AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Carlo Jansiti (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070758958
Éditeur : Gallimard (30/11/-1)

Note moyenne : 3.64/5 (sur 107 notes)
Résumé :
Voici «Thérèse et Isabelle» tel que Violette Leduc l'avait écrit à l'origine, avec ses pages inédites âpres et précieuses, sa langue nue et violente qui témoignent d'une liberté de ton qu'aucune femme écrivain, en France, n'avait osé prendre avant elle.
«Thérèse et Isabelle» constituait la première partie d'un roman, Ravages, présenté aux Éditions Gallimard en 1954. Jugée «scandaleuse», elle fut censurée par l'éditeur. C'est au printemps 1948 que Violette Led... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
Luniver
  30 novembre 2014
Thérèse et Isabelle est un roman court, mais intense, sur la passion naissante entre deux adolescentes. Pensionnaires du même internat, elles ne peuvent vivre leur histoire que durant la nuit, sans un bruit, pour éviter de réveiller leurs camarades et leur surveillante. Si l'aube arrive toujours trop vite à leur goût, les journées traînent en longueur. Les deux jeunes filles ne peuvent que se frôler, s'échanger quelques regards mais ne peuvent rien laisser paraître aux yeux des autres.
L'écriture colle parfaitement avec l'histoire qu'elle raconte. Elle est fiévreuse, un peu décousue, parfois proche du délire. On ressent très bien la volonté de profiter pleinement des petits moments d'intimité si difficilement obtenus, et la crainte de les voir se terminer trop vite.
Le roman a été en partie censuré à sa sortie en 1966, et la version intégrale n'est parue qu'en 2000. J'ai pu comparer les deux versions, et la censure s'est visiblement faite à la Conan : on pose le livre sur une souche, on lui donne une quinzaine de coups de hache, et on assemble quelques morceaux au hasard. Les deux premiers chapitres, qui racontent la première nuit de Thérèse et Isabelle, sont tout à fait absents. Les passages du texte où l'amour est plus intellectualisé semble avoir eu la préférence du censeur. Pourtant, les scènes de sexe plus explicites sont tout de même conservées. Quel était le but ? Faire passer les sentiments avant la sexualité, alors que l'oeuvre originale montre plutôt le contraire ? Laisser le passage de l'hôtel de passe pour souligner le côté glauque de telles amours ? J'aimerais bien en comprendre la logique ! Dans tous les cas, je vous conseille évidemment l'oeuvre intégrale.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          201
ChtiteEmilie
  09 juillet 2018
En voilà une drôle d'histoire. le texte date de 1955 et a été censuré, on ne le découvre dans sa version originale qu'en 2000.
Le thème déjà n'est pas fréquent et encore moins pour l'époque, la découverte de la sexualité de deux adolescentes. On y découvre tout une époque à travers le pensionnat.Comment réussir à se cacher de la surveillante pour se retrouver la nuit et vivre cet amour charnel. Les scènes sont très poétiques et transmettent toute la passion des deux adolescentes. Deux adolescentes dont le corps exulte. Leurs virginités n'aura pas fait long feu! ça m'a un peu fait penser par moment à Roméo et Juliette, je ne sais pas pourquoi.Surement à cause cet amour impossible, le fait qu'elles se cachent et que l'action se déroule sur un très court temps (3j).
Enfin bref, découverte de la sexualité, quand tu nous tiens!
Commenter  J’apprécie          190
infini
  26 décembre 2013
Ce livre est pour moi simplement magnifique..
Violette Leduc a une plume très poétique et arrive a nous faire vivre a travers ses lignes la passion amoureuse qui dévore deux adolescentes..
qui découvrent leurs corps...
elles nous écrit les passages éprouvées de l'amour physique avec enchantement..
l'amour au féminin reste vraiment beau est pur
Je met 5 étoiles pour ce livre qui a été si longtemps censuré..et qu'avec bonheur j'ai tenu dans mes mains..
