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Claudine Richetin (Traducteur)
EAN : 9782253122647
542 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (06/03/2008)

Note moyenne : 3.59/5 (sur 61 notes)
Résumé :
Dévastée et empoisonnée, la Terre a été abandonnée. Une race de parasites insectoïdes aux motivations énigmatiques, les Arthroplanes, a évacué l'humanité vers les planètes jumelles de Castor et Pollux. Des millénaires ont passé. Au terme d'une longue mutation forcée, la race humaine a été façonnée pour s'insérer sans dommage dans son nouvel environnement. Atrophiés et méconnaissables, les humains perdront bientôt le souvenir d'eux-même. Une expédition secrète est la... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
finitysend
  27 février 2013
Quatre étoiles pour un récit de qualité , trois étoiles , d'un point vue personnel et du fait d'un malaise subjectif et relatif.
Voici une oeuvre rare de science-fiction d'un auteur majeur de fantasy : Robin Hobb .
Le style est absolument irréprochable , la caractérisation est bonne , l'univers est réaliste , l'intrique est bien ficelée mais :
Je n'ai pas aimé ! , je ne m'y suis pas senti bien .
Précisément du fait des riches qualités de l'auteur , je me suis identifié à ce récit fonctionnel et j'ai rejeté en bloc cette destinée que l'auteur à réservée à l'humanité dans ce récit .
Les éléments qui maintiennent l'espoir d'un avenir meilleur et d'autres aspects qui font que ces habitants du futur sont bien toujours des hommes , qui nous ressemblent clairement , ne m'ont pas permis d'accepter la condition difficile d‘une humanité subordonnée à une autre espèce , délocalisée dans l'espace , dénaturée physiquement et littéralement refaçonnée et infantilisée .
L'indéniable promotion par l'auteur de la puissance du libre-arbitre , et son attachement sincère à cette valeur , à laquelle je suis très attaché également , ne m'a pas permis non plus , de de me plaire en compagnie de tous ces personnages touchants et souvent sympathiques , et ce , malgré la mobilisation d'une quasi éthique écologique appliquée qui est intelligente , indispensable et nécessaire , avec laquelle je suis totalement en phase par ailleurs ...
Enfin mes gouts de espace opéra ont été comblés parce que tous ce petit monde habite dans l'espace dans de vaste habitats , reliés entre eux par des vaisseaux aux longs cour .
Les biotechnologies mobilisées par l'auteur sont intéressantes du point de vue général de cette civilisation , mais aussi du point de vue narratif .
En fait , j'ai totalement rejeté le sort fait à l'humanité dans ce roman , ce m'a semblé inadmissible et cela m'a empêché clairement , de me plaire dans cet univers de qualité et ce récit bien construit !
Ce n'est pas de ce fait un mauvais roman , c'en est même un bon d'ailleurs et franchement .
Pour conclure :
Un texte mélancolique , dynamique , assez mouvementé et riche.
Un texte qui génère comme une sorte de tristesse heureuse lancinante .
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Commenter  J’apprécie          280
KrisPy
  21 octobre 2019
Megan Lindholm, aussi connue sous le nom de Robin Hobb, signe ici un classique livre de science-fiction. Classique… ? En fait pas vraiment, car ce qui aurait pu n'être qu'un space-opéra consensuel, se transforme en huis-clos intense et plein de suspens.
Le pitch : dans quelques centaines d'années, la Terre sera devenue tellement invivable, toxique, que des extra-terrestres très altruistes viendront nous sauver… En tout cas une bonne partie d'entre-nous seront emmenés sur Castor et Pollux, des planètes propres et lisses, sur lesquels nul débordement chers aux humains ne sera toléré : tout est calculé, agencé, mis en place pour que nous ne consommions que ce qui peut-être remplacé, des cercles vertueux de production et de recyclage sont la seule alternative viable pour conserver l'humanité, ou ce qu'il en reste. Car les humains ne peuvent plus procréer comme auparavant, libres et « sauvages », ce processus est maintenant dévolu à des humaines spécifiquement dédiées à cette tâche, et elles ne serviront d'ailleurs que de fabrique à embryons, la gestation étant confiée aux extra-terrestres qui nous ont sauvés… Ces mêmes extra-terrestres, les Arthroplanes, se servent d'immenses créatures, les Aniles, qu'ils parasitent, pour se déplacer dans l'espace et marchander avec d'autres planètes.
Dans cet univers aseptisé, les humains ont bien changé, physiquement et mentalement. John et Connie, respectivement capitaine et second d'un vaisseau-Anile piloté par Tug,(l'Arthroplane en charge de l'Anile Evangéline), se voient confier une mission très spéciale : aller sur Terre, et définir une fois pour toute si celle-ci est encore toxique et aussi dévastée qu'elle l'était… Mais plusieurs évènements inattendus viennent bouleversé la prétendue mission de l'Anile Evangéline et de son chargement humain. Un huis-clos entre 5 personnages s'engage, nous tenant en haleine tout du long, jusqu'au dénouement pour le moins étonnant.
