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EAN : 9782266307925
304 pages
Éditeur : Pocket (02/04/2020)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.81/5 (sur 164 notes)
Résumé :
Jeanne a été placée en maison de retraite par ses enfants. Et le pire, c'est que chacun se renvoie la balle pour déterminer qui a été à l'initiative de cette mascarade.
Elle a beau avoir 81 ans, une ribambelle de petits-enfants et des tonnes de carnets noircis au fil du temps, preuves de son (très) long passage sur Terre, elle n'a pas dit son dernier mot. Son plan : simuler la démence et les rendre tous dingues.
Sauf que, ce lieu dans lequel elle ne vo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (77) Voir plus Ajouter une critique
SZRAMOWO
  17 mai 2019
«Je garderai le reste pour moi. Comme tout ce qui est unique et magnifique, on ne peut jamais en retranscrire la magie sans en perdre un peu entre les lignes. Les mots ne peuvent pas être toujours à la hauteur.»
Ainsi s'exprime Jeanne, après sa «sieste coquine» avec Paddy, un Anglais de Manchester qui réside dans la même maison de retraite de Lyon où l'ont «placée» ses enfants.
L'héroïne des Sales Gosses, 82 ans bientôt, a vécu sa vie pour André son mari, psychiatre, qui la trouvait futile et ses cinq enfants devenus grands, qui la considèrent maintenant comme une incapable au sens juridique et psychologique.
C'est un sujet sensible et délicat qu'a choisi de traiter, Charlye Ménétrier McGrath
celui de ce qu'il faut bien convenir d'appeler la vieillesse et la retraite ce mot français horrible dont le sens illustre tout à fait la place des «aînés» en France, bien loin des jubilados espagnols, des pensionnés allemands, ou des émérites polonais.
Jour après jour, heure après heure, nous lisons le journal de Jeanne où elle rapporte ses sentiments face à ce qu'elle vit et évoque des souvenirs du passé en contrepoint.
Le récit se déroule du samedi 4 janvier au dimanche 6 avril.
Dans les premiers jours de son arrivée à la résidence retraite, Jeanne se révolte pour faire payer à ses enfants leur décision. Il faut dire qu'ils n'y sont pas allés de main morte. Elle n'a plus accès à ses comptes bancaires, ses affaires se retrouvent dans des cartons sont entassés dans le garage de sa fille, et tout est à l'avenant. Elle n'a même plus son répertoire tléphonique.
Cette première partie du récit illustre très bien, avec réalisme et humour, les relations parents âgés/enfants adultes, petits enfants.
Jeanne décide de surjouer le rôle dans lequel ses enfants veulent la cantonner.
«Depuis je me délecte et je jure comme un charretier. Ces crétins ne devraient pas tarder à ajouter le syndrome de Gilles de la Tourette à mon dossier.
Finalement mon seul regret est d'être restée polie si longtemps.»
«Quel cauchemar ce Noël en famille. J'ai bien cru que je n'y survivrais pas.»
Jeanne ne supporte pas l'auto-satisfaction de sa belle-fille Marjonaine et pense « Combien d'assiettes ai-je remplies, mis, ces soixantes dernières années, sans réclamer de laurier ? le résultat m'a fait rourner la tête (...) j'ai lâché :
cent-quatre-vingt-dix-sept mille cent.»
Ambiance !
Le style est drôle, parfois outrancier mais pas trop. Réaliste avec juste ce qu'il faut d'exagération.
J'ai trouvé la suite du récit moins percutante. Plus convenue. Trop pleine de bons sentiments.
Jeanne s'ouvre sur les autres résidents de son âge et admet que sa vie peut prendre un nouveau départ à condition qu'elle accepte sa condition.
Elle est adoptée par «la Bande», Léon, Lucienne, Jo, Paddy, Loulou vivent à cent à l'heure, capables d'écluser deux litres de rhum arrangé en une soirée, et de festoyer presque toutes les nuits jusqu'à plus d'heure. C'est une découverte pour Jeanne, et pour ses enfants aussi, qui lui reproche pratiquemment d'être une mère indigne.
La relation sentimentale avec Paddy est pour eux la goutte qui fait déborder le vase.
«Manchester ! Non mais, n'importe quoi ! Et on peut savoir ce que tu vas faire en Angleterre ? Non, attends, laisse-moi deviner, une escapade romantique avec Paty ? a demandé Auguste d'un air faussement outré.»
