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Simone de Beauvoir (Préfacier, etc.)
ISBN : 207074535X
Éditeur : Gallimard (13/09/1996)

Note moyenne : 3.7/5 (sur 109 notes)
Résumé :
Une femme descend au plus secret de soi, et elle raconte avec une sincérité intrépide, comme s'il n'y avait personne pour l'écouter. » Rien ne résume mieux le récit de Violette Leduc que cette phrase empruntée à la préface où Simone de Beauvoir présente l'auteur et son œuvre. Car La Bâtarde est une autobiographie sans fard et sans remords, une « tranche de vie » de trente années taillée dans le siècle de telle sorte que les deux dernières guerres y sont englobées. T... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
Myriam3
  23 novembre 2014
La Bâtarde est un roman dérangeant. Autobiographique, il relate sans concession l'enfance, l'adolescence et la vie d'adulte de Violette Leduc, fille puis femme au physique ingrat, au nez prédominant. le roman tourne autour du thème de la honte, de la mesquinerie, la jalousie, mais parle également de souffrance, d'écriture, d'amitié et d'amour.
On y voit naître l'écrivain par le regard de l'enfant qu'elle a été, ce regard qu'elle pose autour d'elle et dont elle se souviendra des années plus tard.
Autour d'elle se profile le Paris d'avant-guerre puis celui de la gueere, des délations et de la résistance. Violette, jeune femme, se lie d'amitié avec Maurice Sachs, pas toujours irréprochable dans ses opinions et agissements, mais aussi avec le couple Beauvoir-Sartre. Elle travaille, écrit, découvre le beau monde.
La Bâtarde est un roman captivant, mais le regard franc, pour ne pas dire impitoyable qu'elle porte sur elle-même laisse au lecteur un sentiment de malaise.
Je n'ai pas vu le film Violette, adaptation de la vie de Violette Leduc, et je ne sais pas si cette impression y est également exacerbée.
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Macabea
  03 avril 2017
La pointe-sèche d'un style exigeant, original, incisif. Une écriture qui veut nommer, tout dire. 'Je voulais tout dire et j'ai tout dit.' VL bourlingue dans d'autres mondes et déploie pour nous une grande valse en éventail. Evasions dans le merveilleux, envolées lyriques éblouissantes. Tonifiantes. Inattendues. Le réel s'épanche en confidences. 'Je rêve et j'interprète', nous dit-elle. Trésors à prendre. A qui sait entendre. Elle touche du doigt un monde qui a besoin d'elle pour se montrer. Elle boit et nous donne à boire. Nous surprend toujours. Connaissance par les gouffres, Violette a une curieuse manière de se livrer. Peu importe, d'ailleurs, ce qu'elle raconte, tout est à prendre. C'est la manière. Un style incomparable. Souci de l'exactitude. Elle s'écorche, s'abîme, pour le mot juste, introuvable. Jamais contente. La fièvre d'une chercheuse d'or. Son écriture pointue, musquée, est un soleil qui ne trahit pas.
Ses combats de boxe. Une atlète de la souffrance, elle l'était, avec Michaux qui écrivait: "quand je ne souffre pas, me trouvant entre deux périodes de souffrance, je vis comme si je ne vivais pas." Mais sa souffrance n'est pas une fin en soi, c'est un procédé, un échauffement, un renfort, une ascèse: 'une terrasse sur une autre chose encore", comme disait Pessoa. 'Un chagrin qui ne sert à rien est grotesque', s'expliquait-elle dans L'asphyxie.
On éprouve de la gratitude, de l'affection, pour cette oeuvre qu'on boit à longs traits. On est à genoux devant Violette et on a pas envie de se relever.
Vraiment, "la nécessité d'apprendre est plus grave, qu'une simple crise de curiosité."
