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EAN : 9784621002582
Éditeur : Le Livre qui parle (26/03/2018)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.79/5 (sur 538 notes)
Résumé :
[LIVRE AUDIO]

Sylvain Tesson parcourt le monde. Dans les steppes d'Asie centrale, au Tibet, dans les forêts françaises ou à Paris, il marche, chevauche, escalade, bivouaque dans un arbre ou sous un pont, construit des cabanes. Cet amoureux des reliefs poursuit le merveilleux et l'enchantement. Dans nos sociétés de communication, il en appelle à un nouveau nomadisme, à un vagabondage joyeux.
Ce Petit traité sur l'immensité du monde est un précis... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (64) Voir plus Ajouter une critique
joedi
  24 juillet 2017
Un recueil dans lequel Sylvain Tesson reprend des impressions et des notes consignées dans divers cahiers écrits pendant ses voyages. Dans certains chapitres, il parle de se retirer dans une cabane isolée, ce qu'il fera et que l'on peut lire dans son roman Dans les forêts de Sibérie. Dans le chapitre Sur les vaisseaux de pierre consacré aux escaladeurs de cathédrales dont il a fait partie, il écrit :
“En cas de chute, le grimpeur aura tout juste le temps de se dire qu'«il n'a que ce qu'il mérite», comme le proclamait Philippe Petit quand on lui annonçait qu'un funambule – un de ses frères ! – s'était écrasé." . Quelques années après la parution du Petit traité sur l'immensité du monde, Sylvain Tesson a connu une chute dramatique !
Ce Petit traité sur l'immensité du monde, je l'ai picoré au gré de mes envies de lecture, c'est ainsi que je l'ai apprécié !
Challenge Petits plaisirs 2017 – 167 pages
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le_Bison
  03 février 2021
Petit traité sur l'immensité du monde. Tout est énoncé dans le titre. Ou presque. le voyageur face à l'immensité des terres doit effectivement se sentir tout petit, une poussière. Je me sens d'ailleurs poussière, prêt à m'envoler dans ces lointaines contrées, à travers ces plaines désertiques, aux confins des steppes silencieuses là où seul le vent chante ses mélopées comme une ritournelle sans fin, ou comme un ivrogne un soir de pleine lune.
Perdu dans l'immensité du monde, l'esprit divague, des vagues de pensées qui submergent ton subconscient tel un tsunami dévastateur sur une terre vide. Il faut avoir un putain de courage pour affronter son esprit, seul dans une tempête de poussières ou de neige. Avec pour seuls compagnes, quelques bouteilles de vodka dans son barda, l'errance sans but, voilà de quoi réhabiliter le vagabond romantique. Surtout quand la bouteille est vide…
Qui est ce vagabond romantique, un Sylvain Tesson d'un autre temps ? le vagabond romantique est celui qui prend la route, sans but, sans idée précise ni préconçue. Il erre l'esprit bohème entre les forêts et les clairières ; donc originellement en Bavière. Il dort à la belle étoile ou dans une grange, la main dans la culotte de la fermière – oups mon esprit s'égare dans le vide sidéral de mon âme. Il a toujours un bouquin en poche, une barbe de plusieurs jours, et suit juste le soleil ou la lune, jusqu'au prochain ravitaillement de plaisirs. D'ailleurs le choix du bouquin est intéressant : ce sera « Knulp » de Hermann Hesse, pour Sylvain. Il ne me reste plus qu'à le lire, il est de ces livres aux pages jaunies et parfumées par le temps que la vigueur d'un dépoussiérage ne serait pas inconvenante, sous peine de distiller ces minuscules poussières dans mon verre de Paulaner.