Installée dans sa nouvelle vie, Jeanne analyse par comparaison ce qu'avait été sa vie avec son mari André. « (...) toute ma vie ressemblait à ces gateaux au glaçage miroir. (...)» dit-elle, beaucoup d'effet mais une déception lorsqu'on en mange une bouchée.
Le récit prend un tour totalement nouveau, on découvre que Jeanne était entourée « d'un ramassis de crevures » comme elle s'est maintenant autorisée à s'exprimer.
La bande pratique une dynamique de groupe permanente avec l'institution du «vendredi des regrets» séance au cours de laquelle chacun doit rapporter ce qui a raté dans sa vie passée.
Jeanne et Paddy, avant de décider de vivre ensemble, doivent régler ces événements de leur vie passée qui pèsent encore dans leur coeur.
Le roman se perd un peu dans la description des regrets de chacun des membres, même si la façon dont la bande et Jeanne en particulier décide de donner une seconde chance à Loulou lui permettant de revenir sur son regret (je ne le dévoile pas volontairement) sert de trame principale au récit.
La fin du roman part en vrille avec un flot d'événements plus miraculeux les uns que les autres comme notamment le passage de la bande à Vivement Dimanche de Michel Drucker...
L'épilogue donne une explication au côté fragmenté du roman et à l'impression de juxtaposition de plusieurs histoires dont le lien n'est pas toujours évident.
En effet, le roman, précise l'éditeur, est inspiré de la nouvelle de l'auteur qui a été primée par e-crire au féminin en 2016, nouvelle qui correspond à la première partie du roman traitant de la réaction de Jeanne à la décision de ses enfants.
En conclusion, le roman aurait gagné à être plus court, la lecture n'en est pas désagréable, mais j'ai ressenti une impression de «too much» face à certains événements rapportés ou vécus par Jeanne et aux sentiments qu'elle éprouve en comparant sa nouvelle vie à son ancienne.
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Elodieuniverse
  01 juillet 2019
Jeanne est un personnage espiègle et qui au fil des pages va se révéler. Elle vient d'une famille bourgeoise et, toute sa vie, elle s'est occupée de toute la famille, de son mari, de ses enfants, de ses petits enfants... et voilà le remerciement? Une maison de retraite? Elle se retrouve dans cette résidence, sans portable avec ses enfants qui veillent sur elle comme si elle avait à nouveau 10 ans. Colère, vengeance seront ses premiers sentiments. Puis, elle va rencontrer la bande de la résidence. Léon, Lucienne, Paddy, Loulou et Joseph vont devenir bien plus que des amis. Confessions, soirées, virées et apéros...à leur contact, Jeanne va se rendre compte qu'elle a mené une vie un peu trop lisse, sans risque. Amour, famille, amitié. C'est décidé pour Jeanne, il est temps de profiter de la vie, du temps qu'il lui reste et surtout de faire la paix avec son passé. Cette histoire est drôle et pétillante. Les dialogues sont souvent "cash" et sans langue de bois. On rit oui, beaucoup, mais c'est aussi une histoire pleine d'émotions. (...)
Ma page Facebook Au chapitre d'Elodie
Lien : http://auchapitre.canalblog...
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bookaddict02
  29 octobre 2020
Ce livre est un véritable coup de coeur. J'ai littéralement adoré cette lecture qui est à la fois drôle, émouvante, pétillante et surprenante. Je découvre cette auteure et je crois que je lirais d'autre roman de Charlye Menetrier McGrath elle arrive à écrire sur un sujet grave et de le traité avec légèreté et bienveillance. La plume fluide et addictif de l'auteure donne une lecture aisée et agréable.
J'ai beaucoup aimé tous les personnages qui sont touchants on a envie de faire partie de cette bande. Voila un excellent roman pour se détendre en cette période de confinement.
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daniel_dz
  10 septembre 2020
L'histoire de Jeanne, octogénaire, nouvelle arrivée dans une maison de retraite. Un tiers burlesque où Jeanne se fait Tatie Danielle contre ses enfants et petits-enfants qui l'ont placée là. Deux tiers feel good où Jeanne profite de la vie comme jamais, avec ses nouveaux amis. Et une fois le livre refermé, après un divertissant moment de lecture, on réfléchit sur l'image que l'on se fait des personnes âgées.
