AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontres
EAN : 9782823608670
381 pages
Editions de l'Olivier (04/06/2015)
3.95/5   10 notes
Résumé :
Marseille, 1929. Lincoln Agrippa Daily, alias Banjo (comme l'instrument dont il joue dans les bars), docker occasionnel, est un Noir américain en quête de plaisirs et d'aventures. Dans cette ville légendaire pour tous les marins du monde, il déambule, en compagnie d'amis et de connaissances de passage. C'est dans les bas-fonds, les lieux clandestins, les rades plus ou moins louches qu'ils rencontrent prostitué(e)s et maquereaux, voyous en tout genre, marins en bordé... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
MELANYA
  11 juillet 2021
Pendant un Festival littéraire, il y eut notamment une rencontre avec Armando Coxe, Hélène Lee et Blaise N'Djehoya sur le thème « Qui est Claude McKay ? ». Il y eut également un concert dessiné « Looking for Banjo » et un concert littéraire « En ballade avec McKay ». Il faut dire qu'il a connu Duke Ellington et Louis Armstrong.
De plus, il a été l'une des principales figures de la « Harlem Renaissance ».
Autant dire que cet écrivain, poète et romancier américano-jamaïcain, né en 1889, qui a vécu également en France (et a connu Aimé Césaire) avant de retourner aux États-Unis où il a fini ses jours en 1948, a été vraiment mis en valeur.
Son roman « Banjo » (paru en 1929) décrit l'influence apportée par Marseille, cette cité-refuge qui a inspiré bon nombre de personnages par son hospitalité.
Dans ce livre dont on dit qu'il est sans intrigue et que ce n'est pas un polar, on suit un Noir-Américain, Banjo qui, avec d'autres pauvres hères comme lui, vivent comme ils peuvent, au jour le jour.
On les suit dans les bas quartiers de la ville, « La Fosse » ; ils arpentent les quais où accostent les bateaux en espérant trouver un peu de travail. N'importe quoi mais sitôt gagné un peu d'argent, sitôt dépensé.
De plus, à cette époque-là (mais je pense que c'est toujours le cas), Marseille a une mauvaise réputation malgré la surveillance de la Bonne Mère (Notre-Dame de la Garde). Dans cette vie d'errance, de misère, de petites magouilles pour subsister, Banjo revendique son désir de liberté.
Ce livre est spécial car ce qui prédomine, outre la description si bien détaillée de la ville, à cette époque-là : ses docks, la mise à l'écart des immigrés, l'exclusion des Noirs… c'est l'amitié (avec son entraide) et tout au long du récit La Musique.
Il y en a très souvent. Banjo (surnommé ainsi à cause de l'instrument avec lequel il joue), nous offre dès qu'il peut, du jazz ou du blues, chaque fois que l'occasion lui en est donnée.
On retrouve souvent son fameux « Shake that thing » (« Secouez-moi ça ») mais aussi d'autres airs sur lesquels les danseurs se déchaînent.
Un autre personnage important se trouve aux côtés de Banjo : Ray.
D'ailleurs, dans la postface , Michel Fabre écrit :
« Ray se révèle un guide avisé pour nous faire apprécier la riche diversité des cultures du monde de couleur, mais Banjo, lui, incarne l'antidote de la morosité. Contre le slogan de la « civilisation » matérialiste - « Les affaires d'abord et par tous les moyens ! » - Banjo nous invite à réagir. Il propose son refrain favori, « Shake that thing ! » un air de jazz. Son « Secouez-moi ça ! » est aussi un mot d'ordre politique ».
Claude McKay redonne ici ses justes couleurs à la Marseille du début de siècle et Blaise Cendrars lui-même aimait Banjo, référence non négligeable.
C'est donc une description sans condescendance, une sorte d'état des lieux de la Négritude (fortement malmenée), le tout étant fait sans aucun parti pris car il s'agit d'une constatation.
Même s'il y a quelques passages un peu violents, le récit garde un certain optimisme avec Banjo qui, jusqu'au bout, refuse de suivre les conseils de Ray, car il ne pense qu'à sa liberté et à la musique.
Cet ouvrage fait preuve d'une grande humanité, d'une histoire d'amitié sans failles et pourquoi ne pas terminer cette chronique en disant : « Shake that thing ! ».
Un écrivain à découvrir avec ce livre que l'on appelle aussi « un roman-opéra » et qui donne une grande gifle au lecteur.
Lien : https://www.babelio.com/monp..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          180


critiques presse (1)
Liberation   03 mai 2022
Leur monde est dans ces bas-fonds dont ils ont rebaptisé l’artère principale la Boodie Lane, où se sont échoués des marins et des dockers qui s’enivrent de souvenirs plus ou moins inventés et de récits d’aventures qui n’arrivent qu’aux autres.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
MELANYAMELANYA   29 octobre 2021
Banjo reprit Shake that thing pour l’occasion. Malty se joignit à lui, sifflant ou jouant du cornet à piston, tandis que les autres fredonnaient l’accompagnement en dansant :
Old folks doing it, and young folks too,
The young folks learning the old how to do,
Shake that thing, shake that thing !
I’m getting sick and tired, but… Oh, shake that thing ! »

