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EAN : 9782221134856
448 pages
Robert Laffont (28/03/2013)
3.26/5   69 notes
Résumé :
Sur la côte de ce que l'on appelait jadis le Brésil, ce sont les femmes qui dirigent la légendaire ville-pyramide de Palmarès Três. La reine ne cède le pouvoir qu'une fois tout les 5 ans, à un Roi d'été dont l'histoire enfièvrera la cité l'espace d'une année.
Pour June Costa, la vie n'est qu'Art. Ses œuvres impressionnent ses professeurs autant que ses camarades. Elle rêve de remporter le prestigieux trophée de la reine. Un rêve qu'elle n'avait jamais remis e... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (43) Voir plus Ajouter une critique
3,26

sur 69 notes

Melisende
  19 mai 2013
Voilà un titre qui semblait changer des sorties habituellement proposées par la Collection R. Ajoutez à cela une illustration de couverture particulièrement agréable à l'oeil et le fait qu'il s'agit d'un one-shot (j'aime assez que la collection propose à la fois des sagas plus ou moins longues… et également des romans uniques - c'est bon pour la PAL et le porte-monnaie !) et me voilà tentée par ce Prince d'été.
Malheureusement, il me faut avouer que la magie n'a pas opéré et que je sors de cette lecture, sinon relativement déçue, au moins sceptique… Ce livre n'est pourtant pas sans posséder son lot de qualités, mais je crois que je suis passée à côté.
Je n'ai pas accroché. Et je sais exactement quel élément est responsable de ce flop… les personnages. Je n'ai absolument rien ressenti pour eux, je n'ai eu aucune empathie pour leurs aventures et suis donc restée totalement extérieure et indifférente à tout ce qui pouvait leur arrivée. Je dois même avouer que je me suis ennuyée la majeure partie du temps…
Je ne me suis pas attachée à June, cette héroïne adolescente que j'ai trouvée très immature, capricieuse et carrément insupportable. Son obsession pour l'Art - avec un grand -A - est louable mais pas forcément bien mise en avant ni même assez explicite. Je l'ai trouvée particulièrement odieuse avec sa mère et sa belle-mère (qui sont pourtant trèèèèès patientes) et je n'ai jamais - ô grand jamais - vibré en découvrant son attachement à Enki, le fameux Prince d'été. L'auteure veut nous fait croire à une passion contenue mais j'ai trouvé celle-ci très froide… à l'image de celle qui est censée éprouvée ces sentiments. Seule son amitié avec Gil m'a semblée sincère et émouvante.
Ce dernier, meilleur ami (anciennement amant) de June est le seul personnage de l'histoire qui a su m'attendrir. C'est, à mon sens, le plus émouvant, le plus vivant… en somme le plus humain du trio. Malheureusement, c'est également celui qui « compte » le moins et donc celui qu'on ne fait que croiser au hasard des pages.
Enki, le nouveau roi d'été choisi par la reine Oreste, est un électron libre rebelle et indiscipliné. Il cache un lourd secret qui modifie sa perception des choses… et ses agissements. Il est censé représenter l'artiste passionné mais il n'a été, pour moi, qu'un robot sans saveur. Il n'a rien d'humain et est resté complètement intouchable. Je sais que c'est l'histoire qui veut ça et je comprends donc ce choix… mais il n'empêche que ça ne fonctionne pas avec moi.
Ces trois adolescents entretiennent des relations croisées compliquées. Enki s'offre à toutes et tous, sans distinction. Il semble pourtant entretenir un lien particulier avec Gil et quelque chose d'unique avec June… Mouais. Tout ça est censé être passionnée et passionnant… plus que froid, c'est le terme « glacial » qui me vient à l'esprit. Je n'ai RIEN ressenti pour eux et ça m'a vraiment manqué !
Le contexte peut ensuite être riche, complexe et intéressant… si les personnages qui y évoluent ne me font ni chaud ni froid ; c'est couru d'avance. Et c'est là que je suis le plus déçue car niveau « décor », Alaya Dawn Johnson avait de bonnes idées. Dans ce Brésil futuriste (rendez-vous dans 400 ans !), la société mise en place est relativement libérée et, encore mieux, elle est matriarcale. J'ai parfois eu le sentiment de me retrouver dans une communauté d'Amazones du futur. Les femmes au pouvoir, l'Art mis en avant, un mélange de traditions d'un autre âge et de hautes technologies… ça avait vraiment tout pour me plaire.
L'ensemble semble bien pensé mais j'ai trouvé que ce n'était pas toujours facile d'accès. Je n'ai pas toujours réussi à m'imaginer les lieux décrits (cette sorte de pyramide posée sur un nid d'algues vertes…), les technologies de pointe abordées… et je n'ai pas trouvé que cette histoire d'élection de roi d'été soit très claire (ou alors je n'étais vraiment pas concentrée sur ma lecture). Je suis incapable de vous expliquer la différence entre années lunaire et solaire et ce qui se passe selon celles-ci… il y a une histoire de durée de cinq ans mais je ne sais même plus de quoi il s'agit. Il y a de l'idée, mais ce n'est pas forcément très bien amené et ça reste parfois brouillon. Malgré tout, je salue le travail de l'auteure de ce côté-là ; c'est assez original et ça a le mérite d'être assez complexe, pour une fois, en Young adult.
