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Sapiens tome 2 sur 3

David Vandermeulen (Autre)Daniel Casanave (Autre)
EAN : 9782226457622
256 pages
Albin Michel (13/10/2021)
4.17/5   224 notes
Résumé :
Après 'La naissance de l'humanité', Yuval Noah Harari, David Vandermeulen et Daniel Casanave décryptent, en bande dessinée, un nouveau chapitre de l'histoire de l'humanité.
Que lire après Sapiens, tome 2 : Les piliers de la civilisationVoir plus
Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
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Dans ce deuxième opus sur l'Histoire de l'humanité, les auteurs évoquent la révolution agricole et ses conséquences.
Discipliner la végétation et le monde animal pour se remplir l'estomac, est-ce un confort ? Non, selon Yuval Noah Harari. Cela représente un asservissement, plutôt, pour les hommes et les femmes, et engendre bien des contraintes.
Cet avis rejoint celui de James Suzman ('Travailler, la grande affaire de l'humanité').
La culture des sols et la domestication des animaux ont permis la sédentarisation, une sécurité alimentaire relative (remise fréquemment en cause par pénuries et épidémies), une croissance démographique exponentielle, des regroupements plus importants d'individus, et donc l'apparition de hiérarchies qui devaient leur stabilité à des 'mythes' fondateurs et fédérateurs (religions, systèmes politiques...), à mesure que les populations croissaient. La notion de 'propriété' a également pris de l'ampleur, de même que la logique du 'toujours plus', avec les dégâts que l'on connaît.
Bref, un bien pour bien des maux.
L'auteur se penche également sur la question de la domination masculine établie comme un fait 'naturel' dans la plupart des sociétés. Il ne semble pas avoir trouvé de réponse convaincante - ou il nous laisse le suspense pour le prochain numéro ?

L'ensemble est passionnant, didactique et ludique, largement étayé de références éthologiques, qui nous aident à revoir notre perception du 'normal' vs 'contre-nature' (notamment en matière de domination mâle ou de sexualité).
Le seul défaut : trop de lourdeur et de longueurs avec deux personnages (super héroïne enquêtrice et flic).
Je n'ai pas lu les essais de Yuval Noah Harari dont sont adaptés ces albums (la flemme). Je ne sais pas s'il utilise cet artifice pénible pour susciter débat et réflexions philosophiques à portée de tous...
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Yuval Noah Harari poursuit en bande dessinées ses explications sur l'origine de notre civilisation. Au programme de ce deuxième tome : la révolution agricole, l'apparition de l'écriture (et des chiffres), l'instauration de différences sociales, voire de castes, au travers de récits imaginaires fondant la vie collective, la bureaucratie, la place des femmes ...

La forme est identique au premier tome, avec une place plus grande aux apartés (Doctor Fiction, créateur de mythes; Bill et Cindy, le couple cultivateur moderne en visite chez ses cousins fourrageurs; la détective Lopez cherchant à comprendre comment l'ordre social a pu légitimer l'esclavage ou reléguer la femme à des tâches domestiques).

Ce qui surprenait étonne moins et les sujets deviennent plus polémiques. La révolution agricole – et son corollaire travailler pour se nourrir, et nourrir les autres – est-elle une course folle, sans fin, qui épuise les sols et les hommes ? Qu'est ce qui ressort de la réalité biologique et qu'est ce qui a été instauré pour maintenir un ordre social favorable aux classes aisées ?

