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EAN : 9782367933047
384 pages
Éditeur : L'Atalante (25/04/2014)
3.38/5   90 notes
Résumé :
Quand Dmitry Alexeievitch, traducteur désargenté, insiste auprès de son agence pour obtenir un nouveau contrat, il ne se doute pas que sa vie en sera bouleversée. Le traducteur en charge du premier chapitre ne donnant plus de nouvelles, c'est un étrange texte qui lui échoit : le récit d'une expédition dans les forêts inexplorées du Yucatán au XVIe siècle, armée par le prêtre franciscain Diego de Landa. Et les chapitres lui en sont remis au compte-gouttes par un myst... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
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Alfaric
  02 décembre 2016
Dans le roman russe intitulé "Sumerki" = Crépuscule, le traducteur moscovite sans le sou Dmitry Alexeiëvitch trouve la poule aux oeufs d'or en travaillant sur un manuscrit relatant une expédition conquistadores au Yucatan… Alors qu'il trouve le récit plus réaliste que la réalité qui l'entoure, les événements étranges se multiplient dans son entourage et il trouve une relation entre la disparition de la civilisation maya et les catastrophes naturelles qui semblent se multiplier dans le monde entier…
- il y a un côté thriller avec la disparition du prédécesseur du traducteur, l'assassinat de son employeur, le massacre de sa voisine de pallier et cette secte millénariste tout autant mystérieuse que meurtrière… Mais le narrateur obnubilé par son manuscrit espagnol en a rien foutre, et l'auteur obnubilé par son message métaphysique en a rien foutre !
- il y a un côté fantastique avec le golem, l'homme-jaguar, la magie des miroirs et ce mystérieux nécromant marionnettiste… Mais le narrateur obnubilé par son manuscrit espagnol en a rien foutre, et l'auteur obnubilé par son message métaphysique en a rien foutre !
Le récit dans le récit se suffit à lui-même (et c'est assez mauvais signe quand récit dans le récit est vachement plus intéressant que le récit lui-même), mais l'auteur se lance dans l'explication de texte…

On commence comme dans "Le Locataire" de Roman Polanski (adapté du livre de Roland Topor), et on finit comme dans "The Fountain" de Darren Aronofsky… Tout cela aurait pu tenir dans une nouvelle de 50 pages, un peu à l'image de "Le Horla" de Guy de Maupassant, et cela aurait été très bien ainsi, mais entre « postmodernisme » et « réalisme magique » l'auteur meuble avec des pages et des pages de critiques de la société russe en particulier et de l'humanité en général : les prolétaires sont des teubés abrutis par la télé, les classes moyennes sont des teubés abrutis par le consumérisme, les classes aisés sont des teubés abrutis par la multiplicité des soirées bien arrosées… Mais le narrateur / l'auteur a lui bien digéré les classiques d'Alexandre Pouchkine, Nicolas Gogol, Fiodor Dostoïevski, Anton Tchekhov, Maxime Gorki… et lui sait La Vérité sur la vie, la mort et la réalité…
Au début c'est rigolo, mais passé un cap c'est pour moi devenu insupportable (hommage à Tatooa, elle sait pourquoi ^^) : les révélations métaphysiques amenées par un gros blasé antipathique et dédaigneux qui se croit supérieur à tout le monde je m'en bats les steaks… D'ailleurs en quoi le fait de se goberger de considérations philosophiques et intellos qui tournent en rond le rend-il meilleur que les autres ??? (et à chaque fois qu'on flirte avec le fantastique le narrateur est soit fiévreux, soit entre rêve et sommeil, soit sous l'emprise de puissants cachetons : c'est un peu facile, vu que ça évite à l'auteur d'être cohérent puisqu'il utilise l'alibi de la folie)
De bout en bout le narrateur se gargarise de sa médiocrité qu'il prend pour de la supériorité : il est clairement antipathique et le summum est atteint quand les Moscovites se soutiennent les uns les autres après le séisme qui a ravagé la capitale alors que le narrateur nous explique que si les gens meurent, et bien c'est que leur heure était venue et puis c'est tout et qu'ils n'ont qu'à crever bien gentiment et puis c'est tout… (Alors que dans le même temps, il se précipite pour obtenir sa dose de littéralité au lieu d'aider une petite fille agonisant sous les décombres… connard va !)
OK on est dans la désespérance voire le nihilisme, mais de là à se foutre de tout et de tout le monde c'est fort de café !