La couverture de ce livre indique « Entre ‘Tatie Danielle' et ‘Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire'. Pour « Tatie Danielle », je suis d'accord: je me suis en effet bien amusé en voyant Jeanne bien décidée à simuler une démence sénile pour faire tourner en bourrique ses enfants, histoire de se venger d'avoir été placée dans une maison de retraite. C'est amusant !
Mais peu à peu, on quitte ce mode burlesque lorsque Jeanne commence à se lier à quelques autres pensionnaires de son âge, qui ensemble deviennent « la bande ». Là, on entre dans un mode feel good: Jeanne s'autorise enfin à prendre soin d'elle-même autant qu'elle a pris soin de sa famille dans le passé. Elle se laisse séduire par un homme attentionné, elle s'amuse avec ses nouveaux amis de « la bande ». Tout cela est joyeux et bon enfant. Il ne s'agit pas de personnes âgées qui chercheraient inconsidérément à retrouver la jeunesse. Il s'agit plutôt d'un groupe d'amis solidaires qui acceptent les limites que l'âge leur impose et qui se soutiennent et s'encouragent à oser réaliser l'un ou l'autre rêve et à tirer un maximum de bonheur de leur quotidien.
« Feel good » ? Parfois Irréaliste ? Oui, sans doute. Mais peu importe. On se laisse baigner dans l'optimisme et, dans ce monde de brutes, ça fait du bien ! Et puis à la fin, on ne peut s'empêcher de faire son petit examen de conscience et de se demander s'il ne nous arrive pas de parfois de considérer que « ça ne se fait pas », pour un octogénaire, de tomber amoureux ou de vouloir s'amuser « comme un jeune ». Comme si l'âge rendait inéluctablement inerte et réservé.
Le livre braque également le projecteur sur les enfants, devenus adultes, qui délaissent leurs parents devenus âgés. On peut bien entendu s'offusquer de leur ingratitude ou de leur manque de bienveillance. Mais l'aspect qui moi, me dérange le plus, est que ces enfants-là n'assument pas leur propre attitude. Ils pourraient vouloir délaisser leurs parents, pour un tas de raisons, qui sont peut-être bonnes, et assumer ce choix. Mais non, ils vont plutôt se donner bonne conscience en trouvant une maison de retraite et en se persuadant qu'ils y sont bien soignés et que les visites ne doivent pas être fréquentes. Mission accomplie. Ils se sentent irréprochables.
Elle m'a inspiré ça, cette lecture qui pourrait sembler facile… À vous de juger !
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Melieetleslivres
  28 mai 2019

Je recopie la 4e de couverture (le dos du livre) ici :
"Jeanne a été placée en maison de retraite par ses enfants. Et le pire, c'est que chacun se renvoie la balle pour déterminer qui a été à l'initiative de cette mascarade.
Elle a beau avoir 81 ans, une ribambelle de petits-enfants et des tonnes de carnets noircis au fil du temps, preuves de son (très) long passage sur Terre, elle n'a pas dit son dernier mot. Son plan : simuler la démence et les rendre tous dingues.
Sauf que, ce lieu dans lequel elle ne voyait qu'hostilité va lui révéler bien des surprises...
En prenant part, d'abord sur la pointe des pieds, puis avec une ardeur qu'on ne lui connaissait pas, aux rendez-vous mensuels d'une clique de pensionnaires plus agités qu'une colonie de vacances, Jeanne va réveiller des pans de sa personnalité qu'elle pensait à jamais enfouis : la curiosité, l'espoir... et surtout : l'audace. Qu'on se le dise : au " jeu des regrets " de l'avant-dernier vendredi du mois, rien n'est jamais perdu."

J'ai lu ce livre sans a-prioris, il est décrit comme "feel good book" (livre qui fait se sentir bien), je me disais que peut-être, ça pouvait être un bon livre pour l'été. le style est un peu artificiel, c'est mon ressenti, mais la première partie, dans laquelle Jeanne, 80 ans, fait semblant de perdre la boule, c'est assez amusant.
Mais. Mais cette femme, décrite comme mère et grand-mère accomplie, qui n'a pas d'amis parce qu'elle a consacré sa vie à feu son mari, puis à sa famille, devient par l'opération du Saint Esprit une femme adulée par un petit groupe d'octogénaires de la maison de retraite où elle a été placée. Cette invraisemblance n'est que la première de tout le livre. Elle en parle, deux jours après avoir fait leur connaissance, comme "ma bande". Ou "Ce cher Loulou". Ce Loulou qui rêvait de chanter dans les années 60, qui est appelé par l'Olympia pour remplacer la première partie d'un concert de rap. Donc là, il chante, et devient un phénomène pour la région, puis la France, et cette "petite bande" est même invitée chez Michel Drucker, dans "Vivement Dimanche".
