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EAN : 9782748526783
Éditeur : Syros (06/02/2020)

Note moyenne : 4.23/5 (sur 15 notes)
Résumé :
Depuis l’enfance, Lilou voue une admiration sans bornes à son père. Elle ne lui trouve aucun défaut. Depuis que la mère de Lilou est hospitalisée, le duo père/fille est plus soudé que jamais. À la demande de son père, Lilou rentre aussitôt après le lycée chaque soir. C’est lui aussi qui lui a conseillé, pour son bien, de cesser de se rendre à l’hôpital : à quoi bon consacrer trop de temps à cette mère fragile ?
Avec tact, les amis de Lilou, qui s’inquiètent ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
lirado
  26 février 2020
Si le terme de « pervers narcissique » pour décrire toute personne qui a une emprise sur une autre s'utilise à toutes les sauces, il n'en est pas moins intéressant de voir que la littérature jeunesse ose enfin aborder le délicat sujet de la relation toxique entre parents et enfants. de mémoire, je ne vois aucun autre livre qui traite de cette thématique si ce n'est peut-être L'Echapée d'Alan Stratton, néanmoins plus axé sur l'emprise et la manipulation amoureuse. Claire Mazard, habituée ( entre autres ) des romans qui touchent aux questions de société et droits de l'enfant a donc mis son talent d'autrice au service de ce sujet qu'on peut qualifier de tabou.
Ainsi, Je te plumerai la tête raconte la prise de conscience de Lilou des multiples manipulations de son père sur sa vie alors que sa mère est gravement malade. C'est en cherchant à comprendre pourquoi son père l'empêche de voir sa mère à l'hôpital et aussi comment elle a pu peu à peu s'éloigner d'elle, que Lilou va mesurer à quel point elle a toujours voué une admiration sans borne à son père et à quel point celui-ci a réussi à la mettre totalement sous son emprise. Mais il faudra bien le temps du roman pour que Lilou, qui raconte cette histoire au fil des jours, parvienne à accepter qu'elle a bel et bien été manipulée et réussisse à se détacher de ce père envoûtant et omniprésent.
J'ai été absorbée par ma lecture de Je te plumerai la tête, Claire Mazard permettant très vite au lecteur de s'identifier à Lilou. le récit a quasiment l'aspect d'un journal intime et la jeune fille nous partage ses nombreuses sentiments et découvertes sur son père. Lilou passe par toutes sortes d'états qui sont on ne peut plus réalistes face à ce qu'elle vit. On sent que Claire Mazard s'est finement documentée pour être au plus près des émotions de la jeune fille et offrir un récit crédible qui met en scène toutes les étapes de cette prise de conscience.
Claire Mazard insiste notamment avec justesse sur la culpabilisation et la période sombre, quasi dépressive, que Lilou traverse tandis que la jeune fille est forcée de remettre en question ce père si exceptionnel à mesure de ses découvertes. Elle oscille beaucoup entre souvenir de la bienveillance paternelle, bons moments passés avec lui et révélations sur sa véritable nature. Pendant longtemps, Lilou espère se tromper, espère que son père va redevenir tel qu'il était à ses yeux auparavant, mais le lecteur, plus alerte, comprend vite que ce père n'est pas et n'a jamais été très sain pour elle. Admettre cette réalité est difficile et Claire Mazard montre bien dans Je te plumerai la tête, le parcours psychologique chaotique de Lilou à cette période là.
Dans Je te plumerai la tête, comme dans la vraie vie, les personnes extérieures à la famille joue un rôle essentiel dans cette prise de conscience. Sa mère, sa tante, ses amis vont accompagner Lilou sans émettre un jugement trop brutal sur son père. Ils laissent la jeune fille réaliser par elle-même que son père la manipule, conscients que de toute façon, sans passer par ce chemin, Lilou ne les croirait pas et se couperait d'eux. Là aussi, Claire Mazard fait preuve de réalisme même si Lilou a de la chance de croiser des personnes aussi bienveillante sur sa route, car le manipulateur, pervers narcissique, arrive souvent à embobiner tout son entourage. La fin, en ce sens, est optimiste. ATTENTION SPOILER. J'aurais aimé que Claire Mazard insiste aussi sur la manière dont Lilou va parvenir à couper les ponts avec son père car ce n'est pas une évidence et c'est aussi un chemin intérieur lourd, chaotique, culpabilisant, difficile, même si aux yeux des autres, c'est évidemment la bonne décision.
