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ISBN : 2253083577
Éditeur : Le Livre de Poche (05/09/2018)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 96 notes)
Résumé :
"Il y a trois manières d'accéder à Castle View, un point de vue panoramique de la ville de Castle Rock : par la route 117, par la Pleasant Road, ou via Suicide Stairs, les marches du suicide.
Tous les jours de l'été 1974, Gwendy Peterson, 12 ans, monte ces marches qui sont maintenues par de solides (mais rouillées par le temps) verrous qui zig-zaguent jusqu'en haut de la falaise.
Au sommet de cette escalade, Gwendy rattrape son souffle et écoute les br... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (60) Voir plus Ajouter une critique
Antyryia
  13 septembre 2018

Je sais, je suis un gros plein de soupe.
Toute mon enfance, j'ai souffert des quolibets de mes camarades.
Patapouf, baleine bleue, Gros bain des bois.
Aujourd'hui j'ai atteint le poids pharaonique de 180 kilos.
Je vis reclus, avec pour seules compagnes mes bières, mes paquets de chips et mes jeux vidéos.
Exceptionnellement je suis de sortie aujourd'hui.
Je devais à tout prix me réapprovisionner au centre commercial. Mon sac à dos est rempli de canettes de 8.6 et de biscuits apéritifs.
Et tant que je suis dehors, autant en profiter pour passer à la boutique de jeux vidéos. Il y a un nouveau Tomb Raider qui me fait très envie et qui est sorti il y a quelques jours à peine.
Je traîne mon poids de graisse jusqu'aux escalators des suicidés. Hélas, ils sont en panne.
Motivé, je prends cependant mon courage à deux mains et je gravis à pieds les trois étages me séparant de mes heures de passion vidéoludique à venir.
Dégoulinant de sueur, le coeur battant à toute vitesse, j'ai enfin mon sésame entre mes doigts boudinés une demi-heure plus tard.
En sortant du magasin, un individu louche avec une casquette m'approche.
- Hé, petit, tu t'appelles comment ?
- Antyryia, mais vous pouvez m'appeler Anty.
- Ok Anty. Moi je suis Richard Farris. Dis, ça te dirait d'avoir la nouvelle manette de la Playstation 2 en avant-première ?
"J'ai quelque chose pour toi. Un cadeau. Parce que tu es l'élue."
- Bien sûr que j'en ai envie ! Mais pourquoi m'avoir sélectionné ? Je ne gagne jamais rien d'habitude.
"De tous les individus à la surface de cette planète ronde, pourquoi t'a-t-il choisi, toi ?"
- Parce que tu as de grandes choses à accomplir. Tu es unique, crois-moi. Je t'observe depuis très longtemps déjà. Ta vie va être bouleversée.
Je regarde alors plus attentivement le joystick, et je m'aperçois qu'il ne se présente pas du tout de la façon habituelle.
Il y a huit boutons de formes et de motifs inédits ( une lune vert clair, un trapèze bleu ... ) et deux leviers sur les côtés.
- Comment elle fonctionne exactement ? Est-ce qu'elle vibre ? Elle est sans fil ?
- Je vais d'abord te parler des leviers. Ce sont des accessoires. Tire dessus pour voir ! me dit monsieur Farris.
Encore à moitié saoul avec tout l'alcool ingurgité ce matin, je dois m'y reprendre à plusieurs reprises mais finalement un petit compartiment s'ouvre, libérant pas la même occasion un filet jaunâtre que je m'empresse de mettre dans ma bouche.
Le goût de la 1664 ravit mes papilles.
- Tu verras Anty. Ces quelques gouttes vont suffire à étancher ta soif et ton alcoolisme pour le reste de la journée.
- Et l'autre levier, il sert à quoi ?
- Tu n'as qu'à essayer. Tu pourras le faire une fois chaque jour.
D'un geste plus assuré, je libère cette fois un chips orangé. La saveur du paprika se diffuse dans tout mon palais.
Et pour la première fois depuis ces dix dernières années, je n'ai plus ni faim ni soif.
