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Brice Matthieussent (Traducteur)
EAN : 9782264041159
496 pages
10-18 (05/01/2006)
4/5   328 notes
Résumé :
C’est pour régler de vieux comptes avec sa famille fortunée, compromise depuis trois générations dans l’exploitation forestière éhontée du Michigan, que David Burkett décide de s’exiler dans un chalet de la Péninsule Nord. Son père est une sorte d’obsédé sexuel, un prédateur qui s’attaque à de toutes jeunes filles, tandis que sa mère se réfugie dans l’alcool et les médicaments.

Au cours de son passage à l’âge adulte – car il s’agit bel et bien d’un ro... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
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berni_29
  20 octobre 2019
Enfin, je reviens vers vous avec un nouveau récit de mon ami Jim Harrison. De Marquette à Veracruz est un roman très beau. Ici j'ai été totalement envoûté par ce récit très complexe, totalement déstabilisé au départ, une difficulté je l'avoue au premier abord pour entrer dans le texte, dans cet amalgame de personnages, pourtant on reste toujours dans la même famille, la même veine, la même verve...
Mais alors, que s'est-il passé pour que la magie s'opère ? Pour que le déclic se passe ? Sans doute tout ce que je viens de dire explique cela, le flux des personnages qui entrent dans l'histoire avec chacun d'entre eux détenant sa petite histoire, sa petite musique...
Une fois de plus, je suis conquis par l'écriture, le pouvoir de narration de cet auteur puissant qu'est Jim Harrison.
Je n'oublierai jamais David Burkett ni son histoire, héritier d'une famille riche ayant fortune dans le bois. On peut définir le père du narrateur de deux manières : il est très riche et c'est un prédateur sexuel. Voilà, le décor est bien planté une fois que l'on a dit cela. Et le narrateur va voyager dans sa vie avec le poids de ce bagage, ce sera son héritage.
Je n'oublierai jamais Clarence et son fils Donald, Glenn, Jesse, Cynthia, Laurie, Polly, Fred, Vera et les autres. Ce sont tous des êtres inoubliables et qui sont revenus longtemps après dans mes pensées.
Je n'oublierai jamais non plus le lac Supérieur, là-bas dans le fond du Michigan, la pêche à la truite, des rivières qui regorgent d'eau et de souvenirs d'enfance peut-être. Je pense que ce décor a dû aider David Burkett comme une réparation, une forme de résilience. Les berges des rivières regorgent d'endroits où il fait bon s'accrocher à la terre sous nos pas et revenir à l'essentiel. Et puis laisser filer dans le flot turbulent de l'eau qui passe ce qui n'est pas important...
Je n'oublierai pas non plus le rouge-queue, ce seul oiseau capable de survivre à l'hiver dans cette région. L'auteur s'étonne des milliers et des milliers d'années indispensables pour que cet oiseau acquiert ce comportement de survie. L'émotion survient une seconde après, lorsque le narrateur s'interroge sur sa manière de survivre, se demandant quel comportement de survie il avait mis au point au cours de sa brève existence. Tout est peut-être dit finalement dans cette observation.
Parfois dans l'histoire d'une famille, les dégâts sont irréversibles. Ici, le narrateur sans doute n'en peut plus de porter ce poids qui pèse, le poids du père. Il décide de prendre le large vers la Péninsule Nord, habiter un chalet perdu tout là-bas. Et nous le suivons dans son isolement.
La famille de David Burkett est fortunée. Comme je l'ai dit au tout début de ce billet, son père est une sorte d'obsédé sexuel, un prédateur qui s'attaque à de toutes jeunes filles, tandis que sa mère se réfugie dans l'alcool et les médicaments.
De Marquette à Veracruz, c'est l'itinéraire d'un adolescent qui devient adulte, une sorte de parcours initiatique. Ce livre raconte ce passage difficile, tumultueux. C'est une sorte de roman d'éducation. Ce passage n'est guère facile en effet, ressemble à un labyrinthe, quelque chose dont il paraît parfois difficile de s'en échapper.
Dans ce voyage, le narrateur convoque tour à tour Jésus, le sexe, l'alcool et la nature. Et tout ceci prend forme dans une merveilleuse harmonie. Dit comme cela, me croirez-vous si je vous avoue que je trouve Jim Harrison comme un écrivain totalement romantique ?
