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EAN : 9781022601567
Éditeur : Editions Métailié (09/04/2015)

Note moyenne : 3.15/5 (sur 23 notes)
Résumé :
La photo était là sur l’étagère tout en haut de la bibliothèque de son père. Un groupe d’hommes et de femmes autour d’une table de restaurant et parmi eux ses parents, l’éditorialiste lucide et la comédienne étrangère. Lorsque la CBS lui commande un documentaire revisitant les mythes de la révolution des Œillets, Ana Maria réalise que tous les acteurs du coup d’État qui renverse la dictature se trouvent sur cette photo. En compagnie de deux journalistes aussi jeunes... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
domisylzen
  22 février 2016
Portugal. La révolte des oeillets. 25 avril 1974
Un coup d'état orchestré par les militaires et soutenu par la population met fin à une quarantaine d'années de dictature Salazariste.
Ana Machado travaille pour CBS aux Etats-Unis. Elle est chargée de réaliser un documentaire sur cette révolution. Au Portugal, elle réside chez son père, une photo y trône, un groupe d'hommes et de femmes au restaurant, tous ces protagonistes ont participé à ce soulèvement.
Pas du tout adhéré au style lourd et redondant de Lidia Jorge, j'ai vite sauté des lignes puis des paragraphes enfin des pages pour arrêter ma lecture à la page 100. le style est lent, mou, soporifique.
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natalieH
  06 juillet 2015
Les mémorables paraît 40 ans après la révolution des oeillets qui mit fin à quatre décennies de dictature au Portugal. Lidia Jorge invente le personnage narrateur d'Ana Machado, reporter de guerre, fille d'un journaliste ayant joué un rôle dans cette révolution et les années de démocratie qui ont suivi. Au tout début des années 2000, Ana Machado est chargée d'écrire un film documentaire sur les événements de l'époque. Par le biais d'archives, -la mise en présence de lettres de citoyens antérieures à la révolution, d'une photographie emblématique retrouvée chez son père -, elle part à la recherche des protagonistes de l'époque afin de recueillir leurs témoignages et d'observer l'orientation qu'a pris leur existence. le récit donne l'occasion pour elle et les deux journalistes qui l'accompagnent d'entrer dans ce que Lidia Jorge nomme la fable, à savoir le mythe historique que le récit exhume, revisite, éclaire d'un prisme d'expériences et d'interprétations. Elle insiste sur le caractère exceptionnel de cette révolution, non violente et portée par le peuple, fédérant les idéaux d'une génération, idéaux que 25 années n'ont pas réussi à effacer. le désenchantement, ravageur, se trouve plutôt du côté d'Ana et de ses acolytes, pour qui idéal et réalité demeurent difficilement compatibles.
Les mémorables est un hommage à l'engagement politique, au courage et au désintéressement. Il interroge également le 21e siècle, marqué par le cynisme et la corruption. L'écriture est magnifique, à la fois poétique et cérébrale, réussissant à unir littérature et pensée.
Le texte est habité par cette citation du poète algérien Tahar Djaout :
"Le silence c'est la mort
Et toi si tu te tais
Tu meurs, et nous aussi
Et si tu parles
Tu meurs, et nous aussi
Alors dis et meurs. Et nous aussi."
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Commenter  J’apprécie          130
Ingannmic
  24 octobre 2015
Quel dommage !
Il s'en est fallu de peu que "Les mémorables" me passionnent. Un peu pourtant essentiel, puisqu'il tient au style, et à tous ces moments où, pendant ma lecture, me venait une subite envie de tailler dans le texte, d'y pratiquer des coupes franches pour le rendre plus efficace, plus percutant. Je lui en voudrais presque, à Lídia Jorge, d'avoir amoindri la portée de son texte avec d'inutiles fioritures stylistiques, et sa propension au bavardage...
*****
Ana Maria, journaliste, se laisse convaincre de participer au projet d'une série de reportages commandée par la chaîne CBS. "L'Histoire réveillée" mettra en valeur des événements historiques "positifs", de ces "miracles" qui, le temps d'une pause, certes souvent fugace, interrompent le cours de l'habituelle barbarie humaine.