Je te plumerai la tête est un roman qui dérange, met mal à l'aise car il nous confronte à une situation que personne n'aimerait vivre mais il n'en est pas moins essentiel et, comme l'évoque l'autrice à la fin de son livre, former les jeunes à déceler de telles personnalités ne seraient pas de trop. C'est donc très bien d'avoir déjà un roman pour parler avec eux du sujet. En un mot : Indispensable !
Lien : http://www.lirado.fr/je-te-p..
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Jangelis
  01 février 2020
Oh la la ! Je m'attendais à un texte fort, connaissant le style de Claire Mazard pour traiter les sujets délicats. Mais alors là, ça dépasse largement mon attente. Scotchée. Pas moyen de lâcher ce roman avant la fin.
Difficile d'en parler, j'ai laissé décanter longtemps ce que j'a ressenti, mais malgré tout, un résumé ne peut rendre compte de la profondeur et de l'émotion de cette lecture.
Le sujet est connu d'entrée, puisque le livre s'annonce ainsi : "Comment se sortir des griffes du pervers narcissique qui se trouve être votre propre père ? Un thriller psychologique bluffant et nécessaire."
Lilou vit seule avec son père depuis que sa mère est hospitalisée. Un père qu'elle admire et adore.
Ses amis sont habitués à ce qu'elle les abandonne souvent, pour ne pas le délaisser. Une affection qui nous parait peu à peu suspecte, d'autant qu'il la persuade de ne pas aller voir sa mère à l'hôpital, que ce sera mieux pour elles deux.
Peu à peu, on comprend la gravité de la situation.
Lilou mettra plus de temps, forcément. D'autant plus que ce père, elle n'est pas seule à l'admirer. Comme tous les malades de son espèce, il sait se faire passer pour ce qu'il n'est pas, chacun loue son mérite et son abnégation.
Et on tremble à l'idée que Lilou s'en rendra compte trop tard, ou bien, à mesure qu'elle en prend conscience, qu'elle ne va pas pouvoir s'en sortir seule, et que personne ne la croira jusqu'au drame.
En plus de ce sujet terrible, ce roman est triste, à cause de la maman, qui se meurt d'un cancer, plutôt esseulée, pendant que tout le monde plaint son mari.
Mais il est aussi réconfortant grâce à l'entourage de Lilou.
Ses amis qui sont si doués pour être présents quand elle en a besoin, sa tante aussi bien entendu, même si elle doit vaincre sa réticence.
Un roman agréable à lire grâce à tous ces personnages si chaleureux qui nous réchauffent le coeur, mais un roman réellement indispensable, car nous sommes tellement démunis face à cette forme de pervers, extérieurement si adorable.
Coup de coeur et coup de poing, on n'en sort pas indemne.
À faire lire absolument, car il permet à la fois d'avoir des pistes pour faire face à ces situation, et de l'espoir pour ceux qui y sont confrontés.
Agréable à lire aussi car la littérature y tient une place importante. C'est ce qui aide Lilou et sa maman, c'est un lien entre elles.
Et en bonus pour moi, la Sainte Victoire, ... une place à part dans le coeur de Lilou et de ses amis, et dans le mien.
Lien : https://livresjeunessejangel..
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Nota0Bene
  06 janvier 2020
Dans un petit village de Provence, Lilou, lycéenne bien dans sa peau entourée de ses amis et fille de son "Papa Loup" est affectée par la maladie de sa mère, hospitalisée pour la récidive d'un cancer. Pour autant, elle estime qu'il n'est peut-être plus nécessaire de se rendre chaque soir à l'hôpital : à quoi bon consacrer trop de temps à cette mère fragile dont elle a pris ses distances ? Avec son père par contre, elle est plus soudée que jamais : elle lui voue depuis l'enfance une admiration sans bornes. Elle s'inquiète pour lui qui travaille beaucoup tout en prenant soin de sa compagne souffrante et de sa fille. Pourtant, petit à petit, des éléments en apparence anodins vont venir ébranler la confiance absolue que Lilou voue à son père. Ce "Papa Loup" ne serait-il pas un fin carnassier ?

