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EAN : 9782367406046
304 pages
Éditeur : Scrineo (14/02/2019)

Note moyenne : 3.77/5 (sur 26 notes)
Résumé :
Que faire, quand la justice ne vous rend pas justice ? Une poignante histoire de vengeance et de reconstruction pour continuer à vivre.

Trois ans, déjà.
Trois ans qu'Anis court pour ne plus qu'on la rattrape.
Trois ans que Nora a préféré ralentir, pour s'arrêter de penser.
Trois ans que Milan s'en veut de n'avoir rien pu faire.
Trois ans que Steven a fermé les yeux, et qu'il avance dans le noir.

Cette nuit-là... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
Saiwhisper
  01 avril 2019
Après l'excellent « Mers mortes » d'Aurélie Wellenstein, Scrineo propose un nouveau roman coup de poing autour d'une thématique difficile : celle du viol. En lisant la quatrième de couverture, je ne savais pas forcément qu'on allait basculer sur ce sujet. Mais une fois que j'ai compris, j'ai quand même voulu voir comment Charlotte Bousquet allait traiter ce type de drame. de manière générale, je n'ai jamais été déçue par sa plume féministe et puissante, ni par les différents récits qu'elle a écrit. J'avais donc beaucoup d'attentes concernant « Nos vies suspendues » et je dois reconnaître que le résultat m'a plu !
Cette lecture ne laisse pas le lecteur indifférent. Attendez-vous à ressentir une pluie d'émotions tout au long du livre ! le sujet en lui-même est déjà très sensible, mais c'est surtout l'injustice que l'on partage avec les héroïnes qui nous prend aux tripes. Les propos de la cour de justice sont malheureusement des choses que l'on entend souvent : « Les filles l'avaient cherché en étant peu habillées. », « Elles avaient bu et s'étaient amusées en dansant sur la piste. », « Elles ne se sont pas assez débattu. ». Des propos horribles, crédibles et terriblement révoltants… Bien sûr que ces adolescentes ont fait la fête, bien sûr qu'elles ont trop bu à cause de leur âge et de l'euphorie du moment, bien sûr qu'elles ne s'attendaient pas à cela, puisqu'elles pensaient être avec leurs amis en qui elles avaient confiance… Cela aurait pu arriver à n'importe qui… Et c'est bien ce qui est effrayant… Hélas, le verdict est sans appel pour les personnages de ce roman… Et pour de nombreuses victimes de notre monde que l'on écoute à peine… Pire : que l'on accuse ! Comme si une femme aspirait à être violée par une ou plusieurs personnes… Pathétique. Pour ma part, un sentiment de révolte et de colère m'a animée jusqu'au bout… Je reposais avec peine mon ouvrage et vais certainement rester marquée pendant quelque temps…
La narration est plurielle : elle papillonne entre les jeunes ayant vécu cette affreuse soirée. On a donc le point de vue des violeurs, du compagnon d'une victime qui est hanté par la culpabilité de ne pas avoir agi et d'avoir regardé, du jeune flic qui a trouvé les filles le lendemain et des deux demoiselles. Il est intéressant de voir les deux façons dont ces dernières ont réagi. C'est terriblement réaliste ! L'une a sombré dans l'obésité et va tenter de mettre fin à ses jours. Les chapitres où elle est narratrice sont très forts émotionnellement et particuliers, car on emploie la deuxième personne, comme si on s'adressait directement au lecteur ou que l'on se détachait. Nora s'adresse à elle-même, comme si elle n'existait plus, comme si quelqu'un lui racontait son histoire puisqu'elle n'est plus l'ombre d'elle-même pour le faire. C'est assez terrifiant et bien vu. Sa camarade Anis emploie la première personne et réagit vraiment autrement : avec rage, dégoût et envie de vengeance. Elle tente de refaire surface néanmoins, ses démons ne partent pas et chaque nouvelle décision de la justice est un coup de massue supplémentaire. J'ai été très émue par Anis et Nora au point de ressentir énormément d'empathie pour elles…
Le sujet est bien traité, tout est très fort psychologiquement, tandis que le scénario est aussi sensible que vraisemblable… sauf le dénouement ! En effet, même si j'adore le fantastique et que je comprends l'idée de l'auteure ainsi que la métaphore, je n'ai pas spécialement adhéré au changement de genre en fin d'ouvrage… C'était vraiment inattendu ! J'étais restée sur du roman contemporain abordant une thématique difficile, je ne pensais donc pas qu'on allait dériver sur « ça »… Malgré mon ressenti, je suis persuadée que cette touche surnaturelle plaira à certains lecteurs. C'est simplement une question de goût et d'attente. Quoi qu'il en soit, ce fut une lecture intense que je recommande.
