AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2915653798
Éditeur : Nestiveqnen Editions (20/06/2017)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 9 notes)
Résumé :
Russie – 1015. Ilya de Mourom, ancien membre des trente preux, vient de passer trois ans dans les geôles du grand-prince Vladimir. Après sa libération, il rencontre le jeune Erouslan, qui se prétend lui aussi chevalier. Ils comprennent que leurs destins sont liés par le nom Nadejda (l'Espérance, en russe). Pour l'un, c'est l'épée tant adorée, mais volée pendant sa détention ; pour l'autre, c'est l'unique amour, désormais disparu.
Leurs pérégrinations les mène... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Alfaric
  19 décembre 2017
Ce roman n'est le meilleur que j'aie lu de toute ma vie, et son auteur n'est pas l'auteur le plus talentueux qui soit, mais par moments ils auraient pu l'être : c'est la magie de la grande tragédie et de l'epicness to the max... Entre chanson de geste et heroic fantasy, le frenchy Olivier Boile nous raconte à la fois le game of thrones de la succession du petit père des peuples Soleil Clair, et le road movie / buddy movie des chevaliers errants Ilya de Mourom « le Libérateur de Tchernigov » et Erouslan Voltchy Khovst « Le Tueur de Dragon ». La démarche de l'auteur français est d'explorer d'autres voies que le médiéval-fantastique arthurien exploité jusqu'à la corde par une fantasy anglo-saxonne plus ou moins inspirée, et il s'est bien documenté avant de jeter son dévolu sur les mythes et légendes de la Russie... Qu'est-ce qu'il a bien fait ! Et vu qu'il mêle joliment rationalité et irrationalité, on peut le comparer avec Robert Silverberg ("Gilgamesh, roi d'Ourouk") et Poul Anderson ("King of Ys"), mais comme les mêmes causes produisent les mêmes effets on peut aussi et peut-être d'abord le comparer à David Gemmell, le regretté maître anglais de l'heroic fantasy...
Dans un monde peuplé de dieux de lumière et de dieux de ténèbres, de vodianoïs et de roussalkas, de géants et dragons, Ilya et Erouslan les bogatyrs sont en délicatesse avec le pouvoir en place. Sauf qu'avec la mort de Soleil Clair ce dernier change de mains, et qu'au final rien n'est certain... Tout pourrait opposer Ilya qui à cheval entre la Russie païenne et la Russie chrétienne a déjà tout prouvé, et Erouslan métis à cheval entre le monde sédentaire russe et le monde nomade turco-mongol qui a encore tout à prouver, mais le 2e se place immédiatement sous le patronage du 1er car ils ont le même objectif (bien que pour des raisons différentes ^^), à savoir tomber à bras raccourcis sur Goriaser qui fait office d'exécuteur des basses oeuvres Sviatopolk dit « Le Maudit » (oui, on t'a reconnu Mordred le traître ! ^^) qui souhaite à tout prix s'emparer de toute la Russie, quitte à pactiser avec ses ennemis honnis polonais et tatars... Tout cela nous amène vers un road movie fantasy, et notre dynamique duo chevauche vers le royaume amazone de la Mer Noire en conflit direct les Tatars du Khan Kalin. C'est là que la route de nos deux héros diverge car le senior suit son obsession là où le junior suit son ambition : dans la guerre de succession russe ils finissent dans des camps opposés, jusqu'à leur fin funeste et tragique fin (remember "Les Lions d'Al-Rassan" de Guy Gavriel Kay),
Ilya et Erouslan sont des héros au sens antique du terme : ils incarnent des valeurs qui les dépassent, pour lesquelles ils se battent et en lesquelles ils croient de toutes leurs forces, mais ce sont avant tout des hommes, rien que des hommes, donc des êtres faillibles et tourmentés, capables de sombrer dans la folie et de basculer du Côté Obscur de la Force... Ilya paysan handicapé a longtemps été faible avant d'être fort, donc plus que les autres il peut défendre la justice en incarnant la lutte des faibles contre les forts, et/ou la lutte des opprimés contre les oppresseurs (remember Steven Rogers dans "Captain America", et Izuku Midoriya dans "My Hero Academia" ^^)... Erouslan bâtard issu d'un peuple honni a été longtemps été rejeté avant d'être accepté, donc plus que les autres il sait ce que valent les valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité... C'est ensemble qu'ils se lancent aux confins de la Russie : le premier veut récupérer l'épée qui contient l'âme de l'être aimée, le deuxième veut se venger de celui la possède car ce dernier incarne tout ce qu'il déteste en lui... Et pour moi qui suis un adepte de la mythologie comparée pour débusquer les archétypes fondamentaux de l'humanité, c'est fascinant de retrouver dans les mythes et légendes russes revisités par Olivier Boile de grands figures celtes, grecques, perses et mongoles... J'ai ainsi reconnu ça et là les ombres de Cúchulainn et Ulysse, de Thésée l'athénien ou de Rustam l'iranien, comme celles de Temudjin, Tolui et Khubilai...
