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Brice Matthieussent (Traducteur)
ISBN : 2264016124
Éditeur : Christian Bourgois Editeur (30/11/-1)

Note moyenne : 4.15/5 (sur 811 notes)
Résumé :
Pour reprendre le contrôle de sa vie, Dalva s'installe dans le ranch familial du Nebraska et se souvient : l'amour de Duane, les deuils, l'arrachement à ce fils nouveau-né qu'elle cherche obstinément. Meurtrie mais debout, elle découvre l'histoire de sa famille liée à celle du peuple sioux et d'une Amérique violente. Chef-d'œuvre humaniste, Dalva est un hymne à la vie.

"Le roman des grands espaces : la preuve, par la littérature, que l'on est ce que l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (78) Voir plus Ajouter une critique
Crossroads
  04 février 2012
Bon , on va pas se mentir , y a comme un méchant sentiment de frustration au final . Souvent comparé à Joseph Boyden que j'adore et inversement proportionnel à la tengente , j'esperais me perdre corps et ame dans une nature magnifiée , exacerbée . Je n'irais pas jusqu'à parler de perte de temps , restons honnete , mais le constat est bien là : déception !
Tel le petit galopin à la vue d'un grand huit tentaculaire , j'ai pris place dans ce wagonnet tentateur , gravissant lentement et inexorablement une pente qui , immanquablement , déboucherait sur un palpitant et enivrant plaisir de lecture . Livre terminé . Je pense en avoir appréhender les lignes directrices , si , si , ne soyez pas désobligeants . Et j'ai toujours cette vaine espérance d'un manege prometteur qui jamais ne me grisera .
Pourtant , au vu des critiques ditrhi , dihti , raaaaahhh , élogieuses , la trame historico-familiale s'avérait plaisante ! Des personnages forts , emblématiques et fouillés . de magnifiques paysages , véritables invitations au voyage et au dépaysement . Mais là ou le bat blesse , c'est cette profusion de détails , d'évenements circonstanciés qui , par manque de liant , ont fait que jamais au grand jamais je ne me suis senti concerné par ce récit . Véritable spectateur passif d'une histoire aussi fouillée que fouillie . le style est enlevé et pourtant , cette surabondance de faits , cet éclatement narratif justifient pleinement cette absence d'empathie et d'implication de ma part . Un manque de sobriété pénalisant et faisant d'un bouquin chronophage un livre juste agréable...Dommage..
Dalva , 45 ans , femme libre hantée par un noir passé . 15 ans , déces de son pere en Corée . 17 ans , disparition de son grand-pere devenu alors tuteur et modele . Elle se verra également enlevé son fils des la naissance , fruit d'un amour interdit et contrarié . Sinon , tout va bien...
Michael , son petit ami du moment , plus prompt à la faire rire qu'à la faire jouir ( dixit l'auteur ) et féru d'histoire Amerindienne, la convainc alors de l'autoriser à mettre son nez dans les journaux de son arriere grand-pere . Dalva , quand à elle , est bien décidée à retrouver et renouer avec un fils qu'elle ne connait pas . Voilà le point de départ d'un drame familial se jouant sur quatre générations . Les voyages temporels s'enchainent . Les écrits apportent leur comptant de révélations historiques et familiales . Les pérégrinations de Michael , pur citadin laché dans un environnement hostile et au contact d'autochtones surprenants qu'il découvre , sont plutot jubilatoires . le dénouement est sublime mais ne suffit pas à combler et faire oublier ces longs moments de solitude . Cette persistante sensation que le bouquin ne va jamais décoller...
J'avais sorti le canoé , m'attendant à etre balloté par des flots tumultueux ! Au final , ce triste sentiment d'avoir pagayé sur une mer d'huile en faisant du surplace...Ça devait monter...
Ce qui ne m'empechera pas , afin d'infirmer ou de confirmer une premiere impression plus que mitigée , d'attaquer Sur la Route du Retour...de flammes ! Qui sait ?
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StephaneMei
  07 septembre 2012
C'est l'histoire d'une famille américaine, de la fin du XIXième siècle jusqu'aux années 1980. Elle est contée par Dalva, arrière petite-fille d'un pasteur missionnaire auprès des Sioux pendant les guerres contre les indiens, et par Mickaël, un historien qui étudie les archives de la famille.