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monito
  26 septembre 2009
Comment devient-on écrivain si on ne l'est pas dès sa naissance ? Dans ce livre de Violette LEDUC, c'est le cheminement d'une femme, d'une enfant qui grandit sans comprendre jusqu'à ses 37 ans. Née au début du siècle dernier, la Bâtarde, narre l'histoire personnelle de V. LEDUC, son enfance délicate, son physique jamais accepté, son attirance pour les deux sexes, son égocentrisme, sa mesquinerie, son spleen, ses doutes, ses rancoeurs, ses amours, ses passions, ses rendez-vous manqués…
Une vie de femme, chahutée, mais au destin tel, que toutes ses rencontres lui permettront de se transformer.
Une écriture rapide, assassine. Eviter la lourdeur, des phrases courtissimes. Violette LEDUC semble toujours vivre du mauvais côté de l'événement. Eternelle insatisfaite, elle paraît trouver et donner un sens à sa vie en s'enrichissant du marché noir dans les années d'occupation. Des femmes, des hommes, traversent son existence, elle les aime mal, trop, ou trop tard. Ils la laissent, face à elle-même, elle qui ne se supporte pas.
La Bâtarde est publiée dans l'édition l'Imaginaire, c'est normal tant à chaque page et souvent aux détours de nombreux délires, on sent le malaise psychologique, parfois psychiatrique.
De belles pages d'introspection sur une nature humaine qui cache son jeu, quand elle est trop laide à voir. Rien n'est enjolivé et pourtant tout ce qu'elle écrit est beau.
Violette écrit pour elle. C'est sa confession, l'autre importe peu et pourtant elle l'interpelle souvent, le lecteur.
C'est la force de ce livre, ne rien cacher, même ce qui relève de l'indicible, croyons-nous, comme si seul face à soi on peut enfin être honnête avec soi (voire) mais le faire pour l'autre comme le chemin d'une liberté qu'on trace, une façon de s'éterniser.
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moertzombreur
  16 septembre 2014
« Je suis un désert qui monologue »
Ce roman autobiographique est bouleversant. Elle y raconte son enfance dans l'opprobre, le rejet de sa mère, l'internat, seule sa grand-mère lui apporte un peu de tendresse. Et puis elle raconte sa vie à Paris où elle enchaîne les petits boulots, elle travaille dans l'édition, entre autre. Elle évoque aussi avec une grande liberté sa sexualité, son attirance aussi bien pour les hommes que pour les femmes, ce qui fit scandale lors de la publication du livre. Mais ce qui m'a frappé avant tout c'est l'écriture : un mélange détonnant, des phrases au style somptueux, l'utilisation de métaphores très poétiques, avec un feu qui vous emporte au coeur de ses pensées, et aussi un côté plus brut, des phrases qui se rapprochent plus de la langue parlée, les termes argotique qui apportent une crudité, un côté charnelle. Une écriture totalement libérée, à son image, sa sensibilité, sa tolérance, l'aveu de ses faiblesses et de ses doutes, notamment sur son physique, tout cet ensemble fait de Violette Leduc en devient un "personnage" vraiment attachant, d'ailleurs elle interpelle souvent son "lecteur". Avec son style expressionniste, elle nous parle aussi de la
rédemption qu'elle a pu trouver en écrivant. Elle évoque beaucoup ses amours, et surtout leur impossibilité, l'impression d'être toujours en décalage, et donc souvent renvoyée à elle-même et du mal-être que cela engendre.
"Je me sentis fondre de bonheur et de tristesse. Je le souhaitais sans oser me l'avouer. Oui c'était mon souhait qui n'avait jamais vu le jour. Je lisais mon nom à l'étalage des librairies, c'était une joie et une maladie secrète, c'était l'impossible. Ecrire... Je me sentis molle, toute chloroformée d'incapacité. Toute disponible pour ne rien faire.
Ecrire... (...) Il me demandait de bâtir une maison alors que je n'étais pas maçon. C'était pire qu'un vertige si j'y pensais une seconde avec sérieux."