En parlant de complexité et de choses qui changent des habitudes du genre… je soulignerai les choix d'Alaya Dawn Johnson au sujet des habitudes de ses héros (avec les débats sur le mariage pour tous, ma lecture était d'actualité !) ou même dans la conception de son intrigue et notamment son dénouement qui n'épargne pas les héros. L'auteure ne joue pas le politiquement correct ou la facilité, c'est un point que j'ai apprécié.
La quatrième et dernière partie du texte, plus dramatique et changeant le rythme des trois premières, est d'ailleurs c'est celle qui m'a le plus plu. J'ai enfin réussi à ressentir quelque chose (même si on est loin de la lecture passionnante, faut pas pousser !) et j'ai été agréablement surprise par la tournure des évènements. Dommage qu'il ait fallu 350 pages pour en arriver là.
L'histoire est contée entièrement du point de vue de l'héroïne June, à la première personne du singulier donc, mis à part quelques petits paragraphes (également à la première personne du singulier) insérés ça et là, témoins des pensées d'Enki, le prince d'été. Malgré ce choix permettant généralement une plus grande empathie avec le narrateur, je me répète, je n'ai rien ressenti pour la jeune fille.
Pourtant, ce n'est pas « mal » écrit, non. C'est même plutôt pas mal maîtrisé et je remercie Alaya Dawn Johnson qui m'a appris à dire « maman » et « papa » en portugais… puisque des termes portugais sont disséminés régulièrement sur chaque page, en italique. D'ailleurs, j'avoue que pour certains, je n'ai pas toujours compris de quoi il s'agissait malgré le contexte du reste de la phrase. Mais bon, rien de grave et une façon assez sympathique de s'immerger davantage dans l'univers proposé (dans une Brésil futuriste, je vous rappelle).
Objectivement, une intrigue et un univers assez originaux et pas mal maîtrisés, un style travaillé (je me base une nouvelle fois uniquement sur la traduction) ; mais, et c'est là que le bât blesse, je n'ai, pour ma part, ressenti AUCUNE émotion. Je suis restée complètement extérieure à toute cette histoire (sauf peut-être dans la dernière partie) et je me suis donc fréquemment ennuyée pendant ma lecture. le contexte et l'enveloppe peuvent être aussi intéressants que possible, si devant, les personnages ne me touchent pas, je ne peux pas accrocher et passe à côté. Un roman trop froid et qui m'est resté inaccessible. Dommage !
Lien : http://bazardelalitterature...
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pititecali
  05 juin 2013
Mon avis : 3/5 - Curieux... Parfois incompréhensible et pourtant pas désagréable...


Non mais, regardez-moi cette couverture !! Plus somptueuse, ça me paraît vraiment difficile... Autant vous dire que je suis tombée amoureuse de cette jeune fille aux lumières vertes sur le corps dès que je l'ai aperçue...
Comme quoi, la couverture ne peut pas tout faire. Nous voici dans la position inverse par rapport à mon sentiment sur mon dernier Collection R... Pour la 5e vague, j'aimais franchement moyennement la couverture, mais j'ai été absolument transportée par l'histoire. le prince d'été me fait ressentir l'exact opposé. J'avais tellement craqué sur cette couverture ! Quand l'attachée de presse de la Collection R m'a proposé de le lire et de le chroniquer, j'ai vraiment fait des bonds au plafond. Puis j'ai lu quelques avis plus mitigés que les premiers jusqu'à ce que l'une des blogueuses dont je suis les chroniques me dise qu'elle n'a carrément pas su le finir. Glourps !
Quand j'ai pu le commencer, j'étais donc un petit peu inquiète, mais pas au point de partir sur de mauvaises bases. Ma théorie (complètement ridicule) étant qu'on ne peut pas avoir une couverture pareille quand on n'est pas un livre exceptionnel.
Alors, exceptionnel, il l'est par son caractère unique, sans doute possible, mais l'ai-je aimé ?
J'ai aimé son originalité. J'ai aimé la passion qu'il m'a fait ressentir, à travers June et sa volonté farouche de faire aimer son art. Mais je n'ai pas été embarquée. Je suis vraiment restée à l'extérieur... Imaginer les décors, totalement inventés, me les représenter, les visualiser s'est avéré trop difficile. Je m'en suis fait une idée assez floue, trop floue pour pénétrer complètement dans cette histoire. La faute à l'auteure ? Ma faute à moi ? Je l'ignore et ne le saurai jamais, toujours est-il que je n'ai pas pu vivre pleinement cette lecture par manque d'univers. Pas dans le livre, non non non, l'univers dans le livre est incroyable ! Alaya Dawn Johnson nous a crée là une société vraiment complète.. Et complexe... Aussi bien dans les décors que dans son fonctionnement. Mais quelque chose n'a pas dû marcher dans les descriptions... L'auteur n'a pas su transmettre ? Ou le lecteur n'a pas su recevoir ? Je ne saurais le dire, vraiment. Mais il est certain que malgré un style fluide et compréhensible, Palmarès Tres est toujours un mystère pour moi. J'ai pourtant déployé beaucoup d'efforts pour me l'imaginer (ce qui n'est déjà pas normal pour moi, qui visualise tout très bien d'habitude, très facilement, surtout dans la Collection R où tout coulait avec facilité jusque là. Les collection R, je les appelle "ma collection confort"... Je m'y sens bien, comme chez moi, les mots me parlent, les phrases s'enchaînent et font dérouler de véritables films sous mes yeux. Mais pas le Prince d'été...)
