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EAN : 9782844146281
115 pages
L'Association (19/08/2016)
3.82/5   232 notes
Résumé :
Présentation de l'éditeur (L'Association) :

Lewis Trondheim et Brigitte Findakly forment en bande dessinée comme à la ville un duo depuis de nombreuses années.
Si la bibliographie pléthorique de Lewis Trondheim n’a plus de secret pour personne, celle de Brigitte Findakly, son épouse et coloriste, quoique toute aussi importante, reste moins connue.
De Pif Gadget, à ses débuts, au Chat du Rabbin, des Formidables aventures de Lapinot au R... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (46) Voir plus Ajouter une critique
3,82

sur 232 notes
-"J'ai compris que je ne retournerais plus jamais en Irak".
Déclarait Brigitte Fondakly, en voyant Daech entrer dans Mossoul...


Sa famille allait s'enfuir d'Irak, faire des demandes d'asile, et Brigitte va alors raconter ses souvenirs d'enfance.
"-J'ai eu une enfance plutôt heureuse et normale, malgré les coups d'État..." disait Brigitte dans une interview avec son mari Lewis Trondheim, le dessinateur.
"Pas d'école, pendant les coups d'État" :-)


C'est une BD intimiste et d'une grande douceur nostalgique.
La petite Brigitte a cueilli des coquelicots
-"Ça va se faner tout de suite, ma chérie ."(Le coquelicot laisse s'écouler une sève blanche, dès sa cueillette...) Comme une fleur qu'on déracine...


Il y a une photo de Brigitte au pied des "Lions ailés de Nimrod".
" Si mon père avait supposé qu'un jour, ces lions ailés allaient être détruits, (par Daech) il aurait cadré la photo différemment."
"Le 7 juin 2015, le site d'Hatra a été détruit aux explosifs et au bulldozer."


On apprend qu'il y avait une certaine solidarité entre arabes musulmans, chrétiens et les autres factions avant le dictateur Saddam Hussein.


Brigitte raconte aussi certains us et coutumes.
"En Irak, ce sont les hommes font les courses".
Le fait qu'il est très poli de refuser quand on vous resert du gâteau à table et aussi de faire des commérages... La littérature est inexistante, alors les gens aiment raconter des potins sur les autres
( sauf ma maman qui se contentait... d'écouter ! :-)


Mais aussi le fait qu'on kidnappait les enfants pour demander des rançons, et parfois même une simple menace d'enlèvement suffisait...
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Brigitte naît à Mossoul, en 1959, d'un père irakien et d'une mère française. Elle se rappelle des vendredis pique-nique autour de Mossoul, des escalades sur le site d'Hatra, des coquelicots qu'elle cueillait, des cours de Coran qu'elle suivait, des magazines féminins auxquels était abonné sa maman et dans lesquels, en dernière page, des photos de chanteurs juifs comme Enrico Macias étaient découpées à la douane, de la sortie scolaire au cours de laquelle toute la classe a salué fièrement le passage du frère du général Aref ou encore de ses vacances en France... Mais, elle se souvient aussi des coups d'état et des luttes militaires...

Cet album dépeint la vie de Brigitte Findakly, du début des années 60 à nos jours, de l'Irak où elle passa son enfance à la France. Des souvenirs personnels parsemés ici et là de quelques anecdotes concernant ses parents et de quelques événements qui ont marqué le pays. Une autobiographie intéressante, certes, mais qui manque parfois de profondeur et de fil conducteur. L'on passe ainsi d'un événement ou d'un souvenir à un autre, d'une année à une autre, sans logique apparente. Avec Lewis Trondheim, qui n'est autre que son compagnon dans la vie, Brigitte Findakly raconte, de façon presque naïve, son enfance mais aussi l'histoire, beaucoup plus tragique, de l'Irak et de sa famille. Un album touchant sur l'ascension d'une jeune femme encore partagée entre ses deux pays. Graphiquement, dépourvues de tout cadre, les planches, au trait enfantin et aux couleurs vives, sont en parfaite harmonie avec ces souvenirs croqués avec douceur.
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Toute ma reconnaissance à l'ami... qui , en me le prêtant, m'a fait connaître ce roman graphique personnel et rempli d'informations...sur l'histoire irakienne.
.
Ce dernier retrace la vie d'une petite fille, qui deviendra la coloriste, Brigitte Findakly, né en Irak (Mossoul, exactement) , en 1959... Elle y a grandi jusqu'en 1973...y est revenue plusieurs fois, mais de moins en moins souvent vu la dégradation, et le durcissement du régime.

