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EAN : 9798553675738
532 pages
Independendly Published (06/11/2020)
4.81/5   8 notes
Résumé :
Tome 3 : Attention, risque probable d'électrocution !

Travis a décidé de suivre son chaman dans la jungle pour s’engager dans une diète intensive d’ayahuasca. En parallèle, les sévices que Tyler et lui subissent en maison de correction s'aggravent. Dans ce troisième volet, notre anti-héros côtoie ses propres limites et flirte dangereusement avec la folie. Les épouvantails que son esprit recèle sortent de leur cachette et se présentent à la chaîne deva... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
fbleumalt
  28 novembre 2021
De quoi titiller votre coté psycho ou... si on veut faire de toi un chien, deviens un putain de loup !
Pour mon retour à la lecture, je retrouve la construction schizophrénique de Borderline ! Cette familière impression d'une boîte noire visionnée à vitesse grand V avant une plongée dans le néant, dans le noir où la pensée n'existe plus. Dans une urgence certaine. J'ai apprécié de retrouver les notions de dépersonnalisation, déréalisation (déformation estudiantine oblige). Un autre point qui a relevé mon attention : la revisite du mythe des "enfants sauvages" cher à la psychologie du développement, car c'est que ce sont Tyler et Travis, des feral children, livrés à leurs propres règles, abandonnés à la nature, mais à leur propre nature. Les tortures dans les cages à chiens du centre de redressement appuient cette théorie. Là-bas, on est là pour briser les esprits, faire ployer les corps. Cet aspect est aussi assez documenté : on passe par la privation sensorielle, qui, elle aussi, entraîne une plongée violente en soi-même : hallucinations, atteinte d'un niveau de conscience plus archaïque et plus chaotique...) La psychologie cognitive est aussi à l'honneur avec la référence à Pavlov, à la programmation mentale. Travis hésite longuement entre suivre le code d'honneur de son samouraï intérieur (jusqu'à se faire harakiri ?) ou plier. La figure du jaguar aussi revient pour notre plus grand plaisir, cet animal totem, archétypal, toujours très classe et qui a l'air d'en savoir très long sans rien livrer, bien assis dans sa félinité... Concernant cette saga, je me trouve en plein paradoxe : j'ignore ce qu'il en est pour les autres lecteurs, mais je n'ai pas d'attache émotionnelle au personnage de Borderline. Je ne me l'explique pas trop. Tout simplement peut-être parce que je sens le personnage très loin de moi, peut-être aussi parce que ce qui m'intéresse le plus, c'est sa trajectoire. Et il n'est question que de ça au fond. Son chemin supplante son identité. L'ego n'est rien fasse à son trajet. Je ne souffre pas avec Travis mais il parvient tout de même à m'emmener, à me faire suivre son fil d'Ariane. Comme s'il n'était qu'un pion au service d'un dessein qui le dépasse complètement (idée récurrente dans ce tome), un peu comme ces motifs sibyllins qu'on ne peut appréhender que depuis le ciel. Et plus on s'élève, plus le motif devient précis... le niveau 0 nous révèle bien des aspects de ce kaléidoscope géant. Car cette saga est en réalité un gigantesque rébus ! Borderline est sans cesse en mouvement, physique, dans l'espace, puis, d'une idée à l'autre, comme la conduction saltatoire de l'influx nerveux, les phrases claquent, s'entrechoquent, comme des jets de pierre. C'est sans doute ça qui rend le voyage possible dans cette tempêtes de visions, de flashs, de souvenirs : la musique qui rythme le parcours, un peu comme dans une transe finalement. L'écriture est très corporelle. Les battements du chaman (ici, l'écrivain) servant de guide. J'ai aimé voir Travis passer de l'héroïne, drogue dure, à l'ayahuasca, la médecine, voguer, ou plutôt cahoter d'un plaisir chimique à quelque chose de plus souterrain (et salvateur ?). Un passage des paradis artificiels aux fondements même des son être ; une véritable plongée dans son cosmos personnel où intérieur et extérieur se mélangent. Cette découverte faisant partie du cheminement... J'ai entendu dire que ce