L'auteur m'a fait l'honneur de découvrir son oeuvre, et je lui en suis redevable car son roman indépendant était tout aussi plaisant qu'intéressant. Mais l'exercice de style était loin d'être facile : on reste un peu quand même le derrière entre deux chaises, et il n'y a pas assez de pages pour développer de manière complète les relations entre Sviatopolk le Maudit et Iaroslav le Sage, et les relations entre entre Ilya et Erouslan, le tout arbitré par la princesse boiteuse et incestueuse Predslava... Mais on peut aussi mettre en avant le travail de Nestiveqnen qui au-delà d'un livre objet réussi et d'un bel effort de mise en forme et de mise ne page offre cartes et dramatis personnae pour simplifier la vie de nous autres lecteurs... Bien des auteurs et des éditeurs devraient en prendre de la graine !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          3813
Foxfire
  05 juillet 2017
J'avais été séduite par l'humour absurde et les jeux de mots irrésistibles des "feux de l'armure". Après cette lecture, je m'étais demandée ce que valait l'auteur dans un registre non humoristique. "Nadejda" m'offre la plus belle des réponses. Si la plume d'Olivier Boile faisait mouche dans le registre de la comédie, elle fait aussi des merveilles dans celui de la fantasy historique.
Je ne suis pas du tout connaisseuse en matière de fantasy, j'ai, à mon grand regret, beaucoup de lacunes dans ce domaine, je manque donc de références pour faire des comparaisons. Mais il me semble tout de même que le contexte choisi par Olivier Boile pour son roman est original. Quelle bonne idée que de plonger le lecteur dans la richesse de l'Histoire et du folklore russe du moyen-âge ! D'autant plus que le roman est historiquement très documenté.
En plaçant son récit au début du 11ème siècle, l'auteur évoque une période charnière très intéressante. La Russie est christianisée depuis peu. Cohabitent alors nouvelle religion monothéiste et anciens cultes païens, ce qui permet à Olivier Boile de créer un monde à la fois proche de nous par une grande crédibilité et à la fois totalement merveilleux par l'incursion des éléments fantasy. Merveilleux est le bon mot pour évoquer ces éléments qui font de "Nadejda" un roman fantasy et non un roman historique. Grâce à une plume élégante, subtile et vive, une vraie poésie habite le récit. Comment ne pas être émerveillé par Sviatogor, le géant des monts sacrés ou par un cours d'eau personnifié qui vit et parle ?
L'intrigue de "Nadejda" est solide, bien menée. On retrouve l'histoire classique d'une lutte de pouvoir pour accéder au trône ainsi que des personnages animés par la soif de vengeance ou une quête personnelle. Tout est si bien fait qu'on n'a jamais de sentiment de déjà vu. "Nadejda" est palpitant de bout en bout. Les rencontres et les péripéties s'enchaînent à un rythme soutenu et offrent de très beaux moments.
Le roman est peuplé de très beaux personnages. En 1er lieu, bien sûr, Ilya, guerrier au grand coeur, brave et loyal mais aussi très sanguin et brutal est un héros très charismatique auquel on s'attache très vite. Ilya est à l'image du monde dans lequel il évolue. S'il est chrétien, il adhère toujours aussi aux anciennes croyances, il parle à la Nature, il prie les anciens dieux autant que le nouveau. Il est un homme à cheval sur 2 mondes.
Erouslan, l'autre personnage majeur du roman, est plus ambivalent mais il est très intéressant. Complexe et torturé, il suscite chez le lecteur tour à tour admiration, empathie et colère.