C'est peut-être un bon livre parce qu'il est bien écrit, surtout pour ceux qui aiment les livres à ambitions métaphysiques, mais j'ai clairement l'impression d'avoir pris la bibliographie de l'auteur par le mauvais bout : j'aurais bien envie de lui donner une 2e chance, mais là je ne suis pas particulièrement motivé pour le faire après cette lecture somme toute désagréable… Car nous sommes dans un roman célinien, brillant sur la forme, inutile, ennuyeux ou insupportable sur le fond : je / moi / le mien, tous les autres sont des cons et après moi le déluge !
PS : dans un nanar ou une Série B les grosses incohérences ça passe, mais dans une oeuvre qui se veut vachement sérieuse elles se voient comme le nez au milieu de la figure : non un séisme de magnitude 4 à 5 sur l'échelle de Richter ne peut pas détruire une ville moderne, non un tsunami ne peut pas ravager Taïwan et épargner la Chine continentale, non après une catastrophe sismique on ne peut pas avoir l'eau et le gaz mais pas l'électricité car on a plus rien du tout en fait… Soupir
Lien : http://www.portesdumultivers..
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LePamplemousse
  19 juillet 2020
Décidément, les romans de cet auteur sont vraiment bons.
Après « Métro 2033 » dont je suis ressortie très enthousiaste, je viens de dévorer « Sumerki » avec le même plaisir.
L'écriture est de qualité, l'intrigue haletante et le roman regorge de mystère, tout en s'inspirant d'un personnage réel : Diego de Landa, un moine franciscain du XVI ème siècle qui s'acharna à détruire tous les manuscrits mayas qu'il pu trouver lors d'expéditions en Amérique latine, mais qui par ailleurs fut connu à l'époque comme le plus grand chroniqueur de ce peuple.
Le roman se passe en Russie, de nos jours, où un traducteur se voit confier la traduction d'un récit de voyage datant du XVI ème siècle et relatant une expédition dans les forêts denses du Yucatan.
Mais au fur et à mesure qu'il découvre ce récit, le traducteur se sent de plus en plus mal, il tombe malade, ressent d'étranges sensations, se met à voir et à entendre des choses impossibles en même temps que des catastrophes naturelles viennent bouleverser le monde.
J'ai adoré le mélange entre le récit de voyage et l'aspect surnaturel du récit.
Un excellent roman qu'on ne lâche plus une fois commencé.
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Cacha
  26 septembre 2020
Ce livre étrange m'a fait une profonde impression etje le considère comme le meilleur de ceux que j'ai lu et lis de cet auteur.
Un traducteur russe, plus habitué à l'anglais, accepte une commande en espagnol d'un livre au sujet des Mayas.
Je précise que ce roman a été rédigé en 2009, quand la prophétie des Mayas sur l'année encore à venir 2012 (hum, hum, n'y aurait-il pas eu une erreur de huit ans ...?) était d'actualité.
Peu de temps avant d'ailleurs avaient eu lieu des évènements dramatiques : un tsunami majeur en Indonésie et l'ouragan Katrina à la Nouvelle-Orléans.
Dans ce roman, d'autres catastrophes dévastent le monde, y compris à Moscou, ville que l'auteur connaît bien et où il situe ses écrits.
Des meurtres abominables se produisent, à l'image des sacrifices des Indiens Mayas.
Le mystère s'épaissit, nous sommes effrayés, à l'instar du jeune homme au fur et à mesure qu'il s'enfonce dans sa traduction (délivrée au compte goutte et sans le premier chapitre). Ces évènements surnaturels adviennent jusque dans son propre immeuble.
Le dénouement s'avère inattendu et déroutant, pourtant plein de philosophie zen.

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kouette_kouette
  03 août 2019
Dmitry vit à Moscou et est traducteur de profession pour gagner un minimum sa vie. Non, je ne parle pas de l'écrivain mais du narrateur de ce roman. D'ailleurs, ici, après avoir été chargé de traduire de l'espagnol une chronique d'exploration datant de 1564 se déroulant entre les régions du Yucatàn et de Campeche, à savoir le territoire de la civilisation déjà décimée des Mayas, Dmitry se retrouve plongé en pleine science-fiction. En temps que férue du terre-à-terre, j'ai essayé de me convaincre que le lecteur avait le droit d'hésiter un moment entre délire paranoïaque d'un personnage à l'imagination fertile et un monde fantastique. Je n'avais pas encore compris que Dmitry, l'écrivain (je sens que ça va être compliqué), ne romançait que de la science-fiction. Depuis, j'ai pris connaissance d'une interview dans laquelle il explique que ce genre de littérature est encore un moyen toléré en Russie pour pouvoir faire une critique sociale. Il ne dit pas si c'est la raison pour laquelle il a choisi ce genre...
