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Martine Leroy-Battistelli (Traducteur)
EAN : 9782290328354
665 pages
J'ai lu (13/05/2004)
4.08/5   332 notes
Résumé :
Mais maintenant, en pensant au fils Gosh et à ses dents en avant un cri jaillit du plus profond d'elle-même, un cri de révolte qui marqua le moment précis de son passage à l'âge adulte : Non ! Je ne veux pas !

À Madras, Savitri, la fille du cuisinier, aime David, le fils des maîtres anglais. Cet amour saura-t-il résister au poids des traditions ? Nat est l'enfant adoptif d'un médecin blanc qui soigne les malades démunis d'une province indienne. Parti ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (51) Voir plus Ajouter une critique
4,08

sur 332 notes
Tout est compliqué en Inde. Les castes, les colonies, la misère. Je me suis accrochée pour rentrer dans l'histoire et je désespérais de ne pouvoir relier les personnages entre eux. Cela s'est fait petit à petit, entre modernité et traditions, sur trois continents et une pléiade de personnages. Bien ancrée ensuite, j'ai suivi les aventures des personnages avec passion, tournant page après page, pressée de connaitre l'épilogue. Oui… Tout est compliqué en Inde, mais contrairement aux occidentaux qui sont rarement contents de ce qu'ils ont, oubliant de profiter, les indiens eux, savent se contenter de ce qu'ils ont et même d'être heureux. Une belle leçon de vie en plus d'une histoire éblouissante. A méditer.
Lien : http://pyrouette.canalblog.c..
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Je connaissais Noces indiennes de Sharon Maas pour le retrouver régulièrement dans les listes de livres en rapport avec l'Inde. Mais j'avoue que j'avais un a priori négatif sur ce livre, et, si je ne l'avais pas trouvé dans une boîte à livres, je ne l'aurais sans doute jamais commandé chez mon libraire ... et je serais du coup passée à côté d'un excellent livre.

Car je m'imaginais Noces indiennes - dont je trouvais le titre un peu gnangnan - comme un énième livre autour des mariages forcés en Inde, une histoire bourrée d'amours contrariées, dégoulinante de mélo, écoeurante à force d'accumulation de clichés et de poncifs sur la société indienne.

Mais Noces indiennes est très loin de tout ça, même si effectivement il y est question de mariages et d'amours contrariées.

Les trois premiers chapitres, très courts, nous présentent les trois principaux protagonistes de ce roman dont on ne voit pas trop comment il pourrait y avoir un lien entre eux, puisque le premier décrit un petit garçon de 4 ans au Tamil Nadu (état du sud de l'Inde) en 1947, le deuxième une petite fille d'à peu près le même âge, en 1956, en Guyane britannique (Amérique du Sud, état qui prendra ensuite le nom de Guyana), et le troisième, une petite fille à peine plus âgée, en 1921, à Madras.

L'immense talent de Sharon Maas est de nous conter l'histoire de ces trois personnages dont on finit par s'apercevoir, mais pas avant d'arriver au dernier quart du livre, qu'ils ont en fait des liens communs.

Noces indiennes est un roman passionnant, plein de rebondissements et de retournements de situations. A côté des relations, déjà bien connues, entre Anglais et Indiens, dans l'Inde d'avant l'indépendance, j'ai appris à découvrir celles entre Afro-descendants et Indiens dans la Guyane britannique du milieu du XXè siècle. J'y ai retrouvé une histoire parallèle à celle des Afro-descendants et des Indo-descendants dans la Guadeloupe de la même époque, dont on retrouve encore des traces dans les attitudes et les modes de pensée d'aujourd'hui.

Noces indiennes est un très bon roman, qui garantit un excellent moment d'évasion et de dépaysement. Je le recommande tout particulièrement - comme je l'ai fait déjà pour Les collines du Tigre ou Taaj - à ceux qui, comme moi, n'aiment pas ce que l'on appelle communément "les romans d'amour". Mais, vous l'aurez compris, Noces indiennes est beaucoup plus que ça.
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Trois pays, l'Inde, la Guyana, l'Angleterre, trois pays liés par l'histoire de l'Empire Britannique et dans lesquels va se dérouler le roman.

