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Michèle Valencia (Traducteur)
EAN : 9782264052087
379 pages
10-18 (01/01/2011)
3.61/5   144 notes
Résumé :
Cora, une vieille femme de 82 ans, est envoyée, contre son gré, à l’hospice par ses enfants. Elle découvre peu à peu les autres pensionnaires et se lie à Vitus, un homme d’origine polonaise dont elle tombe amoureuse. Tout en consignant les douloureux souvenirs de son passé dans un carnet, elle décrit sa vie présente et sa rage de vivre en annonçant à ses enfants stupéfaits son mariage.
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Rédigé sans filtre, dans un langage parlé, direct et souvent cru, ce roman nous parle de vieillesse, de maison de retraite, mais aussi d'amour et d'amitié. Rien ne vous sera épargné quant aux conditions de vie dans cette institution médicalisée, ni de la décrépitude physique des résidents. Mais rien ne vous fera mieux comprendre aussi que l'amour comme l'amitié n'a ni âge ni frontière...

Alors oui, on pourrait s'étonner des comportements de notre héroïne qui se conduit comme une ado, une enfant aussi parfois, ou comme quelqu'un de responsable, selon les humeurs du jour. Mais quand le corps cède devant la raison, on peut comprendre de tels écarts. Et oui quand la tête fonctionne, rien ne l'empêche de continuer à réfléchir, à rêver et aussi à aimer.

Cora a quatre-vingt-deux ans quand ses enfants décident de la placer, contre son gré, en maison de retraite. Bien que malade (emphysème) et en surpoids (136 kilos), accro à la cigarette et aux petites pilules du bonheur, Cora n'en reste pas moins déterminée à continuer sa vie comme elle l'entend, quitte à se fâcher contre ses enfants, et combattre l'administration et certains résidents. Et c'est l'écriture (sa petite-fille lui a offert un beau cahier accompagné d'un stylo) qui petit à petit, va l'amener à s'interroger sur sa vie, son comportement et apprendre à aimer et surtout à s'aimer.

Une histoire attachante, pleine de rebondissements avec une héroïne hors normes, dans tous les sens du terme. de jolis passages sur des moments de vie douloureux et d'autres pleins d'ironie et de dérision. de belles pages aussi sur le sens de la vie. Bref, une lecture plus que plaisante !
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Ce n'est pas le chef d'oeuvre littéraire du siècle, ce n'est pas non plus un texte intellectuellement fulgurant.
À première vue l'héroïne n'a rien de très sexy : Cora, plus de quatre-vingts ans, plus de cent kilos.
Mais alors, qu'est-ce que j'ai bien pu trouver à ce livre ?
De l'humour, tout simplement. Ce texte m'a fit rire, même mourir de rire à certains moments.
Cora est stupéfiante : pétulante, originale et rebelle, le genre de personne qui ne s'en laisse pas compter.
Placé contre son gré en maison de retraite, elle va y faire la révolution, et mener la vie dure au personnel et aux pensionnaires. du moins, à ceux qu'elle n'apprécie pas. Car une personne trouve grâce à ses yeux : le beau Vitus dont elle va tomber éperdument amoureuse. Dès lors, son comportement va plus se rapprocher de celui d'une adolescente énamourée que d'une respectable dame âgée.
L'ensemble est léger, très léger, plein d'invraisemblances, mais peu importe, je me suis bien amusée.
N'attendez pas de cette lecture de réflexions profondes sur la vie, la vieillesse, l'acceptation de la différence : vous seriez déçus !
Mais si vous cherchez une lecture-détente qui ne fatigue pas votre cerveau (ça fait du bien quelquefois, non ?), ce livre conviendra parfaitement.
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Un livre très agréable que j'ai lu avec plaisir et délectation. Je me suis attachée à cette femme forte, au sens propre comme au figuré.

Il ne fait pas bon vieillir, surtout quand d'un coup d'un seul vos enfants vous placent dans une maison de retraite sans vous demander votre avis. Il est vrai que parfois par facilité les enfants n'ont plus envie de se poser des questions et laissent à des professionnels le soin de leurs parents.

