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ISBN : 2290144266
Éditeur : J'ai Lu (04/04/2018)

Note moyenne : 4.26/5 (sur 43 notes)
Résumé :
La Cinquième Saison jette les derniers vestiges de la civilisation dans une froide nuit sans fin. Essun – jadis Damaya, puis Syénite, mais qui n’est plus aujourd’hui que vengeance – a trouvé un abri, mais pas sa fille. Son chemin croise à nouveau celui d’Albâtre, le destructeur du monde revenu d’entre les morts, porteur d’une demande qu’elle seule peut satisfaire et dont il ne peut résulter que le chaos... Pendant ce temps, le pouvoir de Nassun, sa fille, ne cesse d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
Apophis
  02 avril 2018
Presque aussi bon que La cinquième saison
Lu en VO en raison du prix très élevé de la version électronique française (87 % de la version physique, à comparer avec les 45-50 % pratiqués par Bragelonne et l'Atalante).
La porte de cristal est le second tome de la trilogie Les livres de la Terre fracturée, après La cinquième saison. Comme son prédécesseur, il a obtenu le prix Hugo, et deux consécutifs pour un même auteur, deux années successives et pour les bouquins d'un même cycle, ça n'arrive tout de même pas tous les quatre matins. Et quand on sait que le tome 3 est également nominé cette année… Même si ce deuxième opus, donc, a été couronné à l'égal du premier, on peut tout de même légitimement se demander s'il est du même niveau de qualité (le tome intermédiaire d'une trilogie étant rarement à la hauteur des deux autres). La réponse est, de mon point de vue, oui, ce qui est d'autant plus remarquable que cette fois, l'auteure ne bénéficie pas de l'effet de surprise, puisque nous connaissons déjà l'univers, qui, à mon sens, constituait un des points forts (mais pas le seul et peut-être pas le principal) de la cinquième saison.
Attention : si vous n'avez pas encore lu le tome 1, il est possible que ce qui suit contienne des spoilers sur l'intrigue de ce dernier.
Situation, structure, personnages
Nous allons, cette fois encore, suivre trois personnages, deux de façon majoritaire, et le troisième essentiellement par les yeux d'un des deux premiers. le point de vue minoritaire est celui du Gardien Schaffa, qui, suite aux événements du tome 1, n'est plus tout à fait le même, et les deux majeurs sont ceux d'Essun, d'une part, et de sa fille Nassun, d'autre part.
Alors qu'une cinquième saison vient de se déclencher (suite aux actions de vous-savez-qui), et que, d'après Essun, elle durera dix-mille ans, notre héroïne s'installe à Castrima, la comm souterraine abritée dans une géode géante dont les systèmes de ventilation, d'éclairage ou de plomberie sont alimentés par l'orogénie, et dont la simple survie dépend d'une zone de calme sismique impulsée par les orogènes. Dans une civilisation où ces derniers sont tués dès que leur nature est découverte par les Fixes, Castrima fait donc figure d'exception, d'utopie, dont on verra qu'elle se révélera plus théorique ou metastable que réelle et pérenne. C'est une inversion des archétypes installés dans le tome 1 : ici, les Orogènes ne veulent pas quitter les Fixes, fuir ailleurs à la première occasion. Et plus on va avancer dans le roman, et plus Essun va assumer un rôle de leader, des orogènes d'abord, mais pas que.
Pendant les trois premiers quarts, en gros, Essun va cependant se faire en partie voler la vedette par sa fille, Nassun, dont on découvre l'odyssée aux côtés de son père, après qu'il ait massacré son petit frère en découvrant que c'était un Orogène. Il va ensuite la conduire dans une lointaine comm antarctique, où se trouveraient des gens capables de supprimer l'orogénie. La jeune fille (nous la suivons de 9 à 11 ans) se révèle très intéressante, notamment dans la façon dont elle est tiraillée entre ses sentiments pour ses parents et les nécessités de la survie en tant qu'Orogène en pleine Saison, et aux mains de quelqu'un (son propre père) prompt à tuer les personnes dans son genre.