Jim Harrison écrit à sa manière habituelle, comme si ses histoires étaient une suite d'anecdotes, avec des retours en arrière, des ellipses, des récits qui arrivent comme au fil de la pensée, comme on le ferait dans un journal. On retrouve ses thèmes de prédilection, les indiens, la botanique et l'ornithologie, l'homme face à la nature et aux grand espaces, le tout avec l'humour dont il est coutumier. Comme d'habitude, ses personnages aiment l'amour, la bonne nourriture et le bon vin, et sont en quête de leur passé.
J'avais beaucoup aimé "De Marquette à Veracruz" et "Retour en Terre", mais là c'est encore un niveau au-dessus. le thème de fond (le génocide des indiens et l'indifférence, voire l'ignorance des Américains à ce sujet) est ici encore plus fort, ce qui rend cette lecture encore plus intense.
Une lecture à déguster par petites gorgées.
Eh les babéliami-e-s, c'est comment qu'on met une sixième étoile ?
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Loutre_des_Rivieres
  15 janvier 2014
De Santa Monica, au fin fond du Nebraska, Jim Harrison dresse le portrait de Dalva , une femme d'une quarantaine d'années, née dans une famille de fermier pas comme les autres, son grand père étant pour moitié indien Lakota.
La culture indienne fait entièrement partie de la famille des Northridge depuis que l'arrière grand père de Dalva missionnaire dans l'ouest auprès des indiens a fini par vivre auprès d'eux et épouser une des leurs, Petit-Oiseau.
Au milieu des années 80, Dalva est contrainte de quitter Santa Monica et s'installe dans la maison de son grand-père, heureuse de retrouver ses paysages d'enfance et ses balades à cheval quittés depuis longtemps. En rejoignant sa terre natale du Nebraska, Dalva retrouve les siens mais est également confrontée à son passé, son père mort à la guerre, son enfant abandonné et son premier amour disparu. Les souvenirs du clan familial se mêlent à tout cela...
Michaël, un de ses anciens amants, historien, encore amoureux et alcoolique, s'intéresse de près à l'histoire de sa famille et réussit à la convaincre d'avoir accès aux archives familiales, notamment aux journaux de son arrière grand-père. Il s'installe donc également dans la ferme où il tente de travailler sur tous ces documents.
Le roman se partage alors entre les récits de Dalva, ceux de Michaël et les extraits du carnet de bord de l'arrière grand-père. Les lieux et les époques changent et de flash back en ellipses, Jim Harrison nous entraîne dans l'histoire américaine à travers le destin du clan Northridge.
Jim Harrison signe avec Dalva un roman exceptionnel - tout y est - un contexte historique passionnant, un portrait profond, fin et subtil d'une femme face à son passé, d'une mère en quête de son enfant, une nature et des animaux omniprésents, une histoire d'amour dévorante et avec tout cela encore beaucoup d'humour et de poésie.
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MMChretien
  22 août 2016
Dans le roman Dalva, Jim Harrison dévoile par facettes le parcours de vie de son personnage éponyme, une américaine quarantenaire qui renoue avec son passé familial et tente de combattre ses démons. Mais à travers ce prisme individuel il emporte aussi son lecteur sur la piste de l'histoire d'une Amérique rurale, du 19e siècle aux années 1980. Ce livre imposant offre une lecture d'été agréable, invite au voyage, à la découverte des grands espaces, et introduit le lecteur dans ce cercle intime animé de femmes et d'hommes courageux, sincères, dignes, mais aussi parfois fragiles, sensibles et blessés.
Au milieu des années 80, Dalva, une citadine libre et indépendante de quarante cinq ans, quitte Santa Monica où elle mène une carrière sociale, pour s'installer dans la ferme familiale du Nebraska. Elle est issue d'une riche famille d'éleveurs secouée par plusieurs drames familiaux qui ont laissé les rennes de l'exploitation aux mains des femmes. Au cours des quelques semaines déployées par la narration, Dalva redécouvre les joies de la vie à la campagne et de la communion avec la nature et les animaux, retrouve les lieux de sa jeunesse, mais voit aussi ressurgir son passé à travers les souvenirs qui l'assaillent : son premier amour, la perte d'un enfant, les moments partagés avec son grand-père... Cette plongée introspective au cœur d'un proche passé personnel douloureux s'accompagne de la découverte de l'histoire de ses ancêtres et de ses racines indiennes, grâce au travail que mène Michael, un ami historien qui s'est installé lui aussi à la ferme pour y étudier les archives de la famille. Au fil du roman ces deux niveaux d'exploration, vécu intime et souvenirs d'un coté, généalogie et secrets de famille de l'autre, façonnent peu à peu une héroïne apaisée, assumée, déterminée à redonner un sens à sa vie.