Commenter  J’apprécie          160
Ptitelfe
  07 janvier 2014
Le mot qui me vient en pensant à cette histoire est FEMININ. 2 jeunes femmes en pensionnat dans les années 50 qui s'aiment et découvrent leurs corps et les plaisirs charnels. Beaucoup de métaphores avec les fleurs et les couleurs. Des instants volés et passionnés décrits de façon douce et délicate.
Ce livre n'est pas comparable aux récits érotiques d'aujourd'hui. Il faut le replacer dans son contexte : Tout d'abord paru en 1954, le roman a été censuré puis réedité de façon réduite en 1968. Folio a recu les droits de le réediter en intégrale en 2000. A l'époque, c'était innovateur! Vous vous rendez compte, à l'après guerre, raconter l'histoire d'amour entre deux jeunes femmes de 17 et 18 ans? L'histoire se déroule sur 3 jours et c'est ce que j'ai regrettté. C'est qu'en si peu de temps et de pages (143), nous n'avons pas le temps de nous attacher aux personnages. Certains dialogues sont décousus (ceux qui concernent leurs retrouvailles sont brefs et vont droit au but, sans pour autant heurter la sensibilité des gens, car l'auteur a surtout voulu décrire la delicatesse des sentiments féminins à travers le récit et les descriptions).
Isabelle est plus directive que Therese et c'est elle qui va l'entraîner dans les jeux de la chaire, poussant un peu plus loin chaque découverte de leur corps, que ce soit la nuit ou au détour d'un couloir de la pension. Elles devront rester discrètes et n'éveiller aucun soupcon, ce qui rend leur histoire encore plus dévorante pour l'une comme pour l'autre.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
absolu
  01 août 2012
"Je creusais dans son cou avec mes dents, j'aspirais la nuit sous le col de sa robe : les racines d'un arbre frissonnèrent. Je la serre, j'étouffe l'arbre, je la serre, j'étouffe les voix, je la serre, je supprime la lumière."
Passion de la chair, jeune, rose, fraîche. Découverte charnelle, exploration du corps de l'autre pour appréhender le sien propre. Recherche du plaisir absolu, du bonheur éphémère et violent.
Deux femmes, jeunes femmes, filles, en cachette, dans leur cellule d'interne, chaque nuit luttent contre l'aube qui, à chaque fois, clôt leurs ébats, tue leur amour, leur amour de jour : "Le jour s'épuisait, ma cellule dépérissait, des duvets s'envolaient des lèvres de mon aimée absente. La nuit s'engageait, la nuit : notre couverture de cygne. la nuit : notre baldaquin de mouettes.". Quelques bouffées d'air, durant cette apnée diurne, pendant une pause déjeuner, ou une simulation de malaise, le moindre prétexte est exploité pour assouvir encore cette violence qui les fait se heurter, se confondre, se dissoudre l'une dans l'autre. L'amour n'a pas d'âge, pas d'époque ni de lieu. L'amour n'a besoin de personne pour lui dicter la conduite à tenir. L'amour touche, blesse, et reprend. Ou il oublie. Mais il ne s'oublie jamais.
L'interdit règne, empêche, intensifie, terrifie. Sentiments atemporels, mots universels, oscillant entre le cru et la métaphore, parmi les creux, par-dessus bord : " Les petites lumières dans ma peau convoitèrent les petites lumières dans la peau d'Isabelle, l'air se raréfia. Nous ne pouvions rien sans les météores qui nous entraîneraient dans leurs course, qui nous jetteraient l'une dans l'autre. Nous dépendions des forces irrésistibles. Nous avons perdu conscience mais nous avons opposé notre bloc à la nuit du dortoir. La mort nous ramenait à la vie : nous sommes rentrées dans plusieurs ports. Je ne voyais pas, je n'entendais pas, pourtant j'avais des sens de visionnaire. Nous nous sommes enlacées un miracle s'éteignait au lieu de rayonner."
