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EAN : 9782369560784
256 pages
Éditeur : Editions Intervalles (17/05/2019)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 9 notes)
Résumé :
Clémence, une jeune cinéaste française, part au Mozambique pour réaliser son premier documentaire. Seule, sans expérience ni budget, elle veut recueillir le témoignage de Chiliens qui, exilés de la dictature de Pinochet dans les années 1970, sont allés se mettre au service de la révolution dans cette ancienne colonie portugaise et ont participé à la construction du jeune État indépendant. À travers le récit de cette quête parsemée d’embûches digne de Lost in la... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
FeyGirl
  02 octobre 2019
Je remercie les éditions Intervalles et Babelio pour l'envoi de ce livre.
Présenté comme un « premier roman », il est en réalité le carnet de voyage de l'auteure — qui se rebaptise Clémence pour l'occasion — partie au Mozambique pour réaliser un documentaire sur les exilés révolutionnaires chiliens accueillis dans ce pays dans les années 70 et 80. Clémence atteint seule Maputo, sans budget ni contacts, et sans vraie idée de scénario pour son projet.
La grande qualité de ce livre est son écriture extrêmement fluide qui, couplée à des chapitres très courts, nous offre un « page turner ». L'auteure arrive ainsi à nous intéresser aux plus petits détails de sa vie sur place, et à nous rendre compte de l'ambiance qui l'entoure.
Nous découvrons avec elle le délabrement des infrastructures, la chaleur, et surtout la corruption qui gangrène le pays, des forces de l'ordre aux administrations. J'ai été étonnée qu'aux premiers jours de sa présence dans ce pays, Clémence ne semble pas comprendre que les demandes des policiers sont des bakchichs, comme si elle avait encore la naïveté d'une Européenne. La jeune réalisatrice perd un temps fou à obtenir des autorisations qu'elle ne peut pas « payer », car elle n'a pas de soutien financier.
Elle arrive peu à peu à contacter des Chiliens, la plupart se montrant chaleureux, voire amicaux. J'ai été amusée de constater que ces anciens révolutionnaires aux convictions sincères avaient parfois des employés de maison ou des chauffeurs. Mais au détour de certaines conversations, perce la désillusion face à la montée de l'insécurité dans ce pays qu'ils ont voulu aider à construire, ou devant les engagements non tenus, comme ce professeur d'université qui attend le billet promis pour rentrer chez lui. En effet, ces déracinés aiment le Mozambique, mais certains désirent rentrer « chez eux ».
J'aurais aimé, toutefois, que l'auteur nous livre quelques réflexions sur la situation politique ou sociale dans le pays… car combien de lecteurs français connaissent le Mozambique ? C'est le principal regret que j'ai eu à la lecture de ce récit, j'aurais souhaité y apprendre des informations sur le contexte. Il faut faire des recherches sur internet pour apprendre que le Mozambique est l'un des pays les plus pauvres du monde. Cependant, à la fin du livre le sujet de la dérive totalitaire du début des années 80 est rapidement évoqué, Clémence se remémorant une interview qu'elle avait faite au Chili. Avec le témoignage précédent du vieux professeur bloqué dans le pays, c'est un moment fort du livre, mais fugace quand on comprend que les exilés chiliens préfèrent ne pas prendre position.
Il n'en reste pas moins que ce fut une lecture très agréable, qui donne envie de voir le documentaire que cette jeune auteure a réalisé malgré les embûches.

Lien : https://feygirl.home.blog/20..
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Balthazar21
  01 octobre 2019
Un grand merci à Babelio & Masse Critique qui m'ont permis de faire connaissance avec Clémence, jeune cinéaste française qui, rentrée en France, a la nostalgie d'un voyage découverte au Chili où elle a appris que, lors de la dictature Pinochet, des chiliens communistes ont fui leur pays pour le Mozambique où ils ont essayé, par idéalisme, d'aider la jeune république communiste à s'en sortir une fois les colons portugais rentrés chez eux ... les missionnaires du XXième siècle !
Clémence nous emmène donc dans toutes ses tribulations à Maputo où elle désire faire un reportage ciné sur ces exilés du Chili ...
Cette quête est autobiographique, et grâce à une écriture primesautière, l'auteure nous maintient dans le rythme et nous fait vivre les affres d'une jeune femme inexpérimentée qui se heurte à l'inertie d'une administration corrompue afin d'obtenir les diverses autorisations afin d'avancer dans son projet.
Elle est encore idéaliste alors que les témoins chiliens qu'elle interviewe ont bien sûr dépassé cet âge innocent et sont quelque peu blasés de leur vie assise entre un pays qui n'est plus le leur et ce nouveau pays qui n'est toujours pas le leur ...
Intéressant à lire.
