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Michel Doury (Traducteur)René Cayrol (Préfacier, etc.)
ISBN : 2264007257
Éditeur : 10-18 (01/02/1977)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 226 notes)
Résumé :
Arizona, 1961, rencontre d'un étudiant en anthropologie de l'université de Californie à Los Angeles, Carlos Castaneda et d'un Indien Yaqui de la province de Sonora, nommé Don Juan. Homme réel ? Présence d'un pouvoir ? Sorcier réincarné ? Inventeur d'un prodigieux roman imaginaire ? On sait seulement de lui qu'il est un homme de connaissance. Parti de la fascination du peyotl dont il croyait tout savoir, Castaneda, accepté comme élève par Don Juan, va apprendre comme... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Snarkk
  25 novembre 2014
L'herbe du diable et la petite fumée est le premier volet d'une série de livres écrits par Carlos Castaneda, relatant l'enseignement d'un sorcier yaqui répondant au nom de Don Juan.

Parfois considéré comme un condensé de charlatanisme ou comme une ode au chamanisme, ce livre n'est à mon sens rien de tout cela, mais plutôt la préparation à une pensée philosophique qui sera développée tout au long des autres livres de l'auteur. La réalité ou non du témoignage, voire l'existence de Don Juan, n'a au final d'importance que pour l'esprit rationaliste (j'insiste sur le suffixe), fondamentalement hermétique à ce paradigme philosophique.

Ce premier livre se concentre principalement sur la notion de perception. Nos grands amis rationalistes, qu'on retrouve à tous les échelons de la société et malheureusement un peu trop dans les sphères dirigeantes, sont partisans d'une manière de percevoir et d'agir sur le monde qui est délimitée, bornée, donc étriquée. L'enseignement premier de Don Juan pour son disciple Carlos Castaneda consiste à faire tomber sa représentation dogmatique du monde. L'usage des plantes psychotropes (qui n'est PAS le sujet principal du livre) est un moyen permettant d'ouvrir ce qu'Aldous Huxley appelait les "portes de la perception". A savoir, notre capacité à concevoir différents niveaux de réalités, se mélangeant les uns les autres.

Ainsi, toute l'organisation de l'ouvrage tourne autour de ce thème. Les traits d'esprits tranchants et les tours qu'il joue à son apprenti sont à la fois intrigants, drôles et initiatiques au sens premier du terme : à savoir ressentir physiquement une philosophie, ce qui est infiniment plus efficace et plus pertinent qu'une théorie purement intellectuelle.

Peu à peu, Carlos Castaneda cède quelques pans de son rationalisme, sans pour autant "sombrer", tel un converti, vers une nouvelle philosophie. Toujours critique à l'égard de son maître à penser, mais également respectueux du savoir assimilé. du moins, une fois que ce dernier a été digéré.

