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EAN : 9782748526783
Éditeur : Syros (06/02/2020)

Note moyenne : 4.34/5 (sur 95 notes)
Résumé :
Depuis l’enfance, Lilou voue une admiration sans bornes à son père. Elle ne lui trouve aucun défaut. Depuis que la mère de Lilou est hospitalisée, le duo père/fille est plus soudé que jamais. À la demande de son père, Lilou rentre aussitôt après le lycée chaque soir. C’est lui aussi qui lui a conseillé, pour son bien, de cesser de se rendre à l’hôpital : à quoi bon consacrer trop de temps à cette mère fragile ?
Avec tact, les amis de Lilou, qui s’inquiètent ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (46) Voir plus Ajouter une critique
sylviedoc
  17 novembre 2020
Elle en a de la chance Lilou ! Un papa super-cool, avec qui elle s'entend tellement bien qu'il n'y a jamais de nuages entre elle et son Papa-Lou adoré. En plus il est le patron d'une agence de pub qui connaît de nombreux succès grâce à sa créativité et son talent, ils vivent dans une belle et grande maison avec piscine, et cerise sur le gâteau, son physique avantageux lui vaut l'admiration de tous dès qu'il arrive quelque part. Il subjugue, il captive, c'est le meilleur papa du monde !
Côté maman par contre, le tableau n'est pas du tout le même : Caroline est hospitalisée après la récidive d'un cancer, et cette fois l'issue ne fait guère de doute. Papa-Lou ne souhaite pas que sa fille qui prépare le bac de français soit perturbée par la dégradation inexorable de l'état de sa mère, il décide donc qu'il est préférable pour Lilou de ne pas aller la voir pendant quelques temps...En plus cela fait longtemps que mère et fille se sont éloignées l'une de l'autre, elles n'ont plus guère de choses à se dire.
Mais un jour Lilou passe outre les recommandations paternelles et se rend à l'hôpital où elle n'a pas mis les pieds depuis 6 semaines. Petit à petit, un lien va se recréer, par le biais des textes que Lilou doit réviser pour son bac. Des souvenirs vont émerger lentement, ceux du joli temps d'avant, quand Caroline était une jeune maman gaie et proche de sa fille, et qu'ils formaient une famille unie. Mais parallèlement Lilou commence à se poser des questions sur papa-Lou, dont la belle façade va lentement se fissurer pour laisser apparaître des traits de caractère bien éloignés de l'image du père parfait...
Alors certes, ce n'est ni un père qui bat sa fille, et il n'est pas question d'inceste non plus. Ici la maltraitance prend un tout autre aspect, bien plus insidieux mais tout aussi destructeur. Et il faudra beaucoup de temps à Lilou pour réaliser l'emprise que son père a pris sur elle, lui ôtant tout esprit critique par rapport aux décisions qu'il prend pour elle. Son entourage, et notamment une tante (qu'elle n'avait jamais vue avant le décès de sa mère !) vont doucement lui ouvrir les yeux, mais il n'est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. Claire Mazard décrit avec une grande finesse le long processus de prise de conscience qu'on s'est fait manipuler, si douloureux lorsque le manipulateur est une personne adulée qui a été sur un piédestal pendant de longues années. le doute qui s'instille, les remises en question, non, ce n'est pas possible, je dois me tromper, il ne voulait que mon bien et ce sont les autres qui ont tort, ou bien...
Le personnage de papa-Lou est particulièrement réussi, en ce sens que le lecteur perçoit vite son côté m'as-tu-vu qui rejette toujours la faute sur les autres, et son absence totale d'empathie (surtout envers sa femme). Je n'ai pas mis plus de quelques chapitres à le détester ! J'ai eu envie de secouer Lilou aussi, surtout quand à la moitié du livre elle n'avait toujours rien compris, quand même, mais tu ne vois donc rien ! C'est d'ailleurs l'aspect qui m'a un peu agacé à la longue, la prise de conscience a été un peu trop longue pour moi, même si intellectuellement je comprenais ce refus de l'évidence, j'en avais assez de la voir souffrir...
Ses amis ont été pour certains de bon conseil, et le petit groupe est attachant, même si l'une d'elle est un peu lourde à vouloir jouer les entremetteuses entre Lilou et Gabriel. C'est d'ailleurs un autre point qui m'a semblé irréaliste : pas l'ombre d'une romance sur 500 pages, ces jeunes ont entre 16 et 18 ans sur la durée du roman, et ils n'éprouvent aucun sentiment amoureux, à une exception près ? Surprenant ! mais bon, ce n'était pas l'objet de l'histoire.