L'évolution d'Essun est, dans un genre différent, également très intéressante : n'étant plus focalisée sur la traque de sa fille, dont elle a perdu la trace, elle s'implique dans la vie politique de sa comm d'adoption, devenant la figure de proue des orogènes. A cette occasion, pour défendre son « peuple », elle montrera un côté encore plus déterminé et impitoyable que celui qu'on lui connaissait déjà, se transformant en quasi-dictateur à deux doigts de régner par la terreur et le meurtre, un peu dans une perspective mais vous allez finir par vous aimer les uns les autres, bordel de merde… 😀
Signalons que les flashbacks sont minoritaires (un chapitre pour Schaffa, un ou deux pour Nassun, de mémoire, dont un qui nous explique pourquoi Jija a tué son fils mais épargné sa fille), et que l'intrigue s'étend sur quelque chose comme deux ans. Et bien sûr, qui dit moins d'aller-retours entre points de vue et temporalités dit roman plus simple et fluide à lire.
On retrouve aussi d'autres personnages issus du tome précédent (Tonkee, Hoa, Antimoine, Albâtre, Schaffa, etc), ainsi que de nouveaux qui font leur apparition dans celui-ci.
Genre et world- / magic-building
Malgré le fait que N.K. Jemisin présentait le tome 1 comme une oeuvre de Fantasy, à la lecture, on avait plus l'impression d'être au minimum dans de la science-fantasy, et peut-être même de la SF post-apocalyptique déguisée. de plus, les facultés des orogènes semblaient relever au moins autant d'un pouvoir type super-héroïque que de sorcellerie classique, ce qui fait qu'il était difficile de se faire une idée.
Ce tome 2 apporte plus de réponses, parle explicitement de magie en parallèle de l'Orogénie, clarifie la nature des Obélisques, celle des Gardiens (qui sont au centre de l'intrigue, et c'est tout ce que je dirais à ce sujet), des Mangeurs de pierre, explique l'absence de Lune dans le ciel, les causes des saisons, nous montre un faible aperçu de civilisations très anciennes, bref répond à pas mal de questions. Sauf que… d'une part les réponses apportées entraînent bien plus de nouvelles interrogations que celles qu'elles résolvent, et que je me demande dans quelle mesure certaines révélations ou explications sont fiables, et dans quelle mesure l'auteure ne cherche pas à nous mener en bateau pour mieux nous surprendre dans le tome 3.
Intrigue, thématiques
Les deux points de vue principaux sont assez opposés : alors qu'Essun est statique (elle ne bouge pas de Castrima de tout le bouquin), Nassun va parcourir tout le chemin de Tirimo, sa comm natale, jusqu'à une comm antarctique. Les deux vont cependant devoir faire face au racisme anti-orogènes, développer de nouveaux et spectaculaires pouvoirs et, à la fin, faire preuve d'une résolution sans faille, sanglante et impitoyable dans le but d'atteindre leurs objectifs.
Si le racisme reste au centre des thématiques, il est aussi rejoint par le coming-out et la façon de coexister avec des gens qui méprisent tout ce que vous êtes : Jija considère que l'Orogénie de sa fille est une maladie, dont il recherche le traitement sur la moitié d'un super-continent de la taille de la Pangée. Dans un miroir du coming-out d'un homosexuel ou d'une personne atteinte du SIDA, il n'accepte pas sa nature ou son état, allant même jusqu'à recourir à la violence contre la chair de sa chair. Une phrase est très significative : il déclare « je veux retrouver ma petite fille », ce à quoi, craignant les coups, voire la mort, Nassun se garde bien de répondre à haute voix, mais pense pourtant « je ne suis allée nulle part ». Traduction : l'orogénie fait partie de moi, que tu le veuilles ou non, et le fait que tu la conçoives comme une abomination n'enlève rien au fait que je suis ta fille et toujours la même personne que tu as autrefois aimée. Mais le dégoût n'est pas le seul facteur qui entre en compte : j'avais déjà relevé des convergences avec le traitement des Mutants chez Marvel, mais là aussi, c'est la peur du père des pouvoirs de son enfant qui l'empêche de l'aimer.
La dynamique de la façon dont Nassun considère ses parents est d'ailleurs fascinante : elle déteste, au début, sa mère pour sa dureté, voire ce qu'elle perçoit comme de la cruauté, mais idolâtre son père, malgré les regards ou actes meurtriers qu'il est susceptible de lui jeter à la figure du simple fait de sa nature d'orogène, bref quelque chose qu'elle n'a pas choisi et qui n'est pas sous son contrôle. Et plus le livre avance, plus elle est conduite à reconsidérer ces paradigmes, notamment lorsqu'elle considère son mentor dans la comm antarctique comme un père de substitution l'aimant bien plus sincèrement, pour ce qu'elle est et pas ce qu'il voudrait qu'elle soit (ou pas), tout ce qu'elle est, que son véritable géniteur. Un Jija qui, d'ailleurs, présente lui aussi une évolution psychologique, schizophrénique, même, fascinante.