Pour autant, je ne dirais pas que ça m'a complètement gâché la lecture, car heureusement, dans le Prince d'été, ce n'est pas qu'un enchaînement de descriptions. J'ai eu du mal dans près de la moitié des scènes, où les personnages sont justement mis en situation par rapport à la configuration physique et géographique de la ville, mais bon... J'ai tout de même réussi à suivre, et à terminer ce livre, sans que ça ne traîne trop en longueur. C'est un bon signe. Et j'avais envie de poursuivre ma lecture, c'en est un autre.
L'auteure nous décrit une ville, à mi chemin entre une cité inca ancestrale (brésilienne en fait apparemment), et un monde suréquipé de technologies, ultra moderne. Moitié univers totalement inventé par l'auteur, moitié monde que l'on connaît... La ville a une forme de pyramide, où chaque étage est habité par des gens de différentes "sphères sociales". Les plus pauvres à la base de la pyramide, là où ça sent mauvais à cause des algues et de la mer, et plus on monte, plus les gens sont riches et détiennent le pouvoir. Bon jusque là, ça va à peu près. Mais le long du livre, imaginer cette pyramide et les décors qu'elle recèle est vraiment difficile... Il faut parfois marcher à l'horizontale sur une paroi verticale, aidé par des bottes technologiquement modifiées pour s'accrocher aux murs... On se retrouve parfois la tête en bas, à ramper au plafond... Bref, se représenter tout ça est un travail à chaque page. L'auteure n'a pourtant de cesse de tout décrire, de tout expliquer, alors je ne sais pas où ça coince...
J'ai également eu un petit problème de compréhension avec les années solaires/lunaires... Apparemment, selon le type d'année, le roi d'été élu au début du Printemps n'a pas le même type de pouvoir. L'année compte bien 4 saisons, mais en lisant le livre, on a l'impression que cela dure beaucoup plus longtemps. Peut-être parce qu'il n'y a pas de chapitres ? Les seules coupures qui nous sont offertes sont dues aux saisons. 4 coupures sur presque 450 pages donc... du coup, c'est assez long entre deux pauses, ce fut frustrant pour moi qui aime les chapitres courts, pour pouvoir m'arrêter souvent, et reprendre ma lecture même quand je n'ai que quelques minutes devant moi. (oui j'ai le toc de ne savoir m'arrêter qu'en fin de chapitre :P )
Bon, ça fait pas mal de points négatifs, et pourtant, ma note est au dessus de la moyenne. Oui, parce que malgré tout ça, on arrive à suivre plus ou moins, même en se sentant assez extérieur à l'histoire. Ça ne pouvait évidemment pas finir en coup de coeur, mais il y a aussi beaucoup de positif à retirer de ce livre. Et je l'ai avalé tout de même assez vite pour déduire que globalement, j'ai aimé. Sans plus, mais j'ai aimé tout de même.
Même si on a du mal à se représenter "l'art" de June (l'héroïne) on est aidé par cette merveilleuse couverture sur laquelle on revient souvent en cours de lecture, comme un mémo visuel, pour se représenter ce qu'elle dessine, ce qu'elle crée. On ne voit pas toujours forcément ce que ses créations ont d'exceptionnel, mais les réactions des spectateurs dans l'histoire nous font comprendre qu'elles le sont bien, et c'est peut-être suffisant.
En ce qui concerne les personnages, nous en avons 3 "principaux".
- June, l'héroïne, la narratrice, une jeune fille à laquelle je ne me suis pas spécialement attachée, car je n'avais pas l'impression de la connaître. Elle a 18 ans, et c'est un peu le brouillon dans sa tête, j'ai l'impression. Elle est une artiste, toujours à la recherche d'une beauté de ses oeuvres plus grandiose, plus impressionnante. Elle aime sa ville, sa maman et sa reine, et les déteste en même temps.
- Enki, le fameux prince d'été. Roi d'été en réalité. Il est élu pour un an, poussé en avant par un peuple qui aime son petit côté rebelle, ce qui plaira évidemment nettement moins à la reine, mais ce n'est pas elle qui décide. A la fin de l'année, il doit être sacrifié et désigner ou confirmer la reine pour les 5 prochaines années. Enki est bizarre et pas très attachant non plus, car on ne le comprend pas. Bourré de modifications physiques technologiques, il ne réagit pas toujours comme un humain, ça n'aide pas.