Il y a tellement d'incohérences dans le récit que j'ai fini par ne plus les noter. Il y a des histoires de famille, des histoires de secrets, de vagues amourettes pour dire qu'à cet âge on peut encore aimer (ça doit être ça, le "feel good"). Une chose qui m'a agacée au plus haut point, c'est l'appellation du directeur de la Maison de Retraite. À longueur de temps "il faut demander à Monsieur Boris", "Monsieur Boris a été mis au courant que.."..... Mais ! Même pas Mr, MONSIEUR BORIS en toutes lettres. Si ça ne vous fait pas penser à un nom de proxénète lié à la mafia albanaise, je veux bien être pendue.
Cette petite bande de trois hommes et deux femmes se met à sortir, aller dans les plus grands restaurants, les meilleurs salons de thé, se fait des soirées à la maison de retraite dans la chambre de Jeanne, et ils boivent tous comme des trous. Ils font des voyages, sur les traces de leur passé, et d'un coup semblent avoir plus d'énergie que leurs enfants de 60 ans. Je trouve aussi que les personnages secondaires sont à peine ébauchés, les décors également, on a grand mal à situer les évènements.
En fait, l'auteur a été primée par e-crire de AuFéminin, pour une nouvelle, qui était juste le départ de ce livre. Elle l'a reprise et développée, mais c'est trop artificiel, incongru, ds incohérences, le langage également est ampoulé lorsque Jeanne ou l'un de ses amis parlent, et d'un coup on lit : "Quelle bande de cons" ou "Espèces de crevards".... c'est quite shocking.
Voilà, vous avez mon avis, c'est une histoire assez humoristique et pleine de tendresse pour ceux qui arrivent à passer au-dessus du style et des incohérences. Par contre, pour moi, je trouve ça.... (nul).


Les sales gosses - Charlye Ménétrier McGrath editions Fleuve, mai 2019, 262 pages, 17,90€
Lien : https://melieetleslivres.wor..
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Citations et extraits (35) Voir plus Ajouter une citation
zazimuthzazimuth   22 avril 2020
- Tu as quatre-vingt-deux ans. Qu'est-ce que tu attends de la vie ?
- Je n'attends rien, chérie. J'ai attendu toute ma vie, justement. Je comprends seulement maintenant qu'il n'y a rien à attendre. Il faut tout aller chercher par soi-même. Tu passes ta vie à attendre que la roue tourne. Eh bien, tu sais quoi, la roue, c'est à toi de la faire tourner. C'est bête parce que moi, ça, je ne le comprends qu'aujourd'hui. (p.146)
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Linka16Linka16   22 juillet 2020
Il y avait ici un ingénieur, des commerçants, un dentiste, des ouvriers, des mamans, un pianiste, une étudiante en biologie sous-marine. J'ai compris à ce moment précis que, jusqu'à ma rencontre avec Lucienne, je n'aurais sans doute vu en eux que des sans domicile fixe.
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NadaelNadael   13 août 2019
« Je m’appelle Jeanne Legaud, j’ai quatre-vingt-un ans, cinq enfants, dix petits-enfants et treize arrière-petits-enfants. J’ai consacré ma vie à ma famille et j’étais persuadée, jusqu’à peu, d’avoir été une bonne mère. Depuis que je suis ici, j’émets certains doutes. Si j’avais bien fait mon travail de maman, ces sales gosses ne m’auraient pas jetée ici. Il y en aurait eu au moins un pour s’opposer à cette hérésie familiale, non? »
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charlottelitcharlottelit   31 juillet 2020
C'était tellement agréable cette sensation d'être utile,
au coeur des choses.
Ces dernières années, je me suis sentie si souvent mise à l'écart
par ma famille.
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zazimuthzazimuth   22 avril 2020
Nous n'avons plus de temps à perdre avec les plaintes, les regrets, les hésitations. A nos âges, nous sommes libérées de toutes les contraintes qui pourrissent la vie des hommes, qui ont pourri nos propres vies pendant quatre-vingts ans. (p.58)
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Vidéo de Charlye Ménétrier McGrath
Interview Charlye Ménétrier McGrath : "Les sales gosses".
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