C'est ainsi que la jeune femme, installée depuis cinq ans à Washington, retourne dans son Portugal natal où, avec l'aide de deux de ses amis de fac devenus journalistes mondains, elle doit interviewer certains des acteurs de la Révolution des Oeillets. Trente ans auparavant, ce soulèvement populaire mit fin, sans aucune effusion de sang, à plusieurs décennies de dictature. Munis d'une photographie subtilisée par Ana Maria dans l'appartement paternel, ils partent à la rencontre des survivants qui y figurent, exception faite des parents de la reporter. C'est pourtant bien chez son père, l'éditorialiste Antonio Machado -autrefois célèbre pour sa capacité à prévoir le futur-, qu'elle réside à Lisbonne, mais ce dernier ignore tout de sa mission : tous deux cohabitent en limitant leurs échanges à des banalités, évitant tacitement tout risque de laisser s'exprimer les ressentiments et le malaise sous-jacent que l'on devine, sans en cerner dans un premier temps la nature précise. Quant à sa mère, une comédienne belge, elle a quitté le foyer pour les douze ans d'Ana Maria, qui a depuis refusé tout contact.
Du recueil des témoignages, souvent très touchants, émanent humilité et nostalgie, et bien souvent la désillusion provoquée par l'incertitude que le soulèvement qui a cristallisé tant d'espoirs, ait permis l'avènement d'un monde vraiment meilleur. Car que reste-t-il, trente ans après, de l'élan qui a présidé à la révolution, et des attentes qu'elle a générées ? le décalage entre les souvenirs de ses participants, et l'absence, dans Lisbonne, de toute trace, de tout hommage à l'événement, a une dimension cruelle, mais sans doute inévitable. En temps de paix, et sous couvert d'une certaine prospérité, n'est-il pas naturel chez l'individu d'occulter, avec insouciance et ingratitude, la réminiscence des jours difficiles ?
Les trois journalistes eux-mêmes ont parfois du mal à se situer vis-à-vis de ce pan d'Histoire qui est la leur, mais qu'ils considèrent avec une sorte de distance, comme si elle s'était déroulée dans une autre dimension. Ils posent sur leurs interlocuteurs un regard tantôt admiratif et ému, tantôt critique voire sévère face à leur difficulté à dépasser le mythe d'une société nouvelle qu'aurait dû permettre la révolution.
L'auteure invite ainsi le lecteur à une réflexion sur l'impact de l'Histoire sur les évolutions sociétales, et sur l'amnésie qui, avec l'oeuvre du temps, génère incompréhension intergénérationnelle et reniement de l'héritage idéologique des aînés.
Parce qu'il les sort de l'oubli, "Les mémorables" est pourtant bel et bien un hommage à ces hommes et ces femmes qui osèrent concrétiser leur rêve de liberté, et qui parvinrent à le faire sans violence. Et peu importe de connaître le nom des protagonistes qui jouèrent, ce jour-là, un rôle essentiel : le roman de Lídia Jorge permet d'apprehénder la dimension populaire et véritablement collective de cet épisode.
Malheureusement, comme indiqué en préambule à ce billet, la lourdeur stylistique de l'ensemble m'a empêché d'apprécier pleinement les qualités de ce titre.
Lien : http://bookin-inganmic.blogs..
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Marti94
  28 septembre 2015
J'étais très motivée en achetant ce roman de Lídia Jorge car je souhaitais en savoir plus sur la révolution des oeillets de 1974 avant d'aller passer un week-end à Lisbonne. Car je pense effectivement que ceux qui ont participé à cet évènement sont des êtres mémorables.
Le titre « Les mémorables » qui a une connotation historique (il fait référence à la mémoire et au temps) est donc très bien trouvé et le magazine de Transfuge a annoncé « une grande voix de la littérature portugaise ».
Malheureusement, je n'ai pas du tout accroché et je n'ai pas pu terminer ce roman. Je n'aime pas le style lourd et redondant alors qu'en temps normal j'aime les répétitions de mots. Mais là, il s'agit de redites. On trouve sur la même page « comme je vous l'ai dit. », «Comme je l'ai dit » et « je m'étais redit que » etc.
L'histoire est pourtant très intéressante. C'est celle d'une jeune journaliste portugaise vivant aux Etats-Unis, Ana Maria Machado. Elle retourne au Portugal pour interroger les fameux capitaines et généraux putschistes de la révolution des oeillets du 25 avril 1974.
Elle va être accompagnée de deux anciens amis de fac et retrouver son père. Elle lui subtilisera une photo réunissant les principaux acteurs du coup d'État pour tourner un documentaire pour la CBS, premier reportage d'une série intitulée « L'Histoire réveillée ».