Je sais, on a envie d'en savoir plus sur cet écrivain en chair et en os, mais revenons tout de même au roman.
Côté concret, Dmitry nous offre une belle désacralisation du calendrier Maya. Écrit en 2007, il n'a visiblement pas eu besoin de « l'erreur de calcul » de fin 2012 pour avoir une opinion dessus.
Côté philosophie, Dmitry nous offre une belle réflexion sur notre rapport à notre propre mort. Amenée par le biais d'un scénario original.
Côté rendu général, j'ai trouvé par contre le roman trop lent. Les développements ne sont pas soporifiques mais pas subjuguants non plus. Pas de quoi bouder l'auteur.
D'ailleurs, côté perso, Dmitry nous offre l'impression de faire un peu sa connaissance au travers de son personnage éponyme. Et rien que pour ça, bim ! j'ajoute une demi-étoile.
De quoi ? Sous le charme de qui ? Non... j'vois vraiment pas...
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Le_chien_critique
  09 février 2016
Un traducteur, Dmitry Alexeievitch, reçoit un vieux manuscrit contant l'expédition dans les forets inexplorés du Yucatán au XVIe siècle, par le prêtre franciscain Diego de Landa.
Nous alternons entre la traduction de ce texte et la vie de Dmitry, la réalité semblant se distordre de plus en plus entre les lieux et époques.
Ici pas de manoirs hantés, pas de musique inquiétante. Dans un monde actuel, l'étrange fait son apparition petit à petit : un pronom qui change, de « son » à « mon »; un vendeur de livres sous le manteau ; un sommeil qui ne vient pas ; un possible complot ; une fièvre impromptue, …
Le narrateur est identique à certains lecteurs devant un bon livre, il ne désire que poursuivre sa traduction pour connaitre le fin mot de l'histoire. Ce travail lui étant donné par chapitre par chapitre, il est obligé de réfléchir à ce qu'il vient de lire, sur ce qui va advenir. Puis lorsque la lecture est de nouveau possible, il s'y replonge entièrement, oubliant le monde autour de lui, dormant qu'en ultime recours d'un sommeil agité entrecoupé de rêves issus du récit lu.
Il y a dans Sumerki l'influence d'un autre écrivain russe que j'avais décelé dans Metro 2033 : comme chez Doistoievski (Crimes et châtiments si mes souvenirs sont bons), le narrateur tombe dans une fièvre lorsque les événements dépassent son entendement. de même pour les descriptions sur l'état mental du narrateur.
Enième variation sur le calendrier maya et son dévoilement de la date de l'apocalypse, Sumerki y apporte une réflexion intelligente et savante, mais ce roman est surtout une critique de la Russie contemporaine ; de l'insécurité – dans tous les sens du terme – de Moscou, où les dirigeants n'hésitent pas à se servir de l'Histoire, de la religion, pour flatter les plus bas instincts de leurs élus ; de la conversion du communisme au capitalisme ; de la majorité du peuple qui préfère rester sourd au « cri » des opposants aux régimes ; des experts médiatiques qui discourent sur des platitudes (le livre de Kümmerling)
Allégorie de la Russie, mais aussi de nos sociétés où l'Histoire ne sert plus à éviter les erreurs du passé.
Beaucoup de critiques sur les longueurs et lenteurs de l'ouvrage, je ne les ai pas ressenti, à part dans les 2/3 du livre.
Après avoir lu Futu.Re, Métro 2033 et sa suite, et enfin Sumerki, il ne fait plus de doute que Dmitry Glukhovsky est un auteur ayant un regard désespéré sur nos sociétés et le genre humain.
Mais, comme le dit Léo Ferré dans La solitude : « le désespoir est une forme supérieure de la critique. Pour le moment, nous l'appellerons bonheur »
Sumerky, crépuscule en russe, est un roman monde, d'une ambition, d'une intelligence, d'une subtilité, d'une critique acerbe et fine assez rare pour y plonger avidement.
A l'instar d'un China Mieville, ses livres demandent de l'effort à ses lecteurs, mais la récompense est belle et engagée.