tome était le préféré de l'auteur et cela se sent. C'est aussi le plus dense. On sent qu'il y a dans ce livre les tripes et le coeur même de l'oeuvre. (Je viendrai me dédire si toutefois ma lecture de la suite de la saga viendrait à me faire changer d'avis). Il s'agit de vomir le monde, vomir ses démons, se vomir soi-même. L'entreprise n'a rien de glamour, mais le but n'est pas de chercher la beauté ; et beauté n'est pas toujours vérité. Et c'est de cela dont il est réellement question. de vérité. C'est chercher à se délivrer d'un excédent. Se tailler façon pierre brute. Un retour à une forme de pureté. Brûler d'atteindre jamais son propre noyau. Ce tome condense vraiment l'âme de ce que Zoë Hababou a à offrir. Quelque chose rôde autour de Travis et fait bruisser la forêt qui semble se refermer sur Travis. Les visions sont de plus en plus intenses. Tout se précipite. le souffle est ininterrompu. Une scène particulièrement insoutenable pour moi a trouvé son salut grâce (et d'une façon très Verhoevenienne, si je puis me permettre) à ce qui fait effectivement le coeur du livre et de la saga entière : la façon dont votre propre prise de contrôle sur le réel et votre conscience vous permet de renverser tout rapport de force et vous libère. Je ne veux pas trop en livrer sur cet épisode, mais si une phrase est à synthétiser de cela, elle serait la suivante : si on veut faire de toi un chien, deviens un loup. Brillant. On peut évidemment faire le parallèle avec la célèbre phrase de la Boétie sur la liberté qui trouve ici sa plus parfaite et concrète application : « Soyez résolus de ne servir plus, et vous serez libres. » Impossible de ne pas faire le lien, non plus, avec le mythe de la caverne de Platon qui donne son titre à l'ouvrage, qui illustre aussi de manière éclatante le projet Borderline : le monde perceptible n'étant qu'un reflet, un fragment seulement de la réalité. Je cite l'auteur : « ne plus prendre les choses pour l'étiquettes de ce qu'elles sont. » Les moments Tyler-Travis dans le dernier tiers du livre sont juste sublimes et on gagne vraiment en intensité. Et en beauté. On peut voir les couleurs et toucher à cette unité perdue et retrouvée dans leurs flirts avec la conscience Universelle dus à la prise du cactus. Si je dois reconnaître un attachement à un personnage dans Borderline, il s'agit bien de Wish, qui devient figure totem, accoucheur. La Plante révèle son visage ou plutôt ses mille et uns visages en constante métamorphose. C'est de toute beauté. L'ascension fulgurante que décrit Travis est aussi la nôtre. le dialogue « final » avec Spade et le programme envisagé est foutrement pervers : la mise en abîme est démente. Je note dans le discours de Travis, comme un enseignement, alors qu'il repense à tout ce qu'il a pu vivre avec Tyler : la mise en avant de l'expérience comme étant synonyme de vie même. le dernier tiers du livre m'a tout simplement cueilli, la figure du jaguar s'exprime si pleinement dans ces dernières pages... Je n'en dévoile pas plus et vous laisse vous faire votre propre idée, mais... What a ride !
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AdelineRogeaux
  12 février 2021
“Y a eu la claque, y a eu la poussée d'adrénaline, et maintenant, y a la bombe.”
Et voilà, j'ai bouclé le tome 3 de la saga de Zoë Hababou. Et j'peux d'ores et déjà affirmer que c'est loin de s'essouffler comme on peut parfois le constater dans les grandes sagas... bien au contraire, ici ma respiration a rythmé cette lecture frénétique. L'écrivain nous emporte, nous coupe le souffle, nous fait haleter… Elle joue avec nos sentiments, transpose ceux des personnages, sans prendre de gants. Ce tome est vachement plus violent que les deux autres. Vachement plus sombre, et aussi plus profond.
“... là d'où je viens, tout ce qui risque de te surprendre, c'est la profondeur de la connerie humaine.” (amen)
Avant de poursuivre : j'ai adoré… un livre de gros malade… J'sais pas mais chaque tome arrive à me surprendre, c'est carrément dingue ! Même si j'aime pas dire ça par rapport à l'histoire de Travis... C'est chaud.
