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Critiques sur La Bâtarde (16)
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Myriam3
  23 novembre 2014
La Bâtarde est un roman dérangeant. Autobiographique, il relate sans concession l'enfance, l'adolescence et la vie d'adulte de Violette Leduc, fille puis femme au physique ingrat, au nez prédominant. le roman tourne autour du thème de la honte, de la mesquinerie, la jalousie, mais parle également de souffrance, d'écriture, d'amitié et d'amour.
On y voit naître l'écrivain par le regard de l'enfant qu'elle a été, ce regard qu'elle pose autour d'elle et dont elle se souviendra des années plus tard.
Autour d'elle se profile le Paris d'avant-guerre puis celui de la gueere, des délations et de la résistance. Violette, jeune femme, se lie d'amitié avec Maurice Sachs, pas toujours irréprochable dans ses opinions et agissements, mais aussi avec le couple Beauvoir-Sartre. Elle travaille, écrit, découvre le beau monde.
La Bâtarde est un roman captivant, mais le regard franc, pour ne pas dire impitoyable qu'elle porte sur elle-même laisse au lecteur un sentiment de malaise.
Je n'ai pas vu le film Violette, adaptation de la vie de Violette Leduc, et je ne sais pas si cette impression y est également exacerbée.
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Macabea
  03 avril 2017
La pointe-sèche d'un style exigeant, original, incisif. Une écriture qui veut nommer, tout dire. 'Je voulais tout dire et j'ai tout dit.' VL bourlingue dans d'autres mondes et déploie pour nous une grande valse en éventail. Evasions dans le merveilleux, envolées lyriques éblouissantes. Tonifiantes. Inattendues. Le réel s'épanche en confidences. 'Je rêve et j'interprète', nous dit-elle. Trésors à prendre. A qui sait entendre. Elle touche du doigt un monde qui a besoin d'elle pour se montrer. Elle boit et nous donne à boire. Nous surprend toujours. Connaissance par les gouffres. Violette a une curieuse manière de se livrer. Peu importe, d'ailleurs, ce qu'elle raconte, tout est à prendre. C'est la manière. Un style incomparable. Souci de l'exactitude. Elle s'écorche, s'abîme, pour le mot juste, introuvable. Jamais contente. La fièvre d'une chercheuse d'or. Son écriture pointue, musquée, est un soleil qui ne trahit pas.
Ses combats de boxe. Une atlète de la souffrance, elle l'était, avec Michaux qui écrivait: "quand je ne souffre pas, me trouvant entre deux périodes de souffrance, je vis comme si je ne vivais pas." Mais sa souffrance n'est pas une fin en soi, c'est un procédé, un échauffement, un renfort, une ascèse: 'une terrasse sur une autre chose encore", comme disait Pessoa. 'Un chagrin qui ne sert à rien est grotesque', s'expliquait-elle dans L'asphyxie.
On éprouve de la gratitude, de l'affection, pour cette oeuvre qu'on boit à longs traits. On est à genoux devant Violette et on a pas envie de se relever.
Vraiment, "la nécessité d'apprendre est plus grave, qu'une simple crise de curiosité."
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monito
  26 septembre 2009
Comment devient-on écrivain si on ne l'est pas dès sa naissance ? Dans ce livre de Violette LEDUC, c'est le cheminement d'une femme, d'une enfant qui grandit sans comprendre jusqu'à ses 37 ans. Née au début du siècle dernier, la Bâtarde, narre l'histoire personnelle de V. LEDUC, son enfance délicate, son physique jamais accepté, son attirance pour les deux sexes, son égocentrisme, sa mesquinerie, son spleen, ses doutes, ses rancoeurs, ses amours, ses passions, ses rendez-vous manqués…
Une vie de femme, chahutée, mais au destin tel, que toutes ses rencontres lui permettront de se transformer.
Une écriture rapide, assassine. Eviter la lourdeur, des phrases courtissimes. Violette LEDUC semble toujours vivre du mauvais côté de l'événement. Eternelle insatisfaite, elle paraît trouver et donner un sens à sa vie en s'enrichissant du marché noir dans les années d'occupation. Des femmes, des hommes, traversent son existence, elle les aime mal, trop, ou trop tard. Ils la laissent, face à elle-même, elle qui ne se supporte pas.
La Bâtarde est publiée dans l'édition l'Imaginaire, c'est normal tant à chaque page et souvent aux détours de nombreux délires, on sent le malaise psychologique, parfois psychiatrique.
De belles pages d'introspection sur une nature humaine qui cache son jeu, quand elle est trop laide à voir. Rien n'est enjolivé et pourtant tout ce qu'elle écrit est beau.
Violette écrit pour elle. C'est sa confession, l'autre importe peu et pourtant elle l'interpelle souvent, le lecteur.
C'est la force de ce livre, ne rien cacher, même ce qui relève de l'indicible, croyons-nous, comme si seul face à soi on peut enfin être honnête avec soi (voire) mais le faire pour l'autre comme le chemin d'une liberté qu'on trace, une façon de s'éterniser.
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mariecloclo
  24 janvier 2014
