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Maurice-Bernard Endrèbe (Autre)
EAN : 9782226010292
757 pages
Éditeur : Albin Michel (22/10/1980)
4.01/5   92 notes
Résumé :
Des cimes enneigées de l'Himalaya aux palais des maharadjas, de la Kyber Pass à Kaboul, ce roman retrace les années les plus tumultueuses du rattachement de l'Inde à l'empire britannique au XIXe siècle. C’est aussi une émouvante histoire d'amour, au-delà des tourments et de la fureur de son époque, celle d'Ash, un jeune Anglais élevé comme un Indien, et de Juli, une princesse indienne déchirée entre raisons du cœur et raison d'État. Et tandis que familles et castes,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
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Gwen21
  23 décembre 2020
Poids : 1,050 kilo
Longueur : 24 cm
Largeur : 15 cm
Epaisseur : 5 cm
Nombre de pages : 756
Vous l'aurez compris, "Pavillons lointains", dans son édition originale de 1980 par Albin Michel, est une brique, un pavé, une somme, le genre de bouquin qui casse les poignets et qu'il faut lire rehaussé sur un coussin posé sur les genoux. le genre de bouquin qui vous fait comprendre qu'une liseuse a finalement quelques bons côtés... Voilà pour la forme, vous ne m'en voudrez pas mais après plusieurs semaines de douleurs musculaires, je ne pouvais vous épargner ce paragraphe.
Mais "Pavillons lointains" ne casse pas que les poignets, il casse aussi la baraque. "Pavillons lointains" de M. M. Kaye est un des plus grands best-sellers d'outre-Manche et son absence dans le classement BBC des meilleurs livres interpelle tant les Anglais adulent véritablement ce roman-fleuve, à la fois grand roman historique, superbe histoire d'amour et incroyable voyage ethnographique au coeur de l'Empire colonial britannique. Les aventures de Ash et de Juli sont dignes des plus grandes sagas littéraires et on plonge avec délices aussi bien dans les descriptions que dans les dialogues de leur épopée.
Fascinante et inquiétante Inde. Mal connue des Européens, fantasmée et redoutée, elle est terre de mythes et de traditions. Au fil des siècles, Musulmans et Hindous ont façonné sa culture, ses rites, sa civilisation dans un équilibre fragile que les "habits rouges" de la Compagnie des Indes et de l'armée britannique sont venu bouleverser deux cent ans durant.
"Pavillons lointains" n'est pas le premier roman que je lis dont l'action se situe intégralement en Inde et, sans jamais y avoir mis les pieds, ce pays-continent commence à m'être quelque peu familier, pour le meilleur mais surtout pour le pire. Je dois l'avouer, l'Inde d'hier comme d'aujourd'hui me terrorise et ce n'est pas ce roman qui apaisera ce sentiment tant il me confirme qu'en Inde la vie humaine n'a pas d'importance.
"Pavillons lointains" est une très belle découverte que je me promettais depuis longtemps. Parfums et odeurs, bruits et musiques, soieries et cuisine exotique, chaque page dépayse. Toutefois, de mon point de vue, le roman pêche par sa dernière partie, représentant à peu près 1/5 du récit. L'auteure est née en Inde ; fille et petite-fille d'officiers anglais, sa connaissance pointue de l'histoire militaire indienne, son attachement à son pays natal, son écartèlement entre deux sociétés et deux identités, et enfin sa volonté de rendre hommage aux Guides, régiment d'élite auquel est consacré "Pavillons lointains", l'ont incitée à faire de ce grand roman un hommage vibrant à ce corps de soldats remarquables, notamment dans leur dévouement à leur reine et à leur devoir. La scène finale qui constitue l'apothéose et le dénouement du récit est d'une minutie digne d'un reporter de guerre, ce qui impacte considérablement le rythme auquel le lecteur s'était habitué au cours des six cent premières pages. le huis-clos de Kaboul, particulièrement violent et anxiogène, aura bien failli avoir raison de mon endurance, même si je ne regrette nullement d'être allée jusqu'au bout du voyage...