Et bien, malgré cette histoire qui avait tout pour plaire, j'ai attendu ce documentaire avec impatience et je n‘ai toujours pas compris ce qui c'était passé en 1974 (à part ce que je connaissais déjà). Quand on arrive enfin à rencontrer un protagoniste (il faut plus de 100 pages) ses propos sont passionnants mais c'est déjà fini en quelques pages et il faut attendre encore 50 pages pour en rencontrer un autre. J'ai craqué avant la fin et je n'ai pu lire qu'un peu plus de la moitié de ce roman pourtant prometteur.
Lu en septembre 2015
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flottie
  08 juillet 2015
Trois jeunes journalistes portugais retrouvent les personnes présentes sur une photographie prise en 1975 peu après la révolution des Oeillets à laquelle elles ont participé. Chacune doit raconter le moment marquant de cette journée. Les questions sont précises, les réponses souvent fuyantes. Le ton impersonnel fait penser, au début du moins, plus à un documentaire qu'à un roman, cette impression de froideur est surtout due à l'insensibilité étonnante d'Ana Maria, dont les parents figurent sur la photo. Parallèlement, on suit l'histoire de cette famille et on finit par comprendre l'attitude détachée de la jeune femme tout au long de l'enquête. Ce livre bien écrit mais souvent pesant m'a permis de faire connaissance avec cette période de l'Histoire du Portugal, de comprendre comment un mythe peut se construire grâce à l'imaginaire des participants mais aussi et surtout de ceux qui n'étaient pas là. Merci à Babelio de m'avoir fait découvrir ce roman intéressant sur la politique et les rêves d'une époque révolue.
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critiques presse (2)
LeFigaro   30 avril 2015
Lídia Jorge revisite les péripéties de la révolution des Œillets dans un roman hypnotique.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Telerama   22 avril 2015
Un trait sensible, névralgique, remarquablement maîtrisé.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
domisylzendomisylzen   31 janvier 2016
Un peuple pauvre, sans algèbre, sans lettres, avec cinquante ans de dictature sur le dos, les pieds collés à la glèbe, et il se produit soudain un coup d'Etat, tous se précipitent dans la rue en criant, chacun avec son hallucination, son projet et son intérêt, se menaçant mutuellement, corps à corps, visage contre visage, beaucoup avec des armes à la main, et ils finissent par s'insulter, s'empoigner, se tomber dessus, et ils ne se tuent pas.
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domisylzendomisylzen   07 février 2016
Elle devrait se rendre là-bas le plus vite possible pour ramasser le reste de la mitraille de fleurs encore coincé entre les pavés des rues de Lisbonne.
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domisylzendomisylzen   20 février 2016
Une ville qui donnait de l'espoir à tous les déçus de Varsovie et de Prague, même à ceux qui étaient si jeunes qu'ils n'avaient pas encore eu l'occasion de savoir ce qu'était l'illusion.
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Marti94Marti94   28 septembre 2015
Le sergent, et le premier soldat, et le deuxième soldat, et le troisième soldat, parmi eux le tireur, tous ont refusé d’obéir à l’ordre, un geste décisif, le plus décisif de tous les gestes de ce jour-là, et pourtant ils ne sont pas connus, ni même nommés.
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Marti94Marti94   28 septembre 2015
Nous avons juré. Nous avons juré que dorénavant les mots je, tu, il, nous, vous, allaient disparaître et qu’on n’utiliserait plus que la troisième personne, la personne collective, englobant tout un chacun, ils, eux. J’en ai été le témoin, ça a été enregistré. Aucun de nous ne souhaitait qu’on se réfère à ses actes individuels ou qu’on en garde le souvenir, ce souvenir devait être à tout jamais un et indivisible, le souvenir d’un groupe de cinq mille, et tous diraient ils, eux.
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Videos de Lídia Jorge (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Lídia Jorge
[Retraite Chandeigne n°20] le 25 avril, le Portugal célèbre le jour de la révolution des Oeillets, Yves Léonard a voulu nous parler de cette date fondamentale dans l'histoire du Portugal en mettant en avant le regard de quatre femmes : la poétesse Sophia Mello Breyner Andresen, la comédienne Maria de Medeiros, l'auteure Lídia Jorge et enfin la militante et fille du capitaine d'avril Salgueiro Maia, Catarina Maia. Bon visionnage et "25 de abril, sempre !"
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