Le premier tome faisait le point sur le peu de connaissances et de compréhension que nous pouvons avoir sur le développement de l'homo sapiens. Ce deuxième débat plus des formes d'organisation qu'il a choisi, ou que certains ont imposé…
Les sujets sont lancés, certaines analyses sont développées, d'autres ne font qu'instaurer la discussion.
L'idée est bonne, mais la forme éloigne le lecteur du sujet par le biais d'histoires secondaires qui n'apportent guère. Ce tome est donc moins convainquant que le premier.
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Les idées procèdent à l'inverse de la tisane me suis-je dit en refermant ce livre. Proposition scientifique des plus hasardeuses dont je m'explique : dans le cas de la décoction, plus les plantes infusent et plus elles diffusent leurs arômes dans la tasse. En revanche, plus les idées diffusent leurs modalités dans ma pensée et moins celle-ci me parait intensément colorée par elles. Comme si, au contraire, leurs répercussions se trouvaient comme diluées. D'où mon improbable définition a contrario qui a au moins le mérite d'expliquer pourquoi je n'ai pas ressenti la même épiphanie à la lecture de cette deuxième partie d'Une brève histoire de l'humanité : les idées ne sont pas de la tisane.
J'avais été subjuguée par le premier opus. Que l'ensemble de notre histoire humaine repose sur des fictions m'était apparu d'une confondante simplicité, relevant d'une intuition tout bonnement géniale. Depuis, sensible à cette interprétation, j'en ai trouvé la confirmation dans bien de mes lectures et je me suis habituée au point qu'elle soit passée du statut de révélation enthousiasmante à celui de grille de lecture opérante sur le réel. J'avais été également sous le charme de la mise en cases d'un essai : l'invention de personnages très graphiques, le recours à différents sous-genres du comics m'avaient paru servir la thèse dans une mise en abyme aussi humoristique que pertinente.
Ce deuxième tome ne remet rien de tout cela en cause, heureusement. Il décline les mêmes recettes pour procéder à la suite de la même démonstration : Sapiens a été le plus à même de mener des collaborations gigantesques lui permettant d'organiser d'immenses sociétés et d'imprimer sa marque, toujours mortifère, sur le monde. Est ici particulièrement étudié le rôle de l'écriture et celui de la bureaucratie. On y parle également de la place de la nature (d'une libéralité totale et par définition amorale) et de la culture, du genre et de l'importance de l'architecture pour déterminer la place d'un individu dans un collectif. Alors quoi ?
Est-ce donc qu'il m'a manqué cette fois l'étincelle, la fulgurance d'une idée nouvelle ? Habituée à être chahutée dans l'actualité par de nouvelles catastrophes planétaires toujours plus inattendues, aurais-je besoin, y compris dans mes lectures, de péripéties et d'une deuxième saison en totale disruption pour prolonger mon enthousiasme ? Ce serait la mainmise de la gamification sur le monde des idées. Ce serait bien peu flatteur aussi pour mon esprit plus avide de nouveautés que de propositions étayant une lecture pertinente du monde.
Ou est-ce que, une fois digérée la proposition théorique d'une organisation du monde par le récit (ce que d'autres philosophes, théologiens et psychanalystes n'ont cessé de dire aussi), la thèse de Yuval Noah Harari apparait tellement générale qu'elle en dilue ses retentissements ? D'autant que, aussi séduisante soit-elle, elle n'explique pas, et c'est un bon morceau de ce deuxième opus, l'origine des structures patriarcales qui organisent la plupart de nos sociétés à travers le monde et les siècles. Pas plus qu'elle ne propose de solution pour sortir de ces récits délétères et infléchir notre trajectoire vers une meilleure adéquation avec notre environnement fragile.
C'est peut-être que cette manière de voir l'Histoire comme les infinies conséquences d'une mise en fiction est elle-même… un récit. Et qu'on peut lire ce dernier avec la même suspicion que ceux qui l'ont précédé. Quels biais corrodent cette interprétation ? Dans les siècles passés, les individus n'existaient que par la place sociale que leur assignait leur naissance dans une société figée par un système de classes ou de castes. En mettant en évidence cette conception très consensuellement partagée et en la comparant avec la nature bien plus fluctuante de nos identités contemporaines, Harari braque le projecteur sur cette seule dimension du rapport de l'individu à un récit collectif auquel il adhère ou dont il se dédouane selon les époques. Mais l'humanité n'a-t-elle été influencée que par cela ? L'évolution des climats, du microbiote de Sapiens, des virus avec lesquels nous cohabitons ne sont-ils également pas des protagonistes aussi importants qu'hermétiques à la mise en récit ? Et tant d'autres éléments encore pourraient prétendre jouer un rôle dans cette évolution.
Entre les deux tomes de cet essai graphique, j'ai intercalé la lecture de 21 leçons pour le XXIe siècle qui m'avait semblé un peu fumeux par endroit et que la pandémie de coronavirus n'a pas épargné. Ecrit quelques mois avant l'émergence du Sras Covid, le bouquin prophétisait un avenir pour le moins inquiétant fait d'humanité expansée, d'intelligence artificielle supérieure mais sans Omicron ni guerre en Europe… Voilà qui prouve à la fois la puissance persuasive d'un récit bien ficelé et son incapacité foncière à prendre en compte la multiplicité du réel.
C'est sans doute influencée par la leçon de relativisme que dispense 21 leçons… bien malgré lui que j'ai moins adhéré au deuxième tome de ce Sapiens. Il n'en reste pas moins que c'est une lecture passionnante, qui, ce billet en est la preuve, invite aux questionnements. le travail de scénarisation de la thèse, la mise en cases restent magistrales. Et sans doute que mes réticences mêmes n'auraient pas été reniées par le séduisant Docteur Fiction dont le rôle n'est pas de subjuguer chacun mais plutôt d'alerter sur le caractère fictionnel de la représentation du réel dès qu'il s'agit d'humains. A bon entendeur…
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Lorsque j'avais lu le premier tome, j'en étais restée sur le cul : si on m'avait expliqué la préhistoire de la sorte, j'aurais été plus assidue en classe et au moins, on ne m'aurait pas farci le crâne d'imbécilité.

