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ISBN : 1093209038
Éditeur : La maison brûlée (07/06/2017)

Note moyenne : 4.8/5 (sur 5 notes)
Résumé :
( recueil de poèmes de Catherine Gil Alcala )


Milliard de la pluie dans les yeux du ciel,

trois araignées esquissent des pas de danse

dans l'au-delà,

des ascètes déjeunent de quelques amandes,

une dame vient, elle est nue,

et un faune porte à la table une mandarine pourrie,

des fruits pelés,

un pied de persil,

et une ép... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (3) Ajouter une critique
editions
17 août 2017
Critique de Didier Ayres dans La Cause Littéraire (août 2017) :
De la vie - À propos de la Somnambule dans une Traînée de Soufre, Catherine Gil Alcala
On commence à connaître la voix de Catherine Gil Alcala, surtout en relation avec son travail de dramaturge, mais un peu moins en regard de sa poésie. D'ailleurs, les deux exercices lui procurent une originalité qui ne dément pas de livre en livre. Ce recueil, La Somnambule dans une Traînée de Soufre, qui pourrait peut-être être sous-titré par : une élégie des animaux ou une érotique du vocabulaire, est surtout un texte hybride et complexe, à la fois matière vivante et organisation de signes.
Il faudrait pour une étude scientifique (dont ces lignes d'aujourd'hui ne sont pas l'objet) se pencher sur les occurrences des noms d'animaux, et souligner en cela le caractère matériel des métaphores de la poétesse. Car c'est bien ici le secret de cette poésie où sa valeur vitale dépasse l'écriture et lui fait un climax. Cependant, en réfléchissant avant d'écrire cette note, il est apparu impérieux de rapprocher ce recueil des belles pages de Jean à Patmos, et souligner l'écho de ce texte dans le background de C. Gil Alcala, avec les figures de l'Apocalypse. Figures sexuelles aussi, dynamisantes et vives.
On voit ici ou là Baal, le Léthé, Médée, la pythie, personnages ou éléments mythologiques qui mettent la poésie du recueil sous un statut épique, un grand récit à la fois personnel et universel. Oui, récit mythique au sein de bacchanales, de soûleries de sons et de langue (et si on peut comprendre avec « langue » toute la polysémie du mot). Et si l'on veut suivre ce raisonnement, on pourrait arc-bouter la vie avec des formes d'hybridité. Avec d'ailleurs des figures proprement hybrides : faune, centaure, Minotaure…, ou encore cosmologiques (cosmogoniques et eschatologiques aussi) tels les Gémeaux, ou Castor et Pollux. Donc à la jonction de plusieurs mondes, humain, divin, naturel, corporel, spirituel…
Il faut encore mettre en valeur le caractère sexuel du recueil. On y est invité tout autant que dans Les Onze Mille Verges d'Apollinaire, à lire sans tabou. Ou encore, du même Apollinaire, tenter un rapprochement avec le lapin du Bestiaire (si joliment illustré par Dufy). Tout cela pour célébrer la vie. Donc, de l'Apocalypse johannique aux figures d'Apollinaire, la voie est tracée pour se camper dans une poésie verte (encore un terme qui se prête à la polysémie) et capiteuse, où coulent les semences et les sécrétions, qui versent une sorte le lait brûlant du désir au milieu des pages.

Dans le virage d'un rêve apparaît le visage bleu d'un homme, il s'étend et fait le mort près d'une oie vermillonnée de sang.
On voit dans un halo surnaturel les chaussettes dépareillées du commandeur qui descend du Mont Olympe par l'inspiration des qu'en-dira-t-on.
Les peuples élus, animés d'une honte féroce, arrivent portant sur l'omoplate le mécanisme carillonnant du tonnerre.
La queue de joyaux des conquérants s'immisce dans l'entrebâillement de la porte.

Ainsi, entre animalité et spiritualité, on pourrait évoquer la culture totémique des Indiens, qui plonge ses racines dans le monde animal, comme le souligne Walter Benjamin. Nous sommes à la croisée de trois régimes : celui du divin – avec les spiritualités orientale et occidentale –, le régime animal – et son caractère métaphorique – et le régime de l'érotique – qui draine profondément l'ouvrage.
Que l'on s'adresse aux daïmons, entité entre animal et spiritualité, ou que l'on fixe des feux grégeois dans le regard de l'amant (et l'on se trouve ainsi entre feu et eau) on peut dire que cette poésie est vitale, pleine peut-être d'un vitalisme à la Bergson. Poème vital, poème matière.

Nomme Homère, le veilleur inouï qui va de porte en porte, chantant le danger d'aimer un amant dans l'au-delà.
Ou
Une larme hérisse la peau du serpent qui mue
un pet de faisan perce un nuage,
un oeuf de cantharide sort de l'anus d'un porc.
Innommables écritures d'une main mélancolique !

Poème de vie donc, poème priapique et enivré, poésie avançant dans la pâte littéraire des émulsions, de l'humidité des chairs, de la valeur de l'écume, et tout cela sous le regard des dieux (Shiva, Éros…). Oui, une étude scientifique serait fondée à inventorier tout ce qui est organique, ce qui fait les humeurs du corps, ce qui fait en définitive le principe de la vie.