Si le survivalisme était déjà bien présent dans La cinquième saison, il passe ici une vitesse de plus : la saison est bel et bien là, et la Loi saisonnière est appliquée sans états d'âme. Celui qui ne veut pas participer aux travaux nécessaires à la vie de la communauté, ou qui sabote les installations vitales de celle-ci, est puni sans pitié. On ne peut pas, de plus, être enceinte sans permission, car un bébé met des années à être d'une quelconque utilité à la communauté, un temps pendant lequel il consomme, au contraire, des ressources vitales pour des éléments productifs. Si la viande vient à manquer, le cannibalisme sera pratiqué parce que c'est nécessaire. Il est vraiment fascinant de voir à quelles extrémités ces comms sont prêtes à aller pour assurer la survie d'un fragment de race humaine alors que les pluies acides tombent, que le ciel est d'un gris incessant torpillant la photosynthèse, alors que les changements climatiques et géophysiques catalysent des transformations meurtrières chez certains animaux, alors qu'un nouvel empire Sanze pille les ressources de toutes les comms trop faibles pour résister à des armées fortes de centaines de soldats qui, de plus, pratiquent un impitoyable eugénisme. Un comportement qui se conjugue donc à l'impérialisme d'une cité mineure soudain propulsée sur le devant de la scène historique par les actions du responsable de la saison en cours.
Et c'est d'ailleurs là un des autres thèmes majeurs du livre : l'eugénisme est présent à de multiples niveaux, qu'il s'agisse de celui pratiqué par les Gardiens, par les Fixes contre les Orogènes, par les Sanze contre ceux qui n'ont pas leur phénotype, par certains Mangeurs de pierre contre les humains.
Via l'entraînement qu'Albâtre fait subir à Essun, on aborde aussi la thématique de l'endoctrinement (du Fulcrum, ici), du formatage de la vision du monde conforme à une doctrine mais qui, du coup, prive une personne de tout un pan d'une réalité bien plus riche, complexe.
Bref, nous avons là encore affaire à un roman qui est non seulement riche, mais qui, plus encore, est subtil dans sa façon de traiter les nombreuses et profondes questions de société abordées.
Globalement, je l'ai trouvé un tout petit peu moins prenant que son prédécesseur, dont la construction narrative très habile participait à l'intérêt. sans compter celui de la découverte d'un monde à la fois assez original et très minutieusement et astucieusement construit. Je dirais aussi que l'empathie est, à partir d'un certain point, moins forte pour Nassun, voire Essun, qu'elle ne l'était pour le trio de protagonistes dans le roman précédent. Toutefois, globalement, ce tome 2 est aussi intéressant, que ce soit sur le plan des réponses apportées sur le world-/magic-building, sur l'exploitation des thématiques ou même sur le plan de l'action et de la pyrotechnie. S'il n'y a pas à proprement parler de cliffhanger, certaines révélations nous font entrevoir un tome 3 passionnant, où la mère et la fille vont se retrouver alors qu'une grande absente va faire son spectaculaire retour.
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Lutin82
  19 octobre 2018
La Porte de Cristal poursuit la trame du tome précédent. Je vais éviter de vous donner les éléments clés du roman précédent (et évidemment de celui-ci). Essun est à la recherche de sa fille, enlevée par son meurtrier de père qui, sous le coup de la surprise, tua leur fils en découvrant sa nature d'orogéne.
Les orogénes sont les sorciers du Fixe, ils ressentent secousses, mouvements de terrain et points chauds. Non seulement ils y sont sensibles mais ils possèdent la capacité de puiser cette énergie pour la transformer : atténuer, voire gommer, des secousses, ou geler le carreau d'une arbalète mais aussi transférer au sol leurs humeurs les plus sombres et les plus colériques, transformant leur don en calamité – ou les personnes proches en glaçon authentique – ou en diamant brut.
Après tout, ce n'est qu'une transformation de l'énergie par la voie calorique et la pression…
Or, les orogénes sont des êtres qui attire au mieux l'indifférence, au pire, un haine débordante. AInsi quand le paternel s'est aperç que son rejeton faisait partie de cette catégorie honnie, il l'occit en deux coups de poings, puis réalisant que sa compagne en était certainement, il prit la poudre d'escampette… avant d'avoir la confirmation que leur fille était touchée par la même tare.