- Gil, mon préféré. Meilleur ami de June, futur amant du roi Enki (oui parce qu'à Palmares Três, on est homo ou pas on couche avec une ou plusieurs personnes, on fait un peu ce qu'on veut), il m'a paru être le plus intéressant, le plus attachant, le plus sincère. Lui il aime, et on l'aime, et c'est beau. Il est gentil, et quand il aime quelqu'un, rien ne compte plus à ses yeux.
Je peux également vous signaler un vocabulaire bien particulier pour ce livre. Beaucoup de mots (portugais si j'ai bien compris) que nous ne devrions pas comprendre, qui parsèment cet univers totalement interprété par l'auteur, et servent à en décrire toute l'essence. Et pourtant, on les comprend facilement finalement. Ça ajoute un petit côté exotique à cette ville déjà si onirique... Ce n'est pas désagréable.
L'art, sous toutes ses formes, est mis à l'honneur. le chant, la sculpture, la danse surtout. La passion dégagée par les artistes est peut-être la seule chose qui m'ait vraiment touchée dans cette histoire. L'art et l'amour. Les seules choses qui finalement valent la peine d'être vécues à fond pour nos protagonistes.
La fin ne fut pas un choc, en ce qui me concerne, ce livre ne pouvait se terminer autrement. C'est une fin que j'ai appréciée même si je l'ai sentie venir pratiquement au début, car elle m'a parue assez logique. le dénouement qu'on attend quoi :)

Bref, il y a des choses intéressantes, mais tout m'est resté vraiment trop flou pour que je vous fasse une chronique plus enjouée. Alors le Prince d'été restera l'une de mes couvertures Collection R préférée, quant à son histoire, je pense qu'elle sera malheureusement vite oubliée, mais ce n'est pas grave, il me reste de nombreuses découvertes à faire dans cette collection, encore :)
Sur le net, vous trouverez un peu tout comme avis au sujet de ce livre, certains lecteurs l'ont adoré, d'autres, comme moi, sont beaucoup plus mitigés, certains n'ont pas aimé du tout au point de ne savoir le lire en entier. Je vous suggère donc vivement de vous faire votre propre idée sur cette histoire qui a le mérite de nous faire cogiter, et de ne pas laisser indifférent. Et à l'occasion, revenez me dire ce que vous en avez pensé, surtout si vous avez aimé, vous m'expliquerez peut-être des choses que je n'avais pas comprises.

Bonne lecture à tous !

Cali
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Kelith
  21 mai 2013
Couverture sublime (et qui en plus, après lecture, ne s'avère pas seulement belle, mais aussi très symbolique et fidèle au contenu), résumé emballant, il ne m'en fallait pas plus pour me donner envie de me lancer dans ce roman. Malheureusement, j'ai très vite déchanté car, malgré ses qualités indéniables, ce roman n'a pas été à mon goût. J'ai mis trois semaines à le lire, ça veut tout dire...
La première chose qui m'a marqué, c'est l'univers, original, mais aussi très complexe. Pour ma part, je l'ai trouvé assez difficile à appréhender. Même maintenant que je l'ai terminé, je n'ai toujours pas l'impression d'avoir tout saisi. Et ma lecture très morcelée, due au fait que le roman ne m'accrochait pas, n'a pas aidé non plus.
La politique est facile à comprendre, c'est tout le reste qui m'a posée problème. La ville pyramidale, les différents niveaux, les technologies de communications, la ville-ordinateur, les différents bots, je n'ai rien réussi à visualiser. Pas même la ville elle-même. Trop de choses à assimiler, surtout quand on est sur de la science-fiction aussi originale. Car parfois cela va tellement loin que j'étais juste incapable d'imaginer certaines choses. Mais encore une fois, ma lecture étalée sur près de trois semaines y est aussi sûrement pour quelque chose.
Parallèlement à l'univers, l'intrigue aborde beaucoup de sujets différents. Cela en fait un roman assez dense, alors qu'il y a pourtant peu de grandes actions finalement. Toujours est-il que l'intrigue est quand même plus facile à suivre que l'univers.
C'est ensuite l'atmosphère du roman qui m'a mise mal à l'aise. J'ai senti dans ce monde futur une mélancolie et un désespoir latents qui m'ont rendue la lecture très pesante. On a quelques bribes d'informations sur le monde extérieur (très peu malheureusement, et les catastrophes qui ont modifié le monde ne sont pas non plus très détaillées), et on se rend compte que l'humanité est presque finie à ce stade. Finie de façon assez horrible, puisqu'on est toujours là sans l'être. C'est glaçant, sans espoir.
Les personnages ne m'auront pas non plus permis de me passionner pour cette histoire. La narratrice, June, est immature et opportuniste. Franchement, il y a des moments où je lui aurai bien botté les fesses à celle-là. Elle traite sa mère de façon juste horrible, alors qu'à côté de ça, elle idéalise - voire met carrément sur un piédestal - son père. Un père qui a pourtant passé son temps à lui faire sentir sa déception à l'idée que June ne soit pas faite pour la musique, et qui visiblement n'aimait pas assez sa fille pour avoir envie de la voir grandir. C'est juste aberrant. Surtout que sa mère et même sa belle-mère la soutiennent inconditionnellement, parfois de manière maladroite il est vrai, mais June est prompte à tout prendre de travers venant d'elles. Et elle juge trop vite les gens sur des critères superficiels, on croirait parfois voir de la jalousie voire de l'aigreur.