Mariée à Lewis Trondheim [depuis 1993], auteur prolifique de B.D, et qui a réalisé les dessins de ce roman graphique, mis en couleurs par Brigitte Findakly, le texte ou scénario rédigé "de concert".
Nous apprenons par le biais de ce récit de famille l'évolution du pays des années 50 à nos jours...
les coutumes, et usages, le quotidien de l'école, les contraintes, différentes règles et restrictions, créées par les différents régimes... le tout empirant en réduction de liberté, régressions multiples pour la vie des femmes et des petites filles [codes vestimentaires, prosélytisme religieux, interdiction de la parole individuelle, etc]

Aux dessins alternent quelques pages offrant des photos anciennes de l'ensemble de cette famille unie, mais éprouvée par les transformations négatives de leur pays... et des fluctuations non rassurantes du régime.
Cette famille viendra en 1973 en France, et l'exil sera vivement ressenti, d'autant plus pour les parents, auxquels Brigitte Findakly rend un très bel hommage, bouleversant ...Un beau portrait du papa, dentiste militaire, généreux et pacifique, ne faisant pas payer ses clients les plus pauvres, ce qui n'empêchera pas le gouvernement de l'accabler d'impôts puisque sa salle d'attente était surveillée et ne désemplissait pas...

Une découverte fort intéressante..; et qui nous redit, si besoin était que la liberté et la démocratie...sont des cadeaux absolus... dont nous avons le privilège de bénéficier chaque jour, en France .. quand on voit l'éclatement d'un pays et des familles, émigrés aux 4 coins du monde pour "survivre"... et faire vivre leurs enfants sous des cieux plus tolérants !!!

Je terminerai sur cet extrait qui conclue ce roman graphique fort réussi :
"Nous sommes en 2016. Mes cousins et mes cousines ont longtemps espéré que la situation s'arrange. Ils sont restés jusqu' à la mort de leurs parents puis, pour que leurs enfants puissent avoir un avenir normal, ils ont presque tous émigré aux quatre coins du monde.

Australie, Nouvelle Zélande, Canada, Etats-Unis, Suède, France,...

Beaucoup se sont raccrochés profondément à une des rares choses qu'ils ont pu emporter avec eux: leur foi chrétienne. Et, en parallèle, ils sont tous devenus islamophobes.

Je ne les juge pas

Je ne chercherai pas à argumenter.

Je continuerai à les aimer tels qu'ils sont, gardant en mémoire des êtres chers."

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Brigitte Findakly est née en Irak, d'un père irakien et d'une mère française dans les années 1960.
Ce livre retrace son enfance passée à Mossoul, ville du nord de l'Irak. Un pays où bien avant l'arrivée au pouvoir de Saddam Hussein se succèdent coups d'état et dictatures militaires.
Au fil des souvenirs, l'auteure nous fait découvrir sa vie de famille, qui est affectée par les aberrations de la dictature et les répercussions sur leur quotidien. L'exil est inéluctable. Ils iront en France et arriveront à Paris dans les années 1970.
A partir delà, la famille est confrontée à la bureaucratie française, avec toutes ses difficultés administratives, sociales et culturelles. Un exil, ce n'est vraiment pas facile. Tout en laissant en Irak, de la famille que l'on ne reverra peut-être jamais.
L'auteure nous décrit sa jeunesse, son exil et son adaptation en France. Des pages qui nous révèlent également des faits historiques. On en apprend beaucoup sur l'Irak et c'est ce qui est intéressant.
Un livre qui m'a fait penser à l'Arabe du futur de Riad Sattouf.
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La BD est un excellent support pour appréhender les chambardements géo-politiques complexes et leurs répercussions sur les populations, notamment dans les pays du Moyen-Orient et du Proche-Orient.
La preuve avec 'Persepolis' (et d'autres ouvrages de Marjane Satrapi), et 'L'Arabe du futur' (Riad Sattouf).
A son tour, la coloriste de BD franco-irakienne Brigitte Findakly évoque les bouleversements qu'a connus depuis soixante ans le pays où elle a passé sa jeunesse - l'Irak. Elle constate d'autant mieux la dégradation des conditions de vie et le recul des libertés qu'elle y retourne rarement, étant désormais installée en France.

