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Louise Servicen (Autre)
EAN : 9782070375837
506 pages
Éditeur : Gallimard (30/09/2001)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 124 notes)
Résumé :
Deux êtres beaux, jeunes et doués, Anthony et Gloria, forment un couple qui ressemble étrangement à celui de Fitzgerald et de Zelda. Comme l'auteur au début de son existence, ils sont obsédés par l'argent et aspirent à recueillir la fortune considérable de leur grand-père, un milliardaire, ancien " requin " de Wall Street, devenu moralisateur sur ses vieux jours, et qui essaie de les déshériter. Dans l'atmosphère insouciante du New York d'avant 1914, dans la frénési... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
Allantvers
  22 avril 2020
Une lecture diesel : démarrage poussif, puis montée en régime et en puissance à mesure que la chute des protagonistes s'accélère.
Anthony et Gloria se rencontrent dans la belle société new-yorkaise du début du siècle. Ils sont jeunes, ils sont beaux, ils vivent des rentes familiales et sont bien décidés à ne jamais s'abaisser en dessous de leur condition. Encore faut-il que la fortune colossale du grand-père leur revienne en héritage. En attendant, tutoyons les étoiles et buvons...
Rarement j'aurais rencontré des personnages aussi antipathiques, puants d'arrogance, vains, velléitaires. Et pourtant, est-ce le parallèle que l'on ne peut s'empêcher de faire avec Fitzgerald lui-même et l'incandescante Zelda, est-ce la connaissance intime de ce milieu à la fois moribond et éternel dont l'auteur fait preuve, on s'attache à ces deux losers magnifiques qui n'ont pas les clés ni l'énergie du nouveau monde né après la guerre, un monde dans lequel après avoir brillé comme des étoiles ils semblent, à mesure que l'argent vient à manquer, errer comme des spectres. La scène finale, en faux happy end, est terrible.
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Gustave
  23 mai 2014
Julien Gracq disait de l'évolution du style des écrivains qu'il en est de deux types: les premiers ont déjà le leur propre dès leur première oeuvre, qui ne se modifie jamais par la suite: les seconds acquièrent la plénitude de leur talent, voire de leur génie de manière progressive, au fur et à mesure des publications successives.
Ayant lu dans l'ordre inverse à la chronologie les romans de Fitzgerald, (Tendre est la nuit et le Dernier Nabab, Gatsby le Magnifique puis les Heureux et les Damnés) j'en déduis que celui-ci appartient incontestablement à la seconde catégorie.
S'il est en effet une chose particulièrement frappante une fois qu'on vient de refermer le livre, c'est de constater à quel point ce roman semble anticiper Tendre est la nuit, bien que des différences nettes existent aussi entre ces deux romans, ne serait ce que par leur longueur assez similaire (507 pages pour les Heureux et les Damnés, 413 pages pour Tendre est la nuit, là où les autres romans de Fitzgerald sont bien plus courts).
En ce qui concerne la forme les Heureux et les Damnés comme Tendre est la nuit suivent une progression en trois parties, qui correspondent plus où moins qui plus est à un schéma narratif assez proche:
-une première partie d'exposition assez longue, présentant les personnages sous leur meilleur jour: jeunes, beaux et riches, insouciants et à l'allure dégagée (Anthony et Gloria dans les Heureux et les Damnés, Dick et Nicole dans Tendre est la nuit)
-une seconde partie introduisant le changement majeur qui guidera la suite du roman (le mariage d'Anthony et Gloria, suivi de la décision du grand-père du premier de les déshériter dans les Heureux et les Damnés, la découverte de la schizophrénie de Nicole dans Tendre est la nuit).
-une troisième partie, centrée sur la déchéance progressive des personnages centraux, causée par les bouleversements survenus dans le livre second (problèmes financiers pressants dans les Heureux et les Damnés, alcoolisme de Dick désespérant de pouvoir guérir Nicole dans Tendre est la nuit).
Bien entendu, les différences entre ces deux romans sont également flagrants. La plus importante est bien entendu le dénouement: heureux pour les Heureux et les Damnés, tragique pour Tendre est la nuit.
Par ailleurs, Tendre est la nuit introduit deux innovations majeures inconnues du Fitzgerald encore jeune lorsqu'il écrivait son second roman: le recours au personnage tiers témoin de la magnificence puis de la détresse du personnage principal, Rosemary (en fait le procédé est apparu avec Gatsby le Magnifique, à travers la figure de Nick Carraway), ainsi que le brusque retour en arrière temporel, qui dévoile l'envers du décor de la vie des personnages principaux.