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Allisonline
  31 janvier 2019
Nos Vies Suspendues est un roman poignant. Charlotte Bousquet nous propose un vrai page-turner qui porte bien son nom tant il a mis ma vie en suspens, le temps de ma lecture. Je l'ai dévoré d'une traite, tremblante de rage, de dégout et de chagrin. On y suit deux jeunes femmes victimes de viol, trois ans après l'agression. Trois années durant lesquelles elles ont dû vivre avec le verdict injuste prononcé par le tribunal, une sentence inacceptable qui a mis leur reconstruction en suspens. Malheureusement, c'est un sujet tristement d'actualité, à une époque où les femmes sont encore bien trop souvent considérées comme coupables de ce qui leur arrive. L'autrice choisit de montrer l'injustice et la réalité brute : le fait que les plaintes pour viol n'aboutissent que très rarement à un jugement satisfaisant. Ici, pas de super héroïnes prêtes à enfiler leurs capes de justicières, mais de jeunes femmes détruites, abandonnées par la justice et, par-dessus tout, culpabilisées. Comme si la sidération n'existait pas, comme si sa beauté, son état d'ébriété, sa virginité ou sa tenue avait une quelconque incidence sur la culpabilité des victimes. On découvre alors deux jeunes femmes qui réagissent différemment à l'annonce du verdict, mais aucune n'est plus légitime que l'autre. L'une s'est créée une carapace mentale, s'est endurcie jusqu'à en devenir froide et insensible. L'autre s'est créée une carapace physique, s'est oubliée au point de ne plus vouloir exister. Ce sont deux femmes qui ne peuvent que toucher, deux personnages crédibles qui incarnent tant de femmes à qui cela arrive chaque jour.
Et soudain, une touche de fantastique. Elle déçoit presque, quand elle arrive dans ce récit qu'on veut pourtant réaliste et juste. Mais une fois la surprise passée, on se rend compte de l'intelligence de l'implication du surnaturel dans cette histoire. À sa façon, elle personnifie des sentiments parfois difficiles à appréhender, comme une douleur intérieure qui ronge et qui détruit. Tout au long du roman, il est question de culpabilité. Des victimes, des agresseurs, des silencieux, des allié∙e∙s. Des victimes, à qui on fait croire qu'elles l'avaient peut-être un peu cherché, en exploitant la fameuse « zone grise » du consentement. Des agresseurs, qui ont de plus en plus de mal de se convaincre que cette zone existe. Des silencieux, qui auraient dû intervenir, qui auraient pu changer les choses. Des allié∙e∙s, qui auraient voulu aider, mais qui n'ont pas pu. Nos Vies Suspendues parle de culpabilité, mais aussi de reconstruction et de résilience. Un roman percutant !

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Les_lectures_de_Sophie
  12 février 2019
En début d'ouvrage, on trouve cette citation qui nous plonge immédiatement au coeur du problème :
Selon l'article 222-22 du Code Pénal, le viol et un crime et l'agression sexuelle, un délit […] Devant la loi, agresser sexuellement une femme équivaut donc à prendre le volant en ayant bu, et c'est moins grave que d'avoir vendu du shit. Zoé de Soyes, « Femme, jusqu'à quand laisseras-tu le silence t'écraser ? », Concours de plaidoiries pour les droites de l'homme 2018, collectif.
J'ai fini de lire ce livre il y a presque deux semaines maintenant. Mais c'est un roman qui nécessite du recul pour pouvoir en parler. Sur le coup, j'ai eu besoin d'évacuer un peu, de partager ma rage, ce que j'ai fait à travers un post instagram, car j'étais incapable de rédiger plus avant. Il est des lectures qui marquent, qui travaillent, qui résonnent au plus profond de nous. Celle-là en est clairement une.