Essun s'est donc lancée à leur poursuite, avec le double but de protéger sa fille et de punir le père.
Chemin faisant, La 5° Saison étend son empreinte, flétrissant la flore, étouffant le faune. Notre mère déterminée s'associent au garçonnet Hoa et à Tonkee qu'elle rencontre sur le bord de la route. C'est grâce au « jeune mangeur » de pierre (Hoa) qu'elle parvient à suivre la trace de sa fille, jusqu'à la comm de Castrima où la piste s'interrompt.
Cette comm est particulière; alors que les orogénes sont persona non gratta ailleurs lors des Saisons, cette communauté les accueille. Il faut préciser que leur chef, est une orogéne acceptée dans la région. Ce rassemblement est un impératif pour survivre lors de ces hivers apocalyptiques. Toutefois, l'exercice exige expertise et doigté, car il faut parvenir à une gestion optimale des ressources et concilier les égos. Et l'arrivée d'Essun va perturber le fragile équilibre.
Et, périodes délicates obligent, la barbarie refait surface (si nous croyons qu'elle est éliminée de nos jours…), les comm doivent se protéger des pillages ou des attaques de seigneurs de guerre prompt à ravie des esclaves et des ressources. Ainsi, Castrima se retrouvera-t-elle dans une situation très périlleuse, corsant la tension existante, et renforçant le suspens. L'ambiance a quelque chose de Mad Max ou du Facteur de David Brin dans ces affrontements meurtriers et ces attitudes dénuées de la moindre compassion. Les amateurs de dystopie, de mondes post-apocalyptiques vont se régaler car NK Jemisin dresse un tableau tout en cohérence et vraisemblance, avec une impression de danger et d'équilibre précaire de tous les instants.
Les effets du séisme gigantesque et du volcanisme qui s'ensuit sont dépeints avec une justesse scientifique. Ce n'est pas TOUT le Fixe qui est brutalement touché de manière uniforme. Les conséquences s'étendent de jour en jour, alors que la destruction totale se concentre bien que sur Lumen. le séisme a certes détruit toute une zone, mais les dégâts s'amenuise plus Essun s'écartant de l'épicentre. A l'extrémité du continent, le climat n'est initialement pas modifié, ce n'est que peu à peu que la cendre vient se déposer, emportée par le vent.
Les plantes meurent, les animaux également, mais d'autres espèces opportunes font leur apparition, et je peux vous dire que cela glace le sang bouillir d'impatience…
J'ai beaucoup apprécié cette lecture, haletante, addictive. le tome introductif m'avait franchement séduite avec cette science-fantasy qui proposait enfin autre chose dans le domaine de la dystopie et de l'apocalyptique. La Porte de Cristal me frappe sans doute moins, la découverte première passée, mais offre un excellent moment dans le Fixe, notamment avec ce jeu double, les effleurements entre mère et fille.
Les thématiques exposées sont chères à l'auteur : secte/dogme, discrimination, intolérance, génocide, l'utilisation d'enfant dans la guerre.
Critique bien plus complète sur mon blog
Lien : https://albdoblog.com/2018/1..
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Le_chien_critique
  27 septembre 2018
Seule bonne nouvelle avec ce tome 2, pas besoin de dépenser mon argent pour le tome 3 !
Alors si vous voulez tout de même découvrir les aventures de maman chez les troglodytes et de sa fille Nassun chez le psy :
Nous avions quitté nos protagonistes devant LA révélation, la Cinquième Saison pointe dès lors le bout de son nuage de poussières toxiques. Alors qu'Essun remuait ciel et terre dans le tome 1 pour retrouver sa fille enlevée par son mari meurtrier de leur fils (oui, ça parait compliqué mais ça ne l'est pas : papa tue son fils et se barre avec sa fille. Maman veut retrouver sa fille, et par la même son mari pour avoir avec ce dernier une petite discussion que l'on se doute être assez virulente, voir violente). Donc Essun, après des milliers de kilomètres parcourus la rage au ventre, décide de se reposer dans une petite communauté troglodyte. (Qui pourrait lui en vouloir en cette période sombre, à part sa fille ?) Ici, elle et son espèce, les orogènes, sont bien vus et accueillis les bras ouverts, alors pourquoi allez tenter le diable en affrontant une saison pour retrouver son meurtrier de mari alors qu'il est peut être clamsé depuis des mois et sa fille avec lui. Un peu de repos ne peut pas faire de mal, surtout en compagnie de son vieil ami et amant Albatre. Essun se sédentarise, une conversation amicale au coin du feu avec un mangeur de pierre à ses pieds, c'est tout de même la belle vie.
