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ISBN : 2915653798
Éditeur : Nestiveqnen Editions (20/06/2017)

Note moyenne : 4.12/5 (sur 13 notes)
Résumé :
Russie – 1015. Ilya de Mourom, ancien membre des trente preux, vient de passer trois ans dans les geôles du grand-prince Vladimir. Après sa libération, il rencontre le jeune Erouslan, qui se prétend lui aussi chevalier. Ils comprennent que leurs destins sont liés par le nom Nadejda (l'Espérance, en russe). Pour l'un, c'est l'épée tant adorée, mais volée pendant sa détention ; pour l'autre, c'est l'unique amour, désormais disparu.
Leurs pérégrinations les mène... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Alfaric
  19 décembre 2017
Ce roman n'est le meilleur que j'aie lu de toute ma vie, et son auteur n'est pas l'auteur le plus talentueux qui soit, mais par moments ils auraient pu l'être : c'est la magie de la grande tragédie et de l'epicness to the max... Entre chanson de geste et heroic fantasy, le frenchy Olivier Boile nous raconte à la fois le game of thrones de la succession du petit père des peuples Soleil Clair, et le road movie / buddy movie des chevaliers errants Ilya de Mourom « le Libérateur de Tchernigov » et Erouslan Voltchy Khovst « Le Tueur de Dragon ». La démarche de l'auteur français est d'explorer d'autres voies que le médiéval-fantastique arthurien exploité jusqu'à la corde par une fantasy anglo-saxonne plus ou moins inspirée, et il s'est bien documenté avant de jeter son dévolu sur les mythes et légendes de la Russie... Qu'est-ce qu'il a bien fait ! Et vu qu'il mêle joliment rationalité et irrationalité, on peut le comparer avec Robert Silverberg ("Gilgamesh, roi d'Ourouk") et Poul Anderson ("King of Ys"), mais comme les mêmes causes produisent les mêmes effets on peut aussi et peut-être d'abord le comparer à David Gemmell, le regretté maître anglais de l'heroic fantasy...
Dans un monde peuplé de dieux de lumière et de dieux de ténèbres, de vodianoïs et de roussalkas, de géants et dragons, Ilya et Erouslan les bogatyrs sont en délicatesse avec le pouvoir en place. Sauf qu'avec la mort de Soleil Clair ce dernier change de mains, et qu'au final rien n'est certain... Tout pourrait opposer Ilya qui à cheval entre la Russie païenne et la Russie chrétienne a déjà tout prouvé, et Erouslan métis à cheval entre le monde sédentaire russe et le monde nomade turco-mongol qui a encore tout à prouver, mais le 2e se place immédiatement sous le patronage du 1er car ils ont le même objectif (bien que pour des raisons différentes ^^), à savoir tomber à bras raccourcis sur Goriaser qui fait office d'exécuteur des basses oeuvres Sviatopolk dit « Le Maudit » (oui, on t'a reconnu Mordred le traître ! ^^) qui souhaite à tout prix s'emparer de toute la Russie, quitte à pactiser avec ses ennemis honnis polonais et tatars... Tout cela nous amène vers un road movie fantasy, et notre dynamique duo chevauche vers le royaume amazone de la Mer Noire en conflit direct les Tatars du Khan Kalin. C'est là que la route de nos deux héros diverge car le senior suit son obsession là où le junior suit son ambition : dans la guerre de succession russe ils finissent dans des camps opposés, jusqu'à leur fin funeste et tragique fin (remember "Les Lions d'Al-Rassan" de Guy Gavriel Kay),
Ilya et Erouslan sont des héros au sens antique du terme : ils incarnent des valeurs qui les dépassent, pour lesquelles ils se battent et en lesquelles ils croient de toutes leurs forces, mais ce sont avant tout des hommes, rien que des hommes, donc des êtres faillibles et tourmentés, capables de sombrer dans la folie et de basculer du Côté Obscur de la Force... Ilya paysan handicapé a longtemps été faible avant d'être fort, donc plus que les autres il peut défendre la justice en incarnant la lutte des faibles contre les forts, et/ou la lutte des opprimés contre les oppresseurs (remember Steven Rogers dans "Captain America", et Izuku Midoriya dans "My Hero Academia" ^^)... Erouslan bâtard issu d'un peuple honni a été longtemps été rejeté avant d'être accepté, donc plus que les autres il sait ce que valent les valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité... C'est ensemble qu'ils se lancent aux confins de la Russie : le premier veut récupérer l'épée qui contient l'âme de l'être aimée, le deuxième veut se venger de celui la possède car ce dernier incarne tout ce qu'il déteste en lui... Et pour moi qui suis un adepte de la mythologie comparée pour débusquer les archétypes fondamentaux de l'humanité, c'est fascinant de retrouver dans les mythes et légendes russes revisités par Olivier Boile de grands figures celtes, grecques, perses et mongoles... J'ai ainsi reconnu ça et là les ombres de Cúchulainn et Ulysse, de Thésée l'athénien ou de Rustam l'iranien, comme celles de Temudjin, Tolui et Khubilai...