A vos libraires !
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
AcherontiaAcherontia   12 janvier 2016
D'ordinaire, je meublais l'attente en feuilletant les journaux achetés dans la journée, mais cette fois tout fut différent. Ayant ouvert par habitude le journal, désormais de la veille, Izvestia, je posai mécaniquement les yeux sur un article au hasard, mais la typographie minuscule en usage dans la presse ne retenait pas mon regard ; il glissait et se perdait entre les lignes. Impossible de m'absorber dans la lecture. Le sens de l'entrefilet m'était masqué par l'entrelacement fantomatique des branches et des lianes de la sylve que traversait la troupe de Vasco de Aguilar, Jéronimo Nuñez de Balboa et du narrateur sans nom qui couchait leur périple sur papier. Quelques minutes plus tard, je me surpris à fixer, comme hypnotisé, l'espace séparant le titre et le cliché d'un article à propos d'un effroyable tsunami en Asie du Sud-Est. Je balayai le texte d'un regard dénué de curiosité et repliai le journal.
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kouette_kouettekouette_kouette   27 juillet 2019
Le soir venu, je m’assis devant ma machine Olympia et tapai ma traduction en double exemplaire avec une feuille de carbone.
Les gens de l’agence avait eu du mal à accepter mon refus catégorique de m’équiper d’un ordinateur, mais enfin de compte les difficultés s’étaient aplanies. Je ne comprenais vraiment pas ce qui les gênait puisque c’était ainsi qu’ils travaillaient auparavant : sans leurs disques durs ni leur courrier électronique. Qu’ils envoient leurs commandes par les câbles téléphoniques à d’autres, j’étais tout à fait capable de descendre un escalier et de marcher une vingtaine de minutes pour venir les chercher en personne. Je n’ai aucune confiance dans les ordinateurs et je ne les aime pas, comme d’ailleurs l’ensemble des appareils électroniques. Je n’ai jamais acheté de télévision par principe : il suffit de la regarder chez des amis pour se rendre compte de ce qu’elle véhicule en matière d’abrutissement. Je suis bien plus en phase avec la radio, qui, certes, ne montre pas d’images mais en revanche stimule l’imagination. Qui plus est, dans un appartement au mobilier baroque du XVIIIe siècle, un ordinateur ou un téléviseur auraient grillé de honte pour être aussi indigents et instantanés.
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Rob7Rob7   14 juin 2018
La notion de cycles répétés de création et de destruction est caractéristique des religions de la Méso-Amérique précolombienne.Les Aztèques,tout comme les Mayas, étaient persuadés que l'univers avait déjà connu quatre de ces cycles et qu'il traversait le cinquième,où des secousses sismiques provoqueraient la fin de la Terre.
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AcherontiaAcherontia   12 janvier 2016
Qu'en un endroit le sentier qui nous suivions se fit si étroit qu'il était impossible d'y marcher de front et nous progressions donc les uns derrière les autres. Et que de part et d'autre ce sentier était bordé de (fondrières?) obscures d'une profondeur insondable. Et que l'un des soldats, Isidro Murga, perdit son équilibre, chut et, comme il allait se noyer, appela à l'aide. Qu'un autre soldat, nommé Luis Alberto Rivas, s'arrêta pour l'aider à remonter sur la sente. Et que tous deux périrent dans ce palud. Les témoins oculaires prétendirent par la suite que quelque chose avait entraîné vers le fond par les pieds l'homme qui était tombé alors qu'il allait réussir à se hisser sur la terre ferme. Et que celui-ci ne desserra pas la main et emporta son sauveteur à sa suite et que tous deux disparurent à jamais. Et que les guides ordonnèrent que nous quittions en hâte cet effroyable endroit, nous évitant ainsi d'autres pertes.
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Le_chien_critiqueLe_chien_critique   09 février 2016
Je persistais désespérément à essayer de me perdre dans les mondes imaginés qui prenaient du relief à la lecture, un peu comme ces livres pour enfants aux figurines en carton qui se dressent quand on en ouvre une double page. Seulement voilà, je n’arrivais plus à croire aux mondes verniens, car je voyais désormais que sous leur surface colorée il n’y avait rien.
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Videos de Dmitry Glukhovsky (12) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Dmitry Glukhovsky
Texto, de Dmitry Glukhovsky (LGF), coup de coeur d'Aude, librairie L'Hirondelle (Dans le cadre de l'édition spéciale Lire en Poche 2020)
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