Ce qu'elle ne sait pas, c'est que son mari et sa fille ne sont pas morts ! Papa ayant une vision assez restrictive de ce que doit être et faire un enfant (il ne faut pas transformer en glaçon ses camarades, il ne faut pas transformer en glaçon ses camarades,...), il décide d'envoyer sa fille dans un centre de réadaptation. Les orogènes, c'est comme les homosexuels (dixit notre gentil et humaniste pape), un bon psychiatre et ça repart ! Mais existe t-il seulement un bon psy ? Ne sont-ils pas tous des pervers cachés comme les religieux ? (mais je m'égare...)
Nous allons donc suivre les aventures de maman chez les troglodytes et de Nassun chez le psy. Présenté comme cela, ce n'est pas très vendeur, donc Jemisin va vous parler un peu plus des Gardiens, des Mangeurs de pierre et des Obélisques. de cette manière, l'aventure n'avance pas, et le lecteur s'impatiente fortement, mais cela permet de faire une trilogie.
L'histoire de Maman chez les troglodytes est tout ce qui est de plus connu des amateurs de post apo : une communauté fermée qui va s'entredéchirer. Et comme seul envie de continuer, pourquoi Albâtre a fait ce qu'il a fait. Bref, c'est assez mince et long pour avoir l'info.
L'histoire de Nassun chez le psy est aussi convenue : papa ne m'aime pas, maman ne m'aime pas, personne ne m'aime : VENGEANCE. Et l'étrange impression que tout cela finira par un tome 3 en forme de : "Essun, je suis ta fille". (à lire avec la voix de Dark Vador en tête)
Bref, ce fût long, très long. La seule qualité que j'y ai vu est sur le style : j'avais trouvé cela assez pompeux sur le tome 1, cela est mieux passé sur le tome 2, soit car je l'ai lu à la suite de l'autre et je commençais péniblement à m'y faire, soit car je me désintéressais de plus en plus de cette histoire. Et la question primordiale qui demeure lorsque le mot Fin apparait : comment ai-je pu lire ce roman jusqu'au bout ? Soit je suis un peu pervers (mais je ne suis ni psy, ni prêtre !), soit Jemisin sait, un peu, légèrement, tenir une intrigue !
Inutile de vous dire que je me suis ennuyé ferme et que je me contrefous de la suite des aventures de nos protagonistes, les cieux se transformeront en pierre sans moi, pas l'envie d'être pétrifié par cette longue et ennuyeuse histoire.
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Tachan
  13 mai 2019
Je ne vais pas vous mentir, lire le tome 2 environ un an et demi après le premier ne fut pas une chose aisée. Dans les premiers temps de ma lecture, j'ai eu du mal à re-rentrer dans l'histoire et à trouver le bon rythme, mais une fois que j'ai pu me poser pour me replonger pleinement dedans sans distraction, ce fut impossible de le lâcher avant de l'avoir terminé. 
J'ai beaucoup aimé retrouver les personnages clés du premier tome ici, que ce soit Essun et Albâtre, sa fille Nassun ou le gardien Schaffa. La narration est simplifiée dans cette suite, car une fois passée la surprise préparée dans le premier opus, il ne servait à rien de compliquer celle-ci, l'histoire l'est suffisamment. Je m'y suis donc retrouvée bien plus facilement, même si le jeu de la première fois m'a un peu manqué. Il reste que c'est perturbant de lire les chapitres d'Essun, où on parle d'elle à la deuxième personne du pluriel, mais l'explication va venir au fil du temps et elle tombe sous le sens une fois qu'on a compris.
Maintenant, pour en revenir à l'histoire, celle-ci continue à se dérouler dans ce drôle d'univers à mi-chemin entre la Fantasy et la SF, qui pourrait être le devenir de notre monde. On retrouve notre héroïne, qui vit dans une communauté où les orogènes cohabitent avec les fixes, mais Essun a du mal à y trouver sa place et à tirer une croix sur le passé, encore plus quand elle retrouve son cher Albâtre. Elle pense toujours à sa fille, qui sera l'autre voix que nous allons suivre ici. Celle-ci est partie sur les routes avec son père, qui cherche un remède (=une communauté) pour la guérir de son orogénie. J'ai beaucoup aimé les chapitres concernant Nassum que j'ai trouvé bien plus entraînant que ceux de sa mère. On y fait de nouvelles rencontres, on y redécouvre certains personnages et on en apprend plus sur l'univers dans lequel ils vivent. C'est un élément qu'on retrouve aussi d'ailleurs chez Essun et qui m'a beaucoup plu, parce qu'il faut dire que c'est quand même un monde assez difficile à appréhender que nous a construit N.K. Jemisin, et c'est agréable de le voir être un peu expliqué à nos yeux.