Dans cet album, j'ai beaucoup aimé le dessin de Lewis Trondheim, très enfantin. Certains lecteurs pourront estimer que le trait ne se prête pas à toutes les situations, lorsque seuls des adultes sont en scène, par exemple, puisque tous les personnages ont des bouilles de gamins.
J'ai apprécié les anecdotes qui donnent un aperçu de la vie en Irak dans les années 60-70, et en particulier de celle d'une petite fille, de son père dentiste et de sa mère française exilée et heureuse d'avoir trouvé une famille dans son nouveau pays.
J'ai trouvé dommage que l'ouvrage soit si mal construit, en revanche, et la chronologie si chahutée. L'auteur passe d'une époque à une autre, sans lien, comme on évoquerait des souvenirs pêle-mêle oralement. Et rien dans la présentation de l'album n'indique les transitions. On s'y retrouve quand même, puisque le propos reste simple, mais c'est le gros défaut de ce témoignage, par ailleurs instructif et émouvant.
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critiques presse (3)
Bibliobs
30 janvier 2017
La coloriste de «Pif Gadget» et du «Chat du Rabbin», devient ici pour la première fois scénariste, afin de raconter ses souvenirs d'une vie de famille affectée non seulement par les aberrations de la dictature irakienne, mais aussi par celles de la France des années 1970.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LaPresse
06 octobre 2016
Un album à la fois historique et personnel, qui n'est pas sans rappeler la série L'Arabe du futur de Riad Sattouf.
Lire la critique sur le site : LaPresse
BoDoi
23 août 2016
Le ton est doux, parfois nostalgique, et se fait bouleversant dans les dernières pages [...] Une belle réussite
Lire la critique sur le site : BoDoi
Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
En octobre 1989, un an après la fin de la guerre Iran-Irak, je suis retournée à Bagdad. Onze ans s'étaient écoulés depuis mon dernier voyage. Le choc a été bien plus rude que lors de mes précédents séjours. [...] Mes cousines avaient presque toutes arrêté de travailler. Elles étaient mariées et avaient eu des enfants. Alors qu'avant, nous prenions l'apéritif tous ensemble, mes cousines servaient désormais leur mari. [...]
Désormais, chez tout le monde, il y avait le portrait de Saddam Hussein.
- Je ne comprends pas pourquoi vous accrochez son portrait.
- On n'a pas le choix. Toutes les familles sont obligées. Mais on n'en parle pas devant les enfants. A l'école, quelqu'un passe tous les jours dans les classes et demande ce que leurs parents pensent de Saddam Hussein.
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[Irak, années 60]
Ma mère était abonnée à une revue féminine française qu'elle recevait tous les mois.
Sur l'avant-dernière page, là où on voyait les photos des 45 tours du hit-parade, il y avait régulièrement des trous.
Ça a duré des années avant que je demande à ma mère pourquoi.
Elle m'a expliqué que c'était des disques d'Enrico Macias, et que des gens à la douane postale étaient chargés de découper ses photos parce qu'il était juif.
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Dans l'esprit de mon père, nous reviendrions tous quand les temps seraient meilleurs. C'était sans compter sur les ressources de l'adversité... avec Saddam Hussein qui deviendra président en 1979, la guerre d'Iran-Irak de 80 à 89, la guerre du Golfe en 90, les sanctions économiques qui ont suivi, la seconde guerre du Golfe en 2003 et maintenant Daech
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Les bons souvenirs (3)

Plusieurs fois par an, il pouvait y avoir des tempêtes de sable sur Mossoul.
Tout devenait jaune orange.
Je passais des heures à regarder le ciel.
Les écoles étaient alors fermées et toutes les circulations interrompues.
J'aimais bien ces moments-là où nous devions rester tous ensemble dans la maison.
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Nous sommes en 2016. Mes cousins et mes cousines ont longtemps espéré que la situation s'arrange. Ils sont restés jusqu' à la mort de leurs parents puis, pour que leurs enfants puissent avoir un avenir normal, ils ont presque tous émigré aux quatre coins du monde.

Australie, Nouvelle Zélande, Canada, Etats-Unis, Suède, France,...

Beaucoup se sont raccrochés profondément à une des rares choses qu'ils ont pu emporter avec eux: leur foi chrétienne. Et, en parallèle, ils sont tous devenus islamophobes.

Je ne les juge pas

Je ne chercherai pas à argumenter.

Je continuerai à les aimer tels qu'ils sont, gardant en mémoire des êtres chers.
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