L'auteur m'a fait l'honneur de découvrir son oeuvre, et je lui en suis redevable car son roman indépendant était tout aussi plaisant qu'intéressant. Mais l'exercice de style était loin d'être facile : on reste un peu quand même le derrière entre deux chaises, et il n'y a pas assez de pages pour développer de manière complète les relations entre Sviatopolk le Maudit et Iaroslav le Sage, et les relations entre entre Ilya et Erouslan, le tout arbitré par la princesse boiteuse et incestueuse Predslava... Mais on peut aussi mettre en avant le travail de Nestiveqnen qui au-delà d'un livre objet réussi et d'un bel effort de mise en forme et de mise ne page offre cartes et dramatis personnae pour simplifier la vie de nous autres lecteurs... Bien des auteurs et des éditeurs devraient en prendre de la graine !
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BazaR
  31 mars 2018
J'ai lu ce roman l'espace d'une semaine ; pourtant, j'ai l'impression d'avoir vécu tout un mois avec lui. Ce n'est pas un reproche, bien au contraire.
Je n'avais jamais rien lu sur la Russie du fin fond du XIème siècle, que ce soit sous une forme émerveillée ou purement historique. La découverte a été totale. Au fil des pages, Olivier Boile tisse la toile d'une ambiance originale faite d'un mélange de fils slaves et d'apport étrangers, tels le faste de la salle du trône du grand-prince Vladimir, à Kiev, qui fait penser à Byzance et, plus loin, aux Sassanides et aux Achéménides. En contrepoint viennent se balancer sous le vent et les sabots des chevaux les herbes longues des steppes du sud, territoires des nomades ennemis traditionnels des Russes où l'on reconnaît aussi quelques éléments scythes… et amazones. L'auteur peuple ces contrées d'une flopée de créatures qui se cachent depuis que le Christ rayonne sur le pays. Avez-vous entendu parler des roussalkas, du léchy et des vodianoï ? Probablement si vous êtes familier avec la mythologie slave. Moi je ne sais même pas à quoi ils peuvent ressembler.
Olivier Boile mêle l'Histoire de membres de la dynastie Rourikide – une histoire de succession disputée, de trop nombreux princes prétendants, de complots, d'assassinats et de guerres – à la légende qu'il est allé extraire de poèmes médiévaux (ainsi le dit-il lui-même dans sa postface). Je dois dire qu'au début je me suis inquiété de voir le comportement de bourrins incontrôlables et soupe au lait qu'il attribue à ses deux héros, Ilya de Mourom et Erouslan fils d'Erouslan. S'il ne faisait pas plus dans la finesse que ça tout au long du récit, cela allait vite me gaver. Et c'est ma commune-lectrice Tatooa qui m'a fourni une clé de lecture bien utile : la plupart des péripéties décrites devait être dans les sources consultées par l'auteur, que l'on devait dès lors décharger de la responsabilité du comportement de ses héros de papier.