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Qu'est-ce que j'ai aimé ? (à lire si vous n'avez pas peur de lire des spoils, j'ai fait gaffe mais on sait jamais)
Le jeu de l'auteure, de nous faire avaler mille sentiments, nous les faire vomir, ravaler, sans cesse… Entre deux “chapitres”, on peut souffler un peu, mais clairement, c'est hyper rythmé, hyper habile. On oscille entre colère, soulagement, sérénité, puis BAM de nouveau colère, tristesse, apaisement… Je savais jamais comment, d'une minute à l'autre, je serais en lisant Travis et sa vie, Travis et Tyler, Travis et Wish, Travis et Spade, Travis et l'jaguar… Et Eliot. J'dois avouer que ce tome en particulier m'a fait ressentir ces choses intensément. Parce qu'il est plus mûr, plus sombre.
***** ***** *****
Le jeu de Spade pour son Grand Projet. L'enflure réserve bien des choses aux jumeaux. Des choses qui vont les faire souffrir, des choses qui vont les faire se confronter à eux, à leurs origines, à l'être humain et ses règles, les lois les plus élémentaires de l'Homme. Etre confronté à leur interdiction de s'aimer, à ce qu'ils sont aux yeux des gens. Un jeu diabolique qui mettrait n'importe qui à terre en moins de deux. Un jeu dans lequel Travis et Tyler vont entrer, lutter, s'accrocher coûte que coûte… C'est hyper douloureux, mais nécessaire, de le lire.
“A moins que ce soit moi qui existe de moins en moins.”
***** ***** *****
Les passages avec Wish et le commencement de la diète avec l'ayahuasca, l'ajo sacha, la numan rao, deux nouvelles plantes qu'on découvre en même temps que le Travis de la jungle. Des paysages à couper le souffle, des visions que je ne peux même pas qualifier, mais d'une beauté… même effrayante parfois. J'ai eu beaucoup de frissons, et des larmes parfois, dans certaines cérémonies. Une tristesse profonde en ressort. Une danse avec la mort et ses démons, avec les dieux et leurs envoyés aussi. C'est mouvementé !
Mais Wish, son amour pour la medicina et pour Travis (ça s'voit qu'il l'aime le Travis) sont là, avec lui. Et ça, c'est beau. Vraiment beau.
L'avant-diète aussi est puissant, la route vers la jungle, on voit là le Travis confronté à son démon, c'est effrayant !
“Putain mais je vais me transformer en fougère…”
***** ***** *****
La virée folle de Tyler et Travis à travers les villes et le désert, les villes et ce qu'ils font pour “gagner” du fric facilement. Des gros cinglés, mais des cinglés qu'on ne peut qu'aimer. M'ont fait sourire, m'ont fait peur aussi. Et m'ont aussi fait grincer des dents. Mais pourquoi… Mais comment… !!!
“On va enfin savoir ce qu'on a dans le slip mon bonhomme !”
***** ***** *****
J'ai ressenti beaucoup de peine pour Travis, plus que dans les deux autres tomes, parce qu'on le voit à nu, à vif, que ça soit physique ou mental. On voit sa peur, ses doutes, des choses que je n'avais pas forcément percutées avant. Je le vois ici en tant qu'humain, beaucoup plus humain dans ce tome. C'est triste, c'est beau, c'est inquiétant. Travis, il est à la recherche de quelque chose, qui s'approche, à mes yeux, de la rédemption. Une chose difficile à atteindre. Il cherche à comprendre ce qu'était Tyler. On le cherche aussi. Sacré bout de femme celle-là !
Le Travis du présent m'a énormément peinée, parce que je sais toujours pas comment il est arrivé là, ni où il va. Une scène m'a fait pleurer aussi dans cette “dimension” là, le présent.
J'vous l'ai dit que Zoë elle jouait avec nos nerfs, et pas qu'un peu !
***** ***** *****
Pour conclure… J'ai vraiment hâte que le tome 4 sorte, parce que oui, le 4 arrive à grand pas !
J'ai encore une drôle de sensation, j'viens de finir le livre… Alors j'vous laisse aller voir ça vous-même, j'vais m'faire un café pour digérer cette lecture !