Des femmes viennent, séduisent le narrateur, s'enroulent dans les pages de l'histoire. Parfois, l'amour est là, parfois l'amour fut là. Le narrateur reconnaît qu'il jette souvent son dévolu sur des femmes totalement incompatibles avec lui.
Au fur et à mesure que se déroule le récit, j'ai été en totale empathie avec le narrateur, quelque chose me disant qu'il ressemblait de très près à ce qu'a pu être Jim Harrison.
C'est sans doute pour cela que j'ai trouvé le narrateur très attachant.
Pour le narrateur, le pardon est important. Il porte le poids de ce que représente son père et son voyage vers nous, à travers les pages très fortes et truculentes du récit.
Le sentiment de pénitence vient aussi, peu après. David Burkett semble à certains moments porter à lui seul le poid des méfaits de sa famille. Comment un seul être peut-il trouver la force de porter tout cela ? Et forcément, on se trouve à ce moment-là totalement proche de lui, voyageant avec lui, de Marquette à Veracruz...
C'est sans doute, selon moi, la question centrale de ce récit : jusqu'où porte-t-on en nous les erreurs, les méfaits parfois, les dégâts de sa famille qu'elle laisse derrière elle comme le seul héritage transmis aux enfants ? Et comment s'en alléger ?
Et puis enfin, l'écriture... Salvatrice. C'est sans doute cela qui sauve David Burkett. Sans doute il y a beaucoup de la propre existence de Jim Harrison dans ce récit. La nature est là comme un refuge, tandis que les êtres les plus proches vous entraînent dans des méandres impossibles où vous êtes peu à peu persuadé de perdre pied, perdre votre vie aussi.
Ce récit est consolant, au final.
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MELANYA
  30 juillet 2022
Il semble que l'on trouve toujours un ouvrage de Jim Harrison, ce fameux écrivain américain (1937 -2016), personnage truculent qui a souvent reçu la visite de François Busnel (« La Grande Librairie").
Ce bon vivant aimait la bonne chère et les magnifiques paysages qui l'entouraient.
J'avais oublié de parler de son ouvrage « de Marquette à Veracruz » - il en a tellement écrit que l'excuse est valable…
« A la recherche du Nord perdu ».
"My father woke from his latest faint. His face was too bruised for clear speech and now rather than wailing he bleated. His eyes made his request clear and I pushed him gently over the back of the boat. It was quite some time before he completely sunk. I would study the stinking fish scales and bits of dried viscera on the boat's bottom and then look up and he would still be there floating in the current. And then finally I was pleased to see him sink. What a strange way to say goodbye to your father."
Le "meurtre" du père, c'est à peu près la fin de "De Marquette à Veracruz", une fin que Jim Harrison nous jette comme un coup de poing dans la figure à la toute première page de ce roman - une page qui fait figure de présage funeste - vision d'horreur à peine aperçue - le temps d'un mauvais rêve.
A la page 3, le lecteur revient vingt ans en arrière, dans les années soixante, où l'on fait la connaissance de David Burkett, quatrième du nom, héritier malgré lui, d'une lignée de grands prédateurs.
Il faut signaler que "prédateurs" est bien le terme qui convient pour décrire les trois premiers David Burkett, qui ont bâti la fortune familiale sur la surexploitation des ressources naturelles de la rive sud du Lac Supérieur - dans le nord du Michigan, ressources d'un sol frauduleusement arraché à ses propriétaires légitimes - les indiens Anishinabe.
Tous les moyens sont bons pour permettre aux patriarches de la famille Burkett de satisfaire leur avidité de pouvoir et d'argent (et bizarrement, le mot français "avidité" paraît moins fort que le mot anglais "greed" (omniprésent dans ce livre, un véritable leitmotiv).
Rien ne peut mettre un frein à cette avidité dévorante, ni la beauté de la forêt primitive - rasée en moins de temps qu'il ne faut pour le dire - ni les risques encourus par les travailleurs des exploitations forestières ou minières – en fait, ils ne sont que quantité négligeable.
Si on ajoute que David Burkett III est aussi un grand coureur de jupons, et même de très jeunes jupons, on comprend facilement que David Burkett IV, adolescent au moment où nous faisons sa connaissance dans les années soixante - doux rêveur - amateur de pêche à la mouche et profondément amoureux des magnifiques paysages de sa région natale - se trouve confronté à une grave crise d'identité.
Une crise qui le lance dans le projet titanesque de découvrir la source du mal dans l'histoire de sa famille. Rien de moins.