D'ailleurs, il n'y a pas que l'univers qu'il explicite dans ce tome. L'écrivaine développe aussi ses personnages ici. Elle apporte tout plein de nuances aux hommes et femmes croisés précédemment. Il y a tout d'abord Essun qui s'adoucit et révèle peu à peu toute sa fragilité et sa complexité. Il y a aussi Albâtre dont le destin m'a particulièrement ému (et j'espère avoir bien saisi ce que je crois sur lui à la fin ^^). Nassum est aussi une belle révélation, c'est une jeune bien plus forte que je le croyais et qui sera essentielle. J'ai trouvé sa relation avec Schaffa superbe. Celui-ci est ma révélation du tome ! Enfin, il y a le mystérieux Hoa que j'ai été ravie de retrouver et dont j'ai aimé le rôle auprès d'Essun. Je regrette juste que les autres personnages qu'on croise près d'eux fassent plus décor qu'autre chose...
Après ce deuxième tome souffre malheureusement du syndrome inhérent à sa place dans la trilogie. Il passe après la surprise du premier et avant le final, probablement tonitruant du dernier. Il développe l'univers et pour cela, l'autrice calme son rythme et pose un temps son histoire. On a donc de longs moments d'explications, plus ou moins complexe à imaginer. Ce n'est pas désagréable, j'ai aimé, mais ça m'a aussi freinée dans ma lecture. Comme souvent, l'accélération survient dans les 100 dernières pages où tout se bouscule, où on tremble à chaque page et où on frétille d'impatience.
Il faut dire que l'univers qu'on voit se développer sous nos yeux, mélange de science et de magie a de quoi intriguer et ça marche très bien avec moi. C'était déjà passionnant ce traitement de l'orogénie dans le premier tome, ici cela devient de plus en plus visuel d'abord (un peu à la façon de Sanderson dans Fils-des-Brumes), puis complexe avec l'introduction de la magie dedans, et enfin vaste avec ce lien avec le coeur de la Terre et les différentes puissances. J'aime cette mythologie très originale qu'a su créer N.K. Jemisin.
Enfin, j'ai trouvé intéressant de voir l'autrice développer en parallèle deux conceptions de son univers avec les visions différentes de la mère et de la fille qui sont complètement les résultantes de leur éducation et de leur expérience de la vie. N.K. Jemisin continue à être en cela une autrice que j'adore suivre. Elle parle de maltraitance, de lavage de cerveau comme dans les sectes, mais aussi de féminisme, de rédemption et surtout de courage et de force. C'est vraiment un titre multi-facette dont je sens bien que j'ai du mal à vous parler sans trop vous spoiler.
J'ai passé un très bon moment avec ce deuxième tome de la Terre fracturée. J'ai aimé l'enrichissement de l'univers, le développement des personnages, les émotions que j'ai ressenties et les thèmes qui y sont encore une fois développés. Je suis très impatiente de voir ce que l'écrivaine nous réserve pour la fin. Va-t-elle se montrer impitoyable ou va-t-elle adoucir son final et lui apporter une pointe d'espoir ? Rendez-vous le mois prochain pour savoir.
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LeCombatOculaire
  22 juillet 2019
L'histoire reprend là où nous étions resté•e•s, c'est-à-dire avec Nassun sur la route avec son père, Essun dans la cité-géode de Castrima, peu après son arrivée et Albâtre, dont on vient d'apprendre qu'il se trouve à Castrima, quoique dans un état critique après son violent coup d'éclat. Nous allons également retrouver Schaffa assez rapidement. Mais avant de parler des personnages, parlons des lieux, plantons le décor. Castrima - communauté hors du commun - fonctionne grâce aux orogènes (c'est la première cité où leur utilité ne leur cause pas de tort, bien au contraire) ; il y a donc une union tacite entre fixes et orogènes, qui donne d'abord à douter mais qui amène une situation vraiment soudée, finalement, lorsque l'adversité bat son plein, et la cheffe Ykka se montre très à la hauteur. le Fulcrum quant à lui n'existe plus dans la cité mère de Lumen, détruite entièrement, mais des satellites du Fulcrum résistent encore, notamment en Antarctique, où l'on apprend que Schaffa a fondé une école nommée Nouvelle Lune. Il prétend aux fixes qui habitent ou passent dans les environs qu'il peut guérir les orogènes (c'est-à-dire: leur supprimer l'orogénie), afin que les « poussières » y soient amenées par les parents soulagés ; on apprend assez vite qu'il les entraîne en vérité. Cependant, il y a une déconstruction de plus en plus forte de ce qui a été imposé au Fulcrum, que ce soit par le biais d'Albâtre, d'Essun ou de Schaffa et Nassun. Cette nouvelle saison est celle qui renouvelle les orogènes, mais aussi les Gardien•ne•s.