- Et tous ces boutons alors, ils servent à quoi ? A courir, à sauter, à escalader, à tirer sur les ennemis ?
- C'est un peu plus compliqué que ça. Tu ne devras y toucher que quand tu seras sûr de toi. Il en va de ta responsabilité. Ces touches ont de grands pouvoirs. Quand tu te sentiras prêt, tu appuieras très fort sur le bouton de ton choix.
"Les boutons sont très difficiles à pousser. Il faut appuyer avec le pouce, et y mettre de l'huile de coude."
Quand je relève la tête, il a disparu, ne laissant derrière lui que sa casquette qui virevolte dans un nuage de poussière.
De retour chez moi, je m'installe devant le téléviseur après avoir rangé mes bières au réfrigérateur.
Je jette à peine un oeil à la crasse qui a totalement envahi mon appartement. Je me suis fait un petit chemin entre les montagnes de canettes vides et la vaisselle à faire. Je ne prête plus attention à la vermine et aux mouches qui grouillent un peu partout.
Tout ce qui m'intéresse, c'est de retrouver ma petite crevette, ma somptueuse Lara Croft, et de la guider dans de nouveaux dédales remplis de pièges.
Avec impatience, je branche ma nouvelle manette. Mais quand Lara est envahie par une horde de squelettes, j'ai beau m'échiner à appuyer comme un dingue sur les boutons, elle ne réagit pas et se fait démembrer tandis que mon écran affiche "Game over".
Contrarié, je me fais pourtant la réflexion que je n'ai ni faim ni soif.
J'ai bizarrement envie de remettre un peu d'ordre. Je prends un grand sac poubelle et commence à faire le tri dans mon amas d'ordures.
Je ressens à peine la fatigue, comme si mon corps lourdaud pouvait de nouveau se mouvoir avec une relative facilité.
J'ouvre mes volets pour faire rentrer la lumière du jour.
J'appelle un ancien ami avec lequel j'avais coupé les ponts, moi qui refusait tout lien social depuis longtemps. Et notre conversation est étrangement fluide, se passe étonnamment bien.
"Qu'est-ce que c'est que cette boîte, nom d'un chien ... et qu'est-ce qu'elle me fait ?"
Je ne me reconnais plus.
Est-ce qu'il est possible que ma métamorphose soit liée à cette nouvelle manette ?
Les semaines passent.
Chaque jour, je me contente d'un chips à la forme et au goût toujours inattendus : bolognaise, moutarde, oignon, barbecue, en fonction de ce que le levier accepte de me distribuer.
Je calme ma soif avec quelques gouttes à peine de houblon, reconnaissant l'arôme d'une Duvel, d'une Desperados, d'une Kwak ou d'une Trois Monts.
Chaque jour je perd quelques kilos, jusqu'à retrouver non seulement une forme humaine, mais même l'apparence d'un garçon plutôt séduisant.
Mon appartement est propre et rangé, il émane même un frais parfum de chacune des pièces.
Je fais du sport : course à pieds, planche à voile, parapente.
J'ai retrouvé une vie sociale et sentimentale, même si je dois parfois affronter le regard jaloux de mon entourage.
"Ca finit toujours par aller mieux."
Je suis toujours obsédé par ce fameux joystick qui a changé ma vie. Comme s'il avait une forme de pouvoir, comme si cet objet avait la capacité d'influencer ma vie et mes décisions.
"Lorsqu'on la laisse tranquille, elle peut représenter une force puissante au service du bien."
Quelques mois ont passé lorsque je ressors ma console et m'attèle à une nouvelle partie de Tomb Raider.
Les généreux leviers me permettent me sustenter avec un chips au fromage en forme de fer à cheval et une goutte de Chimay brune.
Quand les morts-vivants attaquent ma petite Lara, j'appuie comme un dératé sur la touche qui représente un hexagone jaune. Victoire ! Mon héroïne tranche les têtes de ses ennemis d'un seul coup de sabre.
Je n'ai pas tellement prêté attention aux bruits de freins et de violente collision dans ma rue, pas plus qu'aux hurlements des sirènes qui ont suivi quelques minutes plus tard.