"De Marquette à Veracruz" est avant tout un roman d'apprentissage dont le héros tente vaille que vaille de se distancier d'un héritage familial qui lui répugne. C'est aussi un extraordinaire catalogue des névroses contemporaines et de tous les moyens que les hommes ont inventé pour s'en évader ne serait-ce qu'un instant : l'alcool - les anti-dépresseurs - le sexe pour un moment d'oubli et puis la religion dont on change comme on change de chemise.
On pense un instant, à la fin de la première partie, que "De Marquette à Veracruz" allait sombrer dans le grand-guignol... Et puis non, Jim Harrison côtoie l'abîme mais n'y tombe pas, pas plus que son héros, personnage impossible, irritant à force de s'apitoyer sur lui-même mais attachant en diable.
"De Marquette à Veracruz" est sans aucun doute un bon cru de Jim Harrison. Un très bon cru même jusqu'aux dix dernières pages, avec une fin expédiée en deux coups de cuillère à pot, bâclage ou vision de cauchemar dont la réalité s'estompe en un battement de paupières : peut-on trancher ?
Quant à l'issue de la quête de David Burkett IV et à la signification de la scène initiale, ma foi, on le découvre en lisant "De Marquette à Veracruz"...
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sabine59
  02 février 2017
On retrouve dans ce livre tous les thèmes chers à l'auteur : l'écologie, la défense des minorités, l'amour de la nature , de la pêche et des animaux.
Le début , repris à la fin, est assez effarant de violence contenue et de cruauté : la mort symbolique et /ou réelle du père.
Ce père honni, qui viole, vole, détruit toute unité familiale.Un père dont, pourtant, le narrateur , David Burkett ,n'arrive pas à se libérer pleinement. Même s'il a décidé d'écrire un livre dénonçant les méfaits de sa famille, prédatrice et mercantile, qui n'a pas hésité à provoquer un désastre écologique en faisant abattre à outrance des arbres et en volant aux indiens leurs territoires. Sa lâcheté, son apitoiement sur lui-même sont assez agaçants mais son désir de vérité et de justice le rendent attachant.
En fait, ce sont les personnages féminins qui sont plus intéressants dans cette histoire.Que ce soit la soeur de David , rebelle, et qui parvient, elle, à se libérer de l'emprise paternelle ou les jeunes femmes qui vont croiser le chemin du narrateur, comme Vernice, poétesse libérée, elles ont toutes une force, un éclat singuliers.
C'est essentiellement un roman d'apprentissage, on découvre David adolescent dans les années soixante et son évolution vers l'âge adulte. Un David qui se cherche et tente,retiré dans un chalet, entre tourments et espoir ,de se réapproprier son identité, d'enfin vivre loin des névroses maternelles et des souffrances provoquées par par son père. En cela, c'est un livre fort, touchant.
Et il y a cette beauté simple et consolatrice des magnifiques paysages du Michigan. Le lien tendre et fusionnel que David a noué avec sa chienne Carla m'a beaucoup plu aussi.
De Marquette à Veracruz, un parcours initiatique flamboyant et mortifère. ...
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carre
  01 mai 2012
David Burckett est le riche hétitier d'une famille ayant fait fortune dans le bois. Mais chez David, le renoncement à cette famille monstrueuse s''imposera rapidement. Car le père pédophile violent et arrogant réussit à passer à travers les mailles de la justice grâce à son fric.David va se construire autour de trois femmes dont l'une violée par son géniteur.
A quoi reconnais t'on un grand auteur ? en lisant ce roman et en règle général les livres d'Harisson vous aurez une réponse assez évidente.
Formidable roman d'apprentissage, celui d'un homme qui découvre la trahison la plus terrible celle du sang, décide de rassembler les preuves de l'infamie. Un style poétique, sensible, mélancolique sans oublier un humour bienvenu,"De Marquette à Veracruz est un roman qui vous poursuivra longtemps car et ce n'est pas là la moindre de ces qualités, Harrison est un extraordinaire conteur, capable de faire naitre des émotions à tout moment. Un livre en tout point insdispensable . Je sais maintenant pourquoi Monsieur Harrison est surnommé affectueusement "Big Jim".
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Myriam3
  04 janvier 2019
Comment l'histoire familiale, surtout lorsqu'elle est peu reluisante, peut-elle empêcher ses descendants de vivre sans culpabilité?
