'attends de lire son prochain roman.
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BlackWolf
  05 avril 2015
En Résumé : J'ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman qui nous propose de découvrir une tranche de vie de trois personnages urgentistes et pendant une semaine ; le tout dans une Russie qui agonise lentement. Ici, pas de véritable intrigue dans son côté classique, mais une peinture de Moscou qui se révèle efficace et passionnante à découvrir avec son aspect mélange de futurisme et de nostalgie, mais aussi son lot de réflexions. Une Russie pleine de nostalgie ou la débrouillardise est de mise et qui donne envie d'en découvrir plus. Les personnages se révèlent travaillés, denses, humains et attachants avec leurs bons comme leurs mauvais côtés. On est ainsi rapidement happé par cette image que nous décrit l'auteur qui oscille avec réussite entre humour, tragique et espoir dont mon seul regret est finalement que la fin laisse de nombreuses perspectives ouvertes, ce qui m'a paru légèrement frustrant. La plume de l'auteur se révèle entrainante, captivante et décalé dans sa façon de nous présenter son récit, offrant juste ce qu'il faut d'ironie et de cynisme pour rendre son histoire prenante et intelligente. Je lirai sans soucis d'autres écrits de l'auteur.
Retrouvez ma chronique complète sur mon blog.
Lien : http://www.blog-o-livre.com/..
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Maks
  04 mai 2016
Sovok est ce genre de livre qui flirt avec les genres et à l'ambiance très particulière que l'on se souviendra longtemps.
Nous suivons ici un groupe de 3 urgentistes à bord de leur ambulance à lévitation pendant une semaine au fil des heures d'interventions dans un Moscou Futuriste mais aussi sale, délabré et livré à lui même.
Nos 3 personnages sont excellent et on des personnalité bien trempées, les perso secondaires aussi.
Le décors est lui aussi très bon, presque flippant tellement on se demande si un jour nos grandes ville finirons comme celle ci, ce qui est plausible vu qu'on est pas loins de la réalité mais en pire.
Le scénario est bien ficelé et on prend plaisir à parcourir ce livre (même s'il passe très (trop ?) vite).
Nos ambulanciers urgentistes n'on pas de qualification de médecine (ça fait peur) et font tout à l'arrache, ou du moins avec les moyens du bord pour intervenir sur des situations étranges ou pathétiques, voir glauque comme des euthanasie, soigné des plaies lors de manifestations, décoincer les cheveux d'une femme coincées dans les marches d'un escalator ou encore soigné le pauvre gars qui à fait exploser son alambic amateur par mégarde !!
Un roman d'anticipation que je conseillerais à tous les fans du genre SF réaliste (mais pessimiste).
Par exemple ceux qui ont aimés l'ambiance de Blade Runner.
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Le_chien_critique
  22 décembre 2016
Un voyage d'une semaine en compagnie de trois ambulanciers dans un Moscou tiraillé entre son passé communiste et un avenir incertain. Comme dans les reportages télévisés, l'immersion fonctionne, mais sans plus.
J'ai mis du temps avant de me plonger dans Sovok : je repoussais toujours sa lecture, sans réellement savoir ce qui me dérangeait. A la recherche d'une lecture détente, Sovok s'est rappelé à moi. Je relis pour la énième fois le résumé, et là, TILT, le mécanisme de mon cerveau vieillissant se met en branle et je découvre enfin le pourquoi de mon blocage : c'est quoi le pitch ?
Cédric Ferrand est l'auteur de Wastburg. Il reprend ici le même principe : des tranches de vie qui dessinent au final un lieu, ses us et ses coutumes. Dans Wastburg, la ville était imaginaire, rappelant un Moyen Âge sous fantasy. Les pages se tournaient facilement pour en apprendre plus sur ce bourg intriguant, connaitre ses ruelles, ses habitants. le Moscou de Sovok par contre nous est trop proche, le sense of wonder manque pour tout à fait éveiller l'intérêt du lecteur. Si on retire les réminiscences soviétiques, le lieu pourrait être n'importe quelle ville évoluant à l'ère du capitalisme.
C'est loin d'être mauvais, des notes d'humour parsèment le périple. La gouaille de l'auteur est toujours présente. Une lecture détente et agréable à laquelle manque toutefois une intrigue digne de ce nom.
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
Dionysos89Dionysos89   26 février 2015
Ah oui, je sais me servir de l’ordinateur, monsieur, c’est pas le problème. Par contre, je suis grade 4 échelon C, dc je ne peux l’utiliser que si je suis supervisée par un grade 6 ou plus, ou à la rigueur par un échelon D ayant occupé le poste pendant plus de cinq ans. Cependant, le personnel disposant d’une telle expérience possède assez d’ancienneté pour ne pas travailler de nuit. Je vais donc vous demander de vous présenter à ce même guichet, mais entre 9h et 16h. Et en semaine, uniquement.