Si j'avais levé la tête de mon écran pour jeter un oeil à ce qui se passait par ma fenêtre, j'aurais alors vu les corps décapités de plusieurs adolescents gisant dans une mare de sang.
Mais non, j'ai accédé à l'énigme suivante de mon jeu vidéo. Lara Croft doit trouver une façon de franchir un fossé tapissé de piques meurtrières afin de pouvoir pénétrer dans une forteresse Inca.
Rien de très compliqué. Deux petites tours peuvent lui permettre de passer à condition de les détruire : Elles devraient former comme un pont-levis lui permettant de franchir l'obstacle.
Je fabrique des explosifs que je dispose au pied de chacun des monuments, et j'appuie simultanément sur la touche en forme de pentacle violet et sur celle qui représente un trapèze bleu.
Les tours s'écroulent.
C'était le 11 septembre 2001.
Et je crois que j'ai fait une boulette.
* * *
Quelques années plus tôt, en 1974, c'est à la petite Gwendy Peterson, alors âgée de douze ans, que Richard Farris a confié cette fameuse boîte et toutes les responsabilités qui allaient avec.
Un immense pouvoir qui ne devrait pas se retrouver entre les mains d'une enfant.
L'histoire de Gwendy, je vous laisse la découvrir entièrement, disons simplement qu'elle n'est pas sans rapport avec ce que j'ai moi-même vécu des années plus tard.
Inutile de présenter Stephen King, et dispensable de présenter le co-auteur Richard Chizmar ou l'illustrateur Keith Minnion ... Puisque ce n'est à priori pas leurs noms qui vont influencer ou non la lecture de cette longue nouvelle.
Un petit mot en revanche sur le traducteur, Michel Pagel, qui est aussi parallèlement l'auteur de la prodigieuse saga fantastique de la comédie inhumaine, avec laquelle tous les amateurs de fantastique devraient se régaler.
Ses romans L'ogresse et L'oeuvre du diable m'avaient vraiment fait passer des moments extraordinaires de lecture.
Si les déboires et les fortunes de l'enfance ou de l'adolescence font partie des thèmes récurrents dans l'oeuvre de l'auteur américain, celles de la jeune Gwendy sont relatées sans le style si reconnaissable de l'auteur de Bazaar. Il s'agit tout à fait du genre de fable moderne qui correspond à son inépuisable boîte à idées, mais comme écrite en revanche par un tiers.
En ce sens, on ressent tout de même l'écriture à quatre mains.
Gwendy et la boîte à boutons n'est pas seulement une histoire qui nous rappelle que l'on doit s'accepter tel qu'on est vraiment, avec ses qualités et ses défauts, sans le soutien d'une mystérieuse boîte magique.
Il n'est pas non plus uniquement question de l'effarante responsabilité qui pèse sur les épaules d'une jeune femme pourtant comme les autres, en possession d'un bouton rouge qui peut détruire n'importe qui ou n'importe quoi.
Ce petit conte n'est finalement pas si fantastique malgré les idées totalement folles qu'il met en avant.
Parce que l'analogie avec un certain président actuel avide de pouvoir avant tout, à la personnalité qui semble en totale inadéquation avec les responsabilités du poste qu'il occupe paraît évidente.
Parce que cette boîte existe bel et bien.
Et Richard Farris semble l'avoir confiée de nos jours à un certain Donald Trump.
Qui pourrait être beaucoup moins mesuré que la petite Gwendy dans l'utilisation de ce fameux bouton rouge le jour où il se sera levé du pied gauche.

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Bobby_The_Rasta_Lama
  01 novembre 2018
"Rappelle-toi juste que le bouton rouge est le seul que tu pourras utiliser plus qu'une fois.
- Et le noir ?
Je crois qu'il n'est pas nécessaire de posséder une imagination débordante, pour comprendre à quoi sert le bouton noir sur cette mystérieuse boîte en acajou, confiée à la petite Gwendy par le tout aussi mystérieux monsieur Farris...
Comme vous, quelque part, Gwendy le sait déjà.
Mais telle n'est pas la question.