A mon humble avis, c'est sur ce livre que se jouera la suite de votre parcours avec Carlos Castaneda. C'est en quelque sorte quitte ou double. Soit on n'adhère pas et on refuse d'aller plus loin, soit on tombe sous le charme et on continue. Attention toutefois à ne pas considérer ce livre comme un espèce de manuel beatnik, prélude à d'autres. Les ouvrages qui furent publiés par la suite se concentrent de plus en plus sur l'approche philosophique chamanique, délaissant l'aspect "cool" et "underground" de la consommation de psychotropes et de plantes hallucinogènes.
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taiji
  10 août 2013
Honnêtement, qu'est-ce-que ça m'a fait chier que toutes ces divagations d'Américain choyé ,qui se la joue "trip tribal" au Mexique, dans les beat-years!OK, les Indiens du Chihuahua savent intégrer à leur culture le Lexomil local.On en est ravit.
.Par-contre, Claude Levis-Strauss a su nous épargner ses états d'âmes ,face à l"opium Jivaro", et en vrai ethnologue,avec un regard impartial, a su faire une vrai relation de ses expériences amazoniennes.C'est pas comparable?Je suis d'accord:on a le talent ou on ne l'a pas.Bon...pour les deux étoiles Babélio que j'ai apposées, on dira que c'était pour la description grandeur nature des shoots à la datura.
En attendant, je pars à la cueillette des champignons en Auvergne, et moi-aussi , je saurai exprimer l'âme intime de l'Auvergnat et , ferai parler le Quetzacoatl dans l'aligot mystique du vieux cantal.
NA!
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Niele
  08 février 2016
L'herbe du diable et la petite fumée est le premier ouvrage de Carlos Castaneda. Ce dernier est considéré par les uns comme un romancier de génie, par les autres comme un anthropologue très intelligent, il ne laisse aucunement indifférent. Sa vie est entourée de mystère dont l'auteur s'est lui-même entouré, ses dires entre en contradiction avec les documents officiels. On peut comprendre aisément que ses détracteurs puissent mettre en cause ses écrits essentiellement autobiographiques relatant son initiation chamanique par un indien Yaqui (Don Juan). Pour les scientifiques modernes, Carlos Castaneda est considéré comme un charlatan de premier ordre, inversement pour les visionnaires en quête de spiritualité, il est un dépositaire incontournable de savoirs fondamentaux.
Ce récit retrace l'enseignement de Don Juan, sorcier Yaqui, donné à Carlos Castaneda au cours des années 60. A l'aide d'une plante hallucinogène (l'Herbe du diable, Datura Inoxia) et de champignons hallucinogènes (la Petite fumée, Psilocybe mexicana), Don Juan va initier Castaneda aux voyages dans la réalité non-ordinaire et faire de lui un homme de savoir.
Les témoignages de Carlos Castaneda sur ses voyages au-delà de la réalité sont précieux. Ils nous ouvrent les portes sur un autre monde, auquel bien sûr tout le monde ne croit pas (d'ailleurs ceux là n'ont pas à lire Castaneda). Les expériences sont décrites simplement sans a-priori, sans analyses intellectuelles intrusives, sans analyses scientifiques. le monde de l'invisible est admis sans contestations aucunes.
La partie analytique est traitée à part des témoignages et peut se lire indépendamment. Je l'ai trouvée ennuyeuse, incompréhensible et superficielle. On peut se passer de la lire sans que cela nuise à la compréhension du témoignage. Elle permet peut être d'éclaircir certains points pour nous qui n'avons pas la même culture que les sud-américains ou ceux qui ont les deux pieds dans le monde matériel.
Il faut voir dans le texte de Castaneda un enseignement personnel. Il n'y a pas UNE règle absolue applicable à tous les élèves chamanes. Ce n'est qu'une expérience initiatique parmi tant d'autres. Les substances hallucinogènes entrent dans ce parcours -ci mais ce n'est pas la seule voie vers le monde de la réalité non-ordinaire. Il ne faut donc pas tout prendre au pied de la lettre.
Je conseille ce livre pour tout ceux qui s'intéressent au chamanisme. C'est un très bon témoignage d'un parcours initiatique. L'ingestion de substances hallucinogènes n'est pas le seul moyen de parvenir au but, il est de rigueur de préciser que cela se fait avec un maître initié, ce n'est pas indiqué dans le livre, mais celui-ci est sorti à une époque où les moeurs étaient différentes.
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frandj
  20 février 2014
Un anthropologue américain se lie avec Don Juan, un "sorcier" mexicain, de l'ethnie yaqui. Il vient pour "voir" ses pouvoirs magiques et découvrir ses secrets de chaman. le jeune américain apprend à connaitre les plantes, notamment la datura inoxia, ou "herbe du diable" - et ses effets sur l'homme. Mais fa frontière la monde visible et le monde invisible est bien floue; l'anthropologue ne peut toujours pas "voir" ce qu'il voudrait voir. Le lecteur a intérêt à mettre de côté son esprit rationnel pour bien suivre l'aventure difficile des découvertes magiques. Malgré toute sa disponibilité, il se sent parfois perplexe.