"Ils se sentent tous coupables parce qu'ils m'ont mise ici, alors ils font ce qu'ils peuvent pour que je ne perde pas la boule. Pour Noël j'ai eu un puzzle (comme perte de temps, il n'y a pas mieux) et un nécessaire à broderie (j'ai toujours eu horreur de ça). Dean mon fils m'a même offert des albums à colorier avec trois races de chiens : un caniche, un colley et un berger allemand. Ils me croient demeurée, retombée en enfance, ou quoi ?"


Mais finalement, cette situation va permettre à Cora de rebondir. Dans cette maison de retraite, elle se rend compte qu'elle n'est pas si dépendante que ça et qu'elle peut vivre encore de belles choses en toute indépendance. Il va falloir pour cela qu'elle se prenne en mains et y a du boulot, au niveau du corps bien sur mais aussi de l'esprit.

Alors doucement, elle va renaître en se livrant dans un journal intime. Ces cahiers intimes qu'elle compte transmettre à sa mort à sa famille, pour montrer la vie qu'elle a eu, la femme qu'elle est devenue et qu'elle est toujours malgré les épreuves.

Ce cahier appartient à Cora Sledge
"A ne lire qu'après ma mort"

Plus qu'un témoignage, ces cahiers vont lui servir de thérapie et de prise de conscience !

Cora n'a pas sa langue dans sa poche et elle ne s'en laisse pas compter et au détour d'un couloir, l'amour va surgir. de ces histoires de coeur qui font renaître et rêver.
L'amour ça vous rend beau !

Néanmoins le propos est aussi acerbe, l'image de la maison de retraite est proprement effrayante mais finalement pas si loin de la réalité ...
Sorte de mouroir où l'intimité est bafoué où on oublie les petites choses qui font toute une vie : une maison, un animal de compagnie, des rideaux, des objets familiers... Cora rêve de sa maison de sa véranda, de son petit chien.

"Quand j'ai poussé ma porte (porte de la chambre de Cora aux Palisades) l'odeur à laquelle je commençais à m'habituer m'a accueillie - moquette assez neuve, désinfectant utilisé dans la salle de bains et légère bouffées de gaz d'échappement, qui venait du parking devant ma fenêtre. Et dessous, on percevait des effluves de vieux qu'on entasse dans un même lieu, des gens nourris, lavés, soignés comme s'ils constituaient un corps unique, sans passé, sans souvenirs."


Mais Cora va se battre et relever la tête, perdre des kilos et écrire, écrire,son histoire comme pour enfin poser des mots sur ses douleurs, ses failles. Nous contant, à nous lecteurs, son histoire.

"Vous avez déjà remarqué ces réclames dans les magazines ? Avant, après ? Où on vous montre la photo d'une grosse dondon en short avec des cuisses bien grasses, un ventre proéminent et des nichons qui pendent jusqu'aux genoux ? A en juger par ses cheveux, on a l'impression qu'un cyclone est passé par là, et elle a une mine aussi avenante que si son chat venait de se faire écraser. A côté, on voit une petite chose en pantalon moulant, avec un cul plus gros qu'une boule de glace, des nénés qui montent sous son menton et un ventre plus plat qu'une planche à repasser. Celle-là, on ne pourrait pas lui pincer un centimètre de peau. Coiffure et maquillage sont parfaits, et elle sourit d'une oreille à l'autre. Qui ne le ferait pas, d'ailleurs, avec cette silhouette ? Impossible à croire que les deux photos représentent la même personne.
Et bien voilà, c'est mon cas."


Une écriture haute en couleur des descriptions pleines d'humour. Mais aussi des passages très beaux et très émouvants sur des épisodes de la vie de Cora très durs qui ont forgés sa personnalité ...

Une belle galerie de personnages secondaires : Vitus, Marcos, Glenda, Abel, Ivy, Gros derrière... Et toujours Cora qui devient au bout du compte une amie que l'on comprend et avec qui on espère vivre encore beaucoup de bonnes choses avec qui on espère.

En se livrant, elle accepte et ouvre son coeur à l'avenir et nous donne une belle leçon de vie comme quoi, tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir !

En résumé, une très belle lecture, un beau roman qui ne mâche pas ses mots et qui ne nous épargne rien de la vie de Cora, les hauts et les bas de l'existence. Mais finalement une histoire résolument optimiste !!!

Merci Cora, merci de nous avoir raconter et confier votre belle et triste histoire.
Bonne lecture et bons baisers de Cora !


Lien : http://imagimots.blogspot.fr..
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Veuve de 82 ans, obèse, acariâtre, fumant comme un sapeur, Cora vit seule dans sa maison, ou plutôt se laisse aller sous l'emprise de médicaments. Si bien qu'un jour ses enfants inquiets décident de la placer dans une maison pour personnes âgées.

Pour Cora le coup est rude, bien entendu elle ne voulait pas quitter sa maison ni sa chienne, elle va donc faire de la résistance et cela envers le personnel comme envers les autres patients. Pour elle, cet endroit est une prison, un enfer, elle ne pense qu'à une chose, retourner chez elle, seule mais libre.

Elle a entrepris de conter l'histoire de sa vie dans le journal offert par sa petite-fille, avec pour instruction "à n'ouvrir qu'après sa mort"... sorte de vengeance en quelque sorte.

Entre temps, elle est séduite par un beau vieillard, charmeur, attentionné, et à 82 ans elle découvre l'amour de sa vie, ce qui va encore compliquer la vie de ses enfants, car Cora est bien décidée à épouser son Vitus et retourner avec lui chez elle.

Je n'ai pas trouvé ce livre amusant, bien au contraire, un roman sur la solitude des personnes âgées, sans compter qu'avant d'être placée en maison de retraite, la vie de Cora à loin d'avoir été facile.

Jeune fille séduite puis abandonnée enceinte, elle a épousé un homme qui lui était indifférent, mais à l'époque, il fallait bien sauver les apparences. Puis perdre son bébé, la misère, les autres enfants, et la vie sans amour auprès un homme "vulgaire" mais en adoration devant elle, on voit sa vie passer sans beaucoup de bonheurs, et on se prend de tendresse pour cette femme et ce mari si loin de ses aspirations.


On espère que les choses vont s'arranger pour elle, mais non, il semble bien qu'elle mourra dans cet hospice pour vieillards séniles. Une lueur d'espoir pourtant avec Marcus, un soignant mexicain, homosexuel qui lui témoigne un peu de douceur et d'amitié, et pourtant, comme pour Abel son mari, elle sera injuste avec lui.

Et puis, de nouveau un rayon d'espoir avec Vitus, qui lui fait découvrir l'amour. Ce beau vieillard convoité par de nombreuses petites vieilles. Il est si attentionné, si charmeur, si galant homme ! Mais las ! bien trop beau pour être vrai. On sent assez vite, qu'il va y avoir des problèmes... que le bonhomme est bizarre et pas très clair dans son comportement.

Vraiment pas de chance Cora, les deux seuls hommes dont elle sera tombée amoureuse sont d'ignobles salopards ! Et, on ne peux s'empêcher d'avoir une pensée pour ce pauvre Abel, ce pauvre mari qui n'a jamais réussit à toucher son coeur.

Finalement, je n'ai pas éprouvé grand sympathie pour Cora, plus pour Abel et ses enfants. le personnage est assez vulgaire et impossible de croire qu'à 82 ans et impotente on puisse tomber ainsi amoureuse et se jeter sur un homme pour une nuit d'amour aussi violente et fatigante, puisque le monsieur ne bouge pas beaucoup... Il me semble qu'il y ait beaucoup d'imagination chez cet auteur, en fait, j'aurai préféré lire l'histoire racontée par Abel ou par Vitus.

Par contre certaines scènes de la maison de retraite sont assez bien vues, notamment les repas et les petites mesquineries entre femmes, qui sont vraiment savoureuses.

J'ai donc lu ce livre avec plaisir, une lecture délassante et plutôt agréable. Dire qu'il m'aura laissé un souvenir impérissable, j'en doute, d'autant qu'ayant lu également Les vieilles de Pascale Gautier, une histoire dans le même genre, je l'ai trouvé beaucoup plus amusant, plus proche et plus crédible aussi...