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Melaniedesforges
  17 avril 2021
I. Virage à 180°
Bon, depuis le début, Travis c'est un écorché vif. On va pas se mentir, il a une propension à l'auto-destruction qui est assez dingue. Enfin, je dis « Travis », mais Tyler est pas mal dans le genre aussi ! La logique des choses voudrait que l'on continue sur cette lancée. Je veux dire, dans chacun des tomes, on te parle de leur adolescence, de leur phase adulte, de la période de deuil de Travis mais également du présent. Donc comme on sait qu'ils étaient toujours auto-destructeurs et intenses, il y a fort à parier que toutes les scènes avec Tyler soient du même goût que dans le tome 1 et 2, non ?
Bah non.
Et c'est là le coup de maitre de Zoë. En fait, dans ce troisième tome Travis et Tyler se redécouvrent, ils oublient peu à peu le plaisir chimique et commencent à retrouver le bonheur. Bon, OK, « bonheur » c'est peut-être un peu fort comme mot, mais en tout cas, ils sont dans une phase de redécouverte de leurs sens, de leurs êtres. On a craqué la coquille que formait la drogue et on aperçoit leur nature profonde.
Durant sa diète, c'est exactement la même expérience que vit Travis. Il s'est délesté de tous ses idéaux, il est nu devant la plante, totalement déconstruit.
Et c'est ce parallèle que j'ai beaucoup aimé : on peut vivre plusieurs phases de déconstruction dans sa vie. Rien n'est figé et notre vérité du moment n'est pas forcément celle qui nous tiendra toute notre vie. le plus important n'est pas de savoir si on a raison ou pas, le plus important reste de reconnaitre nos torts et de ne pas perdurer dans cette voie par principe.
Au final, l'important est la lutte, pas les idéaux.
II. Entre chaud et froid
Ce tome 3 est vraiment caractérisé par l'arrivée d'une nouvelle émotion : la joie. Encore une fois, ça serait trop fort de parler de bonheur, parce qu'il s'agit d'un état profond et ancré. Très honnêtement Travis ne ressent pas de bonheur. Par contre, de la joie, oui. Il redécouvre ses sens, il s'ouvre aux autres, il se lie avec d'autres individus que Tyler.
Il y a cette douceur, cette pureté qu'on ne voyait pas avant. du coup, est-ce que ce tome 3 est une pause ? Une douce parenthèse dans cette saga ? Tu as vraiment cru qu'on était dans le monde des bisounours ou quoi ?
Non, parce que cette douceur, elle va justement servir au récit. Niveau horreur, on monte d'un cran encore. Eh oui, je te rappelle que les deux zigotos se retrouvent dans un camp plutôt hardcore et leurs sévices sont loin d'être terminés. Entre violences psychologiques et physiques, on voit un torrent de haine se déchainer sur eux et c'est saisissant. On assiste, totalement démunis.
Je dirais que ce tome 3 est vraiment caractérisé par ces deux extrêmes et l'enchainement que l'on retrouve. Dans le résumé, Zoë Hababou nous parle de grand-huit, mais c'est exactement ça ! Depuis le début de la saga, on est jamais monté aussi haut, mais on est jamais non plus descendu aussi bas.
III. La petite signature Hababou
Dans les deux tomes précédents, j'avais repéré un petit quelque chose qui permettait à Borderline de sortir du lot : son dialogue à rallonge. de quoi que je te cause ? En fait, la fin du tome 1 est caractérisée par ce dialogue entre Travis et le psy. Durant des pages et des pages, les deux confrontent leurs idéaux et on assiste vraiment à ce choc entre deux visions. le dialogue ne se veut pas réaliste, pas du tout. Il est clairement là pour qu'on puisse voir ces deux visions. Plus rien n'existe en dehors des répliques, pas même les personnages eux-mêmes. Pour ma part, j'ai vraiment eu l'impression de me trouver devant une pièce de théatre. La lumière n'éclaire plus que les deux acteurs, qu'importe leur jeu, qu'importe leur identité, seul le texte compte.
Cette impression, je l'ai encore retrouvée dans le tome 2 avec le dialogue qui se joue entre Wish et Travis. Une fois de plus, l'important n'est pas l'action ou le récit, mais plutôt les préceptes que Wish vient inculquer. D'autres personnages pourraient nous sortir ce dialogue qu'il ne perdrait pas son message.
Donc forcément, je m'attendais bien à retrouver ça dans le tome 3. Mais pas à ce point ! En fait, ce qui était une légère récurrence dans les opus précédents devient carrément la signature de Zoë Hababou dans le tome 3. Et des discours comme ça, tu en retrouves plusieurs. Des confrontations d'idéaux.
