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Pierre Goubert (Traducteur)
EAN : 9782841723836
747 pages
L'Atalante (27/09/2007)
4.43/5   30 notes
Résumé :
Brin-de-Fougère naquit par une nuit d’avril dans un terrier plein d’ombre et de chaleur qui s’enfonçait au plus profond du réseau de galeries du Bois Duncton, six années-taupe après la naissance de Rébecca.Ainsi commence l’histoire de Brin-de-Fougère et de Rébecca, ainsi que du tyran Mandrake venu des lointains glacés du Siabod et qui règne sur la communauté de Duncton. Sans le bienheureux Boswell, la taupe-scribe d’Uffington, que nous resterait-il de leur histoire ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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LaBiblidOnee
  19 mars 2022
Hey !! « Quelle taupe êtes-vous et d'où venez-vous ? » C'est la guerre sur la surface de la Terre, et vous avez envie de vous réfugier sous terre avec des peluches, comme celles des garennes de Watership Down ? Alors bienvenue... Mais méfiez-vous ! Si vous choisissez de pénétrer dans les galeries du Bois de Duncton, vous ne côtoierez plus de gentils herbivores caractériels, mais bien une poignée de taupes plus sanguinaires… Et ça dépote !

Pif PAf POUM ! Comme un dictateur arriverait dans un pays cultivé et mettrait fin aux libertés par la violence en faisant table rase du passé, Mandrake débarque à Duncton et impose sa loi… à grands coups de griffes. C'est une véritable tuerie de ses opposants politiques, un contrôle stricte des frontières que l'on ferme, une interdiction d'idolâtrer n'importe quelle divinité pouvant supplanter la figure du nouveau chef ; Et puis une soumission de ses femelles par l'apposition de grand coup de lattes dans la gueule. Bienvenue dans le bois de Duncton ! Heureusement, certains résistants s'allient en mission commando pour remettre un peu d'ordre dans tout ça. D'autres, en secret, invoquent les pouvoirs divins d'une mystérieuse Pierre aux voies impénétrables.

Si vous pensiez lire un conte pour enfant ou une gentille fable animalière sous prétexte que l'auteur fait parler des animaux, vous êtes servis… Mais l'auteur est malin : Il nous enrobe le tout d'une jolie plume bucolique et de surnoms trop mignons comme Bois de Houx, ou encore Brin de Fougère. Et le tour est joué : le lecteur est ensorcelé par sa plume, envoûté par le chant de la forêt qui l'appelle, par le murmure des ruisseaux bordant les territoires, l'odeur des buissons de ronces et d'aubépine… Sans oublier le bruit des petites pattes de taupes qui s'agitent dans ces labyrinthes souterrains ancestraux : Les fameux « réseaux » !

Ajoutez à cela une romance taupière entre la fille du vilain chef et un jeune héros naïf et là, vous êtes mordus, vous ne pouvez plus quitter les galeries du Bois Duncton malgré sa violence, car vous avez l'espoir de jours bien meilleurs. Alors vous vous attachez aux personnages susceptibles de devenir de gentils héros, vous fondez devant ces peluches qui tombent amoureuses à la mode de chez les taupes, vous pleurez quand, hélas, vous perdez l'une des leurs.

Cette fois encore, en prêtant aux animaux des pensées et attitudes humaines, l'auteur nous fait établir des parallèles avec notre Histoire. Leur quête mystique est une sorte de graal, les galeries taupières abandonnées ressemblent aux catacombes de chrétiens persécutés… Lorsqu'une épidémie décime une partie de la population taupe, elle se demande comment croire que des pouvoirs divins existent s'ils laissent se produire pareilles horreurs. Est-on punis d'avoir cessé de croire ? Peut-on marchander avec l'esprit supérieur qui nous gouverne ? Puis, comme dans Watership Down, on se concentre très vite uniquement sur l'histoire de ces animaux qui, tout en ayant chacun leur caractère, conservent leurs attributs naturels : la quasi-cessité qui les noie dans un flou poétique, leurs moeurs d'accouplement, leur manière de se fier aux odeurs plus qu'à leur vue, de toujours marcher à couvert pour ne pas se faire dévorer. L'intensité va crescendo jusqu'au moment où les fléaux s'abattent sur la communauté partie en vrille, pour un final apocalyptique. C'est une lecture dense et à la fin, ces 700 pages peuvent paraître longues lorsqu'on avance à pas de taupe, alors que tant de livres nous attendent. Mais quelle histoire nous aurons vécue !