Lien : http://www.lacauselitteraire..
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lamaisonbrulee
24 juin 2017
Critique de Dina Sahyouni dans le Pan poétique des muses :
Catherine Gil Alcala, La Somnambule dans une Traînée de Soufre
Joliment présenté, le recueil intitulé La Somnambule dans une Traînée de Soufre, ne contient ni d'épigraphe, ni de sous-titres, ni de table des matières. En revanche, il expose deux illustrations réalisées par Catherine Gil Alcala, le premier dessin est un autoportrait de face, biffé, de la comédienne Catherine Gil Alcala qui illumine la première de couverture et la page de titre en frontispice*, quant au deuxième, il représente un visage de profil et il fait office de rideau théâtral qui clôt l'ouvrage...
Minimaliste et épuré dans sa présentation, composé d'un long poème en prose structuré de blancs, d'espaces et de trois points, ce recueil se lit d'une traite. Comme les autres ouvrages de Cathernine Gil Alcala aux éditions La Maison Brûlée, ce livre de peintures métaphoriques et allégoriques renferme plusieurs pensées transformées en toiles de nature morte et de portraits de personnes noctambules. La dramaturge-conteuse se métamorphose ici en portraitiste aux univers symboliste, dadaïste et surréaliste.

Difficile à classer, la poésie de Catherine Gil Alcala émane toutefois d'une réflexion sur la condition dite féminine et s'apparente à une généalogie matriarcale. Son écriture ciselée est marquée des malheurs de l'être féminin abandonné à son sort dans un univers qui le surpasse, le détermine en le violentant. Parmi les thèmes récurrents chez Catherine Gil Alcala que l'on retrouve dans La Somnambule dans une Traînée de Soufre, on cite l'amour-passion, le sexe, la mer, l'eau, le meurtre, le suicide, le sang, l'enfant, la danse, la mort, les femmes, les fruits et légumes. Toutefois, le recueil esquisse un portrait novateur du somnambulisme au féminin revisité par une féministe déplorant la liberté encore conditionnée des femmes réduites aux déboires de la domination masculine : « Les ailes des obus trouent le ventre dentelle des nuages… le démiurge des tyrans métamorphose les décibels des cris en l'écrit dans le chant, pour un hommage innommable et pénétrant au père incestueux. » (Ibid., p. 15).

La poésie de Catherine Gil Alcala est une écriture fragmentaire, elle se caractérise par sa pauvreté en rimes, sa richesse en vocabulaires, la rareté de l'emploi des pronoms personnels sujets, mais également par l'oxymore, l'allégorie, la personnification (des animaux, végétaux et objets), l'aphorisme et le recours aux sources mythiques, légendaires et religieuses. Ce recueil est aussi truffé de références et/ou de clins d'oeil à plusieurs chefs-d'oeuvre littéraires (par exemple : La Dame aux camélias, voir p. 102). En outre, le portrait magique de la danseuse demeure le fil rouge du sujet désirant-désiré dans cet ouvrage. C'est ainsi que dans cette errance poétique, Catherine Gil Alcala dévoile les mots-maux des êtres humains et leur capacité à se renouveler par l'amour-passion comme dans les lignes suivantes : « le parleur atlantique titube : Je meurs d'une rencontre ontologique, vénérienne et sacrée. Étreindre le désir, c'est gagner ce que l'on perd. » (Ibid. p. 29) ou dans « La Somnambule frôle la joue d'un homme dans une traînée de soufre. Son extase sourde, sidérée, nage dans l'espace incommensurable. » (Ibid. p. 58).
Lien : http://www.pandesmuses.fr/cg..
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larubriquedolivia
20 août 2017
C'est avec émerveillement et un réel plaisir que je découvre la plume de l'auteure, Catherine Gil Alcala. 
Ces poésies nous délectent de métaphores érotiques. Le sexe, les corps humides, les étreintes, le spirituel, la volupté, le monde animal, les odeurs, les mélanges de sueurs... se mêlent pour former des textes vivants, enivrants et très charnels tels des danses érotiques couchées sur le papier d'un vocabulaire majestueux. 
Cet ouvrage, à l'écriture harmonieuse, est à relire pour la subtilité des textes renfermant des poésies érotiques d'une rare beauté ! Un vrai régal !
Lien : http://larubriquedolivia.ove..
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Citations & extraits (3) Ajouter une citation
larubriquedolivialarubriquedolivia19 août 2017
L'atout de la dame emporte le pari de l'idylle.
L'oison fume l'âme de ses voix et se rompt le bec
en avalant un feu immortel.
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larubriquedolivialarubriquedolivia20 août 2017
Les hommages pleins de reproches frelatés délient le duel à mains nues des amants... L'éjaculateur envoie le final de ses turpitudes d'une voix impossible.
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larubriquedolivialarubriquedolivia20 août 2017
Filles et femmes de l'art, leur danse vrille lentement, l'homme sonnant son tambour sur la terre qui remue !
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Video de Catherine Gil Alcala (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Catherine Gil Alcala
Extraits du spectacle "Lorsqu’un homme sait tout à coup quelque chose qu’il ne devrait pas savoir. James Joyce fuit.". Représentation au 59 Rivoli (Nuits Blanches 2012). Texte et mise en scène : Catherine Gil Alcala, Chorégraphie et danse : Linda Finkenflügel, Musique improvisée : Charles Sautereau, Interprétation : René Haddad , Laura De Giovanni , Grégoire Pellequer , Catherine Gil Alcala .
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