Et où commence le voyage ? Sur une carte que des géographes ont façonnée depuis la nuit des temps, le temps d'un feu dans une grotte. Il a fallu qu'un type, cheveux hirsutes et torse poilu, décide de franchir le pas, celui des ténèbres, et décide de se confronter à ses peurs, à la profondeur abyssale de l'inconnu ou de Dieu pour laisser derrière lui sa femme et son tonneau, et découvrir une autre soif, celle de la découverte et du prochain bistrot ouvert. Ainsi naquit la géographie, avec ses courbes et ses dénivelés, qui tranche avec les courbes de cette jeune slave venu m'accueillir avec une outre de vodka maison dans cette grange que je croyais abandonnée. Outré, je ne le suis pas de ses avances aux confins si reculés.
Mais à force de philosopher, je me perds dans mon inculture, comme un poivrot se perdrait dans une ville fantôme où tous les bistrots seraient à l'abandon. D'ailleurs, autant boire à la belle étoile, hé toi si belle cette lune bleue que j'admire tant lorsque le silence de la nuit impose sa beauté. Demain sera un autre jour – non ce n'est pas le titre du prochain James Bond, quoique – et la marche bohème ou forcée qui m'entraînera sur d'autres sentiers de poussière trouvera ainsi une nouvelle voie, celle qui me mènera peut-être dans les profondeurs d'un puits où la vodka assommera le substitut d'âme qui me reste en éveil, traversée du Gobi ou de la Sibérie.
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Rebka
  19 octobre 2017
Le monde est immense, et moi je suis grave à la bourre. Ça va faire un mois que j'ai fini ce petit traité et je suis à peine en train d'écrire ce billet. Shame on me !
D'un autre côté, avec Tesson, c'est toujours la même chose, je me dis qu'il faudrait vraiment mais vraiment vraiment vraiment que j'arrête d'écrire des billets dans lesquels je dis des trucs qu'après je fais pas, ouais, que je me sorte les doigts de quelque part et que je me mette un bon gros coup de pied au même endroit. C'est vrai merde, c'est quand même très con de se mettre soi-même en situation d'échec et de dire des trucs (ou pire, d'écrire des trucs) qu'on ne va pas faire et qu'on va regretter de ne pas faire et qu'on va se dire que merde il faudrait les faire etc etc… Bref, vous voyez le topo.
Par exemple, quand j'ai fini de suivre Sylvain sur les chemins noirs le 31 décembre dernier, j'ai trouvé judicieux - vu la période - de prendre la résolution pour l'année qui venait de partir moi aussi sur les petits sentiers, de faire le vide dans ma tête, d'écouter le silence, de me sentir toute petite face à l'immensité du monde et aussi de renifler la nuit sous les étoiles. Je n'imaginais pas une traversée de la grande diagonale du vide non plus hein, faut pas pousser (ne pas se mettre en situation d'échec je disais) mais juste un truc à mon niveau, je sais pas moi, une semaine sur un petit bout du Chemin de Compostelle, le plateau du Larzac, Conques, l'Aveyron, bref, du possible, du faisable, du balisé, du pas loin de chez moi en plus. Résultat des courses : l'année n'est plus si nouvelle que ça et qu'est-ce que j'ai fait de tout ça ? Rien. Procrastination sors de ce corps !! Va me falloir un exorcisme là, un sévère en plus.
Alors oui évidemment, je peux me trouver toutes les excuses du monde, j'avais un peu les chocottes de le faire toute seule (hou la peureuse ^^), j'ai mal au genou, je dois me faire enlever un kyste (hou la vieille ^^), je me suis heurtée à la bitchitude de la vie (ouais ben justement c'est l'idée, évacuer en marchant), il a fait trop chaud cet été (hou la suante ^^), il va faire trop vite nuit maintenant (hou l'emmerdeuse ^^). On est bien d'accord, tout ça, c'est du flan, excuses rejetées. Des plumes et du goudron, voilà ce qui m'attend et ce sera bien mérité. J'ai encore 2 mois pour éviter ça, Ô Tesson tu me fous la pression !
