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Nathalie Le Marchand (Traducteur)
EAN : 9782369563037
128 pages
Editions Intervalles (17/09/2021)
3/5   2 notes
Résumé :
Une jeune Polonaise quitte la capitale pour suivre une cure thermale obligatoire en province dans un centre public. Là, il lui faut trouver sa place auprès des habitués et apprivoiser les codes d’un microcosme déroutant.

C’est par un ton malicieux et un humour à toute épreuve que la curiste va déjouer les pièges et percer les secrets de ce sanatorium, où son séjour prend parfois des allures de parcours de l’absurde.

Le corps, qui relie ... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique

Que vient faire cette jeune femme dans ce sanatorium au fin fond de la Pologne ? Elle est paumée, pataude, à l'image de sa valise trop lourde, et ne sait pas comment se comporter.

Les premiers chapitres sont plein d'attraits car les décors sont saisissants : je suis littéralement projetée dans ce bâtiment froid.

J'entends les pas qui résonnent dans les salles aux murs carrelés, la télé en fond sonore dans la chambre partagée. Je marche avec elle sur le lino gondolé et dans ses souvenirs qui affluent.

Mais je me demande régulièrement où cela va me mener, jusqu'à m'agacer de ne pas entrevoir le début d'une intrigue conséquente.

C'est un huis-clos malaisant qui a certes des choses à dire, sur le regard des autres, sur la promiscuité, mais qui me semble tourner en rond. Alors je me contente d'admirer la plume et sa capacité à déployer une magnifique atmosphère.

Je le termine - il est court heureusement - en me disant que je n'ai juste pas compris le projet.

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Kama entretient un rapport particulier avec les sanatoriums. Malade depuis l'enfance, elle y a passé de longues périodes évoquées dans quelques chapitres insérés dans le corps principal du roman. A 33 ans, elle y retourne pour « toute la saison », envoyée par une commission de la sécurité sociale polonaise.

Le choix du cadre est presqu'aussi soigné que s'il s'agissait d'un roman détective mené entièrement dans un espace en huis-clos : nous arrivons dans ce sanatorium de Ciechocinek avec Kama à la première page et, à la dernière, 120e page de ce mince roman, nous nous apprêtons à le quitter avec elle ; par ailleurs, faire de Kama une curiste sous contrainte administrative permet à l'auteure d'évacuer la question de qui est Kama, lorsqu'elle n'est pas en cure. Ainsi, hormis quelques références à un frère, à un ex-mari, et à un appartement exigu, Kama nous apparait comme sortie de l'ouate, dénuée de tout bagage hormis la valise trop lourde qu'elle traîne à son arrivée, et son expérience de la vie en sanatorium qui façonne sa personnalité.

C'est sur cette personnalité, sur ce regard mêlant ironie malicieuse, gaucherie et défiance, que repose Sanatorium. En surface, il ne s'y passe pas grand-chose : repas en commun, traitements selon le programme établi, promenades occasionnelles en ville. Ce que Kama commente – ce qui intéresse l'auteure – c'est l'étrangeté de cet univers clos, et les normes, rituels et hiérarchies qui s'y sont générées et que « personnel soignant » et curistes s'imposent. C'est peut-être là aussi que les chapitres sur l'expérience d'enfance de Kama au sanatorium apportent leur sens au roman : qu'il s'agisse d'enfants dirigés par des adultes, ou d'adultes dirigés par des adultes, on y vit cette même perte de contrôle sur son rythme quotidien et sur les personnes qu'il faut côtoyer, cette même instauration de règles régies par une logique entièrement institutionnelle (ou parfois simplement arbitraire), cette même vulnérabilité du corps et de l'esprit.

Heureusement, Kama ne se laisse pas désarçonner par tout ça – nous le savons parce que tout le roman est à la première personne, au fil de ses pensées et de ses commentaires sur ses stratégies pour faire face à telle ou telle situation potentiellement désagréable. Surtout, elle, et à travers elle sa créatrice Barbara Klicka, sont des fines observatrices des conversations – saugrenues, égoïstes, mesquines, solitaires – , ce qui apporte une dimension tout à fait savoureuse à ce personnage et à notre séjour, avec elle, dans ce Sanatorium. L'épisode du petit-déjeuner autour des oeufs durs, et du duel silencieux entre Kama et ses deux congénères beaucoup plus âgées, m'a paru particulièrement drôle et bien mené.


Lien : https://passagealest.wordpre..
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C'est un court roman que ce Sanatorium de Barbara Klicka, qui commence de manière très prosaïque avec une interrogation sur la taille de la valise pour un tel séjour et s'éloigne d'une certaine réalité pour flirter avec l'absurde.

C'est très bien fait et les monologues sont savoureux, de même que les dialogues, parfois très basiques :

"- Et tout de suite après le petit-déjeuner, vous êtres priée d'aller à la visite médicale, ajoute-t-elle [la réceptionniste]. Les cabinets des médecins se trouvent dans l'aile gauche.

- Et l'aile gauche, c'est laquelle ?

Je ne sais même pas qu'il y a des ailes ici, et encore moins laquelle est la gauche.

- C'est sur la gauche, dit-elle sans même exagérer dans la méchanceté. Voilà, tout simplement.

Ah ! me dis-je

- Ah, dis-je.

Je souris, à tout hasard, avant d'ajouter :

- Alors, bonne journée." (p.17)

Avec un humour dévastateur, Barbara Klicka parle de la maladie, des malades et des soignants, du corps qui dysfonctionne, mais pas la tête ni les désirs. Il n'est pas aisé de parler de la sexualité des malades ou des handicapés, c'est toujours tabou. L'auteure prend un biais étonnant, singulier qui s'il n'est pas le chemin le plus direct est très clair, fin et précis. Une écriture simple et je l'écrivais plus haut, pleine d'humour et d'ironie, originale et subtile qui promet d'autres bons livres de cette jeune auteure.


Lien : http://www.lyvres.fr/
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation

Lentement, Mariuz me retourne tête en bas, puis il se baisse à ma hauteur et, à demi incliné, me demande poliment si par hasard je n'irai pas boire un jour un café avec lui. Par exemple après-demain, après les soins. Je pense : Refuse-t-on vingt centimes au propriétaire d'un pitbull prêt à vous attaquer alors qu'il a une muselière dans la main ?

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