Le roman à proprement parler est, à vrai dire déjà de très haute tenue, même s'il n'atteint sans doute pas l'intensité lyrique d'un Tendre est la nuit ou Gatsby le Magnifique. le caractère strictement chronologique de l'intrigue peut à de rares moments donner une impression de monotonie, là où Tendre est la nuit introduit une rupture radicale entre la première et la seconde partie, à l'intensité dramatique inégalée (ceux qui ont lu ce roman savent de quoi je parle: il s'agit de l'épisode où la schizophrénie de Nicole jusqu'alors dissimulée est brusquement découverte).
L'intérêt de Fitzgerald réside également dans sa capacité inégalée à refléter non seulement par son oeuvre mais également par sa vie même son époque, les vicissitudes de sa carrière littéraire étant intimement liées à la grande Histoire des Etats-Unis. le dénouement heureux des Heureux et des Damnés, inhabituelle dans l'oeuvre fitzgeraldienne, est à cet égard un clin d'oeil désinvolte aux temps heureux des années 20, celle de l'Age du Jazz marquée par la prospérité dont l'écrivain lui même profita amplement, ses deux premiers romans étant de grands succès.
L'aspect autobiographique, souvent sous-jacente chez Fitzgerald s'exprime de nouveau dans ce roman. le passage d'Anthony Patch par l'armée lors de la Première Guerre mondiale et sa démobilisation avant même son envoi au front suite à l'armistice de 1918 est un calque de l'expérience vécue par l'écrivain lui-même.
Il n'est guère douteux par ailleurs que Gloria soit inspirée de Zelda: il est de notoriété publique que Francis Scott n'hésitait jamais à piocher dans le journal intime de sa femme pour enrichir ses romans. Il l'a certainement fait pour les Heureux et les Damnés (certains chapitres du roman reproduisent le journal intime de Gloria...)
Un certain idéal de vie, fondée sur une oisiveté ostentatoire et se voulant dégagée des contraintes matérielles et même sociales traverse le couple formé par Anthony et Gloria. L'on oscille entre une certaine hostilité à leur égard et de la compréhension, lorsque l'on songe au modèle qui leur est proposé en vue de sortir de leur vie oisive: le grand-père d'Anthony, Adam Patch n'a pas mieux à proposer à son petit-fils que de devenir courtier en Bourse à Wall Street...Anthony ne tiendra pas plus de quelques semaines, le monde de la finance et plus largement celui de l'entreprise lui étant fondamentalement étrangers.
Mais là où cette révolte, somme toute passive envers ce modèle social est ambigüe, c'est le fait que pour refuser d'entrer dans le monde du travail, Anthony dépend de la fortune que son grand-père a acquise...précisément à l'issue d'une carrière à Wall Street, et dont il veut hériter à tout prix. En somme, tout en refusant d'intégrer le système, il n'en dédaigne pas ses avantages (d'autant plus qu'une partie de ses revenus provient des dividendes versées pour ses parts détenues dans diverses sociétés cotées à Wall Street...).
Un autre détail d'intérêt apparaît dans le constat suivant: une fois n'est pas coutume, Fitzgerald a transposé son expérience personnelle à travers deux personnages du roman. A part Anthony, Richard Caramel est l'autre grand pendant autobiographique des Heureux et des Damnés. Celui-ci reflète fidèlement ses débuts: un premier roman à succès, puis une série de nouvelles très lucratives. Les préoccupations de Richard Caramel, craignant de prostituer son talent en des productions commerciales et devant néanmoins continuer à écrire pour maintenir un train de vie devenu luxueux, reflètent bien celles de Fitzgerald lui-même, également auteur prolifique de nouvelles...
Je ne saurais que conseiller de lire ce roman, bien moins connu mais déjà très grand malgré quelques imperfections, à fortiori si vous avez aimé Tendre est la nuit.
Pour ma part ne me reste plus que l'Envers du paradis, son premier roman...
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Bene31
  12 décembre 2013
En 1922, lors de la publication des Heureux et les damnés, Francis Scott Fitzgerald est un écrivain en vogue. Son premier roman, publié deux ans plus tôt, L'Envers du paradis a fait scandale et l'a propulsé en tête des jeunes auteurs américains. Pour ce second roman, Fitzgerald puise son inspiration tout simplement dans sa vie et parle de ce qu'il connait bien, la jeunesse américaine issue de la bourgeoisie. On retrouve ici des thèmes déjà présents dans l'Envers du paradis, et qui seront développés dans toute l'oeuvre de Fitzgerald.