J'ai dévoré les 500 pages de ce roman en trois soirées tellement l'écriture abordable et fluide se met au service d'une intrigue éloquente. Elle nous permet de comprendre les mécanismes en oeuvre lorsque l'on est amené à côtoyer et devenir la victime d'un pervers narcissique. Bien que l'on sache dès la quatrième de couverture à qui l'on va avoir à faire, le récit est bien construit, tout en nuances et en suspens. Les personnages adolescents qui évoluent au fil du récit ne sont pas du tout infériorisés ou ridiculisés sur le thème de "l'âge ingrat". Cela porte d'autant plus le propos. Des références à la passion pour les études littéraires ne gâchent rien. La maman de Lilou vouera ses dernières forces à renouer avec sa fille et à l'aider dans ses révisions du bac de français, lui transmettant sa passion pour le dramaturge de l'absurde Eugène Ionesco. Ce thriller psychologique est assez sidérant : il nous permet d'appréhender les mécanismes et conséquences de la pathologie relationnelle qu'est la perversion narcissique. Ce thème, à ma connaissance jamais traité en littérature jeunesse, fait de ce roman un récit nécessaire.
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Anarya
  24 mars 2020
Lilou voue une admiration sans borne à son père, le père idéal, charmant, drôle, parfait, toujours là pour elle et qui lui montre son affection et son attention à chaque moment de sa vie. Et depuis que sa mère est hospitalisée, le duo père/fille est plus soudé que jamais, même si cela signifie pour Lilou de ne jamais rendre visite à sa mère, de ne pas penser à elle alors qu'elle est en phase terminale… Il faudra que ses amis lui fassent quelques remarques innocentes pour que Lilou réalise peu à peu dans quel monde elle vit…
En 500 pages hyper prenantes et qu'on ne voit pas défiler, Claire Mazard nous offre un thriller psychologique d'une grande efficacité et, surtout, plutôt effrayant ! Évidemment, c'est très chouette d'avoir une belle relation avec son père, qu'il vous montre plein d'attention, qu'il soit tout le temps disponible pour venir vous chercher à la sortie du lycée, qu'il ait toujours un super cadeau à vous offrir et qu'il soit toujours de bon conseil car, bien sûr, il a toujours raison, il est drôle, charmeur et charmant, plein de réussite, tout le monde au village le dit et quel courage il a avec sa femme très malade… Vous l'aurez peut-être compris, il est question ici de la perversion narcissique et comment un père entretient une emprise toxique sur sa fille. Mais aussi de comment une adolescente, complètement subjuguée et envoûtée par la perfection de son papa, va peu à peu prendre conscience que ce n'est peut-être pas tout à fait « normal » comme situation et comme relation. Et le chemin va être très long car Lilou n'est pas prête à accepter que toute sa vie n'ait été qu'un mensonge, que son père n'est pas sincère et qu'il l'a sans doute privée d'un véritable amour parental. La particularité de cette manipulation, c'est que Lilou va sans cesse trouver des excuses à son père, imaginer que tout n'est que méprise, que son père l'aime vraiment trop pour lui faire ça… En dépit de l'aide de ses meilleurs amis, de ce garçon qui n'a d'yeux que pour elle et de cette tante avec qui elle renoue – difficilement – ouvrir les yeux sera très compliqué, car cela ferait s'effondrer son monde et la plongerait dans la plus grande des détresses…
Le style est simple mais efficace : Claire Mazard est avant tout dans l'écriture de l'émotion, avec un récit conçu comme un journal intime – exercice qui est d'ailleurs conseillé à Lilou à un moment donné. C'est très bien fait, tout en tension, et le roman aborde un sujet finalement assez peu traité en littérature jeunesse, celui de la manipulation psychologique au sein de la famille. Un roman indispensable !
Lien : http://bobetjeanmichel.com/2..
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Livheryn
  25 février 2020
Depuis plusieurs années, les ouvrages de développement personnel sur les pervers narcissiques et manipulateurs pullulent. Les oeuvres fictives sont moins nombreuses et, à ma connaissance, celle de Claire Mazard est inédite (ou quasi) en littérature ado. Elle marque aussi une différence majeure dans le lien qui unit le manipulateur et sa victime; ils ne sont pas amants mais père et fille.