Le rythme de ce tome change drastiquement par rapport aux autres, on est moins ancré dans l'action. En fait, tu es totalement dans l'introspection. Ça devient + lyrique, + philosophique, + verbal qu'avant. Bref, Borderline se renouvèle totalement avec cet opus !
IV. L'après-lecture
Je me suis encore tapée une thérapie ! Et cette fois, ça ne s'est pas du tout passé comme la première fois. Disons que le tome 2 m'a bien aidée à ancrer des principes que j'avais déjà captés et presque assimilés depuis un bout de temps. Au final, c'était un peu une piqure de rappel qui a ravivé les flammes. Mais le truc avec ce tome 3, c'est qu'il correspond pas mal au cheminement que je vis actuellement.
Je suis le genre de meuf qui se remet perpétuellement en question. Pas que je n'ai pas confiance en moi ou que je doute ! Pas du tout, mais pour moi, la vérité, c'est quelque chose de temporel. le monde évolue si vite, on évolue si vite, alors pourquoi la vérité n'évoluerait-elle pas ? Je ne vois pas la vérité comme quelque chose de figé dans le temps, ni de collectif. Bref, tu as saisi un peu ma mentalité.
Le truc dingue avec ce tome 3, c'est qu'il traite pas mal de sujets que je questionne en ce moment. Oui, il y a le thème de la liberté (thème central de la saga), mais pas que. Alors, je ne dis pas que je partage à chaque fois le point de vue de Travis ou des autres personnages, mais c'est ça la richesse du bouquin ! Beaucoup de personnes pensent que pour affirmer ses idéaux, il faut se renseigner dessus, lire des romans qui vont dans notre sens pour pouvoir confirmer que l'on est bien OK avec tout ça. Je ne suis pas d'accord. Au contraire, c'est en lisant des livres qui vont démonter ta façon de réfléchir que tu vas savoir ce qu'elle a dans le bide.
Pour moi, pour ma façon de voir les choses, la vie, etc… Borderline est le parfait équilibre entre ma mentalité et au contraire des préceptes totalement opposés. C'est vraiment un des meilleurs outils possibles pour ma remise en question.
V. PÉPITE OU PAS PÉPITE ?
Je vais pas écrire un paragraphe pour ça, je crois que tu connais déjà suffisamment mon amour pour cette saga et au vu de cette chronique, tu as bien capté que je continuais clairement sur cette lancée : Oui, Borderline est une pépite. Je pense sincèrement qu'elle fait partie des lectures qui auront changé ma vie.
Cette saga est ma putain de thérapie à moi !
Je mets de plus en plus de temps à lire les bouquins et pas simplement parce qu'ils sont de plus en plus gros. Non, je mets + de temps, parce que je ressens le besoin de graver chaque enseignement, chaque mot dans mon esprit. J'ai besoin qu'il m'accompagne dans ma remise en question. J'ai besoin de lui, tout court. Je ne veux pas en perdre une miette.
Lien : https://www.melaniedesforges..
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HerbeRouge77
  01 juin 2021
Depuis le début de la série, on sent bien la volonté de destruction de Travis, son envie de se détruire pour mieux se reconstruire.
Dans ce tome, pour la première fois, je doute, et je me dis que si ça se trouve il y arrivera pas. Cette destruction va trop loin, est trop profonde, et puis, destruction « volontaire » ?
Le camp n'est pas volontaire du tout, et le « psy », on hésite entre l'admirer ou le maudire.
Leurs discussions philosophiques sont aussi intéressantes que déstabilisantes.
Certes, on a toujours le choix. Mais parfois les choix sont bien merdiques, on n'est pas aussi libres qu'on pourrait l'imaginer et même dans la tête, on a des barreaux.
« Pareil que si j'avais la clé de ma cellule dans l'estomac, et que je savais devoir m'ouvrir moi-même les entrailles pour m'évader »
Vous voyez le genre ?