N'ayant pas vu le film "Violette", j'ai préféré lire directement l'auteur." La bâtarde " est un texte en grande partie autobiographique. Elle évoque son enfance, ce père qu'elle n'a pas connu, cette mère qu'elle adore mais qui ne lui accorde pas tellement d'attentions puis la découverte de la sexualité et sa vocation d'écrivain. Un texte fort, des phrases concises. Un personnage entier et tout le temps dans l'excès, au bord de la folie. A découvrir.
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moertzombreur
  16 septembre 2014
« Je suis un désert qui monologue »
Ce roman autobiographique est bouleversant. Elle y raconte son enfance dans l'opprobre, le rejet de sa mère, l'internat, seule sa grand-mère lui apporte un peu de tendresse. Et puis elle raconte sa vie à Paris où elle enchaîne les petits boulots, elle travaille dans l'édition, entre autre. Elle évoque aussi avec une grande liberté sa sexualité, son attirance aussi bien pour les hommes que pour les femmes, ce qui fit scandale lors de la publication du livre. Mais ce qui m'a frappé avant tout c'est l'écriture : un mélange détonnant, des phrases au style somptueux, l'utilisation de métaphores très poétiques, avec un feu qui vous emporte au coeur de ses pensées, et aussi un côté plus brut, des phrases qui se rapprochent plus de la langue parlée, les termes argotique qui apportent une crudité, un côté charnelle. Une écriture totalement libérée, à son image, sa sensibilité, sa tolérance, l'aveu de ses faiblesses et de ses doutes, notamment sur son physique, tout cet ensemble fait de Violette Leduc en devient un "personnage" vraiment attachant, d'ailleurs elle interpelle souvent son "lecteur". Avec son style expressionniste, elle nous parle aussi de la
rédemption qu'elle a pu trouver en écrivant. Elle évoque beaucoup ses amours, et surtout leur impossibilité, l'impression d'être toujours en décalage, et donc souvent renvoyée à elle-même et du mal-être que cela engendre.
"Je me sentis fondre de bonheur et de tristesse. Je le souhaitais sans oser me l'avouer. Oui c'était mon souhait qui n'avait jamais vu le jour. Je lisais mon nom à l'étalage des librairies, c'était une joie et une maladie secrète, c'était l'impossible. Ecrire... Je me sentis molle, toute chloroformée d'incapacité. Toute disponible pour ne rien faire.
Ecrire... (...) Il me demandait de bâtir une maison alors que je n'étais pas maçon. C'était pire qu'un vertige si j'y pensais une seconde avec sérieux."
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carolectrice
  07 juin 2019
Aguichée par le film "Violette" avec Emmanuelle Devos sorti en 2013, j'ai décidé de me plonger dans l'autobiographie romanesque qui l'a inspiré, "La Bâtarde", le plus grand succès de Violette Leduc, découvert et préfacé par Simone de Beauvoir.
Née en 1907 d'une union illégitime, Violette Leduc sera marquée toute sa vie par le sceau de la honte. Enfant laide et souffreteuse, complexée par son nez, à la fois rejetée et surprotégée par une mère maladroite, Violette n'aura de cesse de chercher l'amour, où qu'il se trouve.
La pionnière de l'autofiction nous livre ici son éducation sentimentale et littéraire, dans une langue éminemment musicale et poétique, à travers l'évocation de ses relations saphiques, ses débuts dans l'édition en tant qu'échotière chez Plon, qui lui feront découvrir les grands auteurs de l'époque tels Cocteau, Duhamel, Gide ou encore Proust, ainsi que dans le cinéma, où elle cotoiera de nombreux acteurs. Eternelle insatisfaite, elle nouera une relation ambiguë avec Maurice Sachs, homoseuel comme elle, qui l'incitera à écrire et la fera publier.
J'avoue avoir peiné pour finir ce pavé de 650 pages, de par la densité de l'écriture, pourtant tenue de bout en bout, à laquelle nous ne sommes plus du tout habitués (merci les auteurs contemporains) ! Les 200 dernières pages notamment, dans lesquelles la narratrice évoque dans le détail comment elle a fait fortune dans le marché noir pendant la guerre en faisant du trafic de beurre et de canards entre Paris et la Normandie est un vrai pensum !
Si les malheurs (relatifs) de la pauvre Violette peuvent lasser à la longue, moi j'y ai surtout vu le portrait d'une femme libre et indépendante, féministe avant l'heure, et un écrivain de talent : c'est autre chose que la soupe autofictionnelle que l'on nous sert aujourd'hui à la sauce prix littéraires...
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Jeannepe
  06 janvier 2017
Avec La Bâtarde, Violette Leduc visite son passé sans complaisance aucune. Une vie marquée par la peur absolue de l'abandon : sa mère, sa grand-mère, ses amis, ses amours, toutes relations qui ont vu le jour et se sont consumées dans la tourmente. Celle de ne pas être aimée, de ne l'être pas assez ou pas de la bonne manière, celle de ne pas être l'unique. Cette tourmente est aussi celle de ce premier demi-siècle, modelé par deux grandes guerres.