Challenge ABC 2020 - 2021
Challenge XXème siècle 2020
Challenge MULTI-DEFIS 2020
Challenge PAVES 2020
Challenge COEUR d'ARTICHAUT 2020
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JaneEyre
  18 juillet 2014
Pavillons Lointains est un énorme pavé qui se lit avec une rapidité et une facilité presque déconcertante. Et pourtant...! S'il y a bien un livre que j'ai hâte de pouvoir relire (moi qui ne relis jamais deux fois le même livre!) c'est bien celui là. Car ouvrir ce livre, c'est se retrouver en Inde. Dans l'Inde coloniale, dans l'Inde des Maharadjas, des montagnes de l'Himalayas jusqu'au Pakinstan, dans les cours royales jusque dans les camps militaires où les cipayes côtoient les officiers anglais. Et de la rencontre de ces deux mondes nait Ashton, petit anglais éduqué par une servante indienne, puis recueilli dans un palais où fleurissent les intrigues.

Le lecteur découvrira le destin incroyable de cet homme tiraillé entre son sang anglais et son éducation indienne. Fresque historique documentée et riche en péripéties, ce roman nous offre une magnifique histoire d'amour où les amours sont sans cesse contrariées et où il faudra se battre contre tous, que ce soit contre les anglais ou contre les coutumes indiennes (à ce titre, on apprend beaucoup de chose sur la pratique des Satis, femmes obligées de mourir brûlées vives sur le bûcher, avec le corps de leur défunt mari).

Un voyage incroyable, dépaysant! La fin du livre est moins évidente à lire, et se concentre davantage sur les premières guerres des anglais au Pakistan, mais ce ralentissement de l'action ne parvient pas à amoindrir la splendeur du reste du roman.

Ne soyez pas effrayés par l'epaisseur du roman, vous avez là une sublime histoire. Dépaysement garanti!
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Titoune5
  10 avril 2020
Des cimes enneigées de l'Himalaya aux palais des maharadjas, de la Kyber Pass à Kaboul, ce romam retrace les années les plus tumultueuses du rattachement de l'Inde à l'empire britannique au XIXe siècle.
C'est aussi une émouvante histoire d'amour, au-delà des tourments et de la fureur de son époque, celle d'Ash, un jeune anglais élevé comme un indien et de Juli, une princesse indienne déchirée entre raison du coeur et raison d'État. Et tandis que familles et castes, alliés et ennemis se combattent aveuglément, une civilisation millénaire se précipite vers son destin.
Ce roman a le mérite d'avoir été écrit par la fille d'u officier des renseignements du Foreign Office. Par ailleurs, née en Inde, elle a su faire ressentir l'ambiance de ce pays en pleine mutation.
Le seul bémol que j'ai ressenti, ce sont les longs chapitres de "guerre", qui plairont certainement à beaucoup de lecteurs, mais qui paraitront un peu longs et trop nombreux à d'autres. Ce roman reste toutefois une formidable fresque.
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Crazynath
  17 mars 2014
Pavillons lointains est pour moi un de ces livres qui marquent l'esprit. Lu pour la première fois il y a plus de 20 ans, ce fut pour moi une plongée inoubliable dans ce pays aux mille facettes qu'est l'Inde. Et plus précisément, l'Inde coloniale.
c'est bien simple j'avais adoré au point de le relire déjà 2 fois !!
On sent que l'auteur a vécu en inde et surtout qu'elle a aimé profondément ce pays.
L'histoire est passionnante, et on vit au rythme des aventures d'Ash, tiraillé entre son devoir envers l'Angleterre et son amour pour l'Inde.
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Kio971
  24 mai 2019
Pavillons lointains - paru dans sa version française voilà près de quarante ans - s'il fait partie des nombreux romans qui ont l'Inde britannique pour cadre, présente cette fois l'originalité de ne pas placer la révolte des Cipayes au coeur de son intrigue, mais de la débuter après (même si cet événement majeur de l'Histoire de l'Inde est évoqué), nous évitant ainsi les descriptions sanglantes de massacres épouvantables.
Contrairement également aux habitudes du genre, il ne met pas en scène un officier britannique plus ou moins fraîchement débarqué en Inde - ses bagages pleins d'a priori et d'idées reçues sur le peuple qu'il va rencontrer, sa culture, ses croyances et son histoire - mais un jeune homme qui, certes deviendra officier de sa Gracieuse Majesté, mais qui, bien que de parents purement anglais, a la particularité d'avoir été élevé comme un Indien et de s'être pris pour tel jusqu'aux abords de son adolescence, lorsque lui sera révélée sa véritable ascendance.