« On veut ce qui fait peur aux autres. On veut aller dans le sens inverse de la marche. On veut pas être beaux et en pleine santé et plein de fric et vivre le plus longtemps possible. On veut pas du confort et de la sécurité. On veut pas de l'avenir. Et on veut pas de l'espoir. Et si tu vois autre chose que l'héro pour remplir tous ces critères, alors vas-y, je t'écoute. »
Un petit air de démarrage de Trainspotting. Sauf qu'ici, ce n'est pas tout à fait choisir de ne pas choisir, mais c'est vouloir ce que personne ne veut. Allez à l'encontre, à l'opposé du reste du monde. Parce que Travis et sa soeur, c'est eux deux contre l'univers.
Sauf que la destruction à deux, lui et sa soeur, c'est pas pareil qu'une fois tout seul. Vraiment pas. Alors les plantes, elles font plus que déconstruire Travis.
Car il l'a toujours voulu, et cherchée, cette remise en question. Mais sans réaliser ce qu'elle impliquait. Sans réaliser qu'il devrait la chercher seul.
Alors il lutte sans le vouloir, il lutte contre lui-même, en permanence, jusqu'à l'épuisement. Avec les plantes, il lutte et cherche à se comprendre. Lui, mais aussi sa soeur, toujours présente au fond de lui.
Et il commence à comprendre bien des choses… et si vous voulez savoir lesquelles, lisez ce troisième tome de la saga Borderline ! 😉
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SimonPerdrix
  08 novembre 2020
Il y a des suites inférieures, des suites égales, des suites supérieures. Et il y a des suites qui transcendent, qui synthétisent l'âme d'une saga pour en devenir le monument. Borderline III est de celles-ci.
Aussi étonnant cet axe de comparaison puisse-t-il paraître de prime abord, peut-être faudrait-il évoquer L'Empire Contre-Attaque pour saisir toute la force de ce livre : on y trouve là aussi une histoire de frère et soeur, d'amour contrarié, un vieux sage isolé ; on y trouve surtout une quête et un affrontement de soi-même, et par-dessus le marché une figure ténébreuse qui joue avec eux. Je vais éviter de détailler pour ne pas spoiler, mais disons que certains archétypes sont sans doute inévitables lorsque l'on établit une saga. Mais le tout est de savoir s'approprier ces archétypes, ces figures universelles qui constituent le socle des récits qui forgent l'Humanité depuis la nuit des temps, et l'aident à s'orienter dans le chaos.
Voilà ce qui différencie les sagas qui restent de celles qui posent : lorsque l'auteur(e) réussit à apporter sa contribution à une tradition ancestrale pour offrir une vision du monde toute personnelle, et dont la portée va au-delà du concept de sublimation artistique. Lorsque la vision ouvre des horizons nouveaux au travers d'un schéma connu.
Zoë Hababou a réussi ce tour de force. Borderline III synthétise tous les thèmes présents dans les deux premiers, en les poussant à un point de non-retour aussi éreintant qu'enthousiasmant qui parlera à tous tant le processus qui y aboutit est universel. Donc oui, Borderline Niveau 0 - La Caverne est L'Empire Contre-Attaque de la saga, et vous n'êtes pas prêts. Et en un sens, c'est bien mieux comme ça : les voyages qui marquent sont ceux qui dépassent la volonté et la destination initiales.
En parler plus encore reviendrait à déflorer ce périple, et par conséquent je ne saurais que trop vous inviter à le tenter. Si vous ne le faites pas pour vous, faites-le pour l'esprit en quête de sens et de liberté qui sommeille en vous.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
HababouZoeHababouZoe   11 novembre 2020
L’ayahuasca m’avait plongé dans la mort que je désirais tant pour que je réalise ce qu’elle signifiait vraiment, et quelle odieuse partie de moi en retirerait le profit. Elle avait dévoilé les énergies négatives qui me hantaient et me poussaient vers l’abîme, afin de m’apprendre qu’une parcelle de moi désirait encore vivre. Elle avait libéré la colère emprisonnée dans mon subconscient pour que je la regarde en face, l’accepte enfin et l’incorpore, et cesse de me faire tirer les ficelles par des monstres que j’avais créés mais dont j’ignorais le visage. Elle avait réhabilité la rage qui m’habitait, en me forçant à écouter le message qu’elle véhiculait de par son existence. Puis elle m’avait enseveli vivant dans les visions magnifiquement gluantes qui peuplaient mes rêves, jusqu’à ce que je m’en étouffe. Pour enfin rendre à ma chair cette souffrance sans fond et légitime que je m’étais jusque-là interdit d’éprouver.