Le fait qu'elle règle le "problème" de sa virginité à 13 ans m'a un peu laissée sur les fesses aussi (pour être polie). Ce n'est pas tant l'âge qui m'a choquée (dans leur société, le sexe n'est pas tabou, tout est très libéré, je peux comprendre), c'est le fait qu'elle qualifie sa virginité de "problème". Qu'on brise les normes, O.K, je suis à fond pour, car il n'y a pas de normes préétablies pour moi et chacun devrait pouvoir vivre comme il l'entend sans être jugé (tant qu'on respecte les autres). Mais si on brise une norme pour en créer au final une autre, là c'est non. Après, vous allez me dire que je m'emballe pour une malheureuse phrase, et c'est pas faux.
Quant à sa vision de l'Art, elle n'aura pas su me toucher. C'était too much. Pour moi, transgresser les règles, ce n'est pas faire de l'Art, c'est juste être un artiste pseudo-rebelle. Heureusement, au fil de l'histoire, June mûrit de plus grands idéaux.
Alors, c'est sûr qu'avec tout ça, vous avez compris qu'on n'a pas affaire à une héroïne idéalisée, ce qui pourrait convenir à des lecteurs. Personnellement, je ne me suis pas du tout attachée à elle, et vu que c'est la narratrice, ça a aussi contribué à ma non-immersion dans ce roman.
Enki ne m'aura pas séduite du tout non plus, car son personnage est beaucoup trop éthéré, frivole, libertin, inconscient. Il est complètement insaisissable, incompréhensible. Rares sont les moments où transparaît son humanité (et c'est dommage, car ces moments sont beaucoup plus appréciables). de plus, je n'ai pas du tout aimé ce doute permanent sur ses sentiments. On ne sait pas démêler ce que ressent réellement Enki, et ce jusqu'à la fin, ce qui donne un simili triangle amoureux jamais vraiment résolu au final.
Après, il y a quand même quelques aspects du roman qui m'ont plu. Notamment le fait d'avoir affaire à une société matriarcale. On est tellement ancré, malgré de notables évolutions, dans une société ultra-patriarcale, que ça fait du bien de lire l'inverse (même si je ne suis pour la domination d'aucun sexe sur l'autre).
Le deuxième point concernent les personnages de Bebel, qui est une chouette fille ; la mère et la belle-mère de June qu'elles aiment inconditionnellement, et c'est tout à leur honneur ; et l'ambassadeur de Tokyo 10, un homme que je trouvais détestable au début, mais plus on le connaît, plus il est touchant. Uniquement des personnages que June méprisait et qui ont pourtant un grand coeur, ça explique mon antipathie pour elle...
Autre point que j'ai apprécié, c'est le fait que l'homosexualité soit abordée sans tabou par l'auteur. Elle est considérée comme normale dans cet univers et l'auteur n'en fait pas une affaire d'état. Elle fait vraiment partie du paysage. On n'en parle même pas en fait, c'est là, point barre, et personne ne s'en offusque.
Et enfin, j'ai également aimé quelques côtés de la fin. C'est typiquement le genre de conclusion qui donnerait (presque, dans mon cas) envie d'une relecture de certains passages pour en avoir une autre compréhension. En effet, la fin forme une sorte de boucle avec le début.
Il faut aussi avouer que la dernière partie du livre est celle que j'ai préféré. Je ne sais pas si c'est parce que je lisais avec beaucoup moins de pauses (envie de le finir vite ou récit plus passionnant, je ne saurais le dire), mais j'ai trouvé que les évènements allaient plus vite, qu'on était plus dans l'action dans cette partie-là. Et puis les personnages ont une évolution assez positive (June surtout, en même temps, elle avait de la marge...).
En conclusion, je reconnais ici un roman de qualité, follement original et osé. Mais en dépit des quelques points positifs pour moi, cela n'a pas suffit à rattraper le reste qui n'était pas à mon goût du tout. En tout cas, si vous voulez lire complètement autre chose que ce qui se fait généralement en littérature jeunes adultes, sautez dessus, vous allez être servi de ce côté-là. Que ce soit côté romance, ou univers, c'est du jamais vu, mais il faut aimer.
Lien : http://lesvictimesdekelith.b..
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Anne-C
  23 mai 2013
Ce livre me tentait depuis que j'en avais entendu parlé, le fait que ça se passe au Brésil m'attirait vraiment. Je trouvais qu'il s'agissait d'un choix original et plutôt inhabituel. En plus de ça j'ai trouvé que la couverture était tout simplement magnifique. J'adore l'association de couleurs. Tout ça pour dire qu'il s'agissait là d'un roman qu'il me tardait vraiment de débuter !