Trois pays dans lesquels des Indiens vivent, en lien étroit avec les Britanniques pour le meilleur et aussi le pire. Les préjugés des uns n'ont rien à envier à ceux des autres. Blancs, Indiens, Africains, chacun a vite fait de s'arquebouter sur des principes rigides, une perception de soi comme "mieux que", la religion pouvant servir à conforter son point de vue.

Le mariage des filles est une institution sacrée en Inde, c'est le seul et unique projet de leur vie et sur lequel elles n'ont aucun droit. C'est autour de mariages cachés, refusés, obligés que s'inscrit l'histoire des femmes et des hommes de ce roman.

Contente d'être née ici et maintenant, être une femme en Inde, comme dans une grande partie du monde c'est servir, obéir, faire des enfants( des garçons bien sûr), être humiliée, frappée, violée, tuée... Heureusement les lignes bougent et certains personnages au fur et à mesure des générations peuvent faire des choix .

C'est un beau roman, qui parle de l'Inde bien sûr, des relations familiales et des traditions, de la religion et de l'amour qui reste le grand sujet de ce livre. Un de ces gros pavés qui sont, souvent (pour moi) un vrai plaisir de lecture où je suis émue par les personnages et l'histoire qui m'accapare jusqu'à la dernière page
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un des meilleures livres que j'ai pu lire et j'en ai lus!!! un véritable chef d'oeuvre , inoubliable...
Il se déroule comme dans un film de Bollywood : à la fois étonnant, chatoyant, aux anecdotes invraisemblables...mais l'essentiel de l'Inde est là...
Toutes les traditions ancestrales, les croyances, les non dits de ces pratiques millénaires, que doivent continuer de vivre les indiens de maintenant, et sur tous les continents.
Il nous explique la tradition des mariages arrangés et la pensée des femmes indiennes à travers des opinions différentes ainsi que des coloniaux (à l'époque, les Anglais).
C'est triste et pourtant le dénouement est étonnant et redonne l'espoir....
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Coup de coeur absolu pour ce magnifique roman qui , à travers le destin de trois personnages , nous raconte l'Inde et ses relations compliquées avec les Britanniques.
Tout commence après la seconde guerre mondiale avec le récit de l'adoption d'un petit indien Nataraj, par un médecin anglais venu le chercher dans son orphelinat ...Et dès le début l'émotion est au rendez-vous à travers le regard de cet enfant qui a retrouvé un père et part vivre avec lui dans la brousse où il apprendra à participer aux soins médicaux et à vivre avec les plus pauvres.
Ensuite on découvre la jeune Saroj qui vit en Guyane Britannique à la fin des années 1950 et qui souffre de l'autoritarisme d'un père qui veut imposer à sa famille le mode de vie traditionnel de l'Inde sans tenir aucun compte des besoins de ses enfants.
Puis saut en arrière dans les années 20 où la jeune Savitri fille du cuisinier d'une riche famille anglaise jure un amour éternel à David le fils de la maison, son frère de lait et compagnon de jeux.
Le destin de ces trois personnages inoubliables va s'entrelacer au fil des années à travers trois continents et l'auteur en profitera pour décrire les sociétés dans lesquels ils évoluent et le poids des traditions sur les destins individuels.
Même si les décennies se succèdent, le sort des femmes reste peu enviable car le mariage précoce arrangé est le lot des indiennes quelle que soit leur caste et l'amour n'a pas vraiment besoin d'être au rendez-vous.
Chacun des personnages lutte à sa manière pour affirmer sa volonté d'indépendance, de la révolte de Saroj qui refuse le destin tracé par son père et se lance à corps perdu dans les études, à la ténacité de Savitri qui n'oubliera jamais son amour et cultivera son don de guérir.
Nataraj devra échapper aux sirènes de l'Occident pour trouver sa voie et aussi son âme soeur....
Ce merveilleux roman offre de somptueuses descriptions de l'Inde même s'il ne ménage pas les sensibilités en refusant d'occulter la misère terrible d'un peuple qui a longtemps été soumis à l'Angleterre sans que ses propres intérêts ne soient pris en compte. Les conflits raciaux en Guyane apportent un éclairage nouveau sur l'histoire contemporaine des colonies lointaines et fait écho au propre passé de notre pays en Amérique du Sud.
Je me suis tellement attachée à chaque personnage que j'avais l'envie irrésistible de savoir ce qui était arrivé à chacun d'eux et la succession des chapitres traitant à tour de rôle des trois héros , m'a conduite à une lecture compulsive et enchantée. Réalisme et romantisme font vraiment bon ménage sous la plume de Sharon Maas qui a su entourer ses personnages principaux de toute une galerie de personnages secondaires attachants ou agaçants, odieux ou malveillants, mais tous particulièrement bien campés .
Il y avait un bon moment que je n'avais pas été transportée par une histoire au point de négliger même les tâches quotidiennes incontournables . Ce livre m'a suivie du jardin au bureau, de la chambre à la cuisine voire même dans la salle de bains ....
Incontestablement il rentre dans le cercle fermé de ceux qui mériteraient bien une sixième étoile ! Alors c'est dire comme je l'ai apprécié !

