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EAN : 9782330147686
352 pages
Éditeur : Actes Sud (07/04/2021)
4.06/5   66 notes
Résumé :
Une jeune femme court dans les rues de Tokyo, un bébé dans les bras. Cette enfant n'est pas la sienne ; sans préméditation, elle vient de la kidnapper. Dès lors, la vie de Kiwako n'est plus qu'une longue cavale à travers l'Archipel. Paniquée à l'idée de se faire repérer, elle change toujours plus vite d'endroit et d'identité, emportant l'enfant dans l'instant, la déracinant chaque fois plus violemment. Et pourtant, tout demeure absolument doux entre la jeune femme e... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
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Mimeko
  01 avril 2019
Après s'être assurée que ce matin-là le père est en route pour son travail et que la mère s'est momentanément absentée, une jeune femme, Kiwako pénètre dans leur maison et après avoir vu leur bébé, prise d'une pulsion, s'en empare et s'enfuit. Commence alors pour elle et la petite qu'elle appelle Kaoru, une cavale dans un Japon à la marge, dans lequel il est plus aisé de se fondre.
Dès les premières pages on sent la fragilité et les réactions imprévisibles de la jeune femme, Mitsuyo Kakuta nous embarque d'abord dans cette fuite au gré des idées changeantes ou de la crainte de la jeune femme d'être reconnue et arrêtée. Attentionnée, débordante de tendresse envers Kaoru, et le temps de sa cavale, elle évoque les évènements qui l'ont conduit à un tel acte... Vingt ans ont passé, c'est maintenant la fille qui raconte son histoire...
La cigale du huitième jour est est un road trip envoûtant, une construction originale à deux voix mais surtout à deux rythmes, celle de la cavale de Kiwako, frénétique, toujours dans l'instant et dans l'instinct, et celle de d'Erina surtout son introspection sur ses premières années - quand elle était Kaoru - et sa construction dans une famille dysfonctionnelle.
Mitsuyo Kakuta soulève une quantité de questionnements sur l'instinct et l'amour maternel, sur la parentalité, la construction affective, le regard de la société sur la victime, la transmission des valeurs familiales, la manipulation mentale.
Une première découverte de l'univers de Mitsuyo Kakuta qui me donne envie de découvrir ses autres romans.
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spleen
  12 mars 2016
Délaissée par son amant, Kiwako se retrouve seule, après avoir accepté d' interrompre sa grossesse .
Lorsqu'elle apprend que cet homme a eu un enfant, elle pénètre dans son appartement et prend dans ses bras le bébé qui pleure : débute alors une cavale qui va durer trois ans avec cette petite fille qu'elle va prénommer Kaoru et bien sûr faire passer pour son enfant avec en permanence l'angoisse d'être démasquée.
De rencontres hasardeuses et de petits boulots en fuites à répétition, elle arrive à créer pour cet enfant une bulle d'amour et un semblant de famille et pense se mettre à l'abri en rentrant dans une sorte de secte baptisée Angel home qui n'accepte en fait que les femmes et les enfants .
Fin de l'aventure au bout de trois années où lors d'une ultime fuite, elle est arrêtée et la petite fille rendue à sa famille .
La seconde partie du roman se déroule quelques vingt ans plus tard, racontée par Kaoru redevenue Erina , et nous apprenons ce qui s'est passé au moment de l'arrestation lorsqu'une ancienne camarade d 'Angel Home retrouve Kaoru .
Comme souvent avec la littérature japonaise, on est transporté dans une ambiance particulière : mélange de coutumes ancestrales et de moeurs modernes qui sont souvent antagonistes, de sentiments toujours exprimés avec retenue avec une beauté de l'écriture , légère comme le souffle d'une petite brise sur les fleurs de cerisiers .
Quant à l'histoire de la cigale , il faut la découvrir par soi-même en lisant ce livre et méditer sur la signification de ce fameux huitième jour ...
Ce roman aborde des thèmes sensibles entre maternité et perte de l'enfant que ce soit la décision d'un avortement ou un enlèvement d'enfant et mon coeur paradoxalement ( mais c'est ce que voulait sans doute l'auteur ) s'est plus porté vers la ravisseuse que vers la mère biologique, même si l'acte du rapt du bébé est odieux, on lui trouve des excuses et on tremble avec elle lorsque elle croit être démasquée : les liens d'amour les plus forts ne sont forcement ceux du sang.