Il y a beaucoup d'affrontements dans ce livre, en passant par des confrontations mineures à des conquêtes armées, et le livre termine d'ailleurs dans une grande apothéose. Il y a quelque chose de très politique, d'utopique et de militaire, une organisation qui se crée avec cette communauté. On commence déjà à comprendre la difficulté de survivre en saison, bien que la cité-géode soit bien protégée et que Nassun en soit relativement encore épargnée puisqu'éloignée. le thème de la pierre est de plus en plus présent, non seulement avec les mangeurs•euses de pierre, mais aussi avec ce que découvre Essun en revoyant Albâtre : qu'un alignement trop puissant aux obélisques risque de transformer l'orogène en pierre et lui interdire d'utiliser ses pouvoirs sous peine de se transmuter complètement. On passe aussi énormément de temps dans Castrima, la cité dans la géode, pour en comprendre mieux le fonctionnement, et, bien sûr, avec les obélisques. Au pouvoir (encore mystérieux) des orogènes, s'ajoute un nouveau principe énergétique : celui de la magie, aussi représentée sous la forme de filaments d'argent - pas du tout évoqués dans le premier tome.

Encore une fois, bien que les personnages féminins se taillent la meilleure part du récit, il faut noter la présence de figures masculines, autoritaires, terrifiantes, toujours sur le fil du rasoir : Jija, le père de Nassun, Schaffa le Gardin, mais aussi Mr. Gris, le mangeur de pierre - Hoa et Lerna faisant l'exception. Albâtre reste toujours entre deux : bénéfique pour Essun car il lui apprend beaucoup malgré sa parcimonie apparente, mais aussi impétueux et dangereux pour le monde entier dans sa rage de se venger du sort réservé aux orogènes. Nassun et Essun gagnent en dureté, et deviennent de réels rocs, inébranlables : obstinées, presque même destinées à changer le monde, pour les orogènes, mais aussi pour les autres, les fixes, les gardien•ne•s, les mangeurs•euses de pierre… le plus gros revirement reste celui de Schaffa, qui passe du Gardien de la mère au Gardien de la fille, et si le premier tome nous avait appris à le détester, le second nous fait voir une version plus torturée, plus nuancée, voire, réellement plus aimante. J'aurais été très dubitative du traitement de certains personnages si N. K. Jemisin n'utilisait pas tous ces rôles, féminins et masculins, d'une façon très intelligente, extrêmement nuancée, forte et servant un but.

Au niveau de l'écriture, la temporalité est quasi-linéaire cette fois : on passe d'Essun à Nassun assez régulièrement, ce qui laisse à penser que leur histoire s'aligne, bien qu'elles soient en réalité très éloignées. C'est moins déroutant que dans le premier tome, tant au niveau de la chronologie que parce qu'il n'y a plus vraiment de grands mystères quant à l'identité et l'histoire des personnages, bien qu'on ait encore beaucoup à apprendre de leur passé en tant que civilisation. Néanmoins, il reste beaucoup de questions en suspens et d'autres mystères de nouveau soulevés, et il faudra attendre le dernier tome pour réellement comprendre les enjeux, les civilisations, les saisons... J'ai englouti ce livre en moins de temps qu'il n'en faut pour dire obélisque, réellement happée par l'apparition et l'évolution de Nassun, tremblant pour la cité de cristal. Je suis tombée amoureuse de cet univers, j'ai énormément d'attachement pour ces personnages, de curiosité pour leur histoire, pour le destin de la Terre. Restez proche, le troisième tome arrive très vite !