J'ai eu du mal à entrer dans ce récit, ayant découvert et aimé les romans fantasy de Robin Hobb, bien loin de cet univers SF pur et dur. Mais au fil des pages, la façon qu'a Hobb/Lindholm d'insuffler la vie et l'humanité à ses personnages, de leur donner corps, émotions, sentiments complexes, tout cela a contribué une fois de plus à m'attacher à son univers. Et je ne fus pas déçue, jusqu'au bout elle m'a tenue en suspens, happée par cette histoire interstellaire innovante. L'idée du vaisseau spatial comme une entité vivante et intelligente, ça, ça c'est le génie de Hobb ! ça m'a rappelée les vivenefs et les dragons de ses livres de fantasy. Et le pire, ou le meilleur, c'est qu'on arrive à y croire. Encore une fois, avec moi elle a mis dans le mille : j'ai refermé ce livre heureuse et satisfaite, une histoire qui se termine en fin ouverte, possibilité d'une suite, ou pas…
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Henri-l-oiseleur
  20 février 2017
Robin Hobb propose ici, sous un autre nom (Megan Lindholm), un roman de science-fiction écologique original. Partant du vieux thème de la terre dévastée par l'exploitation humaine et rendue inhabitable, elle imagine en arrière-plan du récit principal un sauvetage de l'humanité et sa migration, sous l'égide d'extra-terrestres en apparence bienveillants, un peu comme Robert Charles Wilson dans "Le vaisseau des voyageurs". Les rescapés se sont organisés en société où la morale, entièrement à base d'écologie, prend toutes les formes de la tyrannie, de la misanthropie et de la haine de soi. Sous la domination de leurs sauveurs, les hommes subissent une série de manipulations génétiques et mentales destinées à extirper ce qu'il y a d'humain, à savoir de "pollueur", en eux. le voyage des héros, qui forme la trame principale du récit, sera en même temps la redécouverte de leur humanité, de la Terre (d'où le titre, sottement laissé en anglais), et de la nature profondément esclavagiste et tyrannique de leurs bienveillants sauveteurs, qui n'en sont pas à leur première tentative - sous couvert d'écologie - de réduire d'autres races en servitude. Hélas, comme souvent en science-fiction, les idées narratives sont excellentes, mais la réalisation pèche : à la lecture, ce roman est ennuyeux et platement écrit, et la narration n'est pas à la hauteur des idées. C'est dommage, car il construit la critique d'un certain écologisme contemporain qui tire prétexte de la protection de la nature pour établir ses propres chantages et ses procédés de domination politique, sans jamais tolérer la moindre discussion.
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mayartemis
  21 novembre 2015
Pour mon tout premier Robin Hobb, j'ai finalement déniché ce livre complètement oublié mais dont le résumé m'a tout de suite plu. Ses séries à rallonge m'ont toujours rebuté, et je ne sais pas si Alien Earth représente vraiment son travail, mais en tout cas j'ai beaucoup aimé. On connait Robin Hobb en tant qu'auteure de fantasy, mais elle signe ici un roman de science-fiction vraiment intéressant et déboussolant.
Ce roman est en effet déboussolant car il nous permet de prendre un certain recul sur nous, les humains, et notre planète. On suit pour se faire plusieurs personnages : Tug, un arthroplane, un extra-terrestre qui a aidé les humains à fuir leur planète et qui maintenant les encadre sur leur nouveau lieu de vie ; Evangeline, une anile, un animal gigantesque qui fait office de vaisseau et qui est dirigée par Tug ; John et Connie, les membres du vaisseau, des humains qui ne ressemblent plus du tout à ce que les humains ressemblaient sur Terre car ils ont été changé par les arthroplanes pour s'intégrer au mieux à l'écosystème de leurs nouvelles planètes ; et enfin Raef, un humain qui lui n'a pas changé car il a été gardé en matrice depuis l'évacuation de la Terre. On alterne ainsi tous ces points de vue différents qui rendent le livre très dense et vraiment intéressant.
J'ai particulièrement aimé voir ma petite planète bleue à travers les yeux de Connie qui au début la trouvait absolument horrible et chaotique, ce qui est vrai au fond. J'ai aussi adoré découvrir Evangeline au fil des pages et comprendre son espèce. Mais du coup j'ai été déçue en ce qui concerne Tug qui passe vraiment pour le grand méchant de l'histoire, alors qu'on en sait si peu sur lui et son espèce. Il condamne certes les actions des humains et ne fait pas mieux au final, mais j'aurais vraiment aimé en savoir plus pour me faire une meilleure idée de lui. En général, Robin Hobb s'est particulièrement intéressée à la psychologie de tous ces personnages, mais n'a que très peu creusé leurs façons de vivre, à quoi ressemblent les nouvelles planètes où vivent les humains et tant d'autres choses que j'aurais aimé savoir.
Le récit peut paraître très lent et long, car on passe en effet plus de la moitié du livre sur le vaisseau à suivre la vie très répétitive des personnages et à jongler entre leurs différents points de vue. J'ai cependant trouvé tout ça vraiment fascinant, et comme dit plus haut j'aurais aimé que ce procédé soit utilisé pour comprendre d'autres façons de vivre, sur les différentes stations ou les autres planètes par exemple. Il y a très peu d'action car le livre est avant tout très psychologique. Parfois on ne sait qui croire, on se sent très mal à l'aise à cause des relations très tendues qu'il y a entre certains personnages, et cette ambiance sous forme de huit-clos dans le vaisseau n''est pas pour arranger les choses.