Mon seul regret est de ne pas avoir fait de fiche pour le blog et Babelio, pour cause de manque de temps.

Je ferais mieux de relire le premier tome et d'éditer une chronique, car ce sont des bédés qui instruisent et qui nous font aller nous coucher moins bête.

Affichant 256 pages au compteur, ceci n'est pas un roman graphique qui se lit d'une traite, même si ce n'est pas l'envie qui manque tant il est intéressant et aborde des sujets qui concernent l'Humanité toute entière, parlant de ses erreurs, de ses comportements qui ont isolés la moitié de l'humanité (les femmes), d'autres personnes (selon leur couleur de peau ou leur caste).

Ceci est un pavé qui, loin d'être indigeste, se doit d'être lu à son aise, tranquillement, sans être dérangé. C'est du costaud et il mériterait d'être jeté à la figure de tous ceux (et celles) qui nous disent que les bédés, c'est pour les enfants, mais en aucun cas pour les adultes (bon, j'arrête là, sinon la fumée va encore me sortir par les oreilles).

Lors de ma lecture du premier tome, j'avais été un peu déstabilisée par les dessins qui sont assez spéciaux, comme le choix des couleurs et puis, sans même m'en rendre compte, je m'y suis très vite habituée et cela ne m'a plus gêné du tout.

Ce deuxième tome aborde le passage de Sapiens à l'agriculture, quittant petit à petit son mode de vie de fourrageur (chasseur-cueilleur) et de toutes les emmerdes qui en ont découlé (maladies, déformation des os, guerres, montée de la natalité, changement de régime alimentaire,…).

Pensant faire bien et ainsi assurer des stocks de nourriture pour leurs enfants et eux-mêmes, les Sapiens se sont échinés sur la terre, esclaves du blé qu'ils sont devenus sans même s'en rendre compte. L'enfer est pavé de bonnes intentions et là, ils ont construit un boulevard !

C'est bien expliqué et j'apprécie toujours les petites interventions de Captain Fiction, de la détective Lopez, des aventures de Bill & Cindy… Cela illustre bien ce que les scénaristes nous ont expliqués juste avant, mettant leurs théories en scène. Cela apporte un petit vent de fraicheur, tout en nous instruisant.

Les auteurs aborderont aussi des sujets tels que l'esclavagisme, le racisme, sur le pourquoi du comment cela a commencé, a perduré, sur les excuses que se donnaient les riches planteurs du Sud…

Idem avec le système de castes en Inde et nous proposerons différentes théories qui pourraient expliquer pourquoi nos sociétés sont patriarcales alors qu'elles sont souvent matriarcales dans le règne animal.

Leurs explications sur le "normal/naturel" opposé au fameux "contre-nature" est à rebalancer à la tronche de ceux qui pensent qu'il est naturel pour une femme d'utiliser son utérus et contre-nature les relations homosexuelles. Magnifique et magistral, même si ça ne fera pas changer d'avis les bas-de-plafond du cerveau (qui ne l'utilisent pas, alors que la Nature leur en a donné un !).

Je suis allée me coucher moins ignorante qu'avant, avec des tas de choses qui frémissaient dans mon petit cerveau et maintenant, le plus compliqué sera de tout retenir et là, c'est un autre souci.

Une bédé roman graphique intelligente et scientifique, sans jamais devenir lourde et qui est accessible à nos petites têtes sans avoir besoin d'être un prix Nobel de science !

