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ISBN : 2371190322
Éditeur : Piranha Editions (05/02/2016)

Note moyenne : 3.27/5 (sur 20 notes)
Résumé :
Alim, jeune étudiant irakien, est arrêté et torturé par la police. Son crime ? Avoir lu des livres interdits lors de soirées amicales. Grâce à son oncle, il réussit à s’enfuir pour trouver refuge à Benghazi en Libye. Sans nouvelles de ses proches, son seul but est désormais de faire parvenir une lettre à sa bien-aimée pour l’assurer de son amour fidèle. Mais, de la Libye à l’Irak, les dictateurs règnent en maîtres et faire passer une lettre à travers les mailles de ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
Sanguine
02 juin 2016
Je suis tombée sur ce livre par hasard, au gré d'un de mes passages à la médiathèque. Je ne le cherchais pas particulièrement mais comme il a croisé mon chemin, je n'ai pas manqué de le glisser dans mon sac. C'est un livre que j'avais vu passer chez Pretty Books mais qui ne m'avait pas plus interpellé que ça. Je dois dire que je l'ai embarqué sans savoir réellement si j'allais le lire ou pas ...
Bagdad, 1997. Salim, jeune étudiant, est arrêté par la police pour avoir lu des livres interdits lors de soirées entre amis de l'université. Torturé, il parvient à taire le nom des filles qui y participaient, parmi lesquelles se trouvait Samia, sa petite amie. Grâce aux relations de son oncle, un riche industriel bien vu du régime, il est libéré dans l'attente de son procès et parvient à s'enfuir via la Syrie. Comme de nombreux exilés irakiens qui servent de main d'oeuvre bon marché, il trouve refuge à Benghazi, en Libye, où il devient simple ouvrier en bâtiment. Désormais sans nouvelles de ses proches, de ses amis et de Samia, son seul but est de faire parvenir une lettre à sa bien-aimée pour l'assurer de son amour fidèle. Mais, de la Lybie à l'Irak, les dictateurs règnent en maîtres (Kadhafi en Libye, Moubarak en Égypte, Abdallah en Jordanie, Hafez el-Assad en Syrie et Saddam Hussein en Irak) et la censure veille. Faire passer une lettre à travers ses mailles est une entreprise difficile et dangereuse. Fin 1999, Salim découvre l'existence d'un réseau clandestin de courrier qui couvre tout le monde arabe. Sans crainte des représailles dont la destinataire pourrait faire l'objet, il ose enfin envoyer sa déclaration à Samia et la confie, moyennant 200 dollars, à ce réseau semi-mafieux très bien organisé.
Je n'ai pas l'habitude de lire des récits qui se déroulent en Syrie ou en Irak. Je dois avouer que si la condition des femmes dans ces pays-là me révolte, je ne suis pas friande de littérature qui va me parler de ça ou de la guerre. Et pourtant, à ma grande surprise j'ai apprécié ma lecture. J'ai aimé parce que la guerre n'est pas au coeur du livre, l'auteur ne cherche pas à nous expliquer quoi que ce soit ou à légitimer les événements. Non, il se contente de nous raconter une histoire et ça, j'aime beaucoup !
C'est donc l'histoire d'une lettre que Salim écrit à son amoureuse Samia. Salim a été arrêté par la police et il a découvert un réseau plus ou moins confidentiel qui permet de faire passer des lettres et ainsi échapper un peu à la censure qui règne dans tous les pays qui entourent la Syrie. C'est un fait, pas de jugement. Mais comment s'organise un tel réseau ?
Et bien ce n'est ni plus ni moins l'histoire du livre. On suit le parcours de cette lettre, tout en se demandant si elle va finir par trouver sa destinataire parce que croyez moi elle passe entre de très nombreuses mains. Les chapitres sont courts, ça permet au récit d'avoir du rythme et de ne jamais lasser le lecteur. Chaque chapitre est consacré à une personne qui se retrouve avec la lettre entre les mains.