Comme dans Watership Down, et comme dans toute histoire humaine, l'importance des vieilles légendes fondatrices de la communauté taupe amène la touche d'onirique et de merveilleux. C'est peut-être la partie la plus humaine finalement, cette manière de tout ramener à une mystique supérieure à soi-même et à notre espèce. La magie imprègne ce récit en partie réaliste, avec sa galerie des murmures, ses racines qui dansent ou encore des taupes-guérisseuses ; Et puis la plus grande magie de toutes : celle des mots et de la littérature, qui vous fait vivre des vies que vous n'auriez jamais pu imaginer. Merci Eric (Casusbelli) pour le conseil de lecture.

Envie de visiter des galeries hantées ? Taupe-là, suis le guide HORWOOD !
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CasusBelli
  03 avril 2020
Voilà un livre que je gardais "sous le coude" depuis 5 ou 6 ans, un livre qui a priori a laissé de bonnes impressions à ceux qui l'ont lu et doté d'une note pharaonique de 4.46 (certes, avec une trentaine de notes seulement), il est à signaler qu'il s'agit d'un beau pavé de 800 pages.
Un thème assez original puisqu'il s'agit de "fantasy animalière", et plus encore si l'on se dit que les héros et acteurs de cette histoire sont des taupes, oui vous savez, ces petites bestioles qui creusent des galeries, font bombance de vers de terre et qui sont le cauchemar des golfeurs ;)
On pourrait penser qu'il s'agit d'un conte pour enfants, et pourtant non, loin s'en faut car les taupes se révèlent être des créatures assez agressives et individualistes, méfiantes et plutôt mesquines voire cruelles.
C'est une saga épique et arthurienne qu'il va nous être donné de vivre à travers le destin de quelques taupes d'exceptions, du bruit, de la fureur, des combats dantesques (on ne croirait pas non ?), des sentiments, des drames, un brin de fantastique, le tout sur un immense territoire de quelques kilomètres carrés.
Bien sûr ces taupes expriment des sentiments plutôt humains, c'est indéniable, mais là où je trouve que l'auteur s'est révélé subtil, c'est que les taupes ont tout de même un instinct animal propre à leur nature qui les rend assez imprévisibles, et du coup la lecture restera prenante et incertaine jusqu'au bout.
De façon étonnante il s'agit aussi d'un conte philosophique car il est question d'une quête, ainsi que d'une belle histoire d'amour, digne des plus célèbres.
Une lecture dépaysante à souhait, une lecture assez exigeante tout de même car il ne s'agit pas d'un "page turner", chaque page se mérite et se déguste.
Pour ma part une belle expérience de lecture !
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domm33
  28 février 2022
Brin de Fougère, Rébecca, Boswell et bien d'autres, voici les héros d'une magnifique saga datant de 1979 et traduite en français seulement en 1997.
Après Watership Down, Onee a demandé quelque chose d'original, Eric (Casusbelli) a proposé le bois Duncton, livre assez difficile à trouver en papier (car plus édité), je les remercie tous les 2 car je leur dois un grand coup de coeur !
Dans la magnifique écriture poétique, dans les descriptions minutieuses de la nature du sud-ouest de l'Angleterre, on retrouve du Watership Down. A d'autres moments, lors de grandes bagarres et dans le thème de la quête, on pense au Seigneur des anneaux mais ce roman est unique.
Bon, je ne vous ai pas encore dit mais il s'agit d'une histoire de taupes cette fois !
C'est long, 747 pages bien denses, mais on est confronté à tellement de rebondissements que l'on ne s'ennuie pas. On avance à pas de taupe et en kilomètres taupes alors forcément ça prend du temps. Mais chaque page se déguste. J'ai mis du temps à le lire, seulement quelques pages par jour pour laisser agir toute la poésie et pendre le temps de passer d'une aventure à l'autre.
Ces taupes ont des sentiments très humains et comme dans Watership Down, on s'immerge complètement dans cette communauté.
Ces taupes vivent dans des galeries à l'intérieur du Bois Duncton, elles ont leurs rituels, sont influencées par les mythes et légendes attachés aux pierres qui les entourent, on est dans la région d'Avebury, Stonehenge, le roman en est imprégné de spiritualité.
Une quête et une belle histoire d'amour font de ce roman un conte philosophique où est posé, entre autre, la question de forces supérieures.
Bref, des taupes certes, mais on l'oublie tant leurs actions et leurs pensées sont humaines. Elles gardent néanmoins leur mode de vie et leur instinct taupe et ça, comme dans Watership Down, c'est excellent.
Alors bien sûr, on a à faire à des méchants comme Mandrake, un tyran qui tue pour l'exemple et fait régner la terreur jusqu'à prendre le contrôle des terriers, hummm..... on a des taupes scribes, des religieux, toute une bande de joyeux gamins, des sages, des gentils, des guérisseuses, des dangers (maladies, incendie, blizzard, famine, prédateurs), ce roman est vraiment d'une très grande richesse.
J'ai adoré cette histoire ô combien dépaysante et je remercie encore Eric pour cette découverte !
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okada
  31 août 2018
J'ai retardé le plus possible le moment de refermer ce livre, je ne voulais pas quitter ces héros devenus des amis ! J'ai été envoûté par l'écriture sensuelle, charnelle et pleine de spiritualité de William Horwood. A travers ce conte anthropomorphique, l'auteur nous raconte en effet un beau récit d'apprentissage de l'enfance à la vieillesse de Brin-de-Fougère et de de Rébecca. Pour ce faire, l'auteur brasse plusieurs genres : lyrique, mystique, épique, sentimental ! Tout s'imbrique merveilleusement, les revirements inattendus sont toujours au rendez-vous. Ces taupes sont très humaines, pourtant l'auteur a pris soin de leur créer une mythologie et donne l'impression d'écrire en éthologue : on se prend à voir le monde à travers les yeux de l'animal, notre odorat retrouve sa puissance, notre sentiment d'amour et d'épouvante pour la grandeur de la nature est revigoré !