Imaginez que vous tenez votre destin entre vos mains.
Mais pas seulement le vôtre - le destin du monde entier !
le King of Horror est du retour, et il n'est pas seul ! Soutenu par son collègue R. Chizmar, et l'illustrateur K. Minnion, il nous propose une petite histoire fort sympathique, qui se dévore en deux heures... pour l'oublier presque aussitôt, malgré le temps de lecture très agréable.
Castle Rock, 1974. Gwendy, douze ans, une fille "à lunettes" un peu enrobée est fermement décidée de prendre son destin en main avant d'entrer au collège. Il n'est pas question que ses nouveaux amis là-bas l'appellent Bibendum, comme cette peste de Frankie Stone !
Mais la rencontre (absolument pas fortuite, car elle est "l'élue" !) avec Mr. Farris, "l'homme au chapeau", devance en quelque sorte ses projets.
Elle se retrouve en possession d'une "boîte à boutons", qui peut gérer tant le bonheur que le malheur.
La boîte qui fait un peu peur...

Gwendy prend un nouveau départ foudroyant; tout lui réussit - mais est-ce vraiment à cause de la boîte magique ? Et tous ces boutons, qu'elle a peur seulement d'effleurer du doigt... Et si...?
En vérité, la vie est faite des boutons, et des "et si". Sans arrêt, on se demande, on pèse les "pour" et les "contre", on se lance ou on ne se lance pas. Parfois on jubile, parfois on regrette... mais il faut toujours passer à l'action, pour en avoir le coeur net !
Alors, va t-elle appuyer ?
Trois étoiles, pour moi - même si je l'avais lu d'une traite, je le vois davantage comme une histoire-fable. On ne s'attache pas vraiment aux personnages, qui ne sont là que pour donner la vie au récit; une idée qui est bonne, mais pas nouvelle.
C'est très court... et c'est très bien comme ça !
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Stelphique
  18 septembre 2018
Ce que j'ai ressenti:
Rencontre au sommet avec Gwendy et une Boite à Boutons…
« Ne pas attendre, ne pas se lamenter comme une pisseuse, s'attaquer au problème de front. »
8 couleurs, 8 sensations:
Jaune: Attirance.
« Ça » attire l'oeil, ce dégradé aux effets ondulants de cette jolie couverture et puis forcément, l'auteur en tête d'affiche…J'ai été forcée de me jeter dessus!!!! Un inédit de Stephen King, même une nouvelle, c'est toujours une promesse de plaisir…
Vert Clair et Vert Foncé: Curiosité et Impatience.
C'est les couleurs du décor de ce flanc de falaise qui entourent les Marches des Suicidés…Et voilà, comment en seul lieu, ILS suscitent la curiosité et l'attention des lecteurs dans la première ligne! Stephen King et Richard Chizmar se joignent pour nous faire transpirer sur 300 marches vertigineuses…Bienvenue dans l'intrigant, Castle Rock!
Orange: Gourmandise.
C'est l'effet vitaminé et loufoque que ses auteurs ont mis dans ses pages, du pep's et une friandise de 150 pages, à dévorer sans modération! Sitôt reçu, sitôt lu et fini dans la foulée, chocoolique ,moi aussi telle l'adorable Gwendy, de leur talent d'écrivain, un pur moment de délice…Mais il semblerait, que une fois digéré cette petite novella, je n'ai qu'une envie, c'est d'en lire encore plus…Alors, il t'en reste un peu, dis moi, Gwendy de ces chocolats magiques?
Bleu: Chair de poule.
C'est sans doute comme cela qu'il était le ciel, mais il va vite basculer vers un gris électrique, jusqu'à te pétrifier d'angoisse, aussi sûrement que si Stephen King passait Roi des cieux: en un éclair de rebondissements bien chapeauté, il te transforme une atmosphère…Et tremble de frayeur, les enfers ne sont jamais bien loin!
Violet: Tristesse.
Comme la couleur du deuil qui va lentement frapper Castle Rock de ses pires tragédies. Parce que finalement, notre héroine, est une jeune fille ordinaire, confrontée à la violence d'un monde qui se désagrège et des êtres humains rongés par des ondes négatives…Et pleure sur une réalité plus cauchemardesque, que la pire des histoires de peur!