J'ai apprécié les chapitres assez brefs, pas le temps de se lasser ! Ca permet aussi de découvrir toute une galerie de personnages parfois hauts en couleur. Et puis C'est plutôt bien écrit. Malgré le climat assez tendu, le récit est assez léger. le livre est plutôt court, 150 pages et on ne les voit pas passer. J'ai apprécié ma lecture même si elle ne restera pas éternellement gravée dans mes souvenirs. Mais j'ai passé un agréable moment en compagnie de la plume de Abbas Khider.
Un petit roman qui peut agréablement accompagner une demie-journée ...
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bdelhausse
18 avril 2017
Le titre en français est un peu trompeur... Dans ce qu'on peut considérer comme un roman à nouvelles, il ne s'agit pas d'une lettre écrite à destination de la République des Aubergines (style "lettre ouverte à..."), mais d'une lettre qui va être envoyée en Irak (la république des aubergines, car c'est le seul légume dont on ne manque par en Irak) par un Irakien qui a fui le régime et se trouve en Lybie.
En suivant la lettre dans son périple, de la Lybie à l'Irak en passant par l'Egypte et la Jordanie, la technique utilisée par l'auteur est de faire une plongée introspective dans le vécu du personnage qui reçoit la lettre (soit pour l'écrire, la transmettre, ou l'analyser). La destinataire ne recevra jamais la lettre.
Le côté amusant est que le statut de la lettre évolue à mesure qu'elle se rapproche de l'Irak et y rentre. L'homme qui écrit la lettre a mis longtemps avant de se décider, car il craint pour lui et pour la destinataire. Une fois prise en charge, la lettre est un objet de trafic, de contrebande. Mais quand elle rentre en Irak, elle tombe dans les mains de la police irakienne, qui la lit et vérifie s'il est nécessaire d'entamer des poursuites. Cela montre à quel point l'économie parallèle peut en fait faire partie du circuit principal. Tout le commerce de contrebande mis en place pour acheminer les lettres de la diaspora irakienne a reçu l'assentiment du pouvoir de Saddam, afin de pouvoir exercer sa triste besogne de police secrète.
C'est cynique, mais bien réel.
Ce rouage est intéressant. Tout comme le fait qu'à chaque étape, le lecteur peut (à l'instar de ce qui se fait dans un roman choral) percevoir la réalité par un prisme différent. C'est bien vu, plutôt bien écrit. Mais cela fait long feu. J'ai trouvé cela lassant. Chaque chapitre apporte de l'information différente, mais il est construit comme le précédent et comme le suivant. C'est donc un peu monotone.
Par ailleurs, le format court (133 pages) ne permet pas d'approfondir réellement la situation. C'est impressionniste, résumé, réducteur parfois. Il m'a manqué des informations géopolitiques, une carte pour le trajet de la lettre.
Sur le contenu, que dire? Cela dépeint une triste réalité. Dont nous payons les conséquences encore maintenant (mais ces conséquences sont sans commune mesure avec la situation en Irak). Les deux chapitres les plus intéressants sont le premier, où on est dans le vécu de l'auteur de la lettre qui a fui l'Irak pour la Lybie, et le dernier... très impressionnant, où on est dans la tête de la femme "modèle" d'un colonel, proche de Saddam, qui découvre brutalement de quoi est fait le boulot de son mari...
Au final, ce livre m'a laissé un goût de trop peu.
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PEG67
09 février 2016
De la Lybie de Kadhafi à l'Irak de Saddam Hussein (« un chien galeux »), en passant par l'Egypte de Moubarak (« un regard niais et un sourire idiot ») et la Jordanie du roi Hussein (dont le corps et l'âme brûlent surement en enfer) ; le parcours d'une lettre est l'occasion pour le jeune auteur Abbas Khider (lui-même irakien) de nous faire découvrir la réalité tragique du moyen orient, « cette partie sombre de l'oeuf qu'est la terre »: tortures, exécutions sommaires, mainmise des mafias, embargo occidental…
Le joli conte par lequel démarre ce prenant roman est très rapidement suivi par un tableau angoissant de la vie quotidienne dans ces régimes dictatoriaux même si l'espoir (el-Amel) demeure.
Loin des traités de géopolitique, ce texte privilégie un descriptif au plus près de la réalité ce qui le rend particulièrement touchant.