J'ai acheté ce livre pour le CDI de mon lycée, je viens tout juste de le mettre sur le présentoir des nouveautés, et j'ai hâte de voir comment il sera accueilli. J'espère avoir des retours avant le comité de lecture Ado où nous comparerons nos ressentis concernant notre dernière sélection, dont il fait partie. Je le recommanderai sans aucun doute, surtout qu'il aborde un thème peu traité en littérature jeunesse, et qu'il le fait très bien.
En conclusion, ce ne sera pas un coup de coeur, mais honnêtement je n'ai vraiment pas grand-chose à reprocher à ce récit.
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djdri25
  28 mars 2021
Attention ! Thriller psychologique qui fait froid dans le dos.
Une relation malsaine unit les deux personnages principaux.
Le personnage du père de Lilou, une jeune fille de 16 ans lycéenne, est construit de manière à en faire un manipulateur, égoïste, pervers, cruel, psychorigide, cynique, agissant uniquement pour ses seuls intérêts, se souciant peu voire pas du tout du malheur et des sentiments des autres. Il va jusqu'à l'indifférence face au deuil qui touche sa fille et qui devrait l'affecter s'il était un personnage plus empathique. Il est appelé et se fait appeler depuis longtemps par elle, « Papa Lou ».
La question qui se pose est la suivante : est-il le papa de Lou ou son papa Loup ?
Par jeu, sa fille le compare parfois aussi au personnage du renard, un des personnages de l'histoire qu'il lui racontait quand elle était enfant, l'assimilant inconsciemment à de dangereux prédateurs, des animaux féroces.
Le pire est qu'il passe pour un personnage sympathique aux yeux de nombreuses personnes dont sa fille, lui permettant ainsi de commettre ses crimes psychologiques dans l'ombre et le silence.
Quant au personnage de Lilou, sa fille de 16 ans, est totalement sous l'emprise de ce père dominant et est sans cesse culpabilisée par lui à la moindre contradiction qu'elle lui oppose, les phrases qu'il prononce sont assassines, il lui inflige constamment des pressions psychologiques qui nous paraissent intenables pour une jeune fille de cet âge, elle assume des actions qui devraient être celles du père, par ailleurs il sape sournoisement l'estime qu'elle a d'elle-même. Il réussit par ailleurs à la détourner de certains de ses proches, fait le vide autour d'elle comme il l'a fait auparavant pour la mère de celle-ci.
On trouve la mécanique d'autant plus efficace que le malin agit de manière détournée et perverse, la jeune fille l'admire, l'aime et l'adore depuis son enfance car il lui a bien « plumé la tête » durant toute cette période. Accoutumée à ses mensonges (ce dont elle n'en est pas consciente) et ayant été éduquée de manière biaisée par ce père dominant la relation parentale, elle n'est même plus consciente des agissements pervers de ce dernier et se perd en conjectures, elle est dans le déni. Toutefois, la prise de conscience nécessaire aidant, la jeune fille se pose désormais de nombreuses questions à son sujet et au type de relation qui les unit.
Ses amis de toujours sont là pour la soutenir dans les épreuves qu'elle va traverser. L'amour de plusieurs membres de sa famille aussi vont l'aider à surmonter les douleurs et échapper à ce père malveillant.
Il se pourrait bien cependant que les événements se retournent contre lui car Lilou fait d'étonnantes découvertes au cours de ses recherches.
Ce thriller psychologique émouvant, haletant, non dénué de suspense et de rebondissements, décrit bien les mécanismes de la perversion narcissique, du harcèlement moral, de la violence psychologique qui s'ensuit et de ses effets destructeurs. Un beau roman pour les adolescents.



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thedoc
  30 janvier 2021
Lilou a 16 ans et un gentil Papa Lou. Si beau, si gentil, si talentueux, si attentionné… tout le monde le trouve formidable, évidemment. Dans leur belle maison à côté d'Aix-en-Provence, père et fille vivent l'un pour l'autre. C'est du moins ce que pense la jeune fille. Car Lilou a une maman aussi, malade d'un cancer. Elle est hospitalisée et son père lui a dit que des visites n'arrangeraient vraiment pas les choses, pour l'une comme pour l'autre. Alors Lilou écoute Papa Lou et se range à son avis. Mais sa bande de potes trouve un peu étrange qu'elle n'aille pas voir sa mère qui se bat contre un cancer et un jour, Lilou finit par les écouter.