Le méchant de l'histoire, Sviatopolk le maudit, est très bien campé. Vil, prêt à tout pour nourrir son ambition de pouvoir, il remplit très bien son rôle dans le récit. J'ai adoré le détester.
Son homme de main, Goriaser, est un des personnages que j'ai le plus aimé et qui m'a le plus émue malgré sa brutalité. Je vous laisse découvrir pourquoi.
Chaque personnage secondaire est bien dessiné, même lorsqu'il n'apparait que très peu. Zlatygorka et Roksana, les fières guerrières des steppes, Bloud et Mironeg, les nobles bogatyrs, Predslava et Boleslava, les princesses à forte personnalité... j'aurais voulu passer plus de temps avec chacun de ces personnages tant ils sont intéressants et riches malgré la brièveté de leurs apparitions.
C'est d'ailleurs le seul petit bémol qui vient nuancer mon enthousiasme. "Nadejda" est trop court, j'en aurais bien pris pour une centaine de pages de plus. Enfin, ce défaut n'en est pas vraiment un. C'est bien parce que je me suis régalée que j'aurais aimé que ce soit plus long.
"Nadjda" est un roman superbe, une aventure épique qui procure de l'émerveillement et de belles émotions.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          367
laulautte
  13 juillet 2017
Nadejda, l'espérance (en russe), celle de trouver en ce nouveau roman de fantasy d'Olivier Boile une merveilleuse découverte. Et c'est à bride abattue que je suis partie en compagnie de deux valeureux bogatyrs que tout oppose et de leurs farouches montures, jusqu'aux confins de l'enfer des steppes de la Rus' de Kiev balayées par le souffle torride du dragon, en passant par les terres arables des Remparts du Serpent érigés pour garder dans la lumière du Christ la Sainte-Russie, en traversant des verstes de forêts et des fleuves peuplés d'êtres mythiques, en quête de Nadejda... Une fabuleuse découverte que Nadejda, roman de fantasy, hors des sentiers battus des terres brumeuses de Grande-Bretagne et des terres glaciales scandinaves, dans la Russie médiévale où « les enchantements du paganisme y prospér[ai]ent comme au temps jadis ».
Nadejda n'est pas qu'espérance, elle est la beauté et le danger qui peut priver de raison même le plus preux des chevaliers. Elle est la mystérieuse épée dérobée d'Ilya de Mourom, vétéran des trente preux, et l'amour perdue du jeune Erouslan, prétendu chevalier. Elle liera le destin de ces deux frères d'armes, héros de la Sainte-Russie en proie en une guerre fratricide.
Olivier Boile s'approprie la fin de règne d'un des plus illustres princes de la dynastie des Riourikides, Vladimir 1er Grand Prince de Kiev, « qui par sa sagesse et sa piété fit entrer la Sainte Russie dans la lumière du Christ », y mêle force récits, inspirés des exploits héroïques des bogatyrs contés dans les bylines, et personnages de la mythologie slave, pour nous livrer un roman de fantasy historique étonnant et enchanteur.
Il ne sait pas seulement jouer avec les mots dans le registre de l'humour, dans lequel il excelle notamment dans Medieval Superheroes, il sait jouer avec les mots pour enchanter et émerveiller. Avec Nadejda, il immerge dans l'univers passionnant et différent (pour ne pas dire novateur, je ne suis pas à même de pouvoir juger, malheureusement) de la « Russie invisible, celle des plantes, des rivières, des petits animaux et des esprits », où « il n'est pas plus stupide de conférer avec les animaux qu'avec les montagnes ou les rivières », qui laisse rêveur. Il envoûte avec une plume fluide, sans lourdeur, sans artifice, avec des changements de points de vue narratifs maîtrisés, mais… Nadejda n'a pas été l'espérance d'un brasier, il m'aura manqué l'étincelle ; celle qui m'aurait fait aimer autant les personnages que la magique Rus' de Kiev. Des personnages pour le moins atypiques qui suscitent l'intérêt et la curiosité mais dont l'attachement éveillé à leur rencontre s'est atténué à regret au fil des pages, mais… Nadedja n'en reste pas moins un récit d'une beauté qui ne peut être oubliée.