Charlotte Bousquet fait partie des autrices qui mettent les pieds dans le plat dans la littérature à destination des jeunes, enfants et/ou ados, sans langue de bois. Elle ose traiter tous les sujets, aussi difficiles soient-ils. Ici la culture du viol, dans Mots rumeurs mots cutter, le harcèlement en ligne et en cours, dans A ♥ battants, les violences policières pour ne citer que les romans jeunesse chroniqués sur ce blog. Et d'une manière générale, ses personnages ne sont pas formatés. Charlotte Bousquet est une femme que j'admire pour son style, mais aussi pour ses prises de position, non seulement en tant qu'autrice, mais aussi comme directrice de collection des éditions Lynks. Elle ne se met pas de barrières, elle ose, au risque de déplaire. Et sa voix porte dans les collèges, les lycées…
Nos vies suspendues est un roman fort, qui ne rentre pas dans les cases. C'est un roman contemporain par ses thématiques, et la majeure partie de sa construction. Avec une touche de fantastique qui permet une distanciation, mais aussi une liberté dans la trajectoire des personnages… Je ne vous en dirais pas plus sur le sujet, à vous de découvrir. Je sais que ça a déplu à certains, j'ai trouvé pour ma part que ça permettait d'exprimer des choses difficilement accessibles dans un « simple » contemporain.
L'événement à l'origine de l'intrigue est révoltant, mais hélas tellement courant dans la vie réelle. Un viol, ou plutôt des viols, et un jugement ridicule et dérisoire. Parce qu'elles portaient des tenues légères au milieu de l'été, parce qu'elles faisaient la fête, parce qu'elles avaient bu, parce qu'ils étaient tous drogués, Anis et Nora ont été traitées comme des coupables, humiliées, et leurs agresseurs quasiment excusés…
Ce roman, c'est l'histoire de ces jeunes filles, et jeunes gens, de leur vie après le simulacre de procès. Chacun réagit comme il peut. Certains se sentent plus coupables que d'autres. Mais pourquoi n'ont-ils rien dit ? Anis se bat, dans une course effrénée vers l'avant. Nora, elle s'est arrêtée, refermée. Elle ne veut plus être.
La narration alternée nous permet de découvrir les différents points de vue. Anis s'exprime elle-même, Nora est interpellée par le narrateur, et pour les autres, il s'agit d'un narrateur omniscient. le tout est ponctué de retours en arrière, qui nous permettent de découvrir ce qui s'est passé avant, pendant et juste après les viols. En détail. Certaines scènes sont difficiles. Mais nécessaires. Il est bien je pense de pouvoir échanger sur cette lecture, qui peut être éprouvante.
J'ai aimé que l'autrice ne s'arrête pas à suivre les victimes des viols, qu'elle montre l'impact des événements sur tous les protagonistes. J'ai aimé qu'elle montre la rage, la haine devant ces institutions qui refusent de comprendre, et qui culpabilisent les victimes. Car quand on refuse d'entendre le viol, quand on humilie les victimes, on prend le risque de détruire ces victimes, ou de provoquer de la haine et des envies de vengeance. Heureusement pour la justice, notre éducation fait que le plus souvent, cette haine ne s'exprime que par les mots et la souffrance. Car devant certaines situations, j'avoue avoir des envies de violence, voire pire.
Une femme ne « cherche » pas à se faire violer. Quelle que soit sa manière de s'habiller, de se comporter, personne n'a à décider à sa place si elle souhaite avoir des relations sexuelles. Et ce n'est pas parce que sur le moment, elle ne se débat pas que ce n'est pas un viol. Une telle réaction s'appelle la sidération. Trop souvent, même la police, la gendarmerie ou les juges ne le savent pas ou n'en tiennent pas compte. Trop souvent, on entend encore « elle l'a bien cherché ».
Ça ne doit plus jamais arriver, parlez-en autour de vous. Une femme est libre de son corps, de sa vie, de ses choix. Il est temps d'en finir avec ces considérations d'un autre âge.