Noir: Admiration.
Un sacré bonus que ces jolies illustrations! J'ai adoré trouver entre les pages, ses dessins en noir et blanc qui rendent encore plus de profondeur obscure à une ambiance déjà bien sombre…Quel beau coup de crayon que celui de Keith Minnion, j'ai une préférence d'ailleurs pour celle du passage dans la penderie…J'ai trouvé que cette idée de rassembler 6 mains pour une oeuvre, rend encore plus réjouissante, l'euphorie de la découverte de cet inédit. En plus de la joie de retrouver ton auteur préféré, sois heureuse d'avoir d'autres artistes à suivre avec intérêt!
Rouge : Coup de Coeur. ❤
Et monter crescendo sur le fil de cette intrigue, ressentir les frissons du vertige, connaître le boum vibrant d'un coup de coeur…C'était bien couru d'avance, que j'allais adorer cette histoire!
Alors je partage mon coup de coeur, et j'appuie sur les boutons de mon clavier précipitamment, pour dire ô combien j'ai aimé cette lecture! ❤
Je n'ai pas pu me décider, alors je les ai tous utilisé: Vert clair ou foncé. Jaune. Orange. Bleu. Violet. Noir.Rouge.
A toi, de décider maintenant, sur quel bouton, tu vas appuyer…

« Les secrets constituent un problème, peut-être le plus grand de tous. Ils pèsent sur l'esprit et encombrent le monde. »
Ma note Plaisir de Lecture 10/10
PS: Il y a un "effet couleur" si jamais vous passez sur le blog ;)
Lien : https://fairystelphique.word..
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kuroineko
  07 septembre 2018
Stephen King est de retour en compagnie de Richard Chizmar, auteur a priori non traduit en France jusqu'ici, avec une novella d'environ 150 pages. Keith Minnion, également écrivain et illustrateur, orne le livre de ses dessins, un bonus pour nous lecteurs.
Je dois dire qu'au vu du titre, je m'attendais à une boîte à boutons dans le genre boîte à couture. Au temps pour moi. L'histoire débute avec la jeune Gwendy Petterson, douze ans, un peu replète mais qui compte bien se débarrasser de ses kilos en trop. Elle rencontre un mystérieux homme qui lui remet la garde de la fameuse boîte à boutons. Les explications sur les boutons restent assez sybillines et l'homme disparaît avant que Gwendy puisse poser toutes ses questions.
Le récit suit donc Gwendy et sa boîte, ses interrogations quant aux conséquences si elle appuyait sur un ou l'autre des six boutons. Crainte, fascination, tentation, répulsion, elle passe par toute la gamme sans compter la peur qu'on la découvre. La boîte lui apporte certes du positif mais pèse également comme un fardeau de responsabilité sur ses épaules d'adolescente.
J'ai beaucoup apprécié le personnage de Gwendy, une belle personne sensible et intelligente que j'aurais bien suivie au-delà de la dernière page. Sa force de caractère est démontrée dès les premières lignes et ne fait que se confirmer au fil des chapitres.
Quant au contexte, les auteurs ont placé leur histoire à compter de 1974. On retrouve dans le texte des ambiances chères à Stephen King, autour de l'adolescence et de la vie au collège puis lycée. Castle Rock oblige, des noms connus apparaissent au détour des pages, comme le shérif Bannerman. C'est un point que j'aime chez Stephen King : on se sent presque entre soi avec les apparitions de précédents personnages ou des références à ses anciens ouvrages.
En parlant de références, cette histoire m'a fait penser à l'excellente nouvelle "Le Jeu du bouton" de Richard Matheson. Il y a dans les deux récits ce même phénomène  d'attraction/répulsion vis-à-vis de l'objet en question.
La conclusion que donnent Messieurs King et Chizmar à leur novella peut à première vue paraître un peu abrupte et frustrante. Pourtant, après réflexion, elle éclaire sur les caractères existentiels des êtres humains. Mais chut, je n'en dis pas plus pour ne pas dévoiler le dénouement.