Anthony Patch est l'héritier d'une grande famille, il ne lui reste pour seul parent que son grand-père. Mélancolique, Anthony est un piètre étudiant, mais noue des amitiés indéfectibles à l'université. C'est d'ailleurs par l'intermédiaire de l'un d'entre eux qu'il va rencontrer Gloria, sa future épouse, une très belle jeune femme dotée d'une armée de soupirants. Les jeunes gens se marient rapidement, vont de soirée en soirée, leur vie n'est faite que de plaisirs. Tout naturellement l'argent vient à manquer, ni l'un ni l'autre n'a l'intention de travailler. L'essentiel de leur activité consiste à attendre la mort du grand-père Patch pour toucher l'héritage. Voilà qui résoudrait tous leurs problèmes ! Seulement, ce n'est pas aussi simple, la guerre éclate en Europe et Anthony est mobilisé, le couple jadis si amoureux, s'éloigne toujours un peu plus l'un de l'autre, pour mieux se rapprocher par la suite ?
On fait souvent la comparaison entre les couples Anthony/Gloria et Scott/Zelda, certes Scott a mis beaucoup de lui-même dans le personnage d'Anthony, il y a même quelque chose de prémonitoire particulièrement touchant dans l'alcoolisme d'Anthony. Quant à Gloria, cette pimbêche tient autant de Ginevra King, le premier amour de Fitzgerald, que de Zelda. Gloria rêve d'une carrière au cinéma comme Zelda souhaitait être danseuse, voeu contrarié par son mari. Avec Les Heureux et les damnés,
Fitzgerald canalise son écriture, améliore la construction de son roman, plus équilibrée. On trouve déjà de belles pages sur la grandeur et la décadence, cette vision du monde désenchantée, car les valeurs prônent Anthony et Gloria, n'ont plus cours, leur mode de vie est dépassé. Appartenant à la classe dirigeante, pour eux travailler est signe d'abaissement social, l'écriture peut être à la fois une source de revenus et un passe-temps aristocratique pour Anthony, il apprendra à ses dépens que ce n'est pas le cas ! La guerre a changé les mentalités, sépare les hommes entre ceux qui ont combattu, les héros, et les autres. Ce livre n'est pas mon préféré de Fitzgerald, mais j'aime savoir que ce qui m'a fascinée, ce que j'ai tant aimé dans Gatsby et Tendre est la nuit, est déjà là et ne demandait qu'à s'épanouir. C'est comme un amour de jeunesse, pas très abouti, mais dont on se souvient avec tendresse…
Lien : http://bene31.canalblog.com/..
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monito
  07 septembre 2009
Gloria et Anthony sont faits l'un pour l'autre. Riches, beaux, cultivés, ils évoluent dans la haute société américaine du début du siècle. Oisifs l'un et l'autre, lui estime qu'il ne peut accomplir que de grandes choses, elle, que sa beauté doit suffire à lui fournir tous les plaisirs de la vie. Ils se rencontrent et s'aiment comme s'ils s'étaient cherchés.
Mais les choses se passent mal, l'oisiveté, la recherche du plaisir pour le plaisir sombre vite dans une débauche inconsistante, une spirale infernale. Ni l'un ni l'autre ne veulent donner un sens classique à leur vie. Ils attendent, sagement la mort du grand-père d'Anthony, richissime mais aussi bien pensant…
Leur vie sombre dans une monotonie déconcertante. Ces personnages suscitent un peu de pitié et pas mal de déceptions. Déshérités, ils avanceront dans l'alcoolisme mondain, puis de moins en moins mondain. Aucun ne fera réellement les efforts nécessaires pour préserver la dynamique de leur amour et seul l'habitude de vivre ensemble, le fait aussi peut-être de ne pas pouvoir trouver d'autre bonheur, fera tenir ce couple, malgré la guerre, malgré le manque d'argent, malgré la déchéance sociale et humaine.
Ecrit comme un scénario, cet ouvrage tourne un peu en rond. Les personnages secondaires n'ont guère d'intérêt, ils soulignent les traits de caractère des deux héros, mais n'enrichissent guère l'ouvrage, à l'exception peut-être de Maury Noble…
En guise de fil rouge, qu'advient-il du fameux héritage…tout tourne autour de cela…l'argent ne fait pas le bonheur…paraît-il.