Alors, ne pouvant pas vous dévoiler la fin, et c'est ce que j'ai le plus aimé, je vous conseillerait de le lire !
Lien : http://mazelannie.blogspot.f..
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Mon avis : Après une petite série de thriller, j'avais envie de lire autre chose et c'est en parcourant ma whish list que j'ai jeté mon dévolu sur le livre de Leslie Larson qui me faisait de l'oeil depuis un bout de temps. Hop ! je l'ai piqué dans la biblio de ma mère et je suis bien contente car j'ai passé un très bon moment en compagnie de Cora Sledge.

Cora, c'est quatre vingt deux ans, cent trente kilos, un caractère bien trempé, une fumeuse invétérée et une adepte des cachets en tout genre surtout les anti-dépresseurs qu'elle sème aux quatre coins de la maison. Voyant que son état de santé se dégrade de jour en jour, ses trois enfants ne lui laisse pas le choix c'est direction la maison de retraite "Les palisades". Pour Cora c'est une chute dans un puits sans fond.

Au fil des jours, sevrée de tous cachets, Cora va sortir de sa brume médicamenteuse et tout voir d'un oeil neuf, elle va s'ouvrir aux autres, perdre quelques kilos et noircir des cahiers en racontant sa vie.
Une vie d'ailleurs assez triste : sa naissance où on lui donna le surnom de "Crapaud", ses déceptions sentimentales, ses déménagements, la naissance de ses enfants, jusqu'à la mort de son mari Abel mais au fil du temps Cora prend de nouveau goüt à la vie, sa rencontre avec Vitus va la transformer.

Un livre sur la vieillesse, c'est quelquefois triste ou parfaitement marrant. Tout au long du livre nous allons côtoyer tout ce que fait de la maison de retraite un panel représentatif de notre société : le ronchon, le cleptomane, le fugueur ...

C'est bien écrit et facile à lire, un livre qui pouvait que se terminer en happy end. C'est dommage mais en relisant la quatrième de couverture, j'ai trouvé qu'elle en disait beaucoup trop.
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
C'est ma petite-fille Emma qui m'a donné ce cahier. La couverture est en toile à sac. Dessus, il y a une fleur séchée violette et, à l'intérieur, toutes les pages sont blanches. Je suis censée trouver ça beau. Le stylo violet qui va avec colle autant aux doigts que du chewing-gum mâchouillé. «Comme ça, tu n'auras pas mal à la main, mamie», m'a dit Emma. Je me suis mise à rire. La pauvre petite, si elle savait où ma main a pu se fourrer en quatre-vingt-deux ans, et pour quoi faire ! Mais bon, je suis restée polie et, de mon ton le plus aimable, je lui ai demandé à quoi ce truc pouvait bien me servir. «A noter tes pensées. Des souvenirs, des réflexions que tu aurais envie d'écrire. Un poème, peut-être, ou une impression qui a de l'importance pour toi.»
Cette gamine m'a toujours exaspérée.
Ils se sentent tous coupables parce qu'ils m'ont mise ici, alors ils font ce qu'ils peuvent pour que je ne perde pas la boule. Pour Noël, j'ai aussi eu un puzzle (comme perte de temps, il n'y a pas mieux) et un nécessaire à broderie (j'ai toujours eu horreur de ça). Dean, mon fils, m'a même offert des albums à colorier avec trois races de chiens : un caniche, un colley et un berger allemand. Ils me croient demeurée, retombée en enfance, ou quoi ?
Alors là, ils ne me connaissent vraiment pas.
J'ai laissé tramer ces cadeaux dans la salle de détente, et ils ont été chipés en un rien de temps. Le cahier, je l'ai glissé dans le tiroir du haut de ma coiffeuse en me disant que je pourrai toujours en arracher des pages si j'ai besoin d'un bout de papier. Ce machin est aussi gros qu'une fichue bible. Je ne vois vraiment pas comment une personne saine d'esprit arriverait à le remplir. Et puis, ce matin, je me suis levée tôt, le jour commençait à peine à filtrer à travers les stores. D'habitude, avec mes pilules, je suis assommée jusqu'au petit déjeuner, à l'heure où, en déambulateur ou en fauteuil roulant, le troupeau se dirige lentement vers la salle à manger. Mais ce matin, tout était calme. Personne n'appelait de son lit, personne ne donnait de grands coups en passant la serpillière. Les téléphones ne sonnaient pas encore au poste des infirmières, les jardiniers ne déplaçaient pas les feuilles avec leur maudite souffleuse, et les camions de livraison ne stationnaient pas devant ma fenêtre, moteur en marche.