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Nuageuse
  09 juin 2021
Je ressors mitigée de cette lecture. Pendant quelques mois, je n'ai pas pu lire de la littérature japonaise car je me suis lassée de ce style poétique qui apparaît quand tout va mal.
J'ai dévoré la première partie où une femme kidnappe un bébé car c'est son rêve d'être maman. Nous suivons sa fuite effrénée avec cette petite fille. Elle va passer quelques années dans une communauté sectaire qui vous dépouille de tous vos biens matériels. Un jour, elle doit quitter ce lieu fermé et reprend sa fuite pour arriver dans une petite île où elle tisse des liens avec ses habitants. La petite fille aussi. Elle n'est pas du tout maltraitée par cette femme. Elle est vraiment aimée.
Le style est effrénée et ne m'a fait plus lâcher ce roman.
La deuxième partie de passe une vingtaine d'années après. La narratrice change et cette jeune-femme revient sur son kidnapping et les conséquences qui ont suivies. Comment apprivoiser sa famille après tant d'années loin d'eux ? est la question que pose l'auteur.
Cette partie ne m'a pas plus emballée que ça, le style et le suspense diminuent et la rendent plus longue. Ce qui est également intéressant est la question du mimétisme.
Une lecture en demie teinte qui me laisse sur ma fin.
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LuMM
  10 septembre 2016
Joli coup de coeur pour ce roman qui ne ressemble à aucun autre.
Le livre s'ouvre sur un kidnapping. Sans l'avoir le moins du monde prémédité, Kiwako s'enfuit avec le bébé que son ex-amant vient d'avoir avec son épouse légitime.
Dans cette fuite improvisée, la jeune femme abandonne tout derrière elle car très vite, seul l'enfant compte.
Mitsuyo Kakuta dépeint avec sensibilité le lien qui se tisse dans un environnement forcément menaçant et égrène les indices sur le pourquoi du geste de Kiwako.
Jusqu'au bout, le récit réussit le tour de force de faire cohabiter la noirceur et la tension avec une sérénité qui surgit là où on ne l'attend pas.
Une très belle lecture !
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Mimi6231
  15 octobre 2020
Le thème du roman se révèle dès les premières mots : Kiwako, jeune femme mal dans sa peau, voisine d'une famille avec un bébé (Erina) , famille dont elle a épié le fonctionnement, profite de ce que le couple laisse le bébé seul pendant un petit moment, pour s'introduire dans l'appartement et regarder cet enfant. En mal d'enfant, elle se laisse submerger par l'émotion, se sentant investie de la nécessité de mieux protéger cet enfant. Leur destin bascule alors : elle prend le bébé dans ses bras et ne sachant le reposer, elle l'emmène avec elle.
C'est alors le début d'une fuite qui durera quatre ans avant qu'elle ne soit arrêtée et que l'enfant regagne sa famille naturelle.
Au cours de cette fuite, elle devra changer de lieux, d'hébergement. Elle côtoiera des personnes différentes qui, à défaut de l'aider activement, ne la dénonceront pas ou alors l'accepteront en ignorant son histoire ou en trouvant un intérêt propre à vouloir ignorer ce passé. Voyage dans un Japon actuel prisonnier de traditions.
Le dernier tiers de l'ouvrage est consacré à Erina. Kiwako est arrêtée et Erina retrouve sa famille.

Un livre à deux aspects
La fuite, conséquence du rapt, est bien menée, avec ses rebondissements, ses errances. ses angoisses, ses doutes, ses incertitudes, ses inquiétudes perpétuelles du lendemain. La fuite avec ses rencontres, ses lieux, ses structures diverses, véritable voyage dans une société japonaise encore bien engoncée dans ses traditions. Elle passera ainsi de la personne marginale, à un groupement d'accueil voisinant l'esprit secte. Elle arrivera dans un île où elle trouvera un travail et une vie sociale, l'île pouvant peut-être être considérée comme une symbolique de la vie en dehors d'une société, isolée et protégée de celle-ci.