Un récit de 745 pages mettant en vedette des taupes, il fallait le faire ! J'ai plongé dans cette saga, d'abord un peu circonspect puis de plus en plus passionné. J'ai été inquiet, captivé, j'ai retenu mon souffle et vécu à leurs côtés beaucoup d'émotions. Par l'ampleur de son geste, par la beauté de son style, par la compréhension des sentiments, ce « Bois Duncton » de William Horwood est à mon sens un monument de la littérature qui mérite d'être mieux connu dans les pays francophone, à l'instar des « Garennes de Watership Down » de son compatriote Richard George Adams, peut-être plus épique mais délivrant une moins grande sagesse.
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JourDePluie
  25 mars 2014
Drôle de roman que celui-ci, qui se focalise sur la vie d'une jeune taupe et les mille péripéties qu'elle devra surmonter.
Le coté "fantasy animalière" peut dérouter, voir même décourager un lecteur hésitant, mais pourtant ce livre s'avère tout à fait excellent et nous entraine dans une suite d'aventures parfois épiques, parfois poignantes, parfois plus sombres et même violentes.
Le texte agréable à lire, avec une touche de fantastique, séduira sans aucun doute les jeunes lecteurs. Mais je le conseillerais également à un public plus averti, qui saura apprécier l'originalité de ce roman.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
LaBiblidOneeLaBiblidOnee   18 mars 2022
D'un côté on trouvait le marais, de l'autre un talus qui s'élevait à une hauteur considérable et paraissait monter ainsi à l'infini. Brin n'en pouvait voir le bout, mais son ouïe et son odorat lui permettait de savoir ce qui se cachait derrière : des créatures qui faisaient un bruit de tonnerre, si étourdissant que le sol en tremblait sur leur passage. Quant à l'odeur, elle puait la mort, au point de rendre votre nez incapable de sentir autre chose.