Le sens profond de cette cérémonie m’est apparu dans toute sa force. Peut-être à cause de la diète, le message de la plante était ce matin-là pour moi d’une limpidité, d’une clarté fabuleuse. Il me semblait réellement comprendre ce que j’avais traversé, et pourquoi. Elle avait fait remonter jusqu’à la pleine conscience les ombres qui peuplaient mes souterrains et se cachaient dans les labyrinthes de ma personnalité. Leurs manœuvres me devenant clairement identifiables, elles ne pouvaient dès lors plus avoir le même impact sur moi. Quand la marionnette lève les yeux et aperçoit celui qui lui tire les ficelles, elle peut plus se contenter de s’agiter en se persuadant que les mouvements qu’elle exécute naissent de sa volonté. Le marionnettiste perd son emprise, l'étreinte se relâche, les fils se distendent. Les choses ne peuvent plus tout simplement continuer comme avant.
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HababouZoeHababouZoe   13 novembre 2021
— Amener quelqu’un à se livrer, c’est le priver du secret de
son intimité. Le fondement majeur de l’identité, c’est
l’impénétrabilité de la pensée, donc rendre celle-ci transparente
équivaut à dissoudre la personnalité de celui qui se confesse, qui
dès lors ne peut plus se retrancher derrière le secret de son
propre esprit. Et il le vit d’autant plus mal que c’est lui qui se
livre, en parlant, en laissant s’échapper au travers des mots ce
qu’il porte de plus secret, de plus précieux, de plus personnel en
lui. Cela revient à offrir tout son être aux autres, à les autoriser
à arracher et piétiner son propre esprit, en bref à offrir toute sa
personne en pâture. Dès lors il n’existe plus de réelle
démarcation entre soi et les autres, et à fortiori entre celui qui se
confesse et ses agresseurs. Il ne sait plus qui il est. Il devient
perméable à tout, transparent, sans défense. Le pas vers la
démence ne constitue alors plus qu’une formalité, car à ce stade
de compromission, un Homme n’en est tout simplement plus un.
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HababouZoeHababouZoe   13 novembre 2021
Je suis ce qu’il y a de pire en vous.
Je suis vos instincts refoulés.
Je suis votre haine accumulée.
Je suis vos rêves impossibles.
Je suis l’échec cuisant de votre vie.
Mon nom est Travis Montiano. Et ceci est le récit du
pourquoi.
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HababouZoeHababouZoe   13 novembre 2021
C’est étrange, la façon dont ils vous rayent
instinctivement de leur champ perceptuel quand vous êtes
condamné. Un peu comme si vous étiez déjà mort. Au lieu
de rapprocher les gens, le malheur crée un fossé entre eux.
Entre ceux qui vont vivre et ceux qui vont mourir. Ceux
qui sont encore là pour quelque temps et ceux qui vont
bientôt partir.
Est-ce que vous avez peur que je vous contamine ?
Cette tumeur que je porte, est-ce que vous la sentez ?
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HababouZoeHababouZoe   13 novembre 2021
Cette discipline, cette espèce de code totalitaire instauré
par eux, qui partage le monde en deux, entre ceux qui
donnent les ordres et ceux qui obéissent, ceux qui se
marrent et ceux qu’en chient. Ceux qui marchent… et ceux
qui rampent. Cette absence totale d’intimité, voire même
cette intrusion dans l’intimité, cette impossibilité de leur
échapper, cet accès sans limite qu’ils ont à toi, tout ça fait
que tu finis par te surveiller toi-même. Tu comptes dans ta
tête, pour respecter scrupuleusement le temps dévolu à
chaque tâche. Tu t’observes agir, persuadé que les autres
sont en train d’évaluer le moindre de tes pas. Tu dors plus
que d’un œil, de peur d’être surpris en plein rêve, en
position de faiblesse. Tu parles plus. Tu regardes plus
personne en face. Que tu le veuilles ou non, tu te
transformes petit à petit en robot.
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Vidéo de Zoë Hababou
Interview d'une auteure Rock n' Roll ! L'écrivain-voyageuse Zoë Hababou évoque la genèse de sa saga Borderline, les sources de son inspiration, son rapport à l'écriture et sa soif de voyage.
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