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EAN : 9782724624151
164 pages
Les Presses de Sciences Po (29/08/2019)
4.32/5   17 notes
Résumé :
« Atlas, dans la mythologie, représente un géant capable de tenir la Terre sur ses épaules sans en être écrasé. Mais quand Gérard Mercator publie en 1538 ce qu'il décide d'appeler un Atlas, le rapport des forces s'est complètement inversé : un "Atlas" est un ensemble de planches, imprimées sur du papier, quelque chose que l'on feuillette et que le cartographe tient dans sa main ; ce n'est plus la Terre que l'on a sur le dos et qui nous écrase, mais la Terre que l'on... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Giraud_mm
  21 juin 2022
Époque géologique dont l'existence est controversée, l'anthropocène succèderait à l'holocène, et serait marquée par l'influence de l'homme sur la géologie et les écosystèmes. Son début se situerait donc entre le milieu du 19ème siècle (montée en puissance de l'industrie) et le milieu du 20ème (accélération et prise de conscience des impacts de l'humain sur l'environnement).
L'ouvrage passe en revue les principales composantes de l'anthropocène : la crise de la couche d'ozone (unique cas de retour arrière réussi !), l'évolution du climat et de la biodiversité, les pollutions et la démographie, avant de conclure sur les politiques applicables à l'anthropocène pour en limiter les conséquences.
Ce ouvrage a les défauts de ses qualités. Rédigé par des chercheurs, il est extrêmement précis et très bien documenté. Il cherche à être didactique et accessible au plus grand nombre. Je l'ai cependant trouvé parfois un peu trop technique et brouillon.
Ce peut être un beau cadeau pour des jeunes, ou des moins jeunes, désireux de développer leur culture scientifique sur la dégradation de notre environnement et la nécessaire transition écologique.



Lien : http://michelgiraud.fr/2022/..
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RuhaudEtienne
  02 mars 2021

À l'heure où la notion de développement durable fait partie du programme de géographie au collège, et où l'on enseigne la transition énergétique au lycée, l'ouvrage cartographié de François Gemenne et Aleksandar Rankovic dresse un tableau analytique assez précis de l'état de la Terre. Bien qu'alarmiste, l'Atlas de l'Anthropocène propose des pistes précises et documentées.

Qu'est-ce que l'Anthropocène ?
Inventé par le météorologue néerlandais Paul Josef Crutzen, prix Nobel de chimie en 1995, le concept d'Anthropocène signifie littéralement « ère de l'homme »(le néologisme étant formé à partir des mots grecs anthropos,ἄνθρωπος, « être humain », et kainos,καινός, suffixe relatif à une époque géologique). Selon les savants, nous serions depuis dix mille ans dans la période « holocène » de l'ère quaternaire. P. J. Crutzen, et, à sa suite, les auteurs de l'ouvrage, pensent quant à eux que nous sommes déjà dans l'Anthropocène, c'est-à-dire dans une époque où l'activité humaine modifie profondément et définitivement la nature. L'entrée dans cet âge nouveau demeurerait difficile à dater toutefois : devons-nous remonter à l'apparition même de l'homme (ce dernier ayant toujours modifié son environnement), ou parler d'Anthropocène après la Seconde Guerre mondiale, période d'accélération, en termes de démographie, de progrès techniques, et donc de pollution ?

Histoire et panorama du désastre
L'Anthropocène a effectivement grandement, et gravement, modifié l'ordre naturel. Véritable « année zéro » bouleversant tous les équilibres, l'Anthropocène remet en cause notre modèle de développement. Les problèmes écologiques prennent aujourd'hui une dimension globale, qu'il s'agisse du trou dans la couche d'ozone causé par les gaz à effet de serre, du réchauffement provoquant fonte des glaces, montée des eaux, acidification des océans et exode des populations, des dommages liés à l'agriculture intensive et à la surpêche, ou de notre difficulté à gérer les détritus, que l'on parle de déchets radioactifs ou de ces continents d'emballages plastiques flottant à la surface des mers. Les chercheurs abordent également la difficile question de la démographie. Prévoyant que nous serons « onze milliards de sapiens en 2100 » (p. 108), tous s'inquiètent de nos modes de vie, de consommation et d'alimentation. Beaucoup plus nombreuse, majoritairement urbaine, la nouvelle humanité ne survivrait pas sans changements.

« le lecteur se sent doublement perdu (…) : il est minuscule comparé au résultat des catastrophes diverses que chaque page de cet atlas lui rappelle ; il est immense en tant qu'humain générique capable d'une telle transformation. » (Postface, Bruno Latour, p. 143)
Sortie de crise(s) ?
S'appuyant sur des données chiffrées, des cartes et des schémas, les thèses développées dans l'Atlas demeurent angoissantes. le lecteur est tenté de se réfugier dans le déni, ou dans la certitude que le progrès technique, et notamment la découverte d'exoplanètes, nous sauveront. Il peut a contrario tenir compte des suggestions proposées tout au long du livre, en particulier dans la dernière partie. Les défis écologiques cruciaux ne sont pas circonscrits à un pays, une nation, mais mondialisés. Les solutions sont, elles, profondément politiques et géopolitiques. Une prise de conscience, certes tardive et encore insuffisante, voit le jour, à travers des forums ou par le biais d'ONG. Depuis 1972, les Nations unies se mettent lentement au chevet de la planète. Créé en 1988, le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), entre autres, propose une vraie réflexion et invente des scénarios, aboutissant à des résolutions. Les auteurs s'insurgent en tout cas contre ce qu'ils estiment être de la pure désinformation, propagée par les lobbies, et notamment par l'industrie fossile ou par les entreprises forestières. Sont ainsi évoqués divers combats, perdus ou gagnés, menés par des spécialistes ou par de simples activistes, indigènes, parfois au péril de leur vie, contre les grands groupes. Sans s'engager dans la lutte, le citoyen lambda aurait, lui, la possibilité de modifier, individuellement, sa façon de vivre, en tenant compte de l'environnement, en consommant autrement, en achetant des produits locaux. Les ressources s'épuisant, les pays industrialisés, et notamment les États-Unis, devraient redéfinir leur rapport à l'objet, et donc à la planète. Les intellectuels, eux, ne pourraient plus dissocier sciences naturelles et sciences sociales, puisque désormais tout serait lié à l'humain, à son impact, tout se penserait à l'aune de l'Anthropocène.