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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
Un oiseau en cage ne possède rien d'autre que la volonté de s'échapper. De désespoir, il bat des ailes et se jette contre les barreaux ; mais le verrou de la cage ne s'ouvre que de l'extérieur et c'est le propriétaire de l'oiseau qui détient la clé. Même si l'oiseau parvient à s'envoler, son avenir est sombre, car il n'a aucune expérience du monde. Une fois libre, son innocence devient son pire ennemi. Mais peut-être un passant verra-t-il la cage, avec l'oiseau qui cherche à se libérer, et écartera les barreaux pour qu'il puisse se glisser au travers. Et ce passant, devenu un ami, initiera aux coutumes du monde l'oiseau qui pourra ensuite voler de ses propres ailes.
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Leurs yeux se rencontrèrent, elles échangèrent un sourire et elles surent; toutes les deux.
Elles surent, mais pas au sens de savoir ceci ou cela. Ce n'était pas non plus qu'elles lisaient dans l'avenir et devinaient ce qu'il leur réservait, ni qu'elles savaient ce que le Destin déciderait pour elles, pour Ganesh, pour Londres, pour les enfants qu'elles auraient ou n'auraient pas, et pour tout le reste. Elles savaient, tout simplement. Elles se reconnaissaient. Se connaissaient. Comme si une petite étincelle chez Trixie reconnaissait une petite étincelle chez Saroj, et que ces deux petites étincelles brillantes sautaient de joie et s'élançaient l'une vers l'autre en disant : "Salut, me voilà ! Je t'attendais depuis toujours." C'est ainsi que commencent les vraies amitiés, ces amitiés rares et authentiques qui résistent au temps. Trixie poussa un glapissement. ... Elles applaudirent, se frappèrent mutuellement dans les mains et s'embrassèrent en riant aux éclats. Un cri de guère venait de naître.
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Ma commençait sa journée par balayer. Tous les matins, Saroj s’éveillait au chuintement étouffé du balai dans la cour, tandis qu’elle-même chassait la nuit de son esprit, avec les toiles d’araignée qui le tapissaient. Pour Ma ce qu’on pensait était plus important que ce qu’on disait ou ce qu’on faisait. Aussi, quand elle avait fini de balayer, consacrait-elle une demi-heure à dessiner un kolam devant l’entrée, un kolam chaque jour différent. Elle commençait par répandre de la farine de riz, de manière à établir un réseau de points qu’elle reliait par des traits ou des lignes courbes, jusqu’à ce qu’apparaisse un étonnant motif symbolique, compliqué, fragile, parfaitement symétrique, une œuvre d’art fugitive qui, dès midi, serait effacée par les pas indifférents des personnes qui entraient et sortaient de la maison.
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Justement, ce sont les monstres qui ont le plus besoin d'être aimés ! Ils ont besoin d'un amour très rare et très fort ! De toute manière, reprit-elle après un silence, ce n'est pas vraiment un monstre. Surtout ne crois pas ça. Il existe des choses qui ne sont laides qu'à l'extérieur. Si tu regardais sous la surface, tu les verrais dans leur réalité. Et la réalité, c'est que Baba t'aime beaucoup, il nous aime tous, nous sommes tout son univers et sans nous il n'est rien. Mais sa pensée déforme la vérité et c'est pourquoi on le prend pour un monstre. En réalité il n'est pas odieux. Seulement affreusement malheureux. Comment peux-tu haïr un être aussi malheureux ?
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Ses larmes ne tarissaient pas, elles coulaient, coulaient et couleraient jusqu’à la fin des temps, elle aurait beau verser un océan de larmes, encore et encore, jamais son chagrin ne se tarirait, il était inépuisable, trop infini pour être mesuré ou pour cesser un jour.
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