Et pour embellir le tout c'est un beau livre-objet, la marque de fabrique des éditions Nestiveqnen. C'est appréciable de tourner des pages de papier de qualité avec une mise en page soignée et travaillée.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          214
jonatjackson
  05 décembre 2017
Tout d'abord, je tenais à remercier Babelio pour m'avoir choisi lors de la dernière opération Masse critique et aux Nesti Veqnen Editions pour la proposition de cette ouvrage. Je remercie également Chrystelle Camus qui dirige la collection Fractales/Fantasy pour son petit mot lors de la remise du livre et à l'auteur pour avoir terminé et publié un récit de bonne qualité.
Je ressors de cette lecture avec un bon sentiment. Il faut féliciter l'auteur pour son travail de recherche historique indispensable pour faire naître un roman de cet acabit. Ayant un nom de famille russe, cette lecture possédait un côté peut-être un peu plus intime et par conséquent, j'attendais le récit au tournant. Je n'étais pas très au fait de l'Histoire de la Russie du Moyen-Âge, ce livre m'a donc offert cette possibilité de mieux connaître et de comprendre la situation de l'époque. le fait que l'histoire s'inscrive dans un style historico-fantasy n'était pas pour me déplaire, au contraire. Féru de littérature Fantasy, j'avais donc des attentes supplémentaires. J'ai vraiment apprécié ce récit, mais je serai plus nuancé que les autres critiques qui furent dithyrambiques. J'espère que mes contrariétés et mes interrogations seront, au même titre que mes points positifs, compréhensibles.
Tout d'abord, il faut féliciter les éditions pour l'objet livre. Il est de bonne facture et l'illustration de la couverture est d'une grande qualité, promesse d'une aventure épique tintée de grisaille et de magie.
L'Histoire dans l'histoire est bien délimitée, se focalisant sur les derniers jours de Vladimir Soleil Clair, Prince de Kiev et premier grand dirigeant slave à avoir adopté la religion catholique (orthodoxe) en Russie. Une époque de héros comme Ilya de Mourom, le Libérateur de Tchernigov. Une période charnière pour l'Histoire de tout un peuple ayant toujours vécu dans les croyances du paganisme et des anciennes divinités. L'on peut ressentir au travers de diverses pages que tous n'ont pas encore vraiment intégrés ce principe de nouvelle religion, basée sur un Dieu d'amour, alors que dans l'aristocratie elle est désormais considérée comme seule vraie croyance. Comme mentionné plus haut, il faut louer le travail de recherche de l'auteur qui a réussi à créer un récit sur fond historique véridique. le fait d'avoir écrit un livre historique et Fantasy dans un contexte différent est également un point fort du livre. Même si on s'emmêle parfois les pinceaux avec les noms des uns et des autres au début, il est appréciable de visiter d'autres contrées trop délaissées par les auteurs francophones et anglo-saxons, alors que les autres rivages qui entourent la vieille Europe fourmillent de millions de récits et de légendes.
Il y a de la fluidité dans ce texte, avec parfois une certaine poésie, permettant ainsi une lecture rapide et agréable. Certains chapitres sont même empreints d'une grande émotion, le côté magie donnant une dimension supérieure lors de la lecture (quand Ilya retrouve son père ou encore le dernier chapitre avec la libération de Nadejda). Les voyages à travers la steppe ou aux confins de la Russie imprégnèrent mon esprit de centaines d'images pour donner vie à cette course que s'impose Ilya pour retrouver Nadejda.
La psychologie, bien collée à celle de l'époque, des personnages, aussi bien secondaires que principaux, était également un point fort. Goriaser fut une belle réussite, tout comme Sviatopolk et ses intrigues (je pense également au chapitre om il est seul dans sa chambre et où la folie le prend, ou son comportement avec sa soeur). Iaroslav et les princesses sont eux aussi à leur manière de belles réussites. Ilya reste cependant au-dessus du lot à mon goût.
La présence de personnages fantastiques comme le géant Sviatogor ou les sympathiques Vadianoï apportent cette part de Fantasy et de magie du monde ancien toujours présent malgré l'arrivée du christianisme. Mais grand consommateur de Fantasy que je suis, j'en aurai voulu encore plus, mais malgré tout, le récit reste principalement historique donc il fallait distiller la Fantasy avec parcimonie.
