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ISBN : 2743642300
Éditeur : Payot et Rivages (03/01/2018)

Note moyenne : 3.1/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Dans son troisième roman, Hélène Ling brosse le portrait de sa mère immigrée, atteinte d’Alzheimer.
Si l’expérience première est celle du déracinement, cela n’empêche pas l’auteur d’évoquer sa famille taïwanaise, et de sa diaspora : le restaurant chinois parisien, la maison du patriarche à Taipei, celle des cousines de New-York, sont autant de lieux du souvenir, où se mesure l’héritage rejeté ou perdu.
En parallèle, son autoportrait se déploie à trav... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
gabylis
  08 février 2018
Un livre surprenant, différent de mes lectures habituelles...
Destins croisés, si peu entremêlés. Quel est leur point commun, à cette jeune taïwanaise vivant à Paris, à ce scénariste en panne d'inspiration et à cette indienne Cherokee ? Leur amour des livres sans doute. Mais aussi leur déracinement.
Quand l'existence perd racine et finalité, tristesse, vacuité et ennui affleurent.
La vie s'étiole, s'étire, monotone, morne. A peine habitée de rencontres inopinées, non choisies, qui ne laissent que peu de traces et s'évanouissent aussi subrepticement qu'elles ont surgi.
Ces personnages qui apparaissent à tour de rôle dans le roman sont tous étrangers à la terre qu'ils habitent, y vivant sans s'y investir, se contentant de laisser filer jour après jour. Un sursaut de vie parfois, puis la route reprend, sans but, inexorablement... Portraits d'êtres aux relations compliquées, alambiquées, d'êtres comme dépersonnifiés.
L'écriture est singulière, hachurée, floue. Je m'y suis un peu perdue.
Ombres chinoises, car n'étant que le pâle reflet de la réalité ? Mais de quelle réalité ? Je n'ai pas vraiment compris où l'auteur voulait en venir, mais je me suis quand même laissée emporter par ces tristes destins. L'histoire de Betty l'indienne Cherokee, privée de liberté, mais digne, est celle qui m'a le plus plu, parce que je l'ai trouvée poignante et vraie.
Merci aux éditions Payot et à Babelio pour ce livre reçu dans le cadre de la masse critique !
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LettresItBe
  28 mars 2018
La question de nos origines, l'immigration, ces destinées de femmes à travers les âges … C'est à toutes ces thématiques, et à bien d'autres encore qu'Hélène Ling se confronte dans son dernier roman, Ombre chinoise paru chez Rivages. Un livre sous forme de rêveries multiples qui se confondent très tôt avec une réalité qui s'estompe par les agissements permanents de l'ogre du souvenir, l'Alzheimer. Lettres it be vous livre son ressenti sur ce nouveau livre d'Hélène Ling.

# La bande-annonce

Dans son troisième roman, Hélène Ling brosse le portrait de sa mère immigrée, atteinte d'Alzheimer.

Si l'expérience première est celle du déracinement, cela n'empêche pas l'auteur d'évoquer sa famille taïwanaise, et de sa diaspora : le restaurant chinois parisien, la maison du patriarche à Taipei, celle des cousines de New-York, sont autant de lieux du souvenir, où se mesure l'héritage rejeté ou perdu.

En parallèle, son autoportrait se déploie à travers deux autres récits. Où un scénariste, double aliéné de l'auteur, tente de se mesurer à la mafia chinoise. Où, surtout, une Indienne cherokee émerge du triptyque. Déportée vers l'Oklahoma en 1839, elle rejoindra finalement le Wild West Show de Bufflo Bill. Image de la femme marginale sur un autre continent, elle aussi, comme la mère taïwanaise, poursuit son parcours chaotique vers un Ouest intime et sauvage.

Peu à peu, les genres du western et du roman noir se convertissent au contact de l'autobiographie, et accouchent d'une expérience singulière qui ne peut se dire, par analogies et par échos, que sur la ligne de jonction invisible des trois volets.

À travers le portrait en parallèle de ces deux femmes, à la fois fortes et vulnérables, Hélène Ling nous pose plus généralement, dans un style habité et puissant, la question de nos origines.