Il est compliqué de dire qu'on a un coup de coeur pour ce genre de roman. Par contre, il y a toutes les chances qu'il mette un coup de poing au lecteur. Et c'est déjà beaucoup. C'est un livre à lire, un livre utile, à mettre entre les mains des adolescents et adolescentes. Un livre qui provoquera des débats. Un livre pour discuter, expliquer. Mais c'est avant tout un bon roman, bien écrit, original dans sa narration comme dans la gestion de l'intrigue.
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DreamBookeuse
  22 février 2019
Nos vies suspendues aborde les thématiques du viol, de la reconstruction de soi, de la justice, de la vengeance…des thèmes « tabous », des thèmes qui affolent, mais indéniablement des thèmes qui font réagir. Je ne pourrais pas vous dire si ce roman vous est adressé, s'il vous parlera, s'il vous marquera. Pour moi c'est ce qu'il a fait. Il a résonné de plein de façons différentes et je ne vous dirai pas, ici, lesquelles. Il a vibré avec moi, avec mon sentiment d'injustice devant toutes ces femmes qui, chaque jour, se font violer et n'obtiennent ni d'excuse, ni de considération, ni même de jugements équitables. Il m'a mise en colère, une colère que je pensais avoir domptée d'une certaine manière, mais qui reste là, sauvage, un peu féline, dans l'ombre.
Nos vies suspendues c'est l'histoire de deux adolescentes victimes d'un viol en réunion, deux ados qui riaient, dansaient, buvaient un soir d'été, tantôt en jupes, tantôt en maillot de bain, rayonnantes. Deux filles qui se sont arrêtées d'un coup dans le temps. L'une pour mieux courir et fuir, l'autre pour mieux s'engouffrer sur le chemin de la mort.
Mais c'est aussi celle de Steven, écrasé de remords et de culpabilité, qui, glacé, est resté là, à regarder sa petite amie subir les pires atrocités. Et qui a par la suite menti, soutenu que ses amis et lui n'étaient pour rien dans cette histoire. Alors il y a aussi Maël, Enzo, Laurent, et Matis, les quatre mecs ayant participé à ce viol. Et Milan, le jeune flic qui les a recueillies toutes les deux, hagardes, les corps couverts de contusion et qui a continué à les soutenir même quand la justice, celle en qui il croyait plus que tout au monde, a tourné le dos à ses protégées.
Et quelque part dans ce joyeux petit monde il y a nous, toi, moi, vous, et les autres, celles qu'on ne voit pas et qui avancent en frôlant les murs des métros, ceux dont on ose pas croiser le regard noir et brûlant.
C'est un roman compliqué à suivre. Beaucoup de personnages. Des changements de narration aussi, le « tu » de Nora, après sa tentative de suicide, le « je » d'Anis, l'omniscience pour les garçons… le présent, le passé, la voix de l'ombre. Un rythme soutenu qui ne laisse que peu de place à la respiration, une plongée en apnée dans quelque chose. Un roman qu'il est nécessaire de lire, de comprendre, d'assimiler. Pour nous et pour elles.
J'ai apprécié que Charlotte ne se contente pas des points de vue des deux adolescentes. Qu'elle nous entraîne vers celui des autres. Qu'elle nous force à les voir en tant qu'êtres humains, non pas en tant que monstres échappés d'un quelconque folklore. Souvent c'est la dichotomie qui est établie : des monstres ou des personnes qui n'étaient pas maîtresses d'elles-mêmes mais entre les deux ? Rien, le néant. On laisse des êtres humains décider de ce qui est juste ou pas dans une affaire où aucune discussion ne devrait être admise.
J'ai également aimé à sa juste valeur le personnage du doppelgänger, ce qu'il permettait de faire et cette comptine incessante qui marque le récit. Mais je lui en ai voulu aussi, de rendre cela plus facile d'une certaine façon, une espèce de dieu vengeur descendu sur Terre. Mais peut-être était-ce le but recherché. Permettre quelques inspirations dans toute cette noirceur. Une pause dans le noir. Chercher à comprendre d'où viennent les ténèbres. Parfois j'ai trouvé sa présence juste et d'autres, de trop, je ne suis pas encore tout à fait convaincue. L'intrigue secondaire avec les SDF m'a également perturbée, à bien y réfléchir, je ne comprends pas bien ce qu'elle apporte réellement au récit et je la trouve peut-être trop « à côté ».