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critiques presse (1)
Elbakin.net   12 avril 2018
Un roman tout à fait “lisible”, mais bien tiède. C’est d’autant plus dommage que le roman en tant que tel paraît mieux structuré, avec une narration moins éclatée, tout en nous apportant enfin quelques réponses bienvenues.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
SagnesSySagnesSy   03 avril 2018
Vous secouez la tête. « Arrête, Albâtre. A t’entendre, on dirait que la planète est réelle. Vivante. Consciente. Mais les histoires du Père Terre n’existent que pour expliquer ce qui ne va pas dans le monde. Comme les sectes bizarres dont on entend parler de temps en temps. Il y en a une dont les membres demandent tous les soirs à un vieillard dans le ciel de veiller sur eux, quand ils vont se coucher. Les gens ont besoin de croire que l’univers ne se limite pas à ce qu’il est. »
C’est-à-dire de la merde. Vous le savez maintenant, après la mort de deux de vos enfants et la destruction répétée de votre existence. Pourquoi s’imaginer la planète telle une force mauvaise, en quête de vengeance ? C’est juste un caillou. C’est juste la vie : horrible, brève, menant au néant – avec de la chance.
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Le_chien_critiqueLe_chien_critique   27 septembre 2018
Nassun se montre toujours très polie avec Nida et Umber. Ce n’est pas parce qu’ils ont envie de la tuer qu’elle doit oublier les bonnes manières.
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LeCombatOculaireLeCombatOculaire   22 juillet 2019
À vrai dire, les mnésistes font partie de la vie du Fixe depuis plus longtemps encore. Simplement, il y a vingt-cinq milliers d'années, leur rôle a évolué au point de les rendre quasi inutiles. Ils sont toujours là, certes, mais ils ont oublié qu'ils ont beaucoup oublié. Leur ordre - si l'on peut parler d'ordre - survit malgré les Universités successives (qui l'ont désavoué de la Première à la Septième, en qualifiant son travail d'apocryphe et de probablement inexact) et les gouvernements successifs (qui ont miné son savoir par la propagande). Malgré les Saisons successives aussi, bien sûr. (...) Ils gravaient la lithomnésie à flanc de montagne, dans des plaques de pierre qui montaient jusqu'au ciel, afin que chacun puisse la voir et se pénètre de la sagesse nécessaire à la survie. Malheureusement, il est aussi facile dans le Fixe de détruire les montagnes que de piquer une crise de colère pour un bébé orogène. Détruire un peuple ne demande guère plus d'efforts.
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LeCombatOculaireLeCombatOculaire   22 juillet 2019
« Dix mille ans, peut-être. »

Pour que le rift lumenien arrête de cracher des gaz et que le ciel s'éclaircisse. Une paille, à l'échelle habituelle de la tectonique. Le danger, le vrai, c'est ce que risque de provoquer la cendre. S'il s'en dépose assez sur la surface océanique chaude, la banquise risque de progresser aux pôles. D'où des mers plus salées. Un climat plus sec. Le permafrost. L'extension, l'avancée des glaciers. Sachant que s'il arrive une chose pareille, la région la plus habitable du monde, l'Équatorial, sera toujours brûlante, toujours toxique. En Saison, c'est l'hiver qui tue vraiment. La faim. Le froid. Or le rift déclenchera peut-être une ère hivernale qui durera des millions d'années, une fois le ciel éclairci. Peu importe, d'ailleurs, puisque l'humanité se sera éteinte bien avant. Il ne restera que les obélisques, dérivant au-dessus des plaines blanches infinies, sans personne pour s'interroger sur leur nature ni les ignorer.
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LeCombatOculaireLeCombatOculaire   22 juillet 2019
Le fonctionnement de l'orogénie n'a jamais été vraiment logique. Ça ne devrait pas fonctionner du tout. La volonté, la concentration et la perception, déplacer des montagnes ? Il n'existe rien d'autre au monde qui fonctionne de cette manière. On n'arrête pas une avalanche par une danse admirable, on ne suscite pas des tempêtes en affinant son ouïe. À un certain niveau, vous avez toujours su que ça existait, que c'était là pour matérialiser votre volonté. Ça... Quoique ça puisse être.
Albâtre a l'habitude de lire en vous comme dans un livre.
« La civilisation qui a créé les obélisques avait un nom pour ça, explique-t-il, acquiesçant à la révélation que vous venez d'avoir. Contrairement à nous. Et je ne pense pas que ce soit par hasard. C'est parce que depuis d'innombrables générations, personne ne veut que les orogènes comprennent ce qu'ils font. Tout le monde veut juste qu'ils le fassent. »
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