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Dionysos89Dionysos89   20 février 2015
C’est une vieille rivalité, un peu absurde, mais tenace. D’un côté, les gamins des ouvriers qui respirent de la colle industrielle toute la journée parce que le système de ventilation est en carafe et qui s’inquiètent qu’à force de routine, la presse hydraulique finisse par réussir à leur écraser les doigts quand ils soudent la semelle à la chaussure. De l’autre, les fils des cadres, du chef de la compta au directeur commercial, qui s’éreintent pour garder cette entreprise à flot malgré des ventes qui font le yo-yo et les sabotages conscients du syndicat marxisto-arthritique qui leur sert de soi-disant interlocuteur social.
De l’équipement usagé rapiécé par des petites mains industrieuses et revanchardes contre du matériel qui sent le neuf et la confiance clanique.
Un match de hockey qui cristallise toutes les tensions entre castes.
Une implacable lutte des glaces.

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Dionysos89Dionysos89   17 mars 2015
Il sait bien qu’une entrevue pour un travail, c’est la rencontre de deux menteurs qui s’entreprennent réciproquement. L’un se met à son avantage en embellissant des emplois merdiques et en montant en épingle ses petites réussites, l’autre garantit qu’il y aura des possibilités de prendre du galon et que la paye suivra. Même que le café sera gratuit, tiens.

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MaksMaks   02 mai 2016
Manya charge Méhoudar comme une bête de somme. Le pire, c’est le juguleur, qui pèse une tonne et qui lui cogne dans les reins. Il sait bien ce que c’est, il en a déjà vu à l’œuvre. Même s’il ignore comment l’appareil fonctionne concrètement, il sait qu’il sert à éteindre une prothèse quand un organe artificiel se détraque et se met à s’emballer. En convalescence, Méhoudar a vu un pauvre type dont le poumon électromécanique s’était déréglé et qui gonflait et dégonflait la cage thoracique du patient à un rythme de plus en plus effréné. Si la victime n’avait pas été à l’hôpital lors de l’incident, elle aurait hyperventilé jusqu’à en perdre conscience, et se serait noyée dans son bain ou serait tombée dans les escaliers comme un sac de patates. Le bruit de soufflet, déjà pénible en temps normal, était devenu risible, avec ses accents de bandonéon possédé par le diable. Le bougre à qui on avait greffé ce mécanisme vivait depuis dans l’angoisse que son poumon soit repris d’une crise de zèle, qui le laisserait haletant.
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Dionysos89Dionysos89   27 janvier 2015
Le lecteur non russophone doit partir du principe que toutes les expressions russes employées par Saoul font ouvertement référence à l’appareil uro-génital de son interlocuteur, à la sexualité rémunérée de sa mère, au comportement inverti adopté par son père et au retard mental accumulé par ses enfants. Quand il est en verve, il lui arrive même de combiner toutes ces allusions au sein d’un unique idiotisme.

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Video de Cédric Ferrand (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Cédric Ferrand
A l'occasion de son passage en France et de sa venue dans les locaux des Editions ActuSF, Cédric Ferrand nous parle de son roman de fantasy Wastburg et de son roman de science fiction Sovok tous les deux publiés au éditions Les moutons électriques.
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