Pour en revenir à ce petit traité, il reste dans la lignée tessonesque, ça marche, ça pense, ça bivouaque, ça médite, ça lit, ça marche encore et encore, et parfois même ça prend le train, la moto ou ça grimpe sur le dos d'un cheval. Tiens, ici ça boit un peu moins qu'ailleurs, ou alors c'est pas écrit, on n'est pas obligé de tout écrire non plus. Quoi qu'il en soit, ça bouge, ça s'agite, ça ouvre les yeux, ça explore, ça découvre, ça s'émerveille ou ça se désole, et ça rencontre. On devrait tous faire un stage de Tesson au moins une fois dans sa vie moi j'dis.
D'ailleurs ici, on a carrément un mode d'emploi, surtout à partir du chapitre 11, franchement c'est facile, y'a qu'à tout faire comme c'est écrit. On a même la playlist des bouquins à emporter avec soi, que demande le peuple ?
Du coup, vous me voyez venir, puisque ça à l'air si simple, j'ai plus d'excuse et je vais être obligée de redire un truc que je vais très certainement regretter un jour : moi aussi je vais le faire (marcher et/ou me retirer quelques temps dans une foutue cabane). Et je vais en rajouter une couche : y'a un endroit où je dois absolument aller, le lac Baïkal, o-bli-gé ! (naaan mais quelle conne, quelle conne ! c'est pas possible ! dans quoi je me suis encore fourrée ? en plus des plumes et du goudron je vais finir au pain sec et à l'eau et privée de dessert pendant 78 ans ! Si c'est pas chercher les emmerdes ça…)
Conclusion, lire Tesson ça motive mais attention, ça fout les j'tons. Dépasse toi toi-même et le ciel t'aimera. Mouais, affaire à suivre ;)
Lien : https://tracesdelire.blogspo..
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kuroineko
  03 août 2018
Le petit traité sur l'immensité du monde offre un fort agréable moment de lecture. Sylvain Tesson invite le lecteur à retrouver les plaisirs du nomadisme. S'il cite nombre d'illustres vagabonds volontaires tels Jack London ou Goethe, il parle surtout de sa propre expérience. Il exprime son besoin d'être en mouvement, son refus de l'immobilisme tant physique que moral. Et aussi une bonne part de sa misanthropie. Il donne ses raisons à sa fuite des rassemblements humains, préférant à la grégarité la solitude des vastes steppes, d'une cabane ermitage ou encore la mastication de son cheval.
Son traité se veut presque manuel du parfait wanderer en fournissant des moyens de lutter contre l'ennui cérébral sur les plaines infinies, les livres à emporter pour comprendre la structure et les lignes de forces des paysages traversés - il est géographe de formation après tout. Il rappelle le vagabondage romantique du XIXème siècle où nombre de tenants prenaient la route dans la Mittel Europa.
Si je ne partage pas tous les points de vue de l'auteur - ce qui n'est certainement pas son but, d'ailleurs - j'ai beaucoup apprécié ses propos sur le monde et ses infinies beautés, sur le besoin de le réenchanter, sur la communion qui s'installe entre le cavalier et sa monture, les escapades sur les toits de Notre-Dame de Paris et autres monuments, etc. Son écriture est très plaisante et fluide, émaillée de citations judicieuses et de termes techniques et scientifiques.
Bien sûr, Sylvain Tesson donne envie de chausser ses chaussures de randonnée pour à son tour prendre la route. A son propre niveau, avec l'envie de redécouvrir si besoin la joie de simplement marcher et d'ouvrir grands les yeux. Pas forcément besoin - ni la possibilité d'ailleurs - de partir pour les confins du Kirghistan pour s'émerveiller du vol d'une libellule ou de la douce courbe d'une colline herbeuse.
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Lune
  04 mai 2014
Glisser ce traité dans sa poche.
Opter pour le vagabondage (physique et/ou mental).
Garder l'oeil lucide.
Refuser les pièges d'une société bouffeuse de temps et du Temps.
Ralentir le pas.
Goûter la liberté.
Conserver sa libre pensée.