Ma fascination est sans aucun doute du au style de Robin Hobb qui se dévore. Elle a une façon d'écrire tellement fluide, tellement évidente et efficace qu'il est impossible de ne pas être intéressé. Elle est aussi très forte en ce qui concerne la construction des personnages, ils sont tous tellement différents et intéressants. On arrive à tous les comprendre et il est très difficile de prendre parti.
La science-fiction que j'aime c'est avant tout : des extra-terrestres qui interagissent avec les humains, de nouvelles planètes à explorer, des vaisseaux spatiaux fascinants, du space-opéra pur et dur en somme. Forcément, Alien Earth combinant tout ça, je ne pouvait qu'adorer ce livre. Et en plus de ça, ce livre m'a fait énormément réfléchir et m'a montré des points de vue vraiment inédit que j'ai adoré déchiffrer. Une jolie découverte qui va peut-être (enfin !) me décider à me lancer dans une des séries à rallonge de Robin Hobb, car il faut bien avouer que c'est une auteure absolument géniale.
Lien : http://bookshowl.blogspot.fr..
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Xian
  21 août 2013
Je ne suis pas fan de Fantasy. Alors, quand Robin Hobb, alias Megan Lindholm, délaisse son genre de prédilection pour écrire de la science-fiction, j'adore. Ce roman est une pure merveille. Malgré quelques longueurs, de mon humble avis, notamment dans le passage du voyage jusqu'à Terra, l'auteur sait captiver son lecteur avec des personnages étonnants. C'est sa force, son talent, d'imaginer à chaque fois des extraterrestres bluffants, hors du commun – si j'ose dire –, comme ces vaisseaux spatiaux vivants qui prennent soudain une importance cruciale, ou encore leurs pilotes plutôt ambiguës. Ce n'est pas une simple histoire des derniers représentants de l'humanité, d'un retour à la Terre originelle. Non, pas seulement. Porté par un vent de rébellion, de liberté, c'est aussi une histoire de rapport de force entre espèces différentes et, surtout, d'une amitié extraordinaire, inattendue.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
KrisPyKrisPy   21 octobre 2019
Un instant, Raef perçut l'espace à la façon d'une Anile. C'était une expérience aride, uniquement faite de vide, de subsistance, d'obstacles et d'autres Aniles. Tous ces éléments avaient une importance égale, sans relief spécifique. Comme dans un spectacle laser. Les autes Aniles étaient des compagnons potentiels de jeu et d'accouplement. Mais il n'y en avait aucun à proximité, si bien qu'il ne restait que le vide immense, une subsistance qui ne la tentait pas, et des obstacles à éviter. C'était tout. Aucune beauté pour elle dans les myriades d'étoiles, aucun émerveillement dans les distances infinies qu'elle parcourait. Même la diversité des planètes et des races qu'elle rencontrait n'éveillait en elle aucun intérêt particulier.
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mayartemismayartemis   16 novembre 2015
"Avant même que nous ayons détruit la Terre, c'était un endroit dangereux. Les animaux y suçaient votre sang, ou vous tuaient et vous mangeait. Le simple contact de certaines plantes pouvait vous empoisonner. Parfois, il faisait si chaud que le soleil pouvait vous bruler la peau alors qu'en un autre endroit vous pouviez mourir de froid. Et c'était normal, c'était ainsi avant que les Humains ne polluent tout. Nous parlons d'un environnement extrêmement hostile. Tuer ou être tué, manger ou être mangé, c'est le plus fort qui survit. Il n'y a ni ordre, ni sérénité, tout est combat. Dans une reconstitution, on voyait un animal mort et les autres animaux en train de le dévorer, et il y avait des plantes qui poussaient sur d'autres plantes et se nourrissaient de leur sève. Tout se développait n'importe comment, sans programme, sans ordre. Toutes les couleurs et les formes de feuilles étaient différentes et, au-dessus, il y avait des animaux qui sautaient d'un arbre à l'autre en poussant des cris, qui arrachaient le feuillage vivant pour le manger, et des fruits qui portaient encore des graines et il les mangeaient aussi et..."
Connie s'arrêta. Elle ferma les yeux pour ne plus voir dans sa mémoire les images de cette horrible leçon. [...] Elle ne se sentirait jamais chez elle dans un endroit pareil, c'était impossible.
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KrisPyKrisPy   21 octobre 2019
Une fois contrôlée, l'Humanité s'était révélée utile, voire distrayante. Elle l'était encore. Leurs produits manufacturés alimentaient un commerce interplanétaire florissant, source d'une imposition fastueuse. Les déchets miniers de leurs astéroïdes procuraient une nourriture peu coûteuse aux Aniles. La mobilité que procuraient aux Humains leurs combinaisons de protection permettait aux Arthroplanes d'explorer et de classifier des planètes nouvellement découvertes sans aucun risque pour eux-mêmes.
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