Nos vies suspendues ne vous donnera pas de leçon. Pas de morale. Pas de mots doux. Peut-être qu'il vous donnera une certaine forme de réconciliation avec vous-même si vous vous attachez assez au personnage d'Anis pour vous laisser emporter avec elle. Peut-être qu'il vous fera comprendre une amie proche, une soeur, une mère. Peut-être que comprendrez enfin ce sentiment d'injustice, de colère, de frayeur qui vous échappait jusque là. Je suis sûre d'une chose, il vous marquera. Oh peut-être pas pour toujours, peut-être pas aussi fort que d'autres, que ceux vous ayant arraché des larmes, mais il vous marquera là où les traces restent indélébiles…dans votre conscience.
En résumé
Nos vies suspendues est un roman qu'il est difficile d'aborder sans trop en révéler. Rythmé par une narration implacable et plurielle, il aborde une pluralité de réactions différentes face à un même acte. de la culpabilité à la haine, de la colère à la vengeance, on passe par beaucoup d'émotions qui marquent et laissent une trace sur son lecteur. Bien que quelques éléments m'ont dérangée, la plume acérée de l'autrice et la thématique, aussi actuelle que cruelle, font de ce roman une petite perle.
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AlouquaLecture
  19 mai 2019
On ne peut pas dire que Charlotte Bousquet a choisi la facilité en prenant un thème difficile pour son récit. Nous avons deux victimes de viol que nous rencontrons trois ans après les faits, mais avec lesquelles nous allons revivre ce calvaire à travers des flashbacks, à travers leurs vies actuelles également car ce qu'elles ont vécus a laissé des traces, a laissé une marque indélébile. Chacune vit, ou plutôt survit à sa manière.
C'est un livre qui m'a retournée, qui m'a bouleversée, qui m'a fait frissonner, que je n'ai pu poser avant la fin. Un acte abominable, un jugement, un verdict qui n'a pas de sens, comment se reconstruire après cela, comment continuer de vivre tout simplement ? Comment vivre en ayant été détruite, comment vivre avec la culpabilité que le jugement vous fait porter ? Comme je le dis plus haut, l'auteure n'a pas choisi la facilité pour son livre, mais je trouve qu'il reflète la réalité, la vie des victimes qui au final sont plutôt misent dans la case des personnes qui auraient provoqués ce qui leur est arrivé plutôt que dans celles des victimes qu'il faut absolument défendre et soutenir. Je n'entrerai pas dans un débat sur la justice, mais je n'en pense pas moins…
Tout le monde ne réagit pas de la même manière, d'un côté nous avons Anis qui a choisi de se forger une carapace qui lui donne un air de personne que plus rien ne touche, d'un autre côté nous avons Nora qui elle en arrivera à un point de rupture où elle ne veut plus tenter et qui ne voudra même plus vivre. A un moment, nous avons une touche de fantastique, ne vous demandez pas pourquoi ce style s'invite dans ce genre de livre, il a sa raison d'être présent, il est là pour une bonne raison. Franchement, moi je dis bravo à l'auteure d'avoir utilisé ce genre différent pour au final expliquer énormément de choses.
Après avoir terminé ce livre, j'ai du laisser reposer mon esprit avant de pouvoir écrire un avis. Comme toujours je le fais en premier au brouillon et je me relis par la suite, mais en règle générale, je le fais à chaud, juste après avoir lu un livre. Avec Nos vies suspendues, j'ai du laisser passer un peu de temps, pas loin de 48 heures après, j'ai réussi à mettre des mots l'un à la suite de l'autre. Au final, j'ai tout effacé, tout recommencé, et je vous livre ici un minimum d'informations, parce que simplement j'estime que ce livre doit se lire avant tout, vous ne le ressentirez certainement pas de la même manière que moi, sauf si… Enfin bref je ne vais pas développer ce point, mais pour moi, ce n'est pas un livre dont on doit lire des avis avant de le découvrir, c'est un livre que l'on découvre et ensuite on en parle.