Pour autant, il n'oublie pas d'apporter des éléments fondamentaux de compréhension de la situation concernant par exemple le parti Baath (celui de Saddam Hussein) et son combat contre les Chiites (au sud, soutenus par l'Iran) et les Kurdes (au nord du pays, soutenus par les USA) ; Les Etats-Unis qui ne sont pas oubliés non plus pour leur part de responsabilité (affaire Clinton/Lewinsky).
L'utilisation du sport (football libyen) par les dictateurs ou le possible rapprochement entre musulmans et chrétiens sont également abordés.
La dernière partie du livre, qui se déroule dans « la République des aubergines » (comprenez l'Irak) est la plus forte ; et aurait mérité d'être poursuivie tant on sent que l'auteur a trouvé dans son tragique vécu ce qui fait l'authenticité de ce récit. Les personnages, comme Ahmed le loup ou Miriam, y sont pour beaucoup.
Merci à Babelio et aux éditions Piranha de m'avoir permis de découvrir ce roman authentique …
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ManouParis
06 mars 2016
Pour ne pas lui attirer des ennuis avec la police de sûreté, Salim al-Kateb, 27 ans, n'a pas donné de nouvelles à sa fiancée depuis deux longues années. Aussi, lorsqu'il apprend l'existence d'un réseau clandestin d'envoi de courrier, il n'hésite plus…
Parti d'Irak vers la Libye pour fuir le régime de Saddam Hussein, car coupable d'avoir lu des livres interdits durant ses études, le jeune homme a tout laissé derrière lui. du jour au lendemain, il s'est retrouvé emprisonné, torturé. Pour éviter le pire, l'exil est apparu comme la seule issue possible. C'est depuis « Khadafi City » que sa voix s'élève, avec en écho celles d'autres personnages qui, sans le connaitre, ont tous un rôle crucial à jouer dans son histoire. Comme autant de réponses à sa lettre, un chauffeur de taxi, le directeur d'une agence de voyage, un policier ou encore une femme au foyer prennent tour à tour la parole. Ils dessinent, chacun à leur mesure, le portrait de l'Irak, de la Libye, de la Jordanie, de l'Egypte, à travers des anecdotes tour à tour drôles, tragiques ou rocambolesques.
Je ne connaissais ni la maison d'édition Piranha, ni l'auteur et n'avais lu qu'un seul livre se passant en Irak (le magnifique Yellow Birds, de Kevin Powell). D'où ma sélection de ce roman pour l'opération Masse Critique de Babelio. Le bilan est plutôt positif ; j'ai apprécié la mise en page de l'éditeur, épurée et claire. La couverture, avec son aubergine « tatouée », ne manque pas d'accrocher l'oeil. J'ai passé un agréable moment, car l'humour est présent de manière discrète, mais constante, dans chaque récit. Un humour souvent noir, irrévérencieux, un pied de nez aux bourreaux de tous ordres. A ce titre, la scène du « putois religieux » est édifiante. Tout en gardant beaucoup de sérieux dans ses propos, l'auteur colore son récit de ces petites piques, drôles et cyniques. Cet humour, un tantinet fataliste, joyeusement désespéré, m'a surprise, car il m'était assez inconnu. C'est, à mon sens, la vraie force de ce roman qui se lit bien vite (133 pages). L'autre aspect marquant de la Lettre à la république des aubergines réside dans une description sans concessions des maux du Moyen-Orient. La guerre Iran-Irak, puis celle avec les Etats-Unis, les tensions entre chiites et sunnites, la figure des dictateurs « locaux » (Saddam Hussein, Khadafi ou el-Assad) et les dérives d'un système globalement corrompu sont évoqués au fil des sept chapitres (chiffre hautement symbolique).