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"Vous avez déjà remarqué ces réclames dans les magazines ? Avant, après ? On vous montre les photos d'une grosse dondon en short avec des cuisses bien grasses, un ventre proéminent et des nichons qui pendent jusqu'aux genoux ? A en juger par ses cheveux, on a l'impression qu'un cyclone est passé par là, et elle a une mine aussi avenante que si son chat venait de se faire écraser. A côté, on voit une petite chose en pantalon moulant, avec un cul pas plus gros qu'une boule de glace, des nénés qui remontent sous son menton et un ventre plus plat qu'une planche à repasser. Celle-là, on ne pourrait pas lui pincer un centimètre de peau. Coiffure et maquillage sont parfaits, et elle sourit d'une oreille à l'autre. Qui ne le ferait pas d'ailleurs, avec cette silhouette ? Impossible de croire que les deux photos représentent la même personne. Eh bien voilà, c'est mon cas."

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J’ai expliqué qu’on m’avait pris mon chez-moi et ma chienne, et qu’on m’avait collée ici pour ne plus s’embêter avec moi. J’ai embrayé sur cette institution qui ne vaut pas beaucoup mieux qu’une prison, sauf que, pour aller en taule, il faut violer la loi, alors qu’ici, le seul crime qu’on ait pu commettre, c’est d’avoir vécu trop longtemps, de tomber et de se casser une jambe ou d’oublier une casserole de soupe sur le feu.
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C'est ma petite-fille Emma qui m'a donné ce cahier. La couverture est en toile à sac. Dessus, il y a une fleur séchée violette et, à l'intérieur, toutes les pages sont blanches. Je suis censée trouver ça beau. Le stylo violet qui va avec colle autant aux doigts que du chewing-gum mâchouillé. « Comme ça, tu n'auras pas mal à la main, mamie », m'a dit Emma. Je me suis mise à rire. La pauvre petite, si elle savait où ma main a pu se fourrer en quatre-vingt-deux ans, et pour quoi faire ! Mais bon, je suis restée poli et, de mon ton le plus aimable, je lui ai demandé à quoi ce truc pouvait bien me servir. « A noter tes pensées. Des souvenirs, des réflexions que tu aurais envie d'écrire. Un poème, peut-être, ou une impression qui a de l'importance pour toi. »
Cette gamine m'a toujours exaspérée.
Ils se sentent tous coupables parce qu’ils m’ont mise ici, alors ils font ce qu’ils peuvent pour que je ne perde pas la boule. Pour Noël, j’ai aussi eu un puzzle (comme perte de temps, il n’y a pas mieux) et un nécessaire à broderie (j’ai toujours eu horreur de ça). Dean, mon fils, m’a même offert des albums à colorier avec trois races de chiens : un caniche, un colley et un berger allemand. Ils me croient demeurée, retombée en enfance, ou quoi ?
Alors là, ils ne me connaissent vraiment pas.
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Je lui ai expliqué qu'on m'avait pris mon chez-moi et ma chienne, et qu'on m'avait collée ici pour ne plus s'embêter avec moi. J'ai embrayé sur cette institution qui ne vaut pas mieux qu'une prison, sauf que,pour aller en taule, il faut avoir violer la loi, alors qu'ici, le seul crime qu'on ait pu commettre, c'est d'avoir vécu trop longtemps, de tomber et de se casser une jambe ou d'oublier une casserole de soupe sur le feu.
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Bons baisers de Cora Sledge - Leslie Larson Marque Page 08-04-2011
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