Quoi qu'il en soit, si vous avez absolument besoin d'un avis avant de vous lancer, je ne vous direz que ces quelques mots : lisez-le, laissez votre esprit assimiler, laisser vos mots reposer, seulement après si vous le voulez nous en parlerons. Mais lisez-le en premier lieu. C'est le premier livre que je lis de l'auteure, mais elle m' a convaincue de découvrir ses autres récits, ma whish list c'est donc bien allongée, mais impossible de ne pas vouloir tout lire de cette auteure.
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critiques presse (1)
Ricochet   13 mai 2019
Voudrait-elle se faire vengeance ? La réponse est beaucoup plus compliquée, avec une pointe de surnaturel qui fait encore une fois toute l’originalité de Charlotte Bousquet dans ce roman de société dur et direct.
Lire la critique sur le site : Ricochet
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
SaiwhisperSaiwhisper   29 mars 2019
Lui, ce n'est pas le viol, qu'il risquait avec son attitude. Mais le lynchage public. Coupable d'être lui-même.
Et nous, on était coupables de quoi, déjà ? Ah, oui : d'être jeunes, jolies, heureuses de profiter d'un début d'été, de vacances ensoleillées, de la musique ringarde du 14 juillet et d'avoir trop dansé, trop bu.
Et eux, ne sont coupables de rien. Ni de viol ni d'abus. Ni même de lâcheté.
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SaiwhisperSaiwhisper   29 mars 2019
Quand le couple se sépare, presque à regret, un bâtard gris, plus hardi que les autres, tente de s'approcher. Grondement. Il s'éloigne, soumis. Alors, avec un drôle de soupir, la femelle qui le parc en trottinant. Assis sur son arrière-train, son compagnon l'observe avant de se fondre, pareil à un fantôme, dans la brume.
C'est la différence entre les chiens et les hommes.
Les uns savent s'arrêter.
Les autres, non.
+ Lire la suite
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SaiwhisperSaiwhisper   29 mars 2019
Selon les jurés, le non-consentement n'était pas avéré, trois des accusés étaient mineures, sous l'influence de stupéfiants ; les victimes étaient en état d'ébriété, court vêtues, elles ne se sont pas assez débattues ; des filles délurées en quête d'amours de vacances qui l'ont quand même un peu cherché, des témoins les ont vues se trémousser sur la piste de danse, après tout.
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DreamBookeuseDreamBookeuse   22 février 2019
Mon petit coin d’espoir bleu comme un ciel d’été s’est voilé de gris, gris orage, gris plomb, gris pollution quand ils ont décidé que les criminels ne l’étaient pas tant que cela, que Nora et moi nous n’étions peut-être pas si innocentes qu’on voulait le faire croire. On avait bu, après tout. On avait pris des trucs.
On était court vêtues. Ben oui, c’était l’été.
On l’avait sans doute cherché.
On ne cherche jamais. Ni à être battu. Ni à être violé.
C’est n’importe quoi.
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SaiwhisperSaiwhisper   29 mars 2019
La honte et la peur te sont tombées dessus, tu t'es engouffrée dans la bouffe pour éviter de te noyer et peu à peu, ta bouée de sauvetage a montré son vrai visage, celui d'une prison, avec ta chair en guise de barreaux.
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Videos de Charlotte Bousquet (49) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Charlotte Bousquet
Charlotte Bousquet fait la lecture du troisième chapitre de son nouveau roman, Des Oeillets pour Antigone, qui paraîtra courant mai en librairie !
Résumé : 1991, France.
En triant les affaires de sa soeur disparue cinq ans plus tôt dans des circonstances tragiques, Luzia retrouve son vieux médaillon ainsi que son journal intime. À sa lecture, elle commence à s'interroger : et si le suicide de sa soeur était lié à ce bijou et à la mort de leur tante vingt ans auparavant à Évora ?
Quand elle commence à être assaillie de cauchemars et d'hallucinations, la jeune femme se lance sur les traces de la vérité. Une quête qui la plongera dans le passé de sa famille, dans un Portugal déchiré par la dictature de Salazar…
Trois époques. Trois femmes. Trois destins. Une volonté : être libre.
Pour les lecteurs à partir de 15 ans.
https://scrineo.fr/boutique/scrineo/jeune-adulte-imaginaire/des-oeillets-pour-antigone/
Bonne écoute à tous !
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