De fait le caractère des deux preux se complexifie au fil des chapitres, sans que je n'arrive jamais à anticiper leurs actes. Ils n'ont cessé de me surprendre, de me pousser à me questionner ; et s'il y a une chose que j'apprécie, c'est bien d'être surpris. Ces chevaliers n'ont que peu à voir avec leurs équivalents des romans courtois et des sagas arthuriennes. Défendre la veuve et l'orphelin, vivre selon un haut degré de morale est hors de propos. Ils font plutôt penser à des mercenaires qui se vendent au plus offrant et ne dédaignent pas un bon pillage. Ils parlent de fidélité, de respect de la parole donnée, mais agissent peu comme ils parlent.
Le personnage de Sviapotolk, celui que l'on va adorer détester, est aussi magnifiquement ouvragé : cruel, empathie proche de zéro, trainant à mon avis un complexe d'infériorité vis-à-vis de ses frères princiers, mais certainement l'homme le plus intelligent du roman. Et je n'oublie pas la magnifique reine de la mer Noire Zlatygorka, seule à pouvoir tenir la dragée haute à Ilya de Mourom, parlant d'elle-même à la troisième personne comme Alain Delon dans les Guignols. le roman fourmille de personnages intéressants, si on laisse la morale de côté.
Le seul que j'aurais aimé ne pas croiser est Ivan, le père décrépi d'Ilya. Sa présence réaliste, image de la déchéance de la vieillesse, m'a rappelé une proche trop récemment disparue et appuyé sur une blessure non cicatrisée. Ce simple passage suffit pour marquer indélébilement Nadejda dans mes souvenirs.
De longues chevauchées en repas princiers, de confidences sous la nuit étoilée en batailles épiques magnifiquement mises en scène, dans une atmosphère où se mêlent religion du Christ et magie des temps jadis, où l'on retrouve des éléments d'autres mythologies (la proximité entre la chute d'Iskorosten et la chute de Troie, la relation entre Ilya et son fils qui évoque Oedipe… mais à l'envers), Nadejda entre sans nul doute dans le panthéon des grandes fantasy historiques à la Guy Gavriel Kay. Je veux ici remercier ma commune-lectrice Tatooa pour sa disponibilité et pour nos nombreux échanges. La magie slave a discrètement oeuvré pour nous, car le nombre de fois où nous avons achevé la journée sur la même page dépasse les lois de la probabilité (bon, Tatooa a pu lire deux ou trois autres trucs en parallèle pour s'aligner sur ma vitesse de lecture, mais je crois d'après ses dires que cela a apporté du bon dans sa lecture aussi).
Enfin je remercie Olivier pour sa dédicace. Ce roman m'a beaucoup plu et ton espoir est donc assouvi. Je retournerai dans ton oeuvre dès que ma PAL m'en laissera le loisir. Mon prochain Boile sera certainement ton recueil Sans Donjon ni Dragon.
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Foxfire
  05 juillet 2017
J'avais été séduite par l'humour absurde et les jeux de mots irrésistibles des "feux de l'armure". Après cette lecture, je m'étais demandée ce que valait l'auteur dans un registre non humoristique. "Nadejda" m'offre la plus belle des réponses. Si la plume d'Olivier Boile faisait mouche dans le registre de la comédie, elle fait aussi des merveilles dans celui de la fantasy historique.
Je ne suis pas du tout connaisseuse en matière de fantasy, j'ai, à mon grand regret, beaucoup de lacunes dans ce domaine, je manque donc de références pour faire des comparaisons. Mais il me semble tout de même que le contexte choisi par Olivier Boile pour son roman est original. Quelle bonne idée que de plonger le lecteur dans la richesse de l'Histoire et du folklore russe du moyen-âge ! D'autant plus que le roman est historiquement très documenté.
En plaçant son récit au début du 11ème siècle, l'auteur évoque une période charnière très intéressante. La Russie est christianisée depuis peu. Cohabitent alors nouvelle religion monothéiste et anciens cultes païens, ce qui permet à Olivier Boile de créer un monde à la fois proche de nous par une grande crédibilité et à la fois totalement merveilleux par l'incursion des éléments fantasy. Merveilleux est le bon mot pour évoquer ces éléments qui font de "Nadejda" un roman fantasy et non un roman historique. Grâce à une plume élégante, subtile et vive, une vraie poésie habite le récit. Comment ne pas être émerveillé par Sviatogor, le géant des monts sacrés ou par un cours d'eau personnifié qui vit et parle ?