Il m'a cependant manqué quelques clés pour mieux comprendre ; Abbas Khider s'adresse à un public dont il semble supposer des connaissances géopolitiques plus grandes que les miennes… C'est peut-être d'ailleurs la seule chose qui m'a gênée, cette impression de rester un peu sur ma fin. Je n'aurais pas dit non à une centaine de pages en plus. J'ai parfois eu le sentiment que l'auteur oubliait de nous raconter une histoire, plus préoccupé par le souci de donner à voir son pays et ses voisins. En prenant le prétexte littéraire de la lettre et en donnant la parole aux acteurs de l'acheminement de cette dernière, il y avait, me semble-t-il, matière à beaucoup plus. Cependant, je garderais en mémoire le souvenir de ces personnages qui disent toute la complexité de l'être humain. A l'image de ce colonel corrompu, à la solde du régime, qui se désole de ne pas passer assez de temps avec sa femme et ses petites filles, « les trois femmes de sa vie ». Comme quoi, on peut être surnommé « Ahmed le Loup » (pour sa capacité à faire avouer des suspects lors d'interrogatoires) et n'être qu'un agneau chez soi…
Lettre à la république des aubergines est un roman court, qui tente d'embrasser des questions vastes. Un léger déséquilibre entre l'intention visible de l'auteur et le résultat final pourrait frustrer certains lecteurs, avides d'en savoir plus. Il constitue néanmoins un bon préambule pour approcher les questions fondamentales du Moyen-Orient d'avant l'an 2000.
Lien : http://manouselivre.com/lett..
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dadouche
01 mars 2016
Octobre 1999, Salim, jeune irakien réfugié politique en Libye, se résout, après beaucoup d'hésitations à écrire une lettre à sa petite amie, restée en Irak. Pour déjouer la censure, la lettre ne passera pas par les services postaux, mais par une filière parallèle. le roman d'Abbas Khider raconte toutes les étapes de ce voyage, de Benghazi à Bagdad, en passant par le Caire et Amman.
Pour chaque étape de la missive, un chapitre narre la petite histoire des convoyeurs successifs, en Libye, Égypte, Jordanie et Irak, pays où l'on doit louvoyer avec le pouvoir, savoir choisir ses relations et parfois graisser la patte de quelques fonctionnaires pour faire progresser ses affaires ou tout simplement avoir la paix. La lettre passera donc de main en main, d'autocar en taxi, accompagnée de quelques billets ou autres gratifications.
La lettre arrivera-t-elle à sa destinataire ? Dommage que les personnages concernés par cette lettre ne soit pas plus étoffés. Lecture mitigée pour moi. Je remercie la Masse critique Babelio et les Editions Piranha de m'avoir permis de découvrir ce court roman.
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Citations & extraits (5) Ajouter une citation
bdelhaussebdelhausse18 avril 2017
Trois vieilles dames en robe et voile noirs traditionnels d'Irak sont assises dans le passage. La première vend des cigarettes, des graines de tournesol et des chewing-gums, la seconde des montres et des bracelets, et la dernière des sandales en plastique. Cette vision du centre d'Amman me remplit de tristesse. Je me demande comment je réagirais si une de ces femmes était ma mère, ma femme ou ma soeur. Nous Irakiens, n'avons vraiment pas mérité de mener une vie aussi misérable sur cette Terre. Je te maudis, Saddam, pour tous tes crimes ! Et je te maudis, Amérique, pour toutes les guerres et pour cet éternel embargo économique qui a fait de nous des esclaves. (p.64)
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PEG67PEG6709 février 2016
Atteindre un haut degré d'indifférence et prendre les choses comme elles viennent. Dans l'absence de réflexion, l'indifférence et la facilité, on peut aussi trouver son espace de liberté
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bdelhaussebdelhausse18 avril 2017
Chez vous, c'est la merde et chez nous aussi. Ici, on nous pisse dessus et vous, on vous chie dessus. Nous nageons tous les deux dans les excréments puants de la politique pestilentielle. Bref, on vit tous à une époque de merde. (p.70)
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bdelhaussebdelhausse18 avril 2017
La légitimité de notre histoire réside sûrement dans le fait qu'elle n'est ni légitime ni illégitime. Elle n'est qu'une histoire mésopotamienne... (p.133)
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PEG67PEG6709 février 2016
La précipitation est l'oeuvre du diable
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Videos de Abbas Khider (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Abbas Khider
Am 5. März 2013 stellte Abbas Khider seinen dritten Roman im Literaturhaus Frankfurt vor. Im Gespräch mit Moderatorin Melanie Amann erklärt er, worum es in "Brief in die Auberginenrepublik" (Edition Nautilus) geht.
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