David s'évertue à mettre sur papier tout ce dont ses ancêtres sont coupables, par cupidité, avidité, insensibilité. Né dans une famille riche du nord Michigan, il a de quoi vivre toute sa vie sans travailler; Mais cet argent vient d'Indiens chassés de leurs terres, d'animaux tués en masse et d'une nature sacrifiée à l'industrie.
Autre objet d'une honte plus grande encore: la lubricité du père pour les très jeunes filles et dont la notoriété lui a évité, jusqu'ici, tout souci juridique.
Quand son père s'en prend à sa soeur, puis à la fille dont il est amoureux et qui est aussi la fille de l'employé du père, Vera, la famille toute entière se désagrège pour toujours et David partira pour un long chemin de croix.
Bien sûr, comme c'est Jim Harrison, les paysages des Grands Lacs et du Michigan sont grandioses et donnent vraiment envie de s'isoler comme David dans un chalet en pleine nature où même les ours et les serpents ne font pas si peur. C'est dans ce milieu hostile, quand même, que David choisit de faire sa vie d'adulte, en refus au luxe qu'aime son père. Mais peut-on vivre éternellement dans ce réflexe constant d'opposition?
Face aux dégâts irréversibles provoqués par le père, chacun va devoir se débrouiller avec ce qu'il a perdu; c'est un roman captivant sur la nature humaine, les tragédies familiales, la résiliation, le tout posé dans une Amérique qui a le poids d'un passé colonisateur et destructeur à accepter et dépasser car finalement, à travers le père, ce sont tous les colons du Vieux Monde qui sont accusés.
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Citations et extraits (83) Voir plus Ajouter une citation
MELANYAMELANYA   30 juillet 2022
Les gens appartiennent aussi à la nature.
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MELANYAMELANYA   30 juillet 2022
Historiquement, la géopiété américaine avait ceci de troublant qu'elle autorisait les gens à se montrer fiers de la laideur destructrice de leurs œuvres. Cette ahurissante capacité qu'avaient eu certains de couper tous les grands pins blancs de l’État du Michigan devenait ensuite une source de fierté.
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MELANYAMELANYA   30 juillet 2022
Au lieu d'appuyer sur le bouton pour appeler une infirmière, j'ai écouté un aspect du vide que je n'avais pas encore entendu, comme si sa disparition avait interrompu tous les autres bruits.
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MELANYAMELANYA   30 juillet 2022
A seize ans, on peut encore faire des sauts de côté, retourner en arrière ou tout simplement s'envoler.
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MELANYAMELANYA   30 juillet 2022
J 'ai effectué un détour pour éviter de passer devant l'église baptiste, car j'avais sans nul doute sur la peau l'odeur du péché de fornication.
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Videos de Jim Harrison (22) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jim Harrison
1995, région des Grands Lacs. Jim Fergus rend visite à sa grand-mère, Renée, 96 ans. Fille d'aristocrates français désargentés, mariée trois fois, celle-ci a connu un destin hors du commun qui l'a menée de son petit village natal de la région de Senlis jusqu'aux États-Unis, en passant par les sables de l'Égypte. D'un caractère entier, froide et tyrannique, elle a brisé la vie de sa famille, en particulier celle de sa propre fille, Marie-Blanche, la mère de Jim. Pour essayer de comprendre cette femme, et peut-être de lui pardonner, l'écrivain va tenter de retracer son parcours. Puis celui de Marie-Blanche, dont la vie a commencé comme un conte de fées avant de prendre des allures de tragédie.
Jim Fergus s'inspire ici de son histoire personnelle pour nous offrir une bouleversante saga familiale. À la façon de Dalva, de Jim Harrison, il inscrit l'intime dans l'Histoire et nous présente d'inoubliables portraits de femmes dans la tourmente. On retrouve surtout dans cette fresque qui s'étend sur un siècle et trois continents toute la puissance romanesque de l'auteur de Mille femmes blanches associée à une force d'émotion rare.
« Avec une grande pudeur, Jim Fergus retrace le destin de ces deux femmes et signe un livre à la fois personnel et universel, bouleversant et sensible. Une fois encore, Jim Fergus frappe très fort. » François Busnel
En savoir plus : https://bit.ly/3kInRns
Où nous trouver ? Facebook : https://www.facebook.com/lecherchemidi.editeur Twitter : https://twitter.com/lecherchemidi/ Instagram : https://instagram.com/cherchemidiediteur
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