# L'avis de Lettres it be

C'est d'abord le livre de la transmission, cette transmission des dernières bribes de souvenirs qui s'apprêtent à disparaître définitivement, avalées par la foutue maladie d'Alzheimer. C'est d'abord ça, mais c'est aussi le roman de la rêverie, le roman du songe aux autres et à l'ailleurs. Hélène Ling envisage son réel dans un méli-mélo de souvenirs épars et de destins imagés. Il en résulte que du récit de la maladie au jour le jour, cette Ombre chinoise aboutit bien vite ailleurs, peut-être trop loin …

Florence Wang, Elisabeth Jones, l'Ouest américain, le quotidien d'une vie qui s'essouffle… Hélène Ling multiplie les parallèles dans son dernier roman de sorte à faire émerger de nombreuses interrogations sur le sens réel de cette histoire-là. de quelles fictions nos vies sont-elles les plus proches ? Quelle métaphore doit-on voir s'exprimer entre les lignes ? Quel sens donner à notre lecture ? La complexité du récit fait d'abord émerger ces questions de sorte à réduire petit à petit le plaisir de la découverte d'une histoire qui pouvait plutôt briller par bien d'autres promesses émises.

Après Lieux-dits publié chez Allia dès 2006 et Repentirs paru en 2011 chez Gallimard, Hélène Ling marque son retour par une histoire aux multiples facettes et qui soulèvent bon nombre d'interrogations.
Découvrez la suite de la critique directement sur Lettres it be
Lien : https://www.lettres-it-be.fr..
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Latornadeblonde
  24 février 2018
Merci à babélio dans le cadre de masse critique et aux éditions rivages pour l'envoi de ce roman.
Pour commencer, j'ai attendu longtemps avant d'écrire cette critique, sans doute parce qu'il m'a fallut du temps pour analyser ce roman. Ces tranches de vie de femmes, cherokee, chinoise, française, taiwanaise m'ont émues, mais je n'ai pas réussi à trouver le lien qui au dire de la quatrième de couverture réuni ces femmes. j'ai souvent été perdue dans la lecture, m'obligeant à revenir sur certains chapitres, afin d'être sûre que rien ne m'ait échappée et de comprendre où voulait en venir l'auteur. J'ai malheureusement refermé le livre avec des interrogations auxquelles je n'ai pu répondre. J'attends donc avec impatience de voir les critiques d'autres lecteurs qui auront eu un ressenti différent.
Hélène Ling écrit avec finesse et beaucoup de précisions. J'ai beaucoup aimé sa façon d'écrire. Je ne doute pas que cette auteure a un grand talent d'écriture et que des lecteurs adoreront son histoire.
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jostein
  12 février 2018
Hélène est née de parents immigrés de Taïwan. Son père les a quittés pour partir travailler et se remarier au Vietnam. Sa mère, institutrice reste à Paris, vit avec des amants successifs, aidée financièrement par son frère, un riche patriarche taïwanais. Aujourd'hui, sa mère, Florence Wang, perd la mémoire et Hélène qui ne voulait rien savoir de ses origines reconstruit pourtant un passé quelque peu décousu.
« Puisqu'il lui faudrait regarder en arrière un jour et y revenir à ces origines comme un accès à elle-même qu'elle ne pouvait esquiver quelles que fussent ses forces. »
Ses souvenirs alternent avec la reconstitution de la vie d'Elisabeth Jones, une indienne cherokee depuis la fuite sur le chemin des larmes ( Indian Removal Act soutenu par Andrew Jackson en 1830) jusqu'à son succès européen dans la troupe de Wild West Show. Epopée très intéressante, même si elle ne vaut pas celle d'Eric Vuillard dans Tristesse de la terre, travaillée par les scénariste, Johan Karlsson à la demande de Wang, un producteur chinois.
Quel est le lien? Fantasme d'un auteur, une manière de montrer que toute enfance est un western ou un parallèle entre deux fuites vers l'Ouest de deux mondes aux traditions perdues. Indiens et Chinois, deux peuples avec des « notions immémoriales, telles que le lignage, la loyauté au groupe, le courage, le sacrifice pour le bien commun. » face à un Occident qui délire sur sa propre condition.