Claire Mazard, avec sensibilité, nous dresse le portrait terrifiant d'un homme dénué d'empathie qui n'hésite pas à détruire sa propre famille pour assouvir son narcissisme, son appât du gain matériel et sa soif d'autoglorification. A travers le personnage de Lilou, totalement aveuglée, béate d'admiration et emplie d'amour pour son Papa Lou qui lui donne l'illusion que tout ce qu'il fait est pour son bien, le lecteur assiste impuissant à la toile insidieuse que le père tisse – depuis très longtemps - autour de sa fille. Les différentes étapes qui mènent la jeune fille à la prise de conscience sont lentes car forcément difficiles à accepter. Puis, une fois la réalité bien dévoilée, la terreur arrive… L'entourage de Lilou – les amis, une tante psychologue – aidera la jeune fille à accepter le fait que son père est un manipulateur et un escroc dénué d'émotions. Mais le chemin sera long…
Les thématiques du roman – les relations toxiques entre parent et enfant, le deuil - sont lourdes mais réalistes et abordées avec tact. Les regrets de Lilou vis-à-vis de sa mère sont terribles mais heureusement, l'évocation de l'amour maternel est magnifique et nous réchauffe le coeur. Certains passages sont chargés de beaucoup d'émotions et nous touchent en plein coeur.
"Je te plumerai la tête" est un très beau roman de littérature ado, qui se lit aisément, avec des personnages très bien cernés et touchants.
A conseiller à nos lecteurs ados – et moins jeunes !
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lirado
  26 février 2020
Si le terme de « pervers narcissique » pour décrire toute personne qui a une emprise sur une autre s'utilise à toutes les sauces, il n'en est pas moins intéressant de voir que la littérature jeunesse ose enfin aborder le délicat sujet de la relation toxique entre parents et enfants. de mémoire, je ne vois aucun autre livre qui traite de cette thématique si ce n'est peut-être L'Echapée d'Alan Stratton, néanmoins plus axé sur l'emprise et la manipulation amoureuse. Claire Mazard, habituée ( entre autres ) des romans qui touchent aux questions de société et droits de l'enfant a donc mis son talent d'autrice au service de ce sujet qu'on peut qualifier de tabou.
Ainsi, Je te plumerai la tête raconte la prise de conscience de Lilou des multiples manipulations de son père sur sa vie alors que sa mère est gravement malade. C'est en cherchant à comprendre pourquoi son père l'empêche de voir sa mère à l'hôpital et aussi comment elle a pu peu à peu s'éloigner d'elle, que Lilou va mesurer à quel point elle a toujours voué une admiration sans borne à son père et à quel point celui-ci a réussi à la mettre totalement sous son emprise. Mais il faudra bien le temps du roman pour que Lilou, qui raconte cette histoire au fil des jours, parvienne à accepter qu'elle a bel et bien été manipulée et réussisse à se détacher de ce père envoûtant et omniprésent.
J'ai été absorbée par ma lecture de Je te plumerai la tête, Claire Mazard permettant très vite au lecteur de s'identifier à Lilou. le récit a quasiment l'aspect d'un journal intime et la jeune fille nous partage ses nombreuses sentiments et découvertes sur son père. Lilou passe par toutes sortes d'états qui sont on ne peut plus réalistes face à ce qu'elle vit. On sent que Claire Mazard s'est finement documentée pour être au plus près des émotions de la jeune fille et offrir un récit crédible qui met en scène toutes les étapes de cette prise de conscience.
Claire Mazard insiste notamment avec justesse sur la culpabilisation et la période sombre, quasi dépressive, que Lilou traverse tandis que la jeune fille est forcée de remettre en question ce père si exceptionnel à mesure de ses découvertes. Elle oscille beaucoup entre souvenir de la bienveillance paternelle, bons moments passés avec lui et révélations sur sa véritable nature. Pendant longtemps, Lilou espère se tromper, espère que son père va redevenir tel qu'il était à ses yeux auparavant, mais le lecteur, plus alerte, comprend vite que ce père n'est pas et n'a jamais été très sain pour elle. Admettre cette réalité est difficile et Claire Mazard montre bien dans Je te plumerai la tête, le parcours psychologique chaotique de Lilou à cette période là.