L'auteur déploie son histoire familiale en trois parties portées par deux narrateurs, Dalva et Michael, qui évoquent à la première personne, racontent, relatent, égrainent situations et souvenirs, anecdotes et sentiments, perceptions et doutes. Le récit morcelé de Dalva ouvre le roman, offrant des allers retours incessants entre passé et présent, où l'évocation des souvenirs du passé se mêle à celle de sa vie sentimentale et personnelle actuelle. Lieux visités, personnages rencontrés, objets retrouvés, sons et images sentis, innombrables, offrent alors toutes les occasions à Dalva de dévoiler un pan de sa vie, de son parcours, de ses épreuves et de sa psychologie dans une sorte de grand capharnaüm intime. La seconde partie du roman, portée par Michael, alterne entre le récit au présent de son séjour à la ferme, rythmé de mésaventures savoureuses, l'évocation de ses relations avec Dalva, et les extraits des documents d'archives qu'il parcourt pour ses recherches. Ces fragments du journal de l'arrière grand-père de Dalva, botaniste missionnaire auprès des Sioux, écrit entre 1876 et 1891, ouvrent alors sur l'histoire plus générale de l'Amérique et de la Conquête de l'ouest.
Le roman sculpte avec brio ses personnages, en particulier les deux narrateurs Dalva et Michael, non au moyen de descriptions interminables, mais en les animant et les faisant vivre, agir, évoluer au cœur de leur environnement et à travers les relations qu'ils tissent avec les autres.
Dalva est une femme de caractère, investie dans tout ce qu'elle entreprend. Maternelle et passionnée elle n'hésite pas à prendre des risques pour aider les autres. Elle « tient la baraque », mène sa vie comme elle l'entend, soutient sa famille, conseille ses amis et vient en aide à ceux qui en ont besoin, au risque de s'oublier parfois. Mais Dalva est aussi une femme meurtrie qui a vécu avec courage l'arrachement, le manque, le deuil et la perte d'êtres chers. Les hommes de sa vie occupent une place primordiale, ils l'ont élevée, soutenue, façonnée, aidé à rire, à grandir, à vibrer, et ont fait d'elle ce qu'elle est. Mais la perte de plusieurs d'entre eux dans sa jeunesse constitue une blessure profonde jamais refermée, qui l'empêche d'avancer et d'accéder à une sérénité et une stabilité personnelles, tant sur le plan sentimental que professionnel. Ces fantômes d'hommes morts la hantent et conditionnent son rapport à la gent masculine. Indépendante, elle n'est la femme d'aucun homme et peine à s'engager, multipliant les relations courtes ou sans lendemain, les histoires d'un soir. Son séjour dans le Nebraska lui permet d'exorciser peu à peu son passé douloureux, et de redonner un sens à sa vie en accueillant de nouveaux êtres chers au cœur de son intimité.
Michael quant à lui est un historien chercheur alcoolique, ami et amant de Dalva. Accueilli dans la ferme familiale de cette dernière, ce quarantenaire peu dégourdi, plutôt habitué à fréquenter les milieux universitaires qu'à porter une salopette et faire rôtir un faisan, se révèle souvent drôle, tant par ses maladresses pratiques et sa couardise, que par le regard critique mais tendre qu'il porte sur le monde et les personnes qui l'entourent. Au cours de son séjour, il se retrouve souvent aux prises avec ce nouvel environnement rural, inhabituel et quasi hostile pour lui, à travers des mésaventures mémorables et des situations cocasses, qui à l'occasion finissent mal, notamment avec la gent animalière locale ou les rustres autochtones avinés. Parfois naïf mais sensible, il fait la connaissance des habitants du ranch, partage leur quotidien et découvre peu à peu cette histoire familiale qui le passionne et le bouleverse.
Si la trame historique sert le récit de l'histoire familiale sur quatre générations et l'exploration des personnages, elle met aussi en lumière l'épopée peu glorieuse de la Conquête de l'ouest et le massacre des Indiens à fin du 19e siècle. Les extraits des journaux de l'arrière grand-père de Dalva, qui rythment la seconde partie du roman, font le lien entre l'histoire personnelle et la grande Histoire américaine, celle d' « un cheminement victorieux et sanglant vers l'ouest », en rapportant de manière poignante les relations entre le peuple sioux et les hommes blancs dans les années 1880, la fulgurance et la violence avec laquelle une civilisation entière a été mise à genou et décimée : missions d'évangélisation, spoliation et partage des terres indiennes, déplacement et parquage des populations, extermination des bisons, jusqu'aux maladies transmises par les blancs et à l'alcoolisme qui ont achevé de faire ployer tout un peuple.