Le duo d'écrivains m'a offert une fort agréable lecture. La novella est de qualité et respecte les codes du récit court, ce qui, dixit Maître King lui-même, est difficile parfois tant l'histoire aurait envie de s'épanouir sur un bon paquet de pages.
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lilibookncook
  10 décembre 2018
Qu'il est bon de participer à un concours, surtout pour gagner le dernier livre en date de Stephen King ! Merci donc aux éditions Livre de Poche pour ce cadeau savoureux. Ecrit à quatre mains, S. King et Richard Chizmar signe un court roman addictif et mystérieux. Que feriez-vous à la place de Gwendy si vous receviez d'un étrange inconnu chapeauté, une boîte en cadeau ? Attention, pas n'importe laquelle. Une boîte aux pouvoirs vertigineux, une boîte qui peut vous rendre fort, invincible, mais aussi provoquer des catastrophes de votre seul fait. Huit boutons décorent cette boîte, mais un seul, rouge, l'attire particulièrement. Pour l'instant, la jeune-fille se contente de profiter des deux manettes lui offrant pièces de monnaies d'un autre temps et chocolats magiques, mais bientôt la tentation sera trop forte... Oscillant entre le conte pour enfants et le fantastique avec une facilité déconcertante, le duo écrit une fable fascinante sur l'attrait du pouvoir et les conséquences de nos actions. Sans avoir recours à des scènes violentes où l'hémoglobine coule à flots, je peux vous rassurer, le maître est toujours au top !
Durant l'été 1974 à Castle Rock, Gwendy Peterson douze ans, décide de prendre le contrôle de son corps. Surnommée Bibendum par certains camarades, elle décide de s'adonner au sport et quoi de mieux que grimper les 350 Marches des suicidés donnant sur Castle View ? Déterminée, c'est en ce lieu qu'elle est abordée par un homme étrange, Mr Farris. Tout en discutant, précisant qu'il n'est pas le pervers qu'elle croit entrevoir, Mr Farris lui offre un coffret de bois pourvu de deux manettes et surmontés de huit boutons de couleurs. D'une des manettes, Gwendy y trouvera une pièce de monnaie rare, de l'autre un chocolat exquis en forme d'animal. Les boutons ? Représentant les continents, sauf l'Antarctique, les boutons rouge et noir semblent avoir une utilité tout autre. Leurs fonctions ? Mystère ! Un seul mot d'ordre, protéger la boîte des autres. Ainsi Gwendy, nouvelle propriétaire de la boîte, va peu à peu changer et laisser place à la curiosité...ou pas.
Retrouver l'univers de Stephen King, c'est un peu comme manger un cookie. C'est croustillant et moelleux avec le goût familier d'y retrouver "un je ne sais quoi" de savoureux qui rappelle des souvenirs. Une madeleine de Proust en somme. A chaque lecture d'un de ses romans, j'éprouve toujours ce sentiment de ne rien comprendre, puis de m'être fait prendre dans une toile pour enfin me faire dévorer par l'araignée. Et celui-ci ne fait pas exception. Les codes de l'auteur, bien présents, expédient littéralement le lecteur dès les prémices. Une petite ville bien sous tout rapport, un obscur personnage et des événements étranges, le décor est planté.
Ce qui fait l'attrait de ce roman est le secret et le pouvoir autour de cette boîte. Gardienne de l'objet, Gwendy sera-t-elle consumée par la curiosité ou parviendra-t-elle à se maîtriser ? L'intérêt s'articule donc autour des choix que va faire la fillette et la tentation qu'offrent les boutons, mais surtout des conséquences. Je peux d'ors et déjà vous dire que la tentation est grande, très grande... Gnark, gnark, gnark !
Peut-on alors parler de parallèle entre le pouvoir politique et l'obsession grandissante de Gwendy envers la boîte, à l'instar de Golum dans le seigneur des anneaux ? Entre le fantasme de la petite et grande Histoire ? Je vous laisse juger avec cette citation dès la page 38 :
- Si vous aviez un bouton, un bouton magique, et que, en le poussant, vous pouviez tuer quelqu'un ou peut-être juste le faire disparaître, ou bien détruire n'importe quel endroit de votre choix. Quelle personne feriez-vous disparaître, ou quel endroit détruiriez-vous ? (...)