Passion adolescente au Zénith de sa puissance, de par la peur d'être séparées. Séparées, surprises, dénoncées. Violence des corps, des coeurs en pleurs, en sueur, en lueur. Amour irraisonné, insatiable, perdu d'avance ?
Deux bouches qui n'osent se dire, quatre oreilles qui n'osent entendre ces mots si chers aux amoureux, de peur de les voir disparaître à jamais, de les perdre dans le silence, dans l'absence : "Nous parlons : c'est dommage. Ce qui a été dit a été assassiné. Nos paroles, qui ne grandiront pas, qui n'embelliront pas, se faneront à l'intérieur de nos os."
Un vrai poème : "Je veloutai le prénom d'Isabelle avant de le prononcer, j'écoutai dans mon esprit l'intonation de la phrase que je lui dirais".
Lien : http://www.listesratures.fr/..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
Citations et extraits (41) Voir plus Ajouter une citation
sterster   22 mai 2011
Les petites lumières dans ma peau convoitèrent les petites lumières dans la peau d'Isabelle, l'air se raréfia. Nous ne pouvions rien sans les météores qui nous entraîneraient dans leur course, qui nous jetteraient l'une dans l'autre. Nous dépendions des forces irrésistibles. Nous avons perdu conscience mais nous avons opposé notre bloc à la nuit du dortoir. La mort nous rappelait à la vie : nous sommes entrées dans plusieurs ports.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          160
LuniverLuniver   28 novembre 2014
Nous avions créé la fête de l’oubli du temps. Nous serrions contre nous les Isabelle et les Thérèse qui s’aimeraient plus tard avec d’autres prénoms, nous finissions de nous étreindre dans le craquement et le tremblement. Nous avons roulé enlacées sur une pente de ténèbres. Nous avons cessé de respirer pour l’arrêt de vie et l’arrêt de mort.
Commenter  J’apprécie          91
moraviamoravia   27 février 2013
Andréa était un joli quartier d'hiver. Ses yeux brillaient de froidure, la gelée fendait ses lèvres toujours gercées.
Je lui serrais la main, j'enfermais l'oxygène de la liberté.
Commenter  J’apprécie          180
infiniinfini   25 décembre 2013
Ce qui a été dit a été assassiné.Nos paroles qui ne grandiront pas et qui n'embelliront pas se faneront à l'intérieur de nos os.
Commenter  J’apprécie          210
infiniinfini   25 décembre 2013
Nous nous aimions et nous nous retenions:nous nous tenions en équilibre sur le pétale d'une églantine
Commenter  J’apprécie          195
Videos de Violette Leduc (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Violette Leduc
"Il m?arrive d?être trois jours seule sans dire un mot à quelqu?un, c?est tout de même dur et quelque fois on perd pied" avouait Violette Leduc en 1965. Deux ans plus tard, Jean Renoir affirmait qu'"un des inconvénients de notre époque, c?est la solitude." Alors que Jean Cocteau estimait, lui, "que la vraie solitude est au milieu de beaucoup de monde".
Culture Prime, l?offre culturelle 100% vidéo, 100% sociale de l?audiovisuel public, à retrouver sur : Facebook : https://facebook.com/cultureprime Twitter : https://twitter.com/culture_prime La newsletter hebdo : https://www.cultureprime.fr
Abonnez-vous pour retrouver toutes les vidéos France Culture : https://www.youtube.com/channel/¤££¤12Jean Renoir6¤££¤6khzewww2g/?sub_confirmation=1
Et retrouvez-nous sur... Facebook : https://fr-fr.facebook.com/franceculture Twitter : https://twitter.com/franceculture Instagram : https://www.instagram.com/franceculture
+ Lire la suite
autres livres classés : homosexualitéVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Violette Leduc, la mal aimée

Quelle actrice incarne Violette Leduc dans le film de Martin Provost ?

Emmanuelle Béart
Emmanuelle Seigner
Emmanuelle Devos

12 questions
22 lecteurs ont répondu
Thème : Violette LeducCréer un quiz sur ce livre
.. ..