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stcyr04
  14 décembre 2020
Anthony Patch est un jeune homme qui, à défaut d'avoir de réelles dispositions ou de talent particulier, a du brillant. Il professe un dégoût aristocratique pour le fait d'avoir à gagner sa vie, le nec plus ultra du dilettantisme. Posture justifiée semble-t-il par l'espérance d'entrer en héritage de son grand-père, homme influent, tenant de la tempérance, puritain devant l'Éternel. Non, l'unique ambition du godelureau est de faire la conquête de la - à tout point de vue, superbe Gloria Gilbert, ayant toute une cour de prétendants éconduits à ses pieds. Mariés, ces deux-là, frappés d'une curieuse inertie, n'ont de cesse que de s'étourdir en soirées bien arrosées. Lorsque l'argent vient à manquer, les voilà bien en peine. Anthony Patch s'avère être un incapable, un raté complet, quant à elle, de travailler, il n'en est tout simplement pas question. Alors lorsque le grand-père les surprend en pleine bacchanale, ce dernier prend une décision radicale, et c'est la bascule, la descente aux enfers des damnés.
Certains auteurs ont à coeur de se renouveler, d'autres écrivent toujours un peu le même livre : Fitzgerald est de ceux-là. Çà a du bon. Soit vous vous arrêtez après un roman, vous les aurez tous lu, soit vous êtes un inconditionnel et vous ne serez jamais déçu, à chaque fois en pays de connaissance. C'est toujours de la vie transposée de l'auteur dont il s'agit. Reste que malgré leur milieu privilégié et leur bonne éducation relative, les héros de l'auteur sont des êtres assez vulgaires, volontiers poseurs, par cela même antipathiques. Cela dit Francis Scott à un style indéniable, Bernard Pivot n'a d'ailleurs que Fitzgerald à la bouche, avec un humour singulier notamment dans le présent volume, un vrai sens de la formule. Un bon millésime, mais sans surprise.
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Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
So_SeriousSo_Serious   04 avril 2012
Elle lui déchirait le coeur, comme elle avait toujours le pouvoir. Une onde d'émotion envahit Anthony, lui monta aux yeux.
- Gloria, voyons, nous irons dans une autre chambre. Avec deux petits lits. Nous serons ensemble toute notre vie.
Les mots déferlèrent des lèvres de Gloria, à voix basse et rauque.
- Mais ce ne sera plus... Comme nos deux petits lits... Jamais plus... Partout où nous irons, nous continuerons à vivre et nous changerons, quelque chose sera perdu... Quelque chose restera en arrière. On ne peut jamais rien recommencer tout à fait, et j'ai été tellement à toi, ici...

Il l'étreignit passionnément, discernant, au-delà de toute critique de son émotion, une sage faculté de saisir l'instant fugitif, fût-ce en cédant à son envie de pleurer. Gloria, l'oisive, qui caressait ses propres rêves, en train d'extraire une saveur poignante des instants mémorables que contiennent la vie et la jeunesse.

Plus tard dans l'après-midi, lorsqu'il revint de la gare avec les billets, il la trouva endormie sur un des lits, son bras enroulé autour d'un objet noir qu'il ne put tout d'abord identifier. En se rapprochant, il s'aperçut qu'elle tenait l'un de ses souliers à lui, point très neuf ni très propre ; mais elle pressait contre ce soulier son visage baigné de larmes, et il comprit son message venu du fond des âges, et infiniment respectable. Il éprouva une sorte d'extase en l'éveillant et en la voyant lui adresser un sourire timide mais très conscient de la délicatesse de son imagination.

Sans évaluer la valeur ou les déchets de ces deux éléments, il sembla à Anthony qu'ils se situaient quelque part tout près du coeur de l'amour.
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UnityUnity   14 janvier 2013
Les soixante-quinze années de son existence avaient exercé sur lui l'effet d'un soufflet magique. Le premier quart de siècle l'avait gonflé de vie, et les années suivantes avaient tout résorbé. Résorbé les joues et le torse, les biceps du bras et les muscles des jambes. Tyranniquement exigé ses dents une à une, suspendu les petits yeux noirs dans des sacs d'un noir bleuâtre, plumé ses cheveux, et fait virer son teint du gris au blanc par endroit, du rose au jaune par d'autres endroits - transposant brutalement les couleurs comme un enfant qui essaye une boîte de peinture. Puis, à travers le corps et l'âme, le temps avait miné le cerveau. Il lui avait envoyé des sueurs nocturnes, des larmes, des terreurs sans cause. Il avait brisé son caractère profondément normal, en l'affligeant de crédulité et de suspicion. Dans la matière brute de son enthousiasme, il avait découpé des douzaines d'obsessions faibles mais pétulantes. Son énergie s'était ratatinée pour devenir la mauvaise humeur d'un enfant gâté ; et à sa volonté de puissance se substituait une aspiration vaniteuse et puérile à un royaume terrestre de harpes et de cantiques.
