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Carlo Jansiti (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070758951
144 pages
Gallimard (30/11/-1)
3.65/5   185 notes
Résumé :
Voici "Thérèse et Isabelle" tel que Violette Leduc l'avait écrit à l'origine, avec ses pages inédites âpres et précieuses, sa langue nue et violente qui témoignent d'une liberté de ton qu'aucune femme écrivain, en France, n'avait osé prendre avant elle.
"Thérèse et Isabelle" constituait la première partie d'un roman, Ravages, présenté aux Éditions Gallimard en 1954. Jugée "scandaleuse", elle fut censurée par l'éditeur. C'est au printemps 1948 que Violette Led... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (45) Voir plus Ajouter une critique
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Nastie92
  04 septembre 2022
Lire Thérèse et Isabelle en 2022 est une expérience particulière : penser que ce livre fit scandale il y a moins de soixante ans fait réfléchir au chemin parcouru depuis dans notre société.
Thérèse et Isabelle parut en 1966 dans une version censurée qui causa déjà beaucoup de remous, et il fallut attendre l'an 2000 pour que le texte intégral soit publié.
Mais qu'a-t-il donc de si choquant ce livre ?
Rien.
Du moins à mon avis de lectrice d'aujourd'hui. Mais il y a seulement quelques décennies...
Thérèse et Isabelle raconte la découverte de l'amour et du plaisir physique par deux jeunes collégiennes.
Aucune vulgarité, aucun mauvais goût dans ces lignes parfois très crues mais toujours sensibles et poétiques. Violette Leduc a souhaité "rendre le plus minutieusement possible les sensations éprouvées dans l'amour physique" et elle y est très bien parvenu.
Écrire sur la sexualité a été courageux de la part de l'auteur, et plus encore parler d'homosexualité. D'autant plus que les protagonistes sont deux jeunes adolescentes.
Violette Leduc n'a pas du tout écrit ce texte dans l'intention de choquer, elle l'a fait en toute franchise : "Il y a là sans doute quelque chose que toute femme peut comprendre. Je ne cherche pas le scandale mais seulement à décrire avec précision ce qu'une femme éprouve alors. J'espère que cela ne semblera pas plus scandaleux que les réflexions de Madame Bloom à la fin de l' Ulysse de Joyce. Toute analyse psychologique sincère mérite, je pense, d'être entendue."
Elle n'a pas vraiment été entendue au moment de la parution mais peut, heureusement, l'être maintenant.
Un texte intense, vibrant.
Beau, tout simplement.
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Luniver
  30 novembre 2014
Thérèse et Isabelle est un roman court, mais intense, sur la passion naissante entre deux adolescentes. Pensionnaires du même internat, elles ne peuvent vivre leur histoire que durant la nuit, sans un bruit, pour éviter de réveiller leurs camarades et leur surveillante. Si l'aube arrive toujours trop vite à leur goût, les journées traînent en longueur. Les deux jeunes filles ne peuvent que se frôler, s'échanger quelques regards mais ne peuvent rien laisser paraître aux yeux des autres.
L'écriture colle parfaitement avec l'histoire qu'elle raconte. Elle est fiévreuse, un peu décousue, parfois proche du délire. On ressent très bien la volonté de profiter pleinement des petits moments d'intimité si difficilement obtenus, et la crainte de les voir se terminer trop vite.
Le roman a été en partie censuré à sa sortie en 1966, et la version intégrale n'est parue qu'en 2000. J'ai pu comparer les deux versions, et la censure s'est visiblement faite à la Conan : on pose le livre sur une souche, on lui donne une quinzaine de coups de hache, et on assemble quelques morceaux au hasard. Les deux premiers chapitres, qui racontent la première nuit de Thérèse et Isabelle, sont tout à fait absents. Les passages du texte où l'amour est plus intellectualisé semble avoir eu la préférence du censeur. Pourtant, les scènes de sexe plus explicites sont tout de même conservées. Quel était le but ? Faire passer les sentiments avant la sexualité, alors que l'oeuvre originale montre plutôt le contraire ? Laisser le passage de l'hôtel de passe pour souligner le côté glauque de telles amours ? J'aimerais bien en comprendre la logique ! Dans tous les cas, je vous conseille évidemment l'oeuvre intégrale.
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oiseaulire
  12 octobre 2022
Quel style flamboyant et poétique ! Nul doute que voici un petit chef-d'oeuvre, et l'on comprend que le refus par les éditeurs de ce joyau, au milieu du siècle (le vingtième) ait provoqué chez son auteure une dépression due à la mise en doute de son talent, et de l'expression artistique de ce qu'elle considérait comme une vie de merde vécue par une femme très laide.