L'intrigue de "Nadejda" est solide, bien menée. On retrouve l'histoire classique d'une lutte de pouvoir pour accéder au trône ainsi que des personnages animés par la soif de vengeance ou une quête personnelle. Tout est si bien fait qu'on n'a jamais de sentiment de déjà vu. "Nadejda" est palpitant de bout en bout. Les rencontres et les péripéties s'enchaînent à un rythme soutenu et offrent de très beaux moments.
Le roman est peuplé de très beaux personnages. En 1er lieu, bien sûr, Ilya, guerrier au grand coeur, brave et loyal mais aussi très sanguin et brutal est un héros très charismatique auquel on s'attache très vite. Ilya est à l'image du monde dans lequel il évolue. S'il est chrétien, il adhère toujours aussi aux anciennes croyances, il parle à la Nature, il prie les anciens dieux autant que le nouveau. Il est un homme à cheval sur 2 mondes.
Erouslan, l'autre personnage majeur du roman, est plus ambivalent mais il est très intéressant. Complexe et torturé, il suscite chez le lecteur tour à tour admiration, empathie et colère.
Le méchant de l'histoire, Sviatopolk le maudit, est très bien campé. Vil, prêt à tout pour nourrir son ambition de pouvoir, il remplit très bien son rôle dans le récit. J'ai adoré le détester.
Son homme de main, Goriaser, est un des personnages que j'ai le plus aimé et qui m'a le plus émue malgré sa brutalité. Je vous laisse découvrir pourquoi.
Chaque personnage secondaire est bien dessiné, même lorsqu'il n'apparait que très peu. Zlatygorka et Roksana, les fières guerrières des steppes, Bloud et Mironeg, les nobles bogatyrs, Predslava et Boleslava, les princesses à forte personnalité... j'aurais voulu passer plus de temps avec chacun de ces personnages tant ils sont intéressants et riches malgré la brièveté de leurs apparitions.
C'est d'ailleurs le seul petit bémol qui vient nuancer mon enthousiasme. "Nadejda" est trop court, j'en aurais bien pris pour une centaine de pages de plus. Enfin, ce défaut n'en est pas vraiment un. C'est bien parce que je me suis régalée que j'aurais aimé que ce soit plus long.
"Nadjda" est un roman superbe, une aventure épique qui procure de l'émerveillement et de belles émotions.
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laulautte
  13 juillet 2017
Nadejda, l'espérance (en russe), celle de trouver en ce nouveau roman de fantasy d'Olivier Boile une merveilleuse découverte. Et c'est à bride abattue que je suis partie en compagnie de deux valeureux bogatyrs que tout oppose et de leurs farouches montures, jusqu'aux confins de l'enfer des steppes de la Rus' de Kiev balayées par le souffle torride du dragon, en passant par les terres arables des Remparts du Serpent érigés pour garder dans la lumière du Christ la Sainte-Russie, en traversant des verstes de forêts et des fleuves peuplés d'êtres mythiques, en quête de Nadejda... Une fabuleuse découverte que Nadejda, roman de fantasy, hors des sentiers battus des terres brumeuses de Grande-Bretagne et des terres glaciales scandinaves, dans la Russie médiévale où « les enchantements du paganisme y prospér[ai]ent comme au temps jadis ».
Nadejda n'est pas qu'espérance, elle est la beauté et le danger qui peut priver de raison même le plus preux des chevaliers. Elle est la mystérieuse épée dérobée d'Ilya de Mourom, vétéran des trente preux, et l'amour perdue du jeune Erouslan, prétendu chevalier. Elle liera le destin de ces deux frères d'armes, héros de la Sainte-Russie en proie en une guerre fratricide.
Olivier Boile s'approprie la fin de règne d'un des plus illustres princes de la dynastie des Riourikides, Vladimir 1er Grand Prince de Kiev, « qui par sa sagesse et sa piété fit entrer la Sainte Russie dans la lumière du Christ », y mêle force récits, inspirés des exploits héroïques des bogatyrs contés dans les bylines, et personnages de la mythologie slave, pour nous livrer un roman de fantasy historique étonnant et enchanteur.