Dans Je te plumerai la tête, comme dans la vraie vie, les personnes extérieures à la famille joue un rôle essentiel dans cette prise de conscience. Sa mère, sa tante, ses amis vont accompagner Lilou sans émettre un jugement trop brutal sur son père. Ils laissent la jeune fille réaliser par elle-même que son père la manipule, conscients que de toute façon, sans passer par ce chemin, Lilou ne les croirait pas et se couperait d'eux. Là aussi, Claire Mazard fait preuve de réalisme même si Lilou a de la chance de croiser des personnes aussi bienveillante sur sa route, car le manipulateur, pervers narcissique, arrive souvent à embobiner tout son entourage. La fin, en ce sens, est optimiste. ATTENTION SPOILER. J'aurais aimé que Claire Mazard insiste aussi sur la manière dont Lilou va parvenir à couper les ponts avec son père car ce n'est pas une évidence et c'est aussi un chemin intérieur lourd, chaotique, culpabilisant, difficile, même si aux yeux des autres, c'est évidemment la bonne décision.
Je te plumerai la tête est un roman qui dérange, met mal à l'aise car il nous confronte à une situation que personne n'aimerait vivre mais il n'en est pas moins essentiel et, comme l'évoque l'autrice à la fin de son livre, former les jeunes à déceler de telles personnalités ne seraient pas de trop. C'est donc très bien d'avoir déjà un roman pour parler avec eux du sujet. En un mot : Indispensable !
Lien : http://www.lirado.fr/je-te-p..
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Lagagne
  12 septembre 2020
Un roman ado glaçant. Lilou, adolescente de 16 ans, est très attachée à son Papa-Lou. Ils se rapprochent d'autant plus qu'ils vivent une période particulièrement difficile. En effet sa mère est en phase terminal d'un cancer du pancréas. Mais il s'avère que cette relation n'est pas si idéale, que Papa-Lou n'est pas ce qu'il donne à voir.
La tension monte progressivement à la lecture. On se rend compte, avant Lilou, de la vraie nature de son père. Se déroule sous nos yeux l'emprise qu'il a sur sa fille, la toile qu'il a tissé, le piège qui se referme. C'est lentement d'abord, puis plus brusquement que Lilou va ouvrir les yeux sur son père, ce pervers narcissique.
Ce terme est un peu galvaudé et utilisé à toutes les sauces aujourd'hui. Et il est bien qu'un roman jeunesse s'empare de ce thème. de manière plutôt crédible en plus. L'auteure s'attarde ici sur l'emprise du pervers, à rendre visible les fils, sans pour autant les rendre grossiers.
C'est crédible et terrifiant.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
CeliseCelise   19 avril 2021
J'espère que tu vas prouver que tu le mérites.
La petite phrase résonne à mon esprit comme un reproche. Un sous-entendu: "Tu ne le mérites pas, mais tu vois, je suis sympa..."
Chaud. Froid. Chaud. Froid. Ces derniers temps, il agit avec moi comme un yo-yo.
Je note la phrase. La date. Puis je pense: Bien sûr, je vais lui montrer que je le mérite.
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JangelisJangelis   01 février 2020
Un jour, j'avais interrogé Papa Lou à ce sujet. Il m’avait dit : "Très spéciale, la tante Jo ! Elle s'est embrouillée avec ta mère. Elle a failli nous séparer, ta mère et moi. Elle a mis à dos ta mère et ses parents. C'est à cause d'elle que tu ne connais pas tes grands-parents ! Parce qu'elle colporte des mensonges. Mais motus ! Faut pas en parler. Secrets de famille.
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thedocthedoc   29 janvier 2021
À la mort... À la vie !
Ma petite Maman, tune me quitteras jamais.
Tu m'accompagneras toujours.

À travers mes larmes,
Dans les rayons du soleil,
La poussière des cendres a tourbillonné,
Micro-étoiles éblouissantes.
Immortelles.
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Nota0BeneNota0Bene   06 janvier 2020
Sensation bizarre depuis quelque temps : je me sens prisonnière. Je ne suis plus un moineau sur un fil à haute tension. Je suis une poule à la merci d'un renard. Une bête traquée dans un terrain entouré de fils barbelés et infecté de bombes. je n'ose pus rien faire. Peur de décevoir ? D'être rabrouée ? De n'être pas à la hauteur ? Peur de faire erreur dans le moindre de mes gestes ? Je ne comprends pas ce qu'il m'arrive.
- Lilouuuuuuuu ! soupire seulement mon père.
Aussitôt, je m'enfonce dans ma "boue intérieur ". C'est ainsi que j'appelle secrètement mon état.
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Raven27Raven27   07 août 2020
« On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept et qu’on a des tilleuls verts sur la promenade. » Arthur Rimbaud.
« On est tristement sérieux, à dix-sept ans, quand sa mère n’est plus et que des cigales, dans les pins, vous serinent le bonheur perdu, qui ne reviendra plus. » Lilou Cuvelier.
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