A l'autre extrémité des limites chronologiques offertes par le roman, mais en écho à cette histoire tragique, Harrison dresse un portrait social de l'Amérique rurale du milieu des années 80, à travers la situation des fermiers du Nebraska, lointains descendants de ces pionniers conquérants installés à la fin du 19e siècle sur les territoires sioux. Il y décrit une région rongée par les inégalités sociales, peuplée de fermiers et de ranchers ruinés qui peinent désormais à vivre et que menace la banqueroute. Les territoires ruraux sont alors ici ou là jalonnés de villes dépeuplées, atrophiées par le chômage, peu à peu désertées par les jeunes, où la vie économique se limite presque aux seuls bars peuplés d'alcooliques bagarreurs.
Enfin ou peut-être avant tout, Dalva est aussi un roman des grands espaces, où la nature est omniprésente et constitue un personnage à elle seule, enveloppante, rassurante, habitée, animée, sauvage ou domptée, propice au recueillement, à l'apaisement et à l'évasion. Entre espaces sauvages et domestiques, le lecteur parcourt forêts et champs, rivières et ranchs, il y croise oies et chevaux, cerfs et faisans, coyotes et grizzly, autant de lieux et d'êtres qui le font voyager au cœur du continent américain et de ses richesses. Chez Harrison la nature et les paysages font sens et se font l'écrin des émotions, des sensations et des vicissitudes de l'existence humaine.
Dalva est un roman plaisant, qui se lit très bien malgré sa longueur et dans lequel on rentre assez facilement. Dense et touffu, il déploie de très nombreuses situations et scènes situées à différentes époques, qui s'enchaînent très vite, au fil de la plume et au gré du surgissement des souvenirs du narrateur, et sont parcourues d'innombrables détails. Il sera alors loisible au lecteur de s'y plonger avec appétit, en disposant d'un peu de temps, et en dévorant ce livre par grands fragments, afin de ne pas perdre le fil.
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Missbouquin
  22 juillet 2013
En 1989, paraît le roman Dalva par Jim Harrison, qui sera qualifié comme "le grand roman de l'Amérique éternelle, l'Amérique de la prairie et des forêts".
Dalva, c'est une jeune femme moderne, évoluant dans les années 1980 dans cette Amérique en plein changement. Une jeune femme qui cache bien des mystères, à commencer par une partie de son sang indien, qui est à la base de son prénom et de bien d'autres secrets de famille. Dans ce roman touffu et complexe, s'entrecroisent en effet la modernité des États-Unis de cette époque, mais également la résurgence des antagonismes qui ont traversé le 20e siècle : la question des Indiens, les krach boursiers, etc.
La plupart du temps pourtant, le texte nous emmène dans une Amérique sauvage, digne de l'ère des grands westerns, alors que cela me semblait être une époque révolue : mais ici, pas de cow-boys héros, mais de pauvres ranchers au coeur dur qui tentent de survivre à la modernisation des pratiques; pas de belles indiennes à sauver mais un peuple opprimé qui peine à retrouver son identité, et qui aujourd'hui encore, souffre des préjugés des Américains.
"Il m'a rétorqué qu'il ne voulait pas entendre parler des Indiens parce qu'ils causaient des ennuis. Et il causait des ennuis parce que c'étaient des "animaux" différents de nous [..] Cette remarque assez précise m'a paru intéressante. Nous autres universitaires croyons volontiers que nous irradions la logique et la raison pure dans tout le pays, alors qu'il suffit de s'arrêter à une station-service ou d'ouvrir le journal pour s'apercevoir du contraire. L'éducation n'a jamais réussi à éliminer la loufoquerie fondamentale de l'esprit américain."
Dalva, c'est aussi une belle mais terriblement triste histoire d'amour, qui comme beaucoup d'histoire d'amour romanesque est celle d'un lien impossible entre la jeune fille et un jeune Indien, victimes de contingences familiales.
Dalva c'est aussi la quête d'une mère qui s'est vue arracher son enfant et qui portera ce poids toute sa vie.