Comment remettre en doute l'honnêteté et la bienveillance de celui qui nous a mis au monde et élevé depuis toujours ? Cela semble invraisemblable pour Lilou : son père est son pilier, son référent, son « Papa Lou ». Elle a une relation fusionnelle et privilégiée avec son père. du moins, c'est comme cela qu'elle voit les choses.
Le roman multiplie ces phrases subtiles, au sens caché, que nous seuls savons traduire puisque nous connaissons déjà la nature du paternel. Quelle frustration et quelle tension de ne pas pouvoir prévenir l'innocente héroïne du piège qui s'est refermé sur elle. Sans compter que sa mère, hospitalisée, refuse de la voir. Lilou n'a plus que son père… Progressivement, la jeune fille sombre, culpabilise, se coupe du monde, se sent misérable à côté de ce père formidable… La moindre apparition de ce dernier me donnait des frissons dans le dos. La construction du livre et son écriture sont très bien pensés. On assiste impuissants à une véritable violence psychologique subie par l'adolescence. Et les personnages secondaires ? La mère de Lilou, sa tante, ses amis… Pourquoi n'interviennent-ils pas ?
Je n'ai pas pu m'empêcher de rapprocher cette lecture de la bande dessinée Tant pis pour l'amour que j'ai lu récemment et qui donnent une foule d'explications sur ces personnalités toxiques. Quand Lilou commence à admettre que son père agit mal, elle a bon espoir qu'il change, qu'il aille mieux si elle se conduit bien… Mais quand on commence à connaître le sujet, on sait que c'est peine perdue, voire que ça peut, à l'inverse, accentuer l'emprise du manipulateur. le père de Lilou ment constamment, n'exprime aucune affection, devient fou quand quelque chose le contrarie… C'est maladif et pour nous, pauvres lecteurs témoins, ça rend dingue ! Ce livre nous tient en apnée du début à la fin. Les péripéties n'ont pas besoin d'être nombreuses et rocambolesques; avec ses personnages profonds et son écriture maîtrisée, la sauce prend immédiatement.
C'est un livre à la fois dérangeant et addictif. C'est une très bonne chose de proposer un ouvrage sur le sujet qui soit accessible à un jeune public qui pourra dorénavant y être sensibilisé.
Lien : https://bullesetchapitres.wo..
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
JangelisJangelis   01 février 2020
Un jour, j'avais interrogé Papa Lou à ce sujet. Il m’avait dit : "Très spéciale, la tante Jo ! Elle s'est embrouillée avec ta mère. Elle a failli nous séparer, ta mère et moi. Elle a mis à dos ta mère et ses parents. C'est à cause d'elle que tu ne connais pas tes grands-parents ! Parce qu'elle colporte des mensonges. Mais motus ! Faut pas en parler. Secrets de famille.
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JangelisJangelis   01 février 2020
- Ne le prends pas mal, Lilou, mais je dois être franc avec toi : ton attitude m'a déçu. Tu dois le comprendre, si je te cadre; c'est pour ton bien, uniquement pour ton bien.
[...]
- Tu m'écouteras désormais ? Tu iras voir ta mère quand je te le dirai ?
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Nota0BeneNota0Bene   06 janvier 2020
Sensation bizarre depuis quelque temps : je me sens prisonnière. Je ne suis plus un moineau sur un fil à haute tension. Je suis une poule à la merci d'un renard. Une bête traquée dans un terrain entouré de fils barbelés et infecté de bombes. je n'ose pus rien faire. Peur de décevoir ? D'être rabrouée ? De n'être pas à la hauteur ? Peur de faire erreur dans le moindre de mes gestes ? Je ne comprends pas ce qu'il m'arrive.
- Lilouuuuuuuu ! soupire seulement mon père.
Aussitôt, je m'enfonce dans ma "boue intérieur ". C'est ainsi que j'appelle secrètement mon état.
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LineloLinelo   18 février 2020
Mon petit Papa Lou. Parfois, je me dis que je deviens folle. Comment ai-je pu en arriver là ? En arriver ainsi à douter de mon propre père ? Après tout ce qu'il a fait pour moi.

Suis-je une fille indigne ?
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CDI_RabelaisCDI_Rabelais   07 février 2020
Il n'est pas un menteur.
Il n'est pas un escroc.
Il n'est pas un pervers.
Je veux qu'il reste mon petit Papa chéri.
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