Alaya Dawn Johnson nous plonge donc au Brésil, et plus précisément à Palmares Très, une ville à la forme de pyramide qui réserve bien des surprises. Dans cette ville déjà originale de part sa forme, ce sont les femmes qui dirigent, la reine Oreste aidé des « tantes » règne sans partage. le seul homme accédant au plus haut pouvoir est le Prince d'Eté, ce jeune homme élu par les foules deviendra roi pour une durée d'un an, année à l'issue de laquelle il sera exécuté. Cette tradition comme un symbole, est respecté de tous malgré ce qu'elle implique. June, elle-même, a découvert ce sacrifice très jeune et c'est au nom de l'art qu'elle va apprendre à connaître le dernier élu en date … Enki. Enki dont le corps attire tous les regards depuis le début des élections, Enki qui tout de suite l'a séduite, Enki qui l'a faite passer par milles et une émotions. Tout au long de cette année June, Enki, Gil et les autres s'amuseront, se battront, créeront, danseront, découvriront, s'aimeront, comprendront, ... Une ode à l'art, à l'amour, à la tolérance, à la compréhension, à la mort. Une vraie aventure pleine de surprises. Une quête dans un monde merveilleux et terrifiant à la fois où la limite entre réalité et imaginaire se trouble à plus d'une reprise.
Voilà un monde complètement fascinant. L'auteure a su créer son propre univers qui pourtant paraît par moment tellement proche d'un futur réel. Avec cette histoire, on s'attend un peu à se retrouver face à une histoire d'amour impossible pourtant pas du tout. Il n'est pas question de ça ici. Je dois dire que dès le début j'ai été surprise par la tournure des évènements par la manière de l'auteure de traiter les choses … Ce roman, dès les premières pages, sort des chemins battus. Ici on nous parle de l'homosexualité, de la tolérance, de l'amour universel qui est le même pour tous, mais on nous parle aussi d'art, de l'art qui représente tout, un art qui parle, qui transmet, … J'ai trouvé que cette histoire faisait passer un véritable message de tolérance en abordant des thèmes actuels.
Les personnages que l'on découvre sont tous très attachants mais aussi très mystérieux. Mis à part June que nous apprenons à connaître et qui reste au centre du roman, les autres sont fait d'ombres et de secrets. June est une jeune femme de presque 18 ans qui vit pleinement son art, pour elle c'est ce qu'il y a de plus important. Elle cherche la reconnaissance, la preuve de son talent et c'est cela qui la mènera sur le chemin d'Enki. Ce dernier, prince de l'été, est difficile à décrire, on ne sait que peu de choses sur lui. Il vient des quartiers pauvres de la ville, voilà ce qu'on peut dire. Tout du long il va faire de son corps un outils pour réussir à passer un message à la population. Gil est un autre personnage important du roman même s'il a, à plusieurs reprises, le rôle du figurant. Pourtant, on sait et on comprend que sans lui tout aurait été différent pour plusieurs raisons. La reine Oreste, les tantes, la mère et la belle-mère de June, … Tous ces personnages interviennent d'une manière ou d'une autre dans cette quête. En bien ou en mal, ils vont permettre de construire cette aventure du début à la fin. On assimile vite le fait que Alaya Dawn Johnson a fait le choix de personnages atypiques. Elle les a voulu différents, originaux, … Elle les a fait à l'image de son intrigue et de son univers.
Cette histoire, comme je vous le disais plus haut, parle d'art mais elle parle aussi d'amour. Ici il y a beaucoup d'amour, beaucoup de relation, il y a même un triangle amoureux, pourtant jusqu'au bout c'est différent des histoires que nous rencontrons d'habitude car à tout cela, l'auteure y mélange donc l'homosexualité, la bi-sexualité, l'amour véritable, l'amour éphémère, l'amour universel, … Même si au début la complexité des relation entre June, Gil et Enki m'a un peu déstabilisé, je ne savais pas trop quoi en penser, très vite ça n'a plus été le cas. Je trouve que tout cet ensemble est vraiment un des plus du roman. Je ne m'y attendais tellement pas qu'encore maintenant en écrivant ma chronique je me repasse le tout en boucle.
On lit ce roman au rythme de la musique et des danses, on ressent la chaleur Brésilienne, les rayons du soleil sur notre peau. L'auteure a vraiment su nous imprégner des sensations des personnages. En lisant ce livre on ressent vraiment du début à la fin cet atmosphère, je ne sais même pas comment vous expliquer ce que j'ai ressenti … C'était juste dingue. L'auteure nous offre grâce à son livre un véritable voyage ! La manière dont elle nous décrit les différents formes d'art que nous rencontrons au cours de cette lecture nous permette vraiment de visualiser la chose.
Voilà donc un roman qui parlait de l'amour d'un garçon et d'une fille mais pas que. Il parlait aussi de l'amour de deux garçons et de l'amour de deux garçons et d'une fille. Voilà un roman qui nous retrace tout simplement une histoire d'amour. Une histoire d'amour où rien n'est exclusif, où tout est partagé, où tout est possible, où tout est envisageable, où tout est acceptable ... Une histoire d'amour qui rayonne. Voilà le roman qui parle du garçon qui aimait tout le monde, qui aimait la vie, qui a choisit la mort. Voilà le roman qui parle de la fille qui aimait l'art, qui en voulait à la vie, qui a aimé au delà des limites. Voilà un roman qui saura vous emporter dans un autre monde le temps d'une lecture.