- Heureusement que ce genre de bouton n'existe pas, dit miss Chiles.
- Oh, mais ça existe ! Nixon en a un. Brejnev aussi. Et d'autres encore.
Ayant dispensé cette leçon, non d'histoire mais d'actualité,Gwendy s'éloigne sur une bicyclette qui sera très bientôt trop petite pour elle.
Métaphore de la maîtrise de soi ? Volonté d'esprit ? Je vous laisse décider, mais quoi qu'il en soit j'ai beaucoup apprécié le personnage de Gwendy, son évolution et sa force de caractère, propre aux personnages féminins de Stephen King. Fluide et maîtrisé, j'ai particulièrement aimé la fin, contrairement à l'avis général, puisqu'il est dans la continuité et la cohérence du message des auteurs. Des auteurs, parlons-en car un nom m'a interpellé : Richard Chizmar. Comment n'en ai-je pas entendu parler ? Auteur et éditeurs de nouvelles d'horreurs, il n'est tout simplement pas traduit en France. Mesdames et messieurs les éditeurs... Illustré par Keith Minnion, je ne peux que vous conseiller ce court roman qui vous fera passer un très bon moment.
Pour les amoureux ou les curieux de l'univers de Stephen King, je vous encourage à parcourir les pages du site du Club Stephen King en cliquant ici ! Truffé d'anecdotes et d'actualités autour du romancier, c'est une excellente plateforme qui plus est active. Venez, ils flottent tous en bas...
Un court roman du maître, c'est déjà pas mal, mais comblé d'une gourmandise c'est encore mieux ! On reste aux Etats-Unis avec un délicieux browkie, rencontre entre brownie et cookie, et un café crémeux à la noisette. Alors, on est pas bien là ?

Lien : http://bookncook.over-blog.c..
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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
kuroinekokuroineko   06 septembre 2018
Gwendy a une pensée aujourd'hui chargée d'implications adultes nouvelles, mais appelée à devenir une vérité lassante : les secrets constituent un problème, peut-être le plus grand de tous. Ils pèsent sur l'esprit et encombrent le monde.
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StelphiqueStelphique   13 septembre 2018
Ne pas attendre, ne pas se lamenter comme une pisseuse, s'attaquer au problème de front.
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lilooneeliloonee   05 septembre 2018
-Ce que j'allais dire, c'est : je ne mange pas de chocolat. Pas cet été. Comment est-ce que je perdrais du poids si je mange des bonbons ? Quand je commence, je ne peux pas m'arrêter, c'est moi qui vous le dit. Et y a pas pire que le chocolat. Je suis chocoolique, si on peut dire.
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silencejelissilencejelis   12 novembre 2018
Des photos granuleuses apparaissent brièvement sur l'écran. Des rangées de cadavres allongés, avec une jungle épaisse à l'arrière-plan. Des couples enlacés. Des mères serrant des bébés contre leurs poitrine inerte. Tant d'enfants. Tant de visages tordus par la souffrance. Et des nuages de mouches. D'après Charles Gibson, les nourrices ont versé le poison dans la gorge des petits avant de prendre leur propre dose.
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ClubStephenKingClubStephenKing   05 septembre 2018
Vouloir savoir et agir est le propre de l'espèce humaine. L'exploration. A la fois la maladie et le remède!
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Maxime Chattam s?est imposé comme l?un des maîtres du thriller et il faut dire que son dernier roman vous colle de sacrés frissons ! « le Signal », qu?il publie aux éditions Albin Michel, part de ce vieux rêve que nous avons tous fait : changer de vie. Une famille désire fuir le bouillonnement de la grande ville pour retrouver calme et sérénité. Mais très vite, le havre de paix va se transformer en cauchemar... Captivant et terrifiant. Un hommage au grand Stephen King et au génial Howard Phillips Lovecraft.
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