Bien sûr on peut se demander pourquoi l'art de Jean Genet évoquant l'homosexualité masculine était reconnu alors que celui de Violette Leduc a ébouriffé le monde de l'édition avec sa très belle évocation des amours saphiques.
C'est qu'une femme parlant aussi ouvertement de sa sexualité remettait en cause les fondements mêmes de la société, établie sur l'exubérante vitalité de la libido masculine et la frigide retenue de l'érotisme féminin.
Et ce pari éditorial là, nul ne pouvait l'assumer : il faut bien vendre, et aussi éviter les procès pour atteinte aux bonnes moeurs. C'est pourquoi Leduc a longtemps été considérée comme un écrivain pour écrivains, et non pour le grand public. Un succès d'estime très restreint.
Et au cas où on aurait envie de juger l'époque, admettons que les choses n'ont pas tellement changé. Surtout si vous êtes une femme quelconque, sans prétention à la création littéraire...
Une femme quelconque, certes Violette Leduc ne l'était pas, elle qui a su transformer sa vie en feu d'artifice de la phrase et des sensations.
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ChtiteEmilie
  09 juillet 2018
En voilà une drôle d'histoire. le texte date de 1955 et a été censuré, on ne le découvre dans sa version originale qu'en 2000.
Le thème déjà n'est pas fréquent et encore moins pour l'époque, la découverte de la sexualité de deux adolescentes. On y découvre tout une époque à travers le pensionnat.Comment réussir à se cacher de la surveillante pour se retrouver la nuit et vivre cet amour charnel. Les scènes sont très poétiques et transmettent toute la passion des deux adolescentes. Deux adolescentes dont le corps exulte. Leurs virginités n'aura pas fait long feu! ça m'a un peu fait penser par moment à Roméo et Juliette, je ne sais pas pourquoi.Surement à cause cet amour impossible, le fait qu'elles se cachent et que l'action se déroule sur un très court temps (3j).
Enfin bref, découverte de la sexualité, quand tu nous tiens!
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infini
  26 décembre 2013
Ce livre est pour moi simplement magnifique..
Violette Leduc a une plume très poétique et arrive a nous faire vivre a travers ses lignes la passion amoureuse qui dévore deux adolescentes..
qui découvrent leurs corps...
elles nous écrit les passages éprouvées de l'amour physique avec enchantement..
l'amour au féminin reste vraiment beau est pur
Je met 5 étoiles pour ce livre qui a été si longtemps censuré..et qu'avec bonheur j'ai tenu dans mes mains..
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Citations et extraits (98) Voir plus Ajouter une citation
sterster   22 mai 2011
Les petites lumières dans ma peau convoitèrent les petites lumières dans la peau d'Isabelle, l'air se raréfia. Nous ne pouvions rien sans les météores qui nous entraîneraient dans leur course, qui nous jetteraient l'une dans l'autre. Nous dépendions des forces irrésistibles. Nous avons perdu conscience mais nous avons opposé notre bloc à la nuit du dortoir. La mort nous rappelait à la vie : nous sommes entrées dans plusieurs ports.
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LuniverLuniver   28 novembre 2014
Nous avions créé la fête de l’oubli du temps. Nous serrions contre nous les Isabelle et les Thérèse qui s’aimeraient plus tard avec d’autres prénoms, nous finissions de nous étreindre dans le craquement et le tremblement. Nous avons roulé enlacées sur une pente de ténèbres. Nous avons cessé de respirer pour l’arrêt de vie et l’arrêt de mort.
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Nastie92Nastie92   04 septembre 2022
Nous nous serrions encore, nous désirions nous faire engloutir. Nous nous étions dépouillées de notre famille, du monde, du temps, de la clarté. Je voulais que serrée sur mon cœur béant Isabelle y rentrât. L'amour est une invention épuisante. Isabelle, Thérèse, disais-je en pensée pour m'habituer à la simplicité magique des deux prénoms.
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moraviamoravia   27 février 2013
Andréa était un joli quartier d'hiver. Ses yeux brillaient de froidure, la gelée fendait ses lèvres toujours gercées.
Je lui serrais la main, j'enfermais l'oxygène de la liberté.
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infiniinfini   25 décembre 2013
Ce qui a été dit a été assassiné.Nos paroles qui ne grandiront pas et qui n'embelliront pas se faneront à l'intérieur de nos os.
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Videos de Violette Leduc (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Violette Leduc
"Il m?arrive d?être trois jours seule sans dire un mot à quelqu?un, c?est tout de même dur et quelque fois on perd pied" avouait Violette Leduc en 1965. Deux ans plus tard, Jean Renoir affirmait qu'"un des inconvénients de notre époque, c?est la solitude." Alors que Jean Cocteau estimait, lui, "que la vraie solitude est au milieu de beaucoup de monde".
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