J'ai beaucoup aimé cette histoire différente de d'habitude, dans laquelle une tension plane pendant tout. Malgré le petit temps qu'il m'a fallu afin de m'adapter à la culture, aux personnages et au reste, une fois que ce fut chose faite, j'ai pu me laisser emporter par l'écriture de l'auteure. Lorsqu'on découvre cet univers, il est impossible de l'oublier. Ce livre a su être attirant, prenant et touchant à la fois. Pour terminer j'ajouterai qu'il s'agit là d'un "One Shot" !
Lien : http://galadelivres.blogspot..
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Maliae
  27 avril 2014
Par où commencer pour parler de ce livre? Il est tellement étrange, il sort des sentiers battus, traitent de sujet que je n'ai jamais vu traité dans un livre, sans pour autant en faire des tonnes. Il est à la fois touchant et bouleversant et il retourne un peu la tête également. En commençant ce livre, je n'y comprenais rien du tout (je n'avais pas lu la quatrième de couverture en plus), mais sans que je m'en rende compte je suis entrée dans ce monde, dans son histoire, son vocabulaire, la manière de vivre des gens qui sont à Palmares Très et leur étrange coutume. Je me suis quasiment immédiatement attachée à June, à Gil son meilleur ami et à Enki le Roi de l'Eté un peu particulier. D'autres personnages ont mis plus de temps à se faire accepter et apprécier, mais une fois qu'on apprend à les connaître on les aime aussi (Bebel par exemple). Et puis il y a ceux qu'on déteste, la Reine, certaines Tantes, leur hypocrisie, leur soif de pouvoir.
C'est un livre baigné par l'art, toutes formes d'art, la danse, le dessin, la technologie, la musique, le chant, l'amour et tout pleins d'autres choses, June rêve de gagner le prix de la Reine et pour cela elle va transgresser un peu quelques règles et donner à son art une forme unique. Quitte à s'implanter un arbre lumineux sous la peau (idée vraiment super bizarre, mais la couverture laisse imaginer à quel point c'est beau). Enki est un roi d'Eté adoré de son public mais qui se permet certaines choses qu'il ne devrait pas, il s'amuse avec la dernière année de sa vie et si certains de ses choix peuvent retourner le coeur j'aime beaucoup sa politique. J'ai aussi adoré Gil, son amour pour Enki était très beau, déchirant également.
Le monde en lui-même est assez dystopique, la Reine règne avec les Tantes, les hommes ont très peu de pouvoirs, et le monde est divisé en plusieurs sections dont la verde (la plus pauvre). le monde est également séparé entre les waka et les grandes (les jeunes et les vieux, en quelque sorte). Les waka sont méprisés par les grandes, et c'est assez réciproque. Pourtant dans ce monde il y a beaucoup de choses qui m'ont plus, la place que l'on donnait à l'art par exemple, mais aussi et surtout la place qu'on donnait à l'amour. Ici les hommes et les femmes aiment des hommes ou des femmes indifféremment, personne ne se pose de question, on ne parle pas d'homosexualité ni d'hétérosexualité, on parle juste de passion, d'amour et voilà. C'est la première fois que je vois cela dans un livre, et j'en viens à espérer un tel monde, c'était tout simplement génial. Une superbe idée, bravo.
Que dire d'autre sans trop spoiler? L'histoire d'amour elle-même est spécial, pas de jalousie (ou juste un peu au début), pas de grands discours, et pourtant Gil et June aiment tous les deux Enki et sont aimé par lui, et ça ne m'a même pas dérangé parce que c'était trop bien tourné, trop beau, ni malsain, ni dérangeant. Si l'amour d'Enki pour Gil est brûlant et passionnel, celui pour June se tisse plus lentement au fil des pages (et à mon avis prend plus de sens).
Cette histoire est tellement bizarre et pourtant si belle, j'ai détesté les manipulations des Tantes et de la Reine, et j'ai adoré les réactions de June et Enki. Elle est racontée par June elle même et on a le droit à ses doutes, ses peurs, des fois elle est décevante, des fois elle fait les mauvais choix, mais elle se rattrape, elle a une certaine intégrité et surtout elle est amoureuse d'Enki et adore Gil plus que tout. J'ai aussi beaucoup aimé sa relation avec sa mamae, sa mère. Et son amour pour son papai, son père. Son point de vue est coupé de temps à autres parce celui d'Enki, et je crois que c'est le seules fois où on peut vraiment entrer dans la tête du Roi de l'Eté.
Le livre est coupé en plusieurs énormes chapitres, Eté, Automne, Hiver, Printemps, Eté. L'histoire dure un an et pourtant il se passe des choses que certains ne vivent pas en une seule vie.
La fin m'a fait pleurer même si je m'en doutais, c'était émouvant et magnifique. J'ai adoré.