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YvPol
  02 juillet 2019
Ce livre est présenté comme un roman, il doit cependant s'appuyer sur l'expérience de l'autrice qui a réalisé un documentaire sur le thème évoqué, en 2009, intitulé Khanimambo Mozambique. Elle explique très bien que le coup d'état de Pinochet (1973) correspond à l'indépendance du Mozambique (1975) et que les arrivées des Chiliens se sont toutes produites à la fin des années 70. "Dès que l'indépendance a été déclarée, en 1975, les colons portugais ont dû fuir par peur des représailles. Ils sont partis du jour au lendemain pour sauver leur peau. Et le pays s'est retrouvé sans professionnels. Il n'y avait plus de médecins, plus d'ingénieurs, plus d'économistes. Plus aucune personne formée. Parce que pendant la colonisation, les Portugais occupaient tous les postes à responsabilité et ne formaient pas les Mozambicains. [...] A cette époque, il y avait des exilés chiliens dans le monde entier à cause de la dictature. le Parti Communiste chilien a donc signé un accord avec le gouvernement mozambicain pour envoyer des spécialistes." (p.56) Voilà pour le thème du documentaire que, pour ma part, j'ignorais totalement.
Le livre est ensuite le parcours de la jeune cinéaste pour tout simplement vivre dans un pays qu'elle ne connaît pas et qui a des us et pratiques bien particuliers. Heureusement, Alberto, son colocataire la guidera et lui donnera des conseils en même temps qu'il sera un soutien dans les moments de doute. Car doutes il y aura, tant la tâche est ardue. Tenter de faire un reportage, seule, sans argent, dans un pays où tout se monnaye, de l'amende pour excès de vitesse fictif aux demandes administratives multiples, pour avoir notamment le droit de filmer dans les lieux publics. Français qui vous plaignez des lenteurs et des méandres de l'administration de notre pays, lisez les pages 203 à 211 et vous relativiserez votre point de vue initial. On est forcé de rire, parce que Constance Latourte rend cette épreuve assez comique en jouant notamment avec le style : des phrases normales, puis de plus en plus courtes pour finir quasiment avec des phrases uninominales. Mais j'imagine qu'à vivre, ça doit être l'enfer.
Tout cela donne un roman bien agréable sur la gestation d'un documentaire en zone si ce n'est hostile au moins difficile, un documentaire que je verrais volontiers maintenant que j'en sais un peu plus sur le thème, grâce à ce livre et sur les étapes qui ont marqué sa réalisation.
Lien : http://www.lyvres.fr/
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Marieemmy
  22 septembre 2019
Lors de recherches sociologiques réalisées au Chili en 2006, Constance Latourte effectue un travail de documentation approfondi sur la dictature de Pinochet et les trajectoires d'exil des militants de la gauche chilienne (1973-1990). Elle recueille alors le témoignage d'anciens réfugiés politiques ayant vécu au
Mozambique pendant leur exil et se passionne pour ce sujet. En 2008 et 2009, elle séjourne à Maputo pour approfondir ses recherches sur le Mozambique postcolonial et part à la rencontre de ceux qui, malgré le retour de la démocratie au Chili, ont décidé de s'installer durablement dans leur pays d'accueil. Mue par le désir de faire connaître cette histoire singulière, elle décide de faire un livre.
Elle relate ici le désir de Clémence et ses difficultés, une fois sur place, pour mener à bien son projet. Solitaire, sans trop d'argent, elle va se heurter aux problèmes financiers, administratifs et politiques.
Mais aczce sa détermination, elle va y parvenir..
On y découvre aussi une version autre du Mozambique..
Je n'ai pas été vraiment emballée par cette histoire même si elle est très intéressante. Il manquait un peu de rythme à mon goût.
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boubili
  24 octobre 2019
Merci à masse critique et à Babelio pour m'avoir envoyé ce livre.
Clémence, une jeune française, part s'installer 6 mois au Mozambique pour réaliser un documentaire sur les réfugiés chiliens au Mozambique des années 70. Dans ce premier roman, qui ressemble plutôt à un carnet de voyage, l'autrice nous emmène dans ses valises et on la suit pas à pas dans ces aventures. On y découvre avec elle les difficultés administratives, la corruption, mais aussi la difficulté à mener des interviews dans le cadre de son documentaire.
J'ai aimé découvrir cette histoire chilienne au Mozambique mais je n'ai pas trouvé que les interviews et que les histoires des intéressés étaient assez développées. Les aspects négatifs de la période Samora Machel ne sont que brièvement évoqués à la fin du livre.
Le livre se lit très rapidement, l'écriture est fluide. Mais j'aurais aimé plus de contexte historique.
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
Balthazar21Balthazar21   28 septembre 2019
Dès que l'indépendance a été déclarée, en 1975, les colons portugais ont dû fuir par peur des représailles. Ils sont partis du jour au lendemain pour sauver leur peau. Et le pays s'est retrouvé sans professionnels. Il n'y avait plus de médecins, plus d'ingénieurs, plus d'économistes. Plus aucune personne formée.
Commenter  J’apprécie          10

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