Des points m'ont cependant dérangé. Je pense notamment à la relation en Ilya de Mourom et Eroulsan fils d'Erouslan. Je n'y ai jamais adhéré. Des informations distribuées à des moments douteux, des prises de conscience alors qu'elles auraient pu être faites bien avant par simple déduction. Je n'ai jamais ressenti Erouslan proche d'Ilya de quelque façon que ce soit. Erouslan et son rôle furent toujours flous. Il servait dans l'armée de Sviatopolk, on ne sait pas s'il est Bogatyr ou non, puis il revient chez son maître qui l'avait emprisonné comme s'il était un étranger voulant se mettre à son service. Certaines de ses actions sont floues également comme avec les servantes dans son lit au réveil. Je ne sais si je n'ai pas adhéré au personnage ou à son utilisation dans le récit.
J'aurai également apprécie de petits chapitres relatant les grandes victoires ou les combats d'Ilya contre les démons ou les tatars. On parle beaucoup de sa renommée mais on ne sait pas comment il l'a obtenue, ni comment il a réussi à rentrer au sein des trente preux.
La grande bataille de fin, même si elle est plutôt bien écrite, est trop courte à mon goût. L'auteur aurait largement pu rendre ça plus épique. C'est comme si l'auteur voulait éviter les scènes de combat, comme un malaise avec l'exercice (c'est l'impression donnée). La fin du chapitre de la bataille était bâclée à mon sens et ne rendait pas hommage au héros de Tchernigov. Une déception renforcée par cette idée que dans les derniers chapitres, beaucoup de personnages ayant contribués à l'ensemble du récit disparaissent purement et simplement. On connaît le sort de certains mais cela est passé comme une anecdote au milieu de la conclusion. C'est frustrant. Il y aurait fallu, à mon sens, un épilogue pour les personnages restants (les princesses, Sviatopolk, Goriaser, Anastase…), ne serais-ce que pour essayer d'effacer cette impression de fin bâclée. La présence Tatar est également bâclée. Une telle culture aurait pu mieux figurer dans le récit et leur nombre (les Tatars comptaient plusieurs dizaines de milliers de combattants une fois les clans réunis) lors du combat final n'est pas mis en avant.
Suite aux remarques faites, je pense que le récit aurait pu bénéficier d'une centaine de pages en plus pour étoffer le très bon travail déjà présent.
En résumé, une ballade épique à dos de cheval en quête de Nadejda avec des héros d'un autre temps, dans des contrées peu connues et le tout teinté de magie et d'intrigues politiques. La recette a de quoi plaire aux amateurs d'Histoire et de Fantasy Heroic. Même si j'ai émis certaines réserves et doutes sur des moments bien particuliers, je recommande ce livre pour les mordus d'aventures en quête d'autres horizons hors des sentiers battus. Je lirai volontiers d'autres ouvrages de l'auteur à l'avenir.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          105
martinouche
  13 décembre 2017
Olivier Boile nous propose avec Nadejda un roman de fantasy russe basé sur des faits historiques et des contes et légendes russes (bylines).
L'action se déroule en 1015 dans la Rus' de Kiev, ancien état médiéval slave oriental. C'est la plus ancienne entité politique de la Russie, de l'Ukraine et de la Biélorussie.
Au XIème siècle c'est alors l'état d'Europe le plus étendu de la mer Noire à la Mer Baltique, dirigé par Vladimir le Grand, dit Soleil Clair, de la dynastie des Riourikides.
Celui-ci a placé ses fils, (Iaroslav, Boris, Gleb), à la tête des principales villes du pays : Novgorod, Rostov, Mourom. Sous son règne s'opère la conversion au christianisme, inspiré des traditions byzantines. La foi traditionnelle des habitants était basée sur le culte des divinités.
Cette fantasy nous retrace les pérégrinations d'Ilya de Mourom, un bogatyr (preux chevalier), qui, après avoir passé trois ans en prison, veut retrouver son épée « Nadejda ». Accompagné d'Erouslan, autre chevalier avec lequel il a échangé un pacte de fraternité, ils parcourent la Rus' jusqu'aux steppes du Sud chez les Tatars, pour la retrouver. L'épée va passer de mains en mains. Pendant cette épopée, nous assistons à la mort de Vladimir, aux assassinats de Boris et Gleb, à la convoitise du trône par Sviatopolk (autre fils présumé) qui s'alliera avec les Tatars du Sud pour entrer en guerre contre Iaroslav le Sage (futur successeur au trône).