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mariecloclo
  24 janvier 2014
N'ayant pas vu le film "Violette", j'ai préféré lire directement l'auteur." La bâtarde " est un texte en grande partie autobiographique. Elle évoque son enfance, ce père qu'elle n'a pas connu, cette mère qu'elle adore mais qui ne lui accorde pas tellement d'attentions puis la découverte de la sexualité et sa vocation d'écrivain. Un texte fort, des phrases concises. Un personnage entier et tout le temps dans l'excès, au bord de la folie. A découvrir.
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Citations et extraits (38) Voir plus Ajouter une citation
RevouestRevouest   09 novembre 2011
Mon cas n’est pas unique, j’ai peur de mourir et je suis navrée d’être au monde. Je n’ai pas travaillé, je n’ai pas étudié, j’ai pleuré, j’ai crié. Les larmes et les cris m’ont pris beaucoup de temps. La torture du temps perdu, dès que j’y réfléchi… Je ne peux pas réfléchir longtemps mais je peux me complaire sur une feuille de salade fanée où je n’ai que des regrets à remâcher. J’aurais voulu naître statue, je suis une limace sous mon fumier. Les vertus, les qualités, le courage, la méditation, la culture, bras croisés, je me suis brisée à ces mots là.
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NayacNayac   30 août 2013
C’était un vieux mariage qui sentait la naphtaline. Nous arrivâmes la veille au soir, nous couchâmes dans l’appartement de ma mère. Prudence, camouflage d’une pièce à l’autre, la guerre contres les mites puait jusqu’à la désolation…. J’ai dit adieu à mes cheveux restés entre les dents de mon peigne, j’ai dit adieu à la mousse sur mon verre à dents. Vierge à la godille, je partais quand même au sacrifice… Attendre mon tour sur un banc, répondre oui, signer sur un registre. Trop simple, trop rapide. Je rêvais à de longues tresses de fleurs que nous aurions tressées pendant des jours et des nuits dans cette salle de mairie avant qu’on nous unisse…
Pourquoi me suis-je mariée ? 9 avril 1961, 12h50. Il faut que je réponde tout de suite. La peur de devenir une vielle fille, la peur qu’on dise : elle ne trouvait pas , elle était trop laide. Besoin de saccager, d’anéantir ce que j’avais eu, ce que j’avais.
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NayacNayac   30 août 2013
Ma mère dédaigne les jeux. Elle soigne son enfant depuis le brossage des cheveux jusqu’aux fortifiants, un point c’est tout.
Nous prenions notre petit déjeuner, ma mère m’entretenait des laideurs de la vie.
Elle m’offrait chaque matin un terrible cadeau : celui de la méfiance et de la suspicion. Tous les hommes étaient des salauds, tous les hommes étaient des sans cœur. Elle me fixait avec tant d’intensité pendant sa déclaration que je me demandais si j’étais un homme ou non. Pas un ne rachetait l’autre. Abuser de vous, voilà leur but. Je devais le comprendre et ne pas l’oublier. Des cochons. Tous des cochons.
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moraviamoravia   10 mai 2013
Ecrire c'est lutter, c'était gagner ma vie comme les croyants gagnent leur paradis.
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JeannepeJeannepe   06 janvier 2017
Je montai dans le train. Mon premier grand voyage toute seule. J’étais libre, libre avec des naseaux de cavale. Tout se présentait, tout se proposait, j’allais au-devant de tout, je l’atteignais, je le laissais à la vitre du train. Hermine m’écrira-t-elle encore ? Ma mère m’attendra-t-elle à la gare ? Oui puisque la directrice lui a télégraphié l’heure de mon arrivée. Y aura-t-il un nouveau drame ? Mon cœur… un métal qui vibre.
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Videos de Violette Leduc (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Violette Leduc
Sortie du film "Violette Leduc" avec Emmanuelle Devors et Sandrine Kiberlain (2015).
>Histoire, géographie, sciences auxiliaires de l'histoire>Biographie générale et généalogie>Biographie des écrivains (238)
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