A la violence mondiale fait échos, mais de manière détachée, celle qui habite les entrailles de l'auteure et prend ici les atours d'une écriture où la mesure n'a pas sa place. Sa puissance entêtante met parfois mal à l'aise, comme on imagine qu'ont pu l'être celles et ceux qui ont côtoyé l'écrivaine. Aucun enjolivement, Violette Leduc se fait miroir d'elle-même et renvoie une image souvent détestable et destructrice. Une misère intérieure qui pourtant émeut, habitée qu'elle est par un désir furieux de vie et de reconnaissance, par une force pesante et sans logique.

Un ouvrage dense à la beauté particulière mais qui procure somme toute un léger soulagement lorsqu'il se clôt.
Lien : https://auxlivresdemesruches..
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5Arabella
  22 juillet 2016
Violette Leduc raconte sa vie, de son enfance jusqu'à la fin de deuxième guerre mondiale. Sa condition de bâtarde d'un fils de bonne famille, ses relations avec sa mère et sa grand-mère, ses maladies, ses expériences en pension, ses premiers amours, puis le début de sa vie professionnelle, son mariage, puis la guerre…

C'est totalement impudique, égocentrique, masochisme presque, tant elle donne un tableau d'elle peu flatteur. Et c'est absolument génial. Elle a une écriture, fabuleuse, enfin des écritures, parce que le livre évolue sur ce plan, comme le personnage. Pas toujours facile ni académique, mais fabuleuse. Pas sûre qu'on aurait aimé la rencontrer dans la vraie vie, parce qu'elle a tendance à phagocyter, les autres sont un peu des marionnettes de son théâtre à elle, où elle est le seul véritable personnage. Mais on ne reproche pas leur égocentrisme aux écrivains hommes, tiens Bukowski, quelqu'un lui en veut pour ça ?

Voilà, c'est drôle, cruel, terriblement sincère. Cela dresse une galerie de personnages, une époque, d'une façon qu'on ne retrouve pas ailleurs avec ce ton-là.

J'ai du mal à comprendre pourquoi elle n'est pas plus reconnue…
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JasmineKaci
  22 septembre 2015
Il m'aura fallu une année pour traverser le livre, autobiographique, de Violette Leduc. Car dans ce livre il y en a dix, toutes les plaies, tous les tourments, toutes les phases d'une vie péniblement vécue, les souffrances d'une laide et d'une mal-aimée, ses joies aussi, sont transcrits dans ce livre fait de sa propre chair. Une merveille de faiblesse et d'enfance jamais guérie.
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maylibel
  21 octobre 2014
Texte autobiographique, La Bâtarde raconte le parcours de Violette Leduc depuis son enfance difficile (c'est une enfant illégitime, ce qui est très mal vu à l'époque) jusqu'au moment où elle écrit son premier roman, à la fin de la Seconde guerre mondiale. L'auteure narre sa vie sans fards. Son écriture, soignée mais fluide, sonne très juste. Elle évite les clichés avec talent pour mieux dresser un impitoyable portrait d'elle-même, de sa famille et de ses proches.

Un roman dur mais vraiment intéressant, et une auteure à découvrir si ce n'est pas déjà fait.
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