Il ne sait pas seulement jouer avec les mots dans le registre de l'humour, dans lequel il excelle notamment dans Medieval Superheroes, il sait jouer avec les mots pour enchanter et émerveiller. Avec Nadejda, il immerge dans l'univers passionnant et différent (pour ne pas dire novateur, je ne suis pas à même de pouvoir juger, malheureusement) de la « Russie invisible, celle des plantes, des rivières, des petits animaux et des esprits », où « il n'est pas plus stupide de conférer avec les animaux qu'avec les montagnes ou les rivières », qui laisse rêveur. Il envoûte avec une plume fluide, sans lourdeur, sans artifice, avec des changements de points de vue narratifs maîtrisés, mais… Nadejda n'a pas été l'espérance d'un brasier, il m'aura manqué l'étincelle ; celle qui m'aurait fait aimer autant les personnages que la magique Rus' de Kiev. Des personnages pour le moins atypiques qui suscitent l'intérêt et la curiosité mais dont l'attachement éveillé à leur rencontre s'est atténué à regret au fil des pages, mais… Nadedja n'en reste pas moins un récit d'une beauté qui ne peut être oubliée.
Et pour embellir le tout c'est un beau livre-objet, la marque de fabrique des éditions Nestiveqnen. C'est appréciable de tourner des pages de papier de qualité avec une mise en page soignée et travaillée.
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Tatooa
  31 mars 2018
Je remercie d'abord BazaR pour cette lecture commune "lente", je suis persuadée que j'aurais moins apprécié ce livre si je l'avais lu trop vite !
Il ne faut pas le lire vite, et il ne faut pas le lire comme un livre de fantasy "classique". Il faut le lire comme récit épique type "geste moyenâgeuse", ou comme un conte fondateur.
Pour moi, il est à rapprocher de "l'épée brisée" de P. Anderson, dans l'idée (se baser sur des légendes pour écrire une "geste épique moyenâgeuse") et dans la forme. de la même façon que dans le livre d'Anderson, on n'entre jamais vraiment dans la psychologie des personnages, mais leurs actes parlent pour eux.
Bien sûr il est aussi à rapprocher de tous les textes mythiques déjà écrits auparavant, mais vraiment, il est très très proche parent de "l'épée brisée".
Très franchement, lu comme nous l'avons lu, je trouve que c'est une pépite. C'est formidablement bien écrit, dans un style à la fois poétique et dynamique. Sur une base historique qui semble très solide (eût égard aux références citées en fin de livre), tant au niveau des personnages que des faits historiques, l'auteur nous livre un très beau poème en prose.
Je ne connais pas l'histoire russe, du coup le suspens était entier pour moi aussi. Quoi qu'au fond ce n'est pas ça le plus important. Les personnages sont "énormes". Ils nous restent incompréhensibles pendant quasi toute la durée du livre et pourtant, on s'attache à eux, à suivre leurs pérégrinations. L'émotion n'affleure qu'à la toute fin du livre, avec pudeur. Contrairement à ce que j'ai lu dans d'autres avis, je ne trouve pas qu'il aurait du être plus long. Parfois on n'a pas besoin d'en savoir plus, et ici, je n'avais pas besoin d'en savoir plus.
Du grand art. D'autant plus que c'est complètement différent des "feux de l'armure", et j'admire beaucoup les auteurs capables de se renouveler d'un livre à l'autre. Bravo Olivier.
Et, si j'osais...
C'est pour quand prévu pour, le prochain ?
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critiques presse (1)
Elbakin.net   14 septembre 2018
Si certaines scènes tombent parfois dans la facilité, que la brièveté du texte et ses 321 pages ne permettent pas de développer plusieurs points autant que désiré, c’est bien un sentiment de satisfaction qui l’emporte une fois le livre refermé. [...] Quoi qu’il en soit, cette sortie hors des sentiers battus est à la fois plaisante, intéressante et tout à fait recommandable.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
BazaRBazaR   25 mars 2018
La chambre du grand-prince s'était métamorphosée en quelques semaines, passant sans transition de l'ostentation à l'austérité. On avait enlevé les tentures, brûlé les meubles et distribué aux indigents les trésors qu'elle contenait, tandis que chaque objet de valeur se voyait remplacé par une icône à l'effigie des saints slaves ou de la Mère du Christ. Toutes les ouvertures sur l'extérieur étaient condamnées, achevant ainsi d'établir une atmosphère morbide. Vladimir avait exigé de ne revoir la lumière du soleil qu'une fois guéri ; autant dire que sa chambre était vouée à rester éclairée par la faible lueur d'une lampe à huile jusqu'à ses funérailles.