Les vieux le font, les jeunes aussi,
Les jeunes apprennent aux vieux à le faire
Secoue-moi ça, secoue-moi ça !
Ca commence à me suffire mais… oh, secoue-moi ça !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
MELANYAMELANYA   11 juillet 2021
**Fait
Chante, Banjo ! Joue, Banjo ! Me voilà, patron, je marque le pas, je garde le pas, je reste en mesure avec vous, de quelque façon ; Ohé, Banjo ! Joue-moi ça ! Secoue-moi ça !
Old Brother Mose is sick in bed.
Doctors says he is almost dead
From shaking that ring, shaking that thing.
He was a jelly-roll king. Oh, shake that thing. *

* Vieux frère Moïse est malade, au lit,
Le médecin dit qu’il est presque mort
D’avoir secoué ça, secoué ça.
C’était le roi du jelly-roll. Secoue-moi ça .
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
MELANYAMELANYA   11 juillet 2021
- Les meilleurs des Noirs ne sont pas les gens du monde. Je n’écris pas pour ces derniers, ni pour les Noirs qui refusent de manger des côtes de porc, ni pour les amis puritains des gens de couleur, ni pour les négrophobes, ni pour les négrophiles. J’écris pour ceux qui sont capables d’apprécier une histoire authentique d’où qu’elle vienne.
- Ça m’est égal ce que tu fais, frangin, dit Goosey. Je parlais pour la race et pas pour moi, parce que je ne retournerai jamais aux United Snakes.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
MELANYAMELANYA   29 octobre 2021
Prends Lamine Senghor et ses camarades, par exemple. Ce sont les propagandistes les plus amers et les plus dénués du sens de l’humour qui soient, eh bien, ils sont tous mariés à des Blanches. A croire que cette expérience les a aigris. Comme s’ils s’étaient imaginé que cela les rapprocherait de la race blanche et avaient découvert, mais trop tard, que c’était impossible.
Commenter  J’apprécie          40
MELANYAMELANYA   11 juillet 2021
- Du banjo, c’est de ça que tu joues ? s’exclama Goosey.
- Sûr, c’est de ça que je joue, fit Banjo, t’aimes pas ça ?
- Non. Le banjo c’est l’esclavage. C’était l’instrument des négriers. Le banjo c’est Dixie. Le Dixie des plantations de coton, le Maître et Maîtresse et de nounous noires. (…) Que les Blancs jouent du banjo s’ils veulent continuer à garder le souvenir de tous les bons Nègres qui chantaient et de l’enfer dans lequel ils les faisaient vivre.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30

Lire un extrait
Video de Claude McKay (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Claude McKay
Avec Alfred, Mathilde Domecq, Richard Guérineau, Benoit Guillaume, Laureline Mattiussi, Rémi Foucard (claviers, chant), Jérôme Sedrati (batterie, chant) et Yan Wagner (chant, claviers). ? Friche la Belle de Mai (Marseille) le 23 mai 2018 ? L?an dernier, Alfred et ses complices de la BD, accompagnés par le saxophoniste Raphaël Imbert, avaient enflammé La Criée en revisitant le Banjo de Claude McKay. Cette année, c?est au tour d?un autre roman culte, 1984, de servir de trame à la création d?un nouveau « concert dessiné », cette performance collective qu?Alfred pratique en maître : sur scène, cinq dessinateurs mêlent leurs univers et leurs crayons pour faire vivre en images le roman de George Orwell. Afin d?en souligner la dramaturgie futuriste, le musicien-compositeur Yan Wagner ? connu pour ses albums d?électro-pop et son duo avec Étienne Daho ? déploie sa palette de sons hypnotiques et interprète en direct avec ses musiciens la bande son de la soirée. Une autre manière, inventive et décalée, de (re)découvrir le chef d??uvre d?Orwell !
+ Lire la suite
autres livres classés : négritudeVoir plus
Notre sélection Littérature étrangère Voir plus