Ce qui donne au jeune Ashton/Ashok (raccourci selon cette - horripilante, selon moi - habitude anglo-saxonne en Ash) une vision de l'Inde du temps du Raj britannique bien différente de celle d'un Anglais né dans les brumes d'Albion ou élevé comme tel.
Bien sûr, la parfaite maîtrise de plusieurs langues indiennes, liée à sa toute autant parfaite connaissance du fonctionnement et de la culture de la société dans laquelle il est né, font de notre jeune homme une - là encore - parfaite recrue pour les services de renseignements de l'Empire. Pavillons lointains rejoint ici le Kim de Kipling et nous vaut pareillement des moments d'aventure décoiffants à souhait.
Bien sûr, nous n'échappons pas à l'inévitable histoire d'amour avec une princesse locale, mais, sur ce point, M.M. Kaye a eu le bon goût d'éviter de tomber dans le mélo, la mièvrerie et l'orientalisme de bazar réunis.
Au final, Pavillons lointains est un roman agréable à lire, de ces livres qui, lorsque l'on relève la tête à la fin d'un chapitre, nous font sentir tout surpris de nous trouver assis dans notre canapé, notre chaise longue, ou sur le siège du bus, tant il nous plonge dans les paysages des territoires de l'Inde du Nord (rattachés depuis au Pakistan). Cela tient au fait que l'auteur elle-même est née dans ces décors de montagnes et de déserts et y a vécu une partie de sa vie d'adulte.
Un bon roman donc, que l'on pourra, si on le souhaite, comparer avec l'autre roman du même auteur dont l'action se passe également en Inde (mais avant et pendant la révolte des Cipayes cette fois) : L'ombre de la lune.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
Gwen21Gwen21   13 décembre 2020
Rien dans son existence n'avait jusqu'alors préparé Ash à la vie que l'on mène dans un collège anglais, et il y trouva tout odieux : l'embrigadement, le manque de vie privée, le conformisme, à quoi s'ajoutaient les brutalités et vexations dont étaient victimes les faibles ou ceux dont l'opinion différait de celle généralement exprimée, le sport obligatoire avec ce culte témoigné à des dieux tels que le chef des Sports et le capitaine de l'équipe de cricket.
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Gwen21Gwen21   20 décembre 2020
- [..] Kaboul ! Ne seriez-vous pas aussi prêt à tout pour y aller ?
- Non, répondit Ash. Une fois suffit.
- Une fois... Oh ! oui, bien sûr, vous y êtes déjà allé ! Qu'est-ce que vous n'y avez pas aimé ?
- Un tas de choses. Certes, l'endroit ne manque pas de charme, surtout au printemps lorsque les amandiers sont en fleur et les montagnes environnantes encore blanches de neige. Mais ses rues et ses marchés sont sales, ses maisons croulantes, et ça n'est pas pour rien qu'on l'appelle le Pays de Caïn !
Ash ajouta que, selon lui, il n'y avait rien d'étrange à ce qu'une ville passant pour avoir été fondée par le premier assassin de notre monde ait cette réputation de violence et de fourberie, ni que ses dirigeants aient suivi la tradition de Caïn en s'adonnant au meurtre et au fratricide. Le passé des Emirs afghans n'était qu'une longue et sanglante histoire de pères tuant leurs fils, de fils complotant contre leurs pères et s'entre-tuant, d'oncles supprimant leurs neveux.
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Gwen21Gwen21   15 décembre 2020
- La jalousie est un horrible défaut, dit pensivement Kara-ji, mais bien rares sont ceux qui ne la connaissent pas. Moi-même dans ma jeunesse, je n'ai pas fait exception et il m'arrive encore d'en éprouver les affres, alors que l'âge aurait dû m'apprendre à vaincre de tels sentiments.
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CrazynathCrazynath   24 mars 2015
Bombay se cachait encore derrière l'horizon, mais le vent en rapportait les odeurs : des relents d'égouts et de végétation pourrissante s'y mêlaient à la poussière, aux senteurs des marchés enfiévrés, avec, planant sur le tout, un léger parfum de fleurs...œillets d'Inde, frangipaniers, jasmins et fleurs d'oranger...Tout concourait à lui faire sentir qu'il était de retour au pays.
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CrazynathCrazynath   24 mars 2015
Les quatre éléphants d'apparat étaient surmontés de splendides howdahs incrustés d'or et d'argent, dans lesquels prendraient place le jour du mariage les Rajkumaries avec leurs dames d'honneur, ainsi que leur jeune frère et certains hauts dignitaires.
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