Florence Wang, Elisabeth Jones, deux femmes déplacées vers l'ouest, perdues dans l'histoire. L'une sombre avec la maladie d'Alzheimer ( ce que j'aurais à peine saisi sans la quatrième de couverture), l'autre dans le Wild West Show « comme dans un hospice de l'histoire ».
Il me fut difficile de capter cette ombre chinoise. Des histoires enchevêtrées aux liens tenus, des bribes d'information sur les différents membres des familles chinoises ou indiennes donnent des personnages fuyants auxquels il est difficile de s'attacher et surtout un sens que je ne suis pas certaine d'avoir compris.
Lien : https://surlaroutedejostein...
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Charybde2
  25 février 2018
Française d'origine chinoise, Américaine d'origine cherokee, Français mondialisé : trois pistes puissantes et intimes traquant l'illusion des généalogies en un très grand roman.
Sur le blog Charybde 27 : https://charybde2.wordpress.com/2018/02/25/note-de-lecture-ombre-chinoise-helene-ling/
Lien : https://charybde2.wordpress...
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   25 février 2018
Trente ans plus tard, elle commence là aussi dans l’embrasure d’une porte, le dimanche, derrière laquelle sa mère sourit toujours – Bonsoir ma chérie. Mais sous l’influence d’Alzheimer, elle s’est transformée. Elle porte désormais deux visages, parle avec deux bouches, pense avec deux cortex alternés. Sa mère est bilingue, elle le remarque cette fois. Lors du dîner, sa mère dit les choses familières en français – j’ai mis trop de sel, comme d’habitude. Mais le bruit s’infiltre plus tard à table dans une autre langue, le mandarin, un peu indistincte d’abord, puis plus nette, immanquable – Je sais bien. Je sais pourquoi elle est venue. Elle comprend encore un peu le mandarin, elle le remarque là aussi lorsque le son frappe son oreille – Elle vient me le prendre, la salope. Mais elle ne l’aura pas. Deux secondes plus tard, le sourire de sa mère n’a pas pris une ombre. Son visage reste lisse lorsqu’elle parle en français, presque sans accent – Sers-toi ma chérie, ça va refroidir. Puis le bruit chinois revient au fil du repas, indomptable, il gronde, il murmure, il tournoie comme un prisonnier en cage autour du rectangle de formica dont nul ne peut s’échapper, aussi longtemps que la langue maternelle a le dessus – Je sais bien pourquoi Pas folle Je l’ai bien caché L’imbécile, elle ne l’aura pas. Le bilinguisme est une malédiction.
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Charybde2Charybde2   25 février 2018
Le mythe de l’enfance, l’épopée des origines, le grand Ouest – non, vraiment, ce n’était pas son genre. Pour sa part, elle préférait les tenir dans le dos, à grande distance, en respect. Elle ne se rappelait même plus les avoir oubliés, elle savait juste qu’elle ne se retournerait pas sur le paquetage des premières années, des départs obscurs, sur leur odeur de sous-sol, elle en attendrait encore moins des retrouvailles, une retombée dans la glu primitive, dans les filiations et les ancrages prévisibles. Ce vers quoi elle aurait même pu revenir, elle l’ignorait, elle manquait précisément de cette perspective. C’étaient les autres, toujours, qui l’y replaçaient, lui désignant ses arrières d’un air curieux, inquisiteur, un index pointé dans son dos et agrémenté de conseils, celui de ne pas oublier d’où elle venait, puis déroulant du doigt ses racines supposées, enfouies sous le bitume parisien, insinuées en douce jusqu’à la mer de Chine, nouées autour du rocher de Taïwan, et remontées sous les terrasses brunes du Yang-Tsé. Ils rêvaient par-dessus son épaule d’horizons luxuriants, ces étudiants aux Beaux-Arts, en philosophie, ces futurs médecins qui essayaient sans doute eux-mêmes de s’extraire des leurs, de leurs pelotes et de leurs héritages à assumer, à renier, à s’entortiller autour du cou jusqu’à en faire une lutte contre le destin, un combat nocturne contre l’invisible qu’ils comptaient peut-être lui faire endosser à leur place. Elle s’était elle-même exposée à ce sac d’épines avec