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EAN : 9782907993869
59 pages
Éditeur : Syllepse (16/12/1998)
4.33/5   3 notes
Résumé :
En 1947, Jean Malaquais, auteur des Javanais et de Planète sans visa, s'attaquait à Aragon, devenu stalinien. Un texte violent et court qui garde encore aujourd'hui son actualité.

Édition comprenant des annexes avec des citations d'Aragon et des surréalistes opposés à Aragon.
Le surréalisme fut un mouvement international dont beaucoup d'aspects, d'œuvres et de participants demeurent imprévisibles, méconnus, délaissés. Il recèle encore beaucoup ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
de
  13 juillet 2017
Et maintenant je vais me laver les mains et me rincer la bouche

En ces temps ou la « nation » et son exceptionnalité semblent reprendre du souffle… au nom de la crise, le déni par certain-e-s de l'impérialisme français et de son complexe militaro-industriel, de la barbarie colonisatrice et des territoires toujours colonisés – sans oublier la négation du droit à l'autodétermination des peuples… un petit retour sur le cas particulier d'un ex-poète, ex-surréaliste, devenu nationaliste cocorico et nationaliste stalinien.
Gérard Roche présente le texte de Jean Malaquais. Il revient sur son contexte, les évolutions de Louis Aragon, André Gide… et en référence à Anatole France, « il n'y avait plus lieu de « s'alarmer outre mesure que cet homme comme à faire de la poussière » ».
« Je ne connais pas de mélange plus curieux de hargne, de glande lacrymale et de constipation chronique que cette dame qui se sent toute chose quand sur un manche à balai on hisse les couleurs de « sa » patrie, ce monsieur qui s'étrangle d'émotion quand bat le tambour de « son » régiment ». Jean Malaquais, avec un humour souvent dévastateur, s'en prend à la « fanfreluche officielle », à ces « notre » – « nos », à celles et ceux qui pensent que leur pays à inventé « la plupart des choses dont parlent les encyclopédies, depuis l'amour romantique jusqu'au fil à couper le beurre », aux démagogues de cirque et à leurs gammes oratoires, à Louis Aragon en rappelant son passé et son évolution à rebours, sa liquéfaction « sous la dissolvante emprise des normes bourgeoises », sa passion « celle de la Russie sous Staline ».
Jean Malaquais parle du « bénitier stalinien », de prose et de morale, de rimes et de balles, d'André Gide, des procès de Moscou, des soutiens à la grande boucherie de 1914, de celles et ceux qui propagèrent la soit-disant « démocratie soviétique », des xénophobes à tous crins, des funambules macabres… Les citations choisies sont bien des moments de « poésie de la bassesse »…
« Que le patriote bêlant dont l'oreille et le foie s'épanouissent au cocorico d'Aragon ne se gêne pas ; il le trouvera dans la poubelle au bas de mon escalier, et il peut l'y ramasser. Et maintenant je vais me laver les mains et me rincer la bouche »
Le texte est compété par une petite biographie de Jean Malaquais, apatride par choix, auteur entre autres de Planète sans visa, ainsi que part un dossier Aragon dont des pages à la gloire du « camarade Staline ».
« Toute l'eau de la mer ne suffirait pas à laver une tache de sang intellectuelle » – Lautréamont
Et relire par exemple Benjamin Péret… (Barthélémy Schwartz : Benjamin Péret l'astre noir du surréalisme)
Lien : https://entreleslignesentrel..
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
HardivillerHardiviller   13 juin 2021
Le prototype du patriote professionnel apatride , celui qui a atteint une espèce de grandeur dans le maniement du bénitier stalinien , est le dénommé Louis Aragon , poète par la grâce des dieux , clarinette par la grâce de Saint Joseph : Louis Aragon , ex-dadaïste , ex-surréaliste , auteur du " Con d'Irène " , du " Paysan de Paris " , du Traité du style " , ex-lui-même ; Louis Aragon qui écrivait : " Qu'il me soit permis , ici , chez moi , dans ce livre , de dire à l'armée française que je la conchie " , ( je cite de mémoire ) -- Qui écrivait comme ça quand il avait du génie : Louis Aragon qui , tel le barde de service de l'Ouzbékistan , s'époumonait : " Hourra l'Oural " -- Qui s'époumonait comme ça quand il n'avait plus guère de génie ; Louis Aragon qui , plus cocardier que feu Déroulède s'égosille de la voix des coqs : " ... jamais éteint , renaissant de sa braise , perpétuel brûlot de la patrie . " Qui s'égosille comme ça quand , en fait de génie , il lui reste des briques .

Mais , peut-être suis-je injuste , peut-être me laissant aller avec complaisance au franc dégout que m'inspire la profession de patriote apatride , suis-je trop content d'accabler le nommé Louis Aragon . L'accabler au point de lui dénier une once de vraie émotion . peut-être au prix de mon écœurement a-t-il gagné d'autres adhésions plus valables , plus désintéressées que la mienne .
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HardivillerHardiviller   12 juin 2021
" Il y a une poésie de la bassesse " , écrit en se regardant dans la glace , le nommé Louis Aragon , à propos des " pages de journal " ( 1939-1942 ) d'André Gide ; et , dans le même texte , lequel en fait de bassesses est son chef-d'œuvre , il ajoute : " Je sais qu'il ne manquera pas de gens pour dire que vraiment on voit un peu trop d'où me vient la dent que je lui conserve ; " -- Eh bien , Dieu merci non , il ne manquera pas . Trop de gens savent en effet qu'Aragon pâmait d'aise à d'aise à toute virgule échappée de la plume de Gide quand Gide pensait que l'URSS ce qu'Aragon estime obligatoire que l'on en pense , et qu'il ne se lasse pas d'exiger la peau de Gide depuis que Gide ose penser qu'en URSS , on la crève . Trop de gens savent à quels nobles sentiments obéissent les véhémentes protestations d'Aragon contre le retour de Gide " parmi nous qui regardons encore des vides sanglants à nos cotés " -- TROP , trop , trop de gens . Mais si quelque naïf ne le savait point , Aragon en personne se charge de l'apitoyer sur les plaies de son cœur , cette dent , petit naïf , Je la lui garde à cause de ses deux livres sur son voyage au pays de ma flamme . Ce mortel péché -- Aragon ne dormira pas tranquille , Jeanne d'Arc ne cessera de renifler ses larmes -- tant que Gide ne l'expie pas dans son sang .
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stekasteka   25 juillet 2015
Le prototype du patriote professionnel apatride, celui qui a atteint une espèce de grandeur dans le maniement du bénitier stalinien, est le nommé Louis Aragon poète par la grâce des dieux, clarinette par la grâce de saint Joseph : Louis Aragon, ex-dadaïste, ex-surréaliste, auteur du «con d’Irène», du «Paysan de Paris», du «Traité du Style», ex-lui-même.
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dede   13 juillet 2017
Je ne connais pas de mélange plus curieux de hargne, de glande lacrymale et de constipation chronique que cette dame qui se sent toute chose quand sur un manche à balai on hisse les couleurs de « sa » patrie, ce monsieur qui s’étrangle d’émotion quand bat le tambour de « son » régiment
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dede   13 juillet 2017
Que le patriote bêlant dont l’oreille et le foie s’épanouissent au cocorico d’Aragon ne se gêne pas ; il le trouvera dans la poubelle au bas de mon escalier, et il peut l’y ramasser. Et maintenant je vais me laver les mains et me rincer la bouche
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