Cependant cette incursion dans le monde magique, si éloigné de nos plates certitudes, est une expérience originale. Les ambigüités du témoignage (détaillé et probablement sincère) de C. Castaneda constituent un attrait et non un obstacle pour le lecteur de bonne volonté.
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chriskorchi
  22 mai 2013
l nous emmène vers des rites et des croyances qui nous sont inconnus et pourtant qui restent très forts dans la tête des personnes qui y croient.
Ce livre est le premier d'une longue série passionnante d'explorations chamanique.
A lire
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
TatooaTatooa   12 juin 2013
- Ma seule raison, c'est de vouloir vraiment apprendre, juste pour savoir. Je vous assure, Don Juan, que mes intentions ne sont pas mauvaises.
- Je vous crois, je vous ai fumé.
- Je vous demande pardon ?
- C'est sans importance. Je connais vos motifs.
- Vous voulez dire que vous voyez à travers moi ?
- Si vous voulez.
- Alors vous m'apprendrez ?
- Non.
- Parce que je ne suis pas Indien ?
- Non. Parce que vous ne connaissez pas votre cœur. Ce qui est important, c'est que vous sachiez exactement pourquoi vous voulez entreprendre cette étude. Etudier le "Mescalito" ; c'est une chose très sérieuse. Si vous étiez Indien, le seul fait de souhaiter l'étudier suffirait. Car très peu d'Indiens expriment un tel désir.
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chriskorchichriskorchi   22 mai 2013
Pour moi, n’existent que les voyages sur les chemins qui ont un coeur, tous les chemins qui ont un coeur. C’est là que je voyage et le seul défi qui compte, c’est d’aller jusqu’au bout. Et j’avance en regardant, en regardant, à perdre haleine.
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ffleurffleur   29 août 2014
Ce Chemin possède -t-il un coeur?S'il en a un le chemin est bon.Sinon,à quoi bon?Les chemins conduisent nulle part,mais celui -ci a du coeur,et celui-là n'en a pas.Sur celui -ci,le voyage sera joyeux,et tout au long du voyage,vous ne formerez qu'un.L'autre vous fera maudire l'existence.le premier vous rendra fort,l'autre faible
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Bruno_CmBruno_Cm   21 juillet 2013
- [...] - c'étaient des corbeaux.
- Des corbeaux blancs, don Juan ?
- En fait, les plumes noires des corbeaux sont argentées. Les corbeaux brillent si fort que les autres oiseaux les laissent tranquilles.
-Et pourquoi leurs plumes semblent-elles argentées ?
- Parce que vous les voyez comme les corbeaux les voient. Un oiseau que nous voyons sombre semble blanc pour un corbeau. Les pigeons blancs, par exemple : les corbeaux les voient roses ou bleuâtres ; les mouettes, jaunes. Essayez maintenant de vous rappeler la façon dont vous vous êtes joints à eux.
J'y ai pensé, mais les oiseaux n'étaient qu'une image entrecoupée et sans liens. Je lui ai dit que je me souvenais seulement d'avoir volé en leur compagnie. Il m'a demandé si je m'étais joints à eux n vol ou à terre, mais il m'a été impossible de lui répondre. Il s'en est montré assez fâché. Il a insisté pour que j'y pense sérieusement : "Tout cela n'a aucun sens, et cela restera un rêve insensé si vous ne parvenez pas à vous souvenir de tout."
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Bruno_CmBruno_Cm   21 juillet 2013
[Après avoir joué à se battre avec un chien sous l'effet du peyotl-Mescalito] J'étais baigné d'une euphorie indescriptible. Je riais à perdre haleine.
J'avais l'impression très nette de ne pas pouvoir ouvrir les yeux. Je voyais à travers une citerne. L'angoisse m'a pris, je n'étais pas capable de me réveiller tout en sachant que je ne dormais pas. Puis le monde a retrouvé sa cohérence, mon champ de vision s'est élargi, et la conscience m'est revenue, et mon premier acte raisonnable a été de chercher partout cet être merveilleux. La transition était délicate. J'avais quitté mon état normal sans presque m'en rendre compte, en pleine conscience, sans rupture dans mes pensées et dans mes sensations. Ce retour à une conscience froide et objective a été pour moi un choc violent. J'avais oublié que j'étais un homme ! Cette situation inévitable m'a rempli d'une telle tristesse que j'ai éclaté en sanglots.
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Videos de Carlos Castaneda (4) Voir plusAjouter une vidéo
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Documentaire consacré à l'oeuvre et aux expériences de Carlos Castaneda, ethnologue, écrivain brésilien. Introduction par Michel Cazenave sur l'utilisation des hallucinogènes dans les peuples dits "primitifs" : rituels, contraintes sociales, surveillances des chamans, sorciers...
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