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BazaRBazaR   24 mars 2018
Il existait plusieurs versions de la légende. Certaines étaient plus farfelues que d'autres. Dans tous les cas, elles mentionnaient un ancien chevalier doté d'une taille et d'une force titanesque, qui, à sa mort, était devenu une montagne. Lorsque la montagne remuait, cela signifiait que le géant s'agitait dans son sommeil.
Les voyageurs parcourant la région se divisaient en deux catégories : ceux qui prenaient la légende au pied de la lettre et ceux pour qui elle était une superstition païenne, indigne d'un pays entré dans la lumière du Christ. En général, les premiers quittaient les monts Sacrés sans avoir aperçu ne serait-ce qu'un orteil du fameux géant et se mettaient dès lors à douter de la réalité de son existence ; quant aux seconds, la montagne s'employait à faire chanceler leurs certitudes, allant parfois jusqu'à avaler un cheval, voire un homme, pour leur faire payer leur manque de considération.
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laulauttelaulautte   29 juin 2017
« Le Cavalier de la Nuit va bientôt passer, déclara Ilya. Si tu ne l’as jamais vu, ouvre l’œil. Ici, ses frères et lui ne craignent pas de se montrer.
- Le Cavalier de la Nuit ? fit Erouslan, moqueur. Tu divagues, vieil homme ! Ce n’est qu’un conte pour enfants !
- Tu as tort. Penses-tu que le grand Khors irait se coucher si le Cavalier de la Nuit ne lui en intimait l’ordre ? Se lèverait-il chaque matin si le Cavalier de l’Aube n’arpentait les routes sur son destrier blanc, suivi de son frère le Cavalier du Jour sur son destrier rouge, en vue de le forcer à se réveiller ? »
Le jeune bogatyr en resta coi. Même s’il avait souvent vu des choses inhabituelles ne rentrant pas dans le cadre des miracles chrétiens, il avait du mal à croire aux récits empreints de surnaturel colportés par certains vieillards. Il avait du mal à croire de manière générale. Né à une période charnière entre paganisme et christianisme, il ne trouvait sa place ni dans l’un ni dans l’autre modèle. Selon lui, on pouvait être un bon serviteur de son pays sans croire en un dieu crucifié et ressuscité pour sauver l’humanité, ou en un cavalier apportant la nuit sur son destrier noir. Que la Russie prie devant une statue de Péroun ou une icône de la Mère du Christ, il l’aimait dans tous les cas. Et il ne cesserait de l’aimer, même s’il apparaissait que ses entrailles abritaient des géants de pierre…
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laulauttelaulautte   12 juillet 2017
« Tout bien considéré, poursuivit le forgeron de Karatcharovo, mon métier est proche de celui des sorcières et des magiciens. Nous manipulons les éléments naturels pour créer, inventer, transformer la matière. Nous avons le pouvoir d’animer ce qui était sans vie, d’instiller le mal dans ce qui était bon et le bien dans ce qui était mauvais. Comme les sorcières et les magiciens, on nous révère quand le besoin se fait sentir et on nous redoute le reste du temps… A croire que lorsqu’un homme tombe au champ d’honneur, la faute en revient à celui qui a forgé la lame fatale et non à celui qui l’a tirée du fourreau ».
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BazaRBazaR   26 mars 2018
— Tu aurais pu t'en douter : l'insubordination est un défaut récurrent chez les bogatyrs, si l'on peut parler de défaut. Chevaliers errants, chevalier insoumis... Tu souhaites n'être entouré que de créatures dociles ? Alors contente-toi de tes lévriers.
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