son air de sortir de nulle part, si peu concernée par ses flagrants déshéritages et promenant dans le Paris des années quatre-vingt son paquet de gènes sans mode d’emploi, sans la vie censée lui correspondre. La question s’avançait avec un sourire bienveillant, modulée sur la même note protectrice par des amateurs d’Extrême-Orient, des nostalgiques d’Angkor, de Madame Butterfly ou de cinéma japonais – D’où venait-elle ? De Canton, de Hong Kong ? Du Cambodge peut-être ? Elle pouvait dès lors s’attendre à leur déception, puisque la surface brute, granuleuse de sa réponse ne les laisserait projeter sur elle aucune image – Elle était née en France ? Tandis que le jeu cartographique se dissolvait avec les estampes orientales, les paravents de laque, la nostalgie des bouts du monde, ils ripostaient avec force – Que faisait-elle alors de ses racines ? Ils lui semblaient âprement travaillés par ce lieu suspendu, ce nœud sans coordonnées vers lequel tendait toute leur histoire – Impossible, disaient-ils, on ne pouvait oublier d’où l’on venait.
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Charybde2Charybde2   25 février 2018
Gadono ? redit le vieil Indien / Pourquoi ? Parce que pendant ses treize premières années, sa mère délicate, autoritaire, qui avait beaucoup souffert en couches, disait-on, lui parlait peu. Elle préférait le laisser à Rachel, la nourrice des trois enfants, puis à leurs précepteurs. Son père moins encore, occupé à arpenter sa nouvelle maison à colonnettes que l’architecte avait copiée sur les villas des propriétaires de la région, et toujours en train d’en fignoler les détails avec un visage maniaque, en pianotant du bout des doigts des claviers imaginaires. Lorsqu’on lui parlait, il semblait toujours se demander si cela trouverait sa place dans les dessins, les meubles, les projets d’aménagement du manoir, comme il disait, qui semblait se perdre dans des projets et des apparitions sans fin, où déambulait l’esprit de son père, les fantômes de ses humeurs irritables, sans réplique. Des trois enfants, lui seul, le cadet, avait fini par prendre en haine ce petit monde. Sans comprendre pourquoi, il s’exaspérait en silence des espérances de l’aîné, des rêveries de sa sœur, même de leurs esclaves cubains en fuite qu’ils poursuivaient pendant plusieurs jours, dans les marais, avec leurs pointers et leurs labradors – on l’y avait amené, lui aussi, à dix ans, pour l’entraîner à la chasse, disait son père, et il s’y était montré très vif, très diligent, prometteur, avait-il dit. Et surtout, il s’était irrité peu à peu de ce que son père lui avait toujours répété jusqu’à ce qu’il ne puisse plus l’entendre de sa bouche, au point que le pensionnait lui paraisse une libération, juste pour se retrouver hors de portée de sa vue et de sa voix – il devrait mériter son héritage. Puis un jour, à vingt ans, il avait attaqué un convoi de la banque de Baton Rouge avec des contrebandiers bloqués sur le fleuve. Lorsque son père l’avait fait sortir de la prison, lorsqu’il l’avait convoqué dans la bibliothèque en le menaçant de le déshériter, il avait enlevé un à un ses vêtements, sa veste, sa chemise, ses bottes, son pantalon, restant enfin nu comme un nouveau-né sur les lattes du parquet. Sous un regard hagard, aveuglé de colère, il avait eu le courage de prononcer une phrase. Il lui rendait le coton qu’il lui avait prêté jusque-là. Puis il était parti comme Adam, en quête d’un domaine qui ne soit pas celui de son père.
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gabylisgabylis   07 février 2018
La lumière de juin s'intensifiait entre les façades neuves, les grandes vitres, les panneaux de métal, les automobiles et les réverbères, parmi lesquels elle s'émerveillait, au fond, d'être encore en vie, sanglée dans sa chemise blanche à lacets, baignée de sueur par les temps nouveaux. Surtout, elle l'aurait vu, se dit-elle, il fallait l'avoir vu, comme tout le reste. C'était pour cela qu'elle avait suivi la route, pour voir.
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