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ISBN : 2368902813
Éditeur : Le Passeur (29/01/2015)

Note moyenne : 3.33/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Le grand philosophe français Lucien Jerphagnon est décédé le 16 septembre 2011. Spécialiste de la pensé antique, disciple de Vladimir Jankélévitch, il avait su rendre son savoir populaire. Jean d’Ormesson l’a défini ainsi : «Un savant qui sait unir un style rapide et séduisant à l’érudition la plus rigoureuse.»
Trois ans après sa mort, sa veuve lui adresse une série de lettres en forme de souvenirs. Emplies d’émotion, elles composent, par cette multiplicité ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
centrino
  11 mars 2015
(Chronique réalisée dans le cadre de l'opération Masse Critique)
Si je connaissais Lucien Jerphagnon par ses rares apparitions télévisées, je n'en avais cependant jamais lu aucun livre.
L'occasion était donc belle de partir à la rencontre de cet être cultivé mais humble grâce à l'hommage écrit trois ans après la mort du grand philosophe par la femme qui partagea sa vie durant 50 ans.
Au détour des pages, on y apprend pas mal d'anecdotes sur Lucien; ainsi : même à la clinique, il continuait à "professer", sa passion pour les cravates, sa conception de la fête de la Saint-Rien, son côté parfois distrait la tête dans les étoiles, ses artistes préférés (Virgile, Ovide, Bach et Chopin, mais surtout l'oeuvre de Plotin qu'il emporterait sur une île déserte).
Par ailleurs, Thérèse nous livre ses réflexions sur des thèmes forts, tels la solitude, l'absence de l'être aimé, la mort et l'euthanasie et elle égrène des souvenirs de leur vie de couple, leur amour de Bordeaux, de la côte basque et bien sûr de l'Italie et de la Grèce.
A travers les courts chapitres, on découvre une femme parfois réaliste (la perte d'un être cher est le lot de tout le monde), mais aussi rigide et amère (le bonheur a fui, le plaisir est terni), et même désespérée (tout est vanité puisque tout doit mourir).
En résumé, c'est un émouvant livre-hommage, qui m'a incité à ajouter quelques livres de Lucien à ma PAL.

Merci à l'éditeur le Passeur et à Babelio pour cette découverte.
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Bigmammy
  11 février 2015
Je suis fâchée avec la philosophie depuis la classe de terminale où un professeur aussi filandreux que gauchiste avant l'heure – nous étions en 1963 - m'a fait, sans doute à tort, détester cette matière. Ce n'est donc pas la perspective de mieux connaître la vie et l'oeuvre d'un grand philosophe spécialiste de l'Antiquité et du christianisme qui m'a attirée vers ce livre, mais la proximité de Lucien Jerphagnon avec Paul Veyne, dont j'apprécie pleinement le talent.
Car ce court ouvrage n'est pas un livre de philosophie. C'est le cri de douleur de son épouse Thérèse, encore follement éprise après cinquante années de mariage, et inconsolable après sa disparition. Cette détresse me touche, car je n'ose imaginer les angoisses qui peuvent assaillir un vieux couple comme celui que je forme, moi aussi depuis un demi-siècle, avec mon mari.
Comme Lucien et Thérèse, qui « répétaient « Je t'aime » comme une litanie, à l'infini, sans jamais nous lasser », moi aussi j'appréhende, l'âge et les maladies venant, la séparation. Ce livre-hommage n'est qu'une longue plainte, attendrissante, violente, réaliste, parfois naïve d'une femme pleine de sensibilité. La séparation, la mort, l'absence, le désir d'en finir au plus vite avec cette solitude sans intérêt. A un moment, Thérèse s'interroge sur sa propre utilité pour ses petits-enfants …
A propos de l'euthanasie, qui aurait permis à son amour de mari de souffrir un peu moins longtemps, elle dit fort justement « Notre société, à force de vouloir éviter les risques, ignore la réalité de la souffrance. » Ou encore : « Ce qui est licite contre des innocents qui ne demandent qu'à vivre (l'avortement) est interdit pour des adultes désespérés qui veulent en finir. »
Lucien et Thérèse se sont mariés le 8 février 1962 au Temple de la rue Madame, autant dire à quelques mètres de chez moi. Ils étaient professeurs tous les deux, ils s'aimaient. Au réveil, ils se racontaient leurs rêves. Elle l'admirait totalement : sa beauté, son élégance recherchée, sa gentillesse, son talent, sa capacité de travail et son érudition, sa simplicité malgré les sollicitations des médias, son humour par ailleurs salués par tous ceux qui l'ont rencontré.
Quelques mois après son départ, Thérèse dit que sa douleur même est morte d'épuisement. Mais qu'il y a d'autres tristesses que la sienne ; elle attend juste le moment de le rejoindre. Quelle leçon de vie !
Lecture réalisée dans le cadre de l'opération Masse Critique, merci Babelio !
Lien : http://www.bigmammy.fr/archi..
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jpryf
  04 février 2015
Fin d'hiver : Lettres à Lucien, ce livre de Thérèse Jerphagnon paru chez l'éditeur « le passeur » est très émouvant à lire. Lucien Jerphagnon, pour ceux qui ne le connaîtraient pas est un philosophe, spécialiste de la pensée antique, disciple de Jankélévitch. Mais ce livre est consacré non au philosophe et professeur mais à l'homme. Il s'agit de courts billets écrits par sa femme après son décès alors qu'elle –même est atteinte d'un cancer. Ce sont les sentiments, les idées, les souvenirs qu'elle ressent dans son deuil après plus de cinquante ans de mariage. Dans un style magnifique elle nous décrit le chemin qu'elle s'efforce de suivre malgré le manque, malgré cette présence-absence.
Une grande réflexion sur la mort, sur la fin de vie aussi, sur la douleur, l'euthanasie (p.30) et sur les petits riens qui ont fait sa vie avec ce grand universitaire. Par exemple cet amour des animaux, des chats particulièrement mais aussi des chiens. Je retrouve que ce couple employait des mots que j'emploie moi-même pour mon petit chien : « chat-chien ou chien –chat » ! En exergue de ce passage sur les animaux cette phrase d'Alphonse de Lamartine que je découvre et qui me paraît l'exacte vérité : « On n'a pas deux coeurs, l'un pour l'homme, l'autre pour l'animal. On a un coeur où on n'en a pas. »
Des pages intéressantes aussi sur cette question de la mort qui taraude l'humanité et qui est à l'origine de bien des mythes et des religions. « Dés que l'homme s'est dressé sur ses pattes arrière, l'homo erectus dit-on, je crois, il a honoré ses morts. Il n'a pas supporté la néantisation des siens ni la sienne…. » (p.55 et 56)
Au total un beau portrait de Lucien Jerphagnon mais aussi de celle qui l'a accompagné si longtemps dans la vie.

Lien : http://jpryf-actualitsvoyage..
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