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UnityUnity   17 février 2013
« Elle a deux cours d’épate. L’un consiste à rabattre ses cheveux sur ses yeux et puis à les chasser en soufflant dessus, et l’autre à dire : « Vous êtes cinglé » quand quelqu’un fait une remarque qui passe au-dessus de sa tête. Cela me fascine. Je reste assis là, heure après heure, complètement intrigué par les symptômes de démence qu’elle découvre dans mon imagination. »
Maury remua dans son fauteuil et dit :
« Il est remarquable qu’on ait la compréhension aussi limitée et en même temps qu’on vive au cœur d’une civilisation aussi complexe… Une femme comme celle-là considère l’univers entier sous l’angle le plus terre à terre. De l’influence de Rousseau à la répercussion des taxes tarifiées sur son dîner, le phénomène tout entier lui est complètement étranger. Elle a été transportée de l’époque des fers de lance à la nôtre et jetée ici avec l’équipement d’un archer, pour prendre part à un duel au pistolet. On pourrait balayer toute la croûte de l’histoire, sans qu’elle s’aperçoive de la différence. »
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missmolko1missmolko1   27 mai 2015
Les choses sont plus délicieuses, une fois perdues.
Je le sais - parce qu'un jour j'en ai désiré une très fort et l'ai obtenue.
C'était la seule que j'eusse jamais désespérément désirée, Dot.
Et, quand je l'ai enfin obtenue, elle s'est changée en poussière au creux de ma main.
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UnityUnity   14 mars 2013
- Il cherche à atteindre la vie. C’est le cas de tout auteur, sauf les plus mauvais, mais après tout, la plupart vivent d’une nourriture prédigérée. L’incident ou le personnage peut être emprunté à la vie, mais l’écrivain l’interprète en général dans les termes du dernier ouvrage qu’il a lu. Par exemple, supposons qu’il rencontre un capitaine de la marine et croit voir en lui un personnage original. La vérité est qu’il voit la ressemblance entre le capitaine et le dernier capitaine de la marine créé par Dana, ou par n’importe quel écrivain qui brosse des capitaines au long cours, et en conséquence il sait comment coucher le capitaine au long cours sur du papier.
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En 2005 a paru Dictionnaire égoïste de la littérature française , immense succès immédiat critique et public. Chroniqué par tous les médias en France et beaucoup même à l'étranger, ce livre qui n?avait pas d?équivalent a reçu cinq prix littéraires. Il est aujourd?hui devenu un classique.  Le Dictionnaire égoïste de la littérature mondiale est consacré aux littératures des autres pays du monde. Et non pas « étrangers ». Un article l?explique, l?auteur ne croit pas à la notion d?étranger, surtout en matière de littérature. Nous ne sommes pas seuls au monde, et aucun lecteur français n?a été constitué par l?unique lecture de livres français. de même, aucun lecteur n?est constitué par l?unique lecture des livres de son temps. Un lecteur est de tous les temps et de tous les pays. Et c?est ainsi que ce livre comprend aussi bien Eschyle (le plus ancien) que Gabriel García Márquez (le plus récent). Pour « égoïste », cela signifie que l?auteur ne parle que de choses qui, en bien ou en mal, l?intéressent, le passionnent, l?éveillent, et non à partir d?on ne sait quels canons de la littérature.  Le « DELM » comprend, comme son frère aîné, quatre types d?articles : sur des auteurs (Karen Blixen, Jorge Luis Borges, F.S. Fitzgerald, Yukio Mishima, Elsa Morante, Platon, Gertrude Stein?), des ?uvres ( Amant de Lady Chatterley (L?) , Guépard (Le) , Petit Livre rouge (Le)? ), des personnages (Ali-Baba, Lady Bracknell, Mademoiselle Else, le prince André, Arturo Ui?), des notions (« Bonheur », « Enterrements d?écrivains célèbres », « Imagination », « Verbes réfléchis »?). Il a, en plus, des « express » (« Esthétique Express », « Machiavel Express »?). On y retrouvera tous les grands noms célèbres, et on y découvrira des méconnus délicieux. On y trouvera un esthétique, et des anecdotes qui sont peut-être un peu plus que des anecdotes, comme Joyce en train de dicter Finnegans Wake à Beckett qui répond « entrez » à un visiteur, Beckett écrivant le mot par mégarde et Joyce lui disant : « Laissez. » Allègre, partial, drôle, sérieux, brillant, inattendu. Un livre qui donne envie d?en parler avec l?auteur. Venez converser avec Charles Dantzig...
En savoir plus sur le "Dictionnaire égoïste de la littérature mondiale" : https://www.hachette.fr/livre/dictionnaire-egoiste-de-la-litterature-mondiale-9782246820741
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