Tous les personnages et les éléments légendaires et surnaturels sont issus de textes historiques ou de poèmes épiques médiévaux.
Cet ouvrage m'a permis de comprendre le passé et le présent de l'Europe de l'Est, l'évolution du territoire russe à travers les siècles, et de suivre les héros mythiques de la Russie ancienne.
La liste des personnages qui figure au début de l'ouvrage facilite heureusement la compréhension du déroulement de cette fresque. Même si elle est d'un abord difficile, cette fantasy pourra captiver des lecteurs adolescents.

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
laulauttelaulautte   29 juin 2017
« Le Cavalier de la Nuit va bientôt passer, déclara Ilya. Si tu ne l’as jamais vu, ouvre l’œil. Ici, ses frères et lui ne craignent pas de se montrer.
- Le Cavalier de la Nuit ? fit Erouslan, moqueur. Tu divagues, vieil homme ! Ce n’est qu’un conte pour enfants !
- Tu as tort. Penses-tu que le grand Khors irait se coucher si le Cavalier de la Nuit ne lui en intimait l’ordre ? Se lèverait-il chaque matin si le Cavalier de l’Aube n’arpentait les routes sur son destrier blanc, suivi de son frère le Cavalier du Jour sur son destrier rouge, en vue de le forcer à se réveiller ? »
Le jeune bogatyr en resta coi. Même s’il avait souvent vu des choses inhabituelles ne rentrant pas dans le cadre des miracles chrétiens, il avait du mal à croire aux récits empreints de surnaturel colportés par certains vieillards. Il avait du mal à croire de manière générale. Né à une période charnière entre paganisme et christianisme, il ne trouvait sa place ni dans l’un ni dans l’autre modèle. Selon lui, on pouvait être un bon serviteur de son pays sans croire en un dieu crucifié et ressuscité pour sauver l’humanité, ou en un cavalier apportant la nuit sur son destrier noir. Que la Russie prie devant une statue de Péroun ou une icône de la Mère du Christ, il l’aimait dans tous les cas. Et il ne cesserait de l’aimer, même s’il apparaissait que ses entrailles abritaient des géants de pierre…
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
laulauttelaulautte   12 juillet 2017
« Tout bien considéré, poursuivit le forgeron de Karatcharovo, mon métier est proche de celui des sorcières et des magiciens. Nous manipulons les éléments naturels pour créer, inventer, transformer la matière. Nous avons le pouvoir d’animer ce qui était sans vie, d’instiller le mal dans ce qui était bon et le bien dans ce qui était mauvais. Comme les sorcières et les magiciens, on nous révère quand le besoin se fait sentir et on nous redoute le reste du temps… A croire que lorsqu’un homme tombe au champ d’honneur, la faute en revient à celui qui a forgé la lame fatale et non à celui qui l’a tirée du fourreau ».
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
laulauttelaulautte   07 juillet 2017
- Tu l'avoues toi-même, petite sœur, tu ne connais rien à la politique. Autrement tu saurais qu'un souverain se doit de faire crever d'impatience toute personne désirant le rencontrer. Ne pas être disponible donne de l'importance, tout en répartissant clairement les rôles : d'un côté ceux qui sollicitent, de l'autre ceux qui sont sollicités. J'ai choisi mon camp le jour où j'ai revêtu le pourpre.
Commenter  J’apprécie          100
AlfaricAlfaric   24 août 2017
C’était pourtant le cycle naturel, qu’il le veuille ou non : les héros apparaissaient, surgis de nulle part, acquéraient une certaine renommée, se croyaient immortels puis finissaient par s’évaporer dans les limbes de l’histoire. Rares étaient ceux qui marquaient leur époque.
Commenter  J’apprécie          130
AlfaricAlfaric   07 septembre 2017
Savez-vous lire, messeigneurs ? les interrogea le prince. Notre opinion est que tout Russe devrait connaître l'alphabet, car aucun grand peuple, aucune grande nation, ne s'épanouit dans l'ignorance.
Commenter  J’apprécie          171
autres livres classés : russieVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Oyez le parler médiéval !

Un destrier...

une catapulte
un cheval de bataille
un étendard

10 questions
560 lecteurs ont répondu
Thèmes : moyen-âge , vocabulaire , littérature , culture générale , challenge , définitions , histoireCréer un quiz sur ce livre