Ce livre est vraiment bon, différent et magnifique à la fois. J'ai conscience que ma critique est complètement décousue (encore plus que d'habitude) mais c'est très difficile de trouver les bons mots pour parler de ce livre, lisez le et faites vous votre propre avis…
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
ptitelily01ptitelily01   03 août 2013
C’est douloureux, et je me suis demandé un moment si les Tantes ne l’avaient pas voulu ainsi pour que nous allions à la mort sans rechigner. Mais je vois à présent ce que cela doit être. Le corps humain, l’esprit humain, ne se laissent pas imposer des directions aussi peu naturelles sans en payer le prix. Dans les Tokyos, ils ont renversé cette loi, poursuivi l’expansion de l’être jusqu’à ce que le corps lui-même devienne inhabitable. Ils n’ont pas transcendé le corps comme ils prétendent. Bien sûr que non. Qui ne préférerait pas posséder des neurones, des synapses, des réactions électrochimiques et connaître des orgasmes suaves et sirupeux ? Ils habitent leurs flux numériques parce que leur corps ne veut plus d’eux.
Mon corps ne veut plus de moi.
Avais-tu compris cela, quand nous avons fait notre premier pacte dans ce mausolée des anciennes technologies ? Tu as dit que mon corps était une toile.
Mais une toile humaine ne peut pas vivre. Elle ne peut que flamboyer, le temps d’enregistrer sa propre disparition.
Ceci est un enregistrement de ma mort.
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StellabloggeuseStellabloggeuse   19 mai 2013
Le mouvement s’accélère, je dois faire attention à ne pas me ridiculiser. Malgré ma concentration, je me laisse absorber par le rythme. Ce un-deux-trois que mes pieds connaissent mieux que mon cerveau. La façon dont bougent mes hanches et glisse la soie polymérisée sur mes seins. Gil me fait tournoyer d’un côté, puis de l’autre. Je ris et il me renverse sur son genou. Je lance une jambe en l’air, sans me soucier que l’on voie ce qu’il y a sous ma robe ni du risque de perdre une chaussure. Gil affiche son petit sourire en coin impénétrable. Il me soulève, puis ses mains empoignent mes hanches et voilà que je vole au-dessus de lui dans le swing trépidant de la samba qui pulse autour de nous, et j’aperçois la ville, scintillante, en contrebas. C’est le plus beau moment de ma vie.
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ptitelily01ptitelily01   03 août 2013
Je ne dirai pas que ce que j’ai fait avec Ueda-sama était une erreur, même si je sais que je le devrais. Tu te rappelles ce qu’a dit Sebastião ? Que les Rois d’été étaient au-dessus de la morale. Il avait raison, et il avait tort.
Les dieux sont ce que les gens vénèrent. Les hommes sont ce qui meurt.
Le problème, la vérité que je n’avais pas comprise avant de te voir affronter ces caméras, c’est que j’aime Gil. Tu me répondras que j’aime tout le monde, et c’est la vérité, mais pas tous de la même façon. C’est aussi grâce à toi qu’il ne s’est pas porté candidat, je ne sais pas ce qu’il t’a raconté. Avant même de le rencontrer, je t’étais redevable de sa vie. Gil danse comme un orixá, et il le sait. Il aurait pu me battre. Ou non. S’il avait été le Roi d’été et moi le garçon qui dansait sur la piste de verre, nous serions-nous trouvés ? M’aimerait-il aussi ?
Le ferais-je autant souffrir ?
Je ne dirai pas que c’est une erreur – mais c’était une erreur.
Les Rois d’été sont des dieux, mais à la fin nous ne sommes que des hommes.
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StellabloggeuseStellabloggeuse   19 mai 2013
Tu as toujours aimé la lumière. Tes implants luisaient sur la piste de danse quand Gil t’a soulevée dans les airs. J’ai prétendu que je n’avais pas fait attention, mais j’ai menti. Ton arbre a pris de l’ampleur depuis cette nuit-là. Je t’ai dit un jour que je pouvais lire dans tes pensées, mais je n’ai même pas besoin de regarder ton visage pour connaître tes humeurs. La colère est le sentiment le plus facile : tu scintilles et tu lances des éclairs comme les lanières d’un fouet qui crépite. Quand tu es enthousiaste, tu montres tes plus belles couleurs. Et cette façon qu’ont les branches le long de ton bras d’ondoyer dans la brise quand un nouveau projet artistique vient de prendre forme dans ton esprit… Quand tu as vu l’océan pour la première fois, j’ai bien cru qu’elles allaient fleurir.
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ptitelily01ptitelily01   04 août 2013
Tu sais que ce n’est pas terminé, n’est-ce pas ? Tu finiras par mourir un jour – que tu fasses kiri comme ton père, ou que tu mordes dans ton troisième siècle à pleines dents reconstituées, ton histoire s’arrêtera un jour. Mais pour l’instant, elle t’appartient, elle durera plus longtemps que la mienne, et tu disais que j’utilisais ma vie comme une toile ?
Le Roi d’été n’est rien à côté de la Reine.
N’oublie jamais l’art.
Prends soin de Gil. Il ne croira pas que je suis mort, mais toi, tu le sauras.
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