Dalva c'est aussi le sauvetage d'un intellectuel qui va découvrir la beauté et la dureté de la campagne, et sortir de son alcoolisme par le travail et la découverte d'un terrible secret familial …
Bref, Dalva est un roman magnifique, par les thèmes qu'il aborde, les personnages qu'il fait intervenir, et je suis bien obligée d'avouer que c'est un texte de qualité. Malheureusement cela n'a pas suffit et je dois également avouer que je suis un peu passée à côté, souffrant presque à chaque fois que je le reprenais : je m'embrouillais dans les noms, dans les époques (car on passe allégrement de 1850 à 1980), dans les histoires …
Un roman que je conseille cependant car je reconnais toutes ses qualités, même s'il fut un échec pour moi.
Lien : http://missbouquinaix.wordpr..
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Citations et extraits (53) Voir plus Ajouter une citation
Loutre_des_RivieresLoutre_des_Rivieres   13 janvier 2014
Debout au milieu de la cour j'ai essayé d'interrompre mes pensées. L'herbe était d'un vert très foncé, les oies du blanc le plus pur. Un psychiatre m'a un jour conseillé de me concentrer sur l'univers physique quand un tourbillon vertigineux s'emparait ainsi de mon esprit. Ma femme a divorcé parce que je ne pouvais pas m'arrêter. Point. Je dois éviter la littérature et le cinéma, car ils mettent ce mécanisme en branle. J'ai appris à doser mes sympathies afin de minimiser l'étendue de mes déceptions. Ce psychiatre m'a fait une ordonnance de lithium, mais les effets soporifiques de ce médicament m'ont empêché de terminer ma thèse. Quant à mon mariage, il s'est achevé sur un voyage de deux jours en voiture à destination de Seattle pour rendre visite aux parents de ma femme. Je venais de lire un vieux livre intitulé Incroyables Illusions populaires et Folies des foules, et j'en ai parlé sans interruption pendant qu'elle conduisait. J'avais mal à la mâchoire, mais impossible de m'arrêter. J'ai même continué de parler après qu'elle est descendue de voiture à Seattle avec notre fille. Je me rappelle que j'ai alors allumé la radio pour avoir quelqu'un à qui m'adresser ! Je me considère guéri à 99%, même si l'emploi de l'alcool comme sédatif a parfois des effets inverses au but recherché.
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ben_libben_lib   18 septembre 2015
Je suis restée figée là comme une statue, la main posée sur l'encolure du sprinter, sentant son pouls ralentir. Une impression onirique de lucidité et de force peut-être imméritée m'a submergée quand je me suis rappelé une chose qu'avait dite grand-père en me retrouvant après ma promenade dans les collines, au-delà de la Niobrara: à savoir que chacun doit accepter son lot de solitude inévitable, et que nous ne devons pas nous laisser détruire par le désir d'échapper à cette solitude. Appuyée contre l'abreuvoir au fond de cette vallée, j'entendais le vent et la respiration du chien et du cheval. Les souvenirs de tous les gens que j'avais connus m'ont traversé l'esprit avant de se perdre dans l'air, avec l'impression que l'écho de leur voix ressemblait aux voix des oiseaux et des animaux. Levant les yeux, j'ai enfin eu la surprise d'apercevoir le soleil.
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moklosmoklos   28 mai 2008
Ma mère défend une théorie du travail un peu alambiquée, qui selon elle lui vient de mon père, des grands-parents, des oncles, bref de la nuit des temps : d’instinct les gens veulent se rendre utiles ; ils ne pourraient supporter l’impitoyable quotidienneté de l’existence sans travailler du matin au soir. C’est l’oisiveté qui met la mort dans l’âme et provoque des névroses.
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moklosmoklos   28 mai 2008
C’était cette période de la vie où l’on veut être comme tout le monde, même si l’on commence à comprendre que ce « tout le monde » n’existe pas et n’a jamais existé.
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SophiePatchouliSophiePatchouli   28 juin 2017
Andrew s'est approché de la cuisinière où je réchauffais un reste de posole, un ragoût mexicain à base de porc, de piment et de semoule de maïs. J'ai appris cette recette, ainsi que plusieurs douzaines d'autres, quand je vivais avec un jeune homme très désireux de mener une existence simple, tiers-mondiste, qui s'est révélée étonnamment compliquée pour moi _ je m'occupais des courses, du jardin, de la cuisine macrobiotique et ce la maison, pendant qu'il méditait.Quand il s'est arrêté de faire l'amour afin d'atteindre un autre "niveau de conscience", je l'ai plaqué. Les années 60 étaient ainsi. Il possède maintenant un magasin de Mercedes en Floride, qu'il a acheté en vendant de la cocaïne en gros. Les années 70 !
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