Lien : https://thecanniballecteur.w..
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Même si elle est un peu en deçà du 1er tome, cette BD reste intéressante et plaisante.
Les thèmes abordés se partagent entre la révolution agricole et ses conséquences évidentes mais aussi celles que nous connaissons moins, les courants de pensées, l'esclavage, l'oppression des hommes sur d'autres hommes, le pouvoir des religions et croyances, le patriarcat et enfin l'émergence du féminisme.
Il y a certes quelques redites mais cela ne nuit pas aux messages.
J'ai aimé les dessins, les personnages, surtout ceux de Cindy et Bill, les 2 sapiens qui apparaissent régulièrement, et le propos.
Tout cela est agréablement contée, pédagogique et abordable.
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Citations et extraits (35) Voir plus Ajouter une citation
Pour les Américains d'aujourd'hui, la question de la race est très importante. Alors que celle de la caste est quasi insignifiante.
Par contre, dans l'Inde médiévale, la question de la race était insignifiante, et les castes avaient une importance suprême.
C'est donc la culture plus que la nature qui définit les notions de race et de caste.
Il existe cependant une hiérarchie d'une importance suprême au sein de toutes les sociétés. Et au sein de cette hiérarchie en particulier, les relations entre culture et nature sont plus compliquées...
La hiérarchie du genre, bien sûr !
Toutes les sociétés ont séparé leur population en hommes et en femmes.
Et partout, au moins depuis la révolution agricole, les hommes ont eu la meilleure part.
(p. 209)
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Certains parents avortent de foetus féminins et des petites filles sont abandonnées à la naissance, maltraitées voire pire. Ces dernières décennies, ces pratiques ont abouti à un ratio des sexes faussé dans certaines provinces de Chine, d'Inde et de quelques autres pays.
Une étude de 2005 dans la province de Jianxi a fourni un exemple extrême. Elle indiquait qu'on ne trouvait que 699 filles pour 1000 garçons entre 1 et 4 ans !
(p. 210)
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Les humains ont évolué des millions d'années durant en bandes de quelques douzaines d'individus. Aux débuts de l'agriculture, quelques milliers d'années suffirent pour créer d'immenses royaumes et empires. Ce qui ne laissa pas le temps à un nouvel instinct de coopération à grande échelle d'émerger.
Tout a été très vite. Ces quelques milliers d'années n'ont pas été suffisants pour marquer durablement notre biologie. Les humains n'ont pas, comme les fourmis, d'instinct de coopération de masse.
(p. 81)
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- Et la distinction entre hommes et femmes, alors ? Là aussi ça ne serait qu’une histoire fictive, comme le système des castes et le système des races ?
- Il existe des différences biologiques évidentes entre le sexes. Mettre les enfants au monde a toujours été l’affaire des femmes. Tout simplement parce que les hommes n’ont généralement pas d’utérus.
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Aujourd'hui encore, la moitié des calories dont se nourrissent les humains proviennent de seulement trois plantes : blé, riz et maïs, et deux animaux : les vaches et les porcs, qui ont été domestiqués il y a plus de 9 000 ans !
(p. 18)
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Vidéo de Yuval Noah Harari
Dans le 163e épisode du podcast Le bulleur, on vous présente Je suis leur silence que l'on doit à Jordi Lafebre et qui est édité chez Dargaud. Cette semaine aussi, on revient sur l’actualité de la bande dessinée et des sorties avec : - La sortie de l'album Loire que l'on doit à Étienne Davodeau et aux éditions Futuropolis - La sortie de l'album La Callas et Pasolini, un amour impossible que nous raconte le scénario de Jean Dufaux, le dessin de Sara Briotti et qui est sorti chez Dupuis dans la collection Aire libre - La sortie du premier tome sur deux de L'illusion magnifique, un premier tome intitulé New York, 1938 pour un diptyque que l'on doit à Alessandro Tota et aux éditions Gallimard - La sortie du troisième tome de Sapiens intitulé Les maîtres de l'histoire, adaptation du livre de Yuval Noah-Harari par David Vandermeulen au scénario, Daniel Casanave au dessin et qui est éditée chez Albin Michel - La sortie de l'album La distinction, adaptation libre de l'ouvrage du sociologue Pierre Bourdieu par Tiphaine Rivière et qui est édité chez Delcourt dans la collection La découverte - La sortie du nouvel album de Daniel Clowes intitulé Monica, titre qui vient prendre place dans la collection La bibliothèque de Daniel Clowes chez l'éditeur Delcourt
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