« - Des hiboux hurlants, dit mystérieusement Boswell.
- Des hiboux ?
Je les ai vus. J'ai descendu ce talus, il y a deux nuits de cela. Au sommet se trouve un chemin plat, aussi large qu'un réseau de taupe. Les hiboux hurlants volent au ras de ce chemin. Attends seulement ce soir, et tu te rendras compte par toi-même. »

La troisième taupe, celle qu'avait chassée Brin-de-Fougère, était alors revenue furtivement se placer à portée de voix. Elle paraissait vouloir se joindre à la conversation et hocha la tête en guise d'approbation lorsque Boswell donna sa description des hiboux.

« Leur regard flambe au point que, la nuit, on voit leurs yeux d'en bas. C'est comme du feu, dit-il en se glissant près d'eux.
- Du feu ? interrogea Brin, pour qui ce mot était entièrement nouveau.
- Un soleil torride, mais qui tue tout ce qu'il touche. »
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domm33domm33   28 février 2022
"Rébecca est la fleur sauvage qui pousse au printemps, dont les feuilles sont du vert le plus tendre. Elle a la vigueur et la grâce des plus hautes tiges de l’herbe au bord du marécage. Ses rires et ses ébats ressemblent aux caprices du soleil dans le sous-bois quand les arbres s’inclinent doucement au gré du petit vent d’été. Ce qu’elle aime, c’est la vie même, et l’amour qu’elle donne est vaste et solide comme un grand chêne. Ses tendresses en sont les mille branches, et ses caresses toutes les feuilles mouvantes. Tu lui as ouvert ton cœur, c’est pourquoi il t’est revenu plus d’affection, beaucoup plus d’affection, que l’un ou l’autre n’en pouvait offrir. Si elle était là maintenant, elle viendrait à bout de tes souffrances et de ton désarroi, car elle est tout ce dont tu as besoin, et toute ton existence. Comme toi maintenant pour elle, maintenant et dans le passé. »
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domm33domm33   01 mars 2022
Une fois dehors, il prit la direction des pentes. Dans le lointain, on entendait les corneilles, les pigeons ramiers, les merles, les rouges-gorges, peut-être une grive. Le croassement des corneilles dominait tout le reste, car au début du printemps les arbres n’ont pas de feuilles, et leurs cris portent davantage. Mais, au fait, oui, c’était le printemps !
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domm33domm33   28 février 2022
Brin entendit dans les hêtres au-dessus remuer les premiers souffles de la brise du soir. Quelques feuilles mortes descendirent avec lenteur, relancées dans leur chute, quelque part en haut et derrière eux, par les branchages au milieu desquels elles tombaient. Un pigeon ramier brusquement battit des ailes à la lisière du bois. Au zénith, on entendit chanter une alouette. Parfois aigus, parfois lointains, ses trilles montaient et descendaient dans les rafales. Le soleil, qu'on n'avait pas vu de toute l'après-midi, baissait au-dessous de l'amas de nuages mauves qui l'avaient caché. Il était pâle à présent, d'une couleur un peu délavée, parce qu'au loin, là où il restait en suspens dans le ciel, il avait plu. Pendant quelques instants, sous les nuées, ses rayons devinrent clairs et mordorés, puis à mesure qu'il sombrait davantage, ils commencèrent à rougir, et l'amoncellement nuageux qu'il avait laissé en arrière passa du mauve à un pourpre magnifique, festonné de rose.
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domm33domm33   28 février 2022
À cette hauteur, la craie affleure presque, avec pour effet une mince couche de terre, pauvre en vers, mais qui suffit à nourrir de grands hêtres gris dont les feuilles tombées forment dans le bois un tapis de couleur brune, sec et craquant. Les racines des arbres parmi ces feuilles se tordent, comme aux flancs des muscles déchirés, tandis que çà et là le ciel se reflète dans un pan de marne luisante.

On y entend toujours un peu de vent, même si ce n’est qu’un murmure dans le feuillage. Parfois, pourtant, les grosses branches se mettent à plier et à fendre la brise, ce qui donne geignements et chuchotements. Parfois aussi, les bourrasques d’hiver jaillissent du bas des pentes. Dans un hurlement déchirant elles vont exploser au milieu des arbres, au sommet de la colline, avant de fondre par-dessus l’escarpement, en emportant dans leur chute une dernière feuille qui vole, ou en faisant dégringoler un rameau desséché au bas de la muraille de craie.
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