Agiter le tout en le saupoudrant des mots de Sylvain Tesson et le "petit traité" devient philosophie de poche qui se lit et se relit.
Une bouffée d'oxygène dans un siècle qui court vers un drôle d'avenir si l'on n'y prend garde.
J'ai particulièrement aimé l'analyse de l'humanisme. Elle est parlante et sans concession.
Je suis montée aux barricades à l'évocation des oppressions brutales vécues par trop de femmes.
Je me suis agrippée à l'auteur pour rejoindre le haut des cathédrales et pénétrer dans la "forêt" de Notre-Dame, les yeux écarquillés par le bonheur de croiser les "compagnons" du fond des âges.
J'ai ressenti l'action d'un homme qui recherche la liberté et tente de nous montrer qu'il l'a trouvée dans "l'immensité du monde". Que cela fait du bien...
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Citations et extraits (161) Voir plus Ajouter une citation
lenoir_emilie_72lenoir_emilie_72   07 mai 2021
Les forêts précèdent les peuples et le déserts leur succèdent
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lenoir_emilie_72lenoir_emilie_72   07 mai 2021
Le bivouac est une loge ouverte sur le théâtre du monde
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margomargo   20 avril 2012
L'enfer, ce n'est pas les autres, c'est l'obligation de vivre avec eux. Le mieux consiste donc à construire un donjon solitaire avec le ciment de son rêve suffisamment solide pour que le ressac du monde extérieur s'y fracasse.
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le_Bisonle_Bison   25 janvier 2021
Les vagabonds romantiques allemands cultivaient à la fin du XIXe siècle une certaine manière de voyager. Ils traversaient l'Europe à pied avec l'insouciance d ceux qui ne savent pas le matin dans quelle grange ils dormiront le soir mais s'en contrefoutent. il leur suffisait de se sentir en mouvement, environnés de la beauté des campagnes, avec l'âme ouverte à tous les vents. J'aimerais réhabiliter cette façon de traverser l'existence, en liberté, avec une plume au chapeau, un brin d'herbe entre les dents et des poèmes aux lèvres.
Pour bien vagabonder, il faut peu de choses : un terrain propice et un état d'esprit juste, mélange d'humeur joyeuse et de détestation envers l'ordre établi. le terrain le plus se trouve dans une nature douce : les terroirs tempérés de la Mittle Europa conviennent entre tous, là où s'entremêlent bocages et forêts sombres. Ainsi le vagabond selon que son âme caracole sur le versant obscur ou lumineux de son être balancera de la clairière brumeuse aux chaumes tièdes. l'essentiel pour bien vagabonder est de ne pas le faire dans une nature hostile car la nécessité de survivre aux embûches convoquerait toute l'énergie et ne laisserait au vagabond aucune jouissance de son état de liberté.
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le_Bisonle_Bison   27 janvier 2021
La géographie a été inventée parce que des hommes à l'esprit curieux voulaient comprendre comment s'ordonnançaient les choses à la surface de la terre. Ils entreprirent donc d'en dessiner le portrait. Mais pour dessiner la terre, il faut l'arpenter, nécessité qui a fait des géographes les premiers voyageurs au long cours. Un jour, dans les âges du commencement, l'homme le plus téméraire de la tribu s'est sans doute mis debout devant le feu, a quitté le halo des flammes et disparu dans la nuit. Sa soif de savoir était plus forte que sa crainte de ne rien connaître. En se lançant dans les ténèbres, il faisait acte de géographe. Peut-être est-il revenu quelques mois plus tard pour raconter et alors, se saisissant d'un bâton, il a tracé les limites du monde qu'il avait vu : première leçon de géographie.
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Videos de Sylvain Tesson (93) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sylvain Tesson
Extrait de "Éloge de l'énergie vagabonde" de Sylvain Tesson lu par Léo Dussollier. Parution numérique le 17 décembre 2021.
Pour en savoir plus : https://www.audiolib.fr/livre-audio/eloge-de-lenergie-vagabonde
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