Le ressenti des protagonistes : la ravisseuse, les parents, l'enfant.
Au dernier tiers du livre, le narrateur change et donc, avec lui, le point de vue. Alors que cela arrive parfois de façon tout à fait artificielle, c'est ici tout à fait naturel. La ravisseuse ayant été arrêtée, pour elle l'espace, le temps, la société s'arrêtent.
La petite fille enlevée est devenue adulte et se retrouve à gérer tous ces événements, son passé, son ,présent et son futur.
Il ressort de tout cela des interrogations sur le vécu des parents, leur responsabilité, la motivation de la ravisseuse, la place de l'enfant enlevé lors de son retour auprès d'une soeur née après l'enlèvement, sa relation à la ravisseuse, la place de l'enfant adopté et indirectement de l'enfant abandonné, la place de celle qui a pris la place de la mère (et donc son image) pendant ses premières années de vie, l'importance de la famille naturelle ou de la famille de coeur, l'importance d'un nom, d'un prénom, la façon de se projeter, comment fera -t- elle si elle devient mère à son tour...

L'écriture est alerte, soutenue. Alors qu'habituellement je m'arrête pour noter tel ou tel passage plus marquant, dans cette lecture, je ne me suis arrêté sur rien, non pas parce que cela n'en valait pas la peine mais parce que la narration, tant par sa construction, sa rédaction que par le sujet était très prenant, Rien ne venait arrêter ce déroulement.
Pas un page turner mais un livre prenant et riche que l'on ne referme pas dans l'indifférence, quelque chose résonnera en soi, chacun ayant son propre écho.
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
MimekoMimeko   21 mars 2019
Il y avait des vêtements de créateurs à toutes les pages, et j'ai trouvé cela étrange. Deux ans auparavant, je lisais ce genre de magazine avec attention, notant les prix, réfléchissant aux façons de coordonner mes vêtements et j'attendais mon salaire avec impatience. J'étais quelqu'un d'autre.
Maintenant tout cet étalage de mode me faisait le même effet que les chansons de Cindy Lauper diffusées à fond dans le salon de coiffure, ce n'était rien d'autre qu'une pollution.
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PostTenebrasLirePostTenebrasLire   27 août 2017
Les gens qu’on voit tous les jours, ils ont l’air d’être là sans vraiment y être, tu ne crois pas ? Je rencontre toujours les mêmes gens à la fac mais je ne vois pas la différence avec ceux que je vois dans le métro. C’est rare de rencontrer quelqu’un, de lui parler, de rire ensemble, de lui poser des questions… Pour moi, c’est comme ça depuis toujours. Donc quand je vois Kishida chaque semaine, Kishida c’est l’homme taciturne dont on parlait tout à l’heure, je me sens rassurée. Ça me confirme que chaque semaine je suis la même.
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MimekoMimeko   01 avril 2019
Dehors, tout était coloré et scintillant, je me suis demandé si ce n'était pas la fin du monde. Je ne pouvais pas comprendre qu'il s'agissait des flashes des appareils photo. La personne qui me portait a plaqué mon visage sur sa poitrine. J'avais du mal à respirer et lorsque j'ai tourné la tête sur le côté, une immense foule d'inconnus me visait avec des objectifs. Un frisson m'a parcourue, j'avais la chair de poule. Je me retenais de toutes mes forces pour ne pas hurler.
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MimekoMimeko   31 mars 2019
Pour échapper à l'atmosphère lourde de cette maison pleine de tabous, semblable à un champ de mines, aux souvenirs amers, au silence de mon père et à l'instabilité de ma mère, la seule solution était que je m'extraie de moi-même de cet endroit.
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MimekoMimeko   28 mars 2019
A partir d’aujourd’hui, je vais tout te donner. Tout ce que te t'ai volé, je vais te le rendre. La mer et la montagne, les fleurs au printemps et la neige en hiver. Les éléphants gigantesques et le chien qui attend son maître indéfiniment. Les contes qui finissent mal et la musique si belle qui nous arrache des soupirs.
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MP 2014-09-11-335-003048BDD2D9.mp4
Payot - Marque Page - Mitsuyo Kakuta - La Maison dans l'arbre.
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