Ce qu'il faut retenir du livre
Profondément militant, dédié à la sauvegarde de notre planète, cet ouvrage impeccablement documenté réunit l'ensemble des données sur la crise écologique en cours. Il sera donc doublement utile à l'enseignant, lui permettant de prendre lui-même conscience de l'ampleur du défi, et de transmettre des chiffres, des éléments précis aux élèves, soit à de futurs adultes, en leur précisant qu'il n'est pas encore trop tard.

Étienne Ruhaud, journaliste et blogueur
Lien : https://www.reseau-canope.fr..
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oree
  22 décembre 2020
Un ouvrage incontournable pour faire le point sur l'état de notre planète, de son épuisement face à la consommation de ses ressources naturelles, à l'extinction du vivant, à l'apparition des dangers qui nous guettent dans un horizon proche.
On peut puiser dans les chapitres suivants : Notre époque nommée Anthropocène, Ozone, Climat, Biodiversité, Pollutions, Démographie, Politiques.
Une postface de Bruno Latour appelle à prendre un nouveau cap en toute connaissance.
Tous les chiffres sont donnés sous des formes graphiques variées, pertinentes, mettant en scène le poids respectifs des pays, des continents, des zones terrestres.
A méditer pour se faire une opinion éclairée objectivement et agir à notre petit niveau aussi.
Un cadeau de Noël utile à offrir.
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Ravi
  16 octobre 2019
Excellent ouvrage qui, en 185 pages, dresse un tableau précis et documenté de l'état de la science et de la pensée sur l'avenir de l'homme et de la planète terre. Rien de catastrophiste, rien de négligé non plus pour dénoncer les lacunes de nos sociétés d'abondance illimitée. Bel appel à l'action courageuse et audacieuse en fin de compte.
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mercure
  16 janvier 2022
pour bien commencer l'année, je recommande deux ouvrages dont celui-ci pour sa clarté, sa documentation très illustrée et la hauteur de vue. Appréhender un nouveau concept est toujours un peu angoissant : merci à Jan Zalasiewicz ( que je découvre) et à Bruno Latour d enous avoir "encadré" notre lecture par un avant et un après. parce que l'anthropocène, cela va être cela : un avant ( loin d'être idyllique) et un après, sans doute pas complètement morbide. L'atelier de carto de Sciences Po a fait des miracles pour nous faire comprendre toute la complexité des données. L'index et la bibliographie (+ la liste des acronymes) sont des outils précieux. Conclusion (provisoire) sous la plume de Bruno Latour : "D'abord ne pas désespérer"
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critiques presse (1)
LesEchos   11 septembre 2019
Un ouvrage abordable par tous et très pédagogique, qui réunit l'ensemble des données sur la crise écologique de notre temps. Indispensable.
Lire la critique sur le site : LesEchos

Videos de François Gemenne (16) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de François Gemenne
Les élections nationales ont mis à l'épreuve la stratégie d'autonomie des écologistes vis-à-vis de la « vieille gauche ». Quel dispositif pour la bifurcation écologique, comment convaincre l'électorat : un débat entre David Cormand, Maxime Combes et Claire Lejeune.
Après les 4,6 % des suffrages réunis par Yannick Jadot à l'élection présidentielle de 2022, les orientations stratégiques des écologistes sont mises à l'épreuve. Certaines personnalités qui ont soutenu le candidat, comme le chercheur François Gemenne, en viennent à douter de la pertinence de la voie électorale pour enclencher la bifurcation écologique nécessaire. Mais cette dernière n'a-t-elle pas été également défendue, avec plus de succès, par l'Union populaire de Jean-Luc Mélenchon ?
Depuis, dans la perspective des élections législatives des 12 et 19 juin prochains, Europe Écologie-Les Verts (EELV) a intégré une union des gauches – la Nupes – dominée par les mélenchonistes. S'agit-il d'une alliance circonstancielle, ou le parti doit-il abandonner de manière plus durable son exigence et ses prétentions à l'autonomie ? Les invités de notre émission « Les Voies du pouvoir » en débattent.
David Cormand, eurodéputé et ancien secrétaire national d'EELV, voit la Nupes comme « une reconstitution de la ligue dissoute de la social-démocratie », dont il reconnaît cependant l'écologisation. Claire Lejeune, figure des marches climat passée par EELV, a fait le choix de rejoindre l'Union populaire pour sa clarté en termes de « rupture » avec le modèle actuel de société. Maxime Combes, économiste et activiste issu du mouvement altermondialiste, voit l'union d'un bon oeil, tout en mettant en garde contre le fait de ne parler qu'à celles et ceux qui soutiennent déjà la gauche et les écologistes.
Notre émission « Les voies du pouvoir », en intégralité sur Mediapart https://www.mediapart.fr/journal/france/200522/ecologie-politique-ce-qui-change-en-2022#at_medium=custom7&at_campaign=1050
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