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EAN : 9782818048689
384 pages
Éditeur : P.O.L. (05/03/2020)

Note moyenne : 4.07/5 (sur 268 notes)
Résumé :
'Il est des hommes...' est un roman noir, au sens où il ambitionne de dire quelque chose du monde social, de sa dureté, de sa folie, de sa barbarie. Un roman qui se confronte aux forces du mal, qui raconte l’enfance dévastée, l’injustice, le sida, la drogue, la violence dans une cité de Marseille entre les années 80 et 2000.
Le narrateur, Karel, est un garçon des quartiers Nord. Il grandit dans la cité Antonin Artaud, cité fictive adossée au massif de l’Etoil... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (63) Voir plus Ajouter une critique
Kittiwake
  03 juin 2020
Qui a tué Karl, ce monstre qui terrorise ses enfants et sa femme?

D'emblée, dès les premiers lignes, on est dans le sujet : ce que vivent Loubna et ses enfants est insoutenable. Karel et Hendricka en bavent tous les jours, mais ce n'est rien à côté du martyr du petit dernier, rejeté avant même sa naissance et qui a eu le malheur de naître avec de multiples malformations. Celui que son père nomme le gogol ou le triso, Mohand, et les deux autres enfants se construiront une nouvelle famille , à deux pas de la cité marseillaise où ils survivent , au coeur d'un camp de gitans. C'est là qu'ils tisseront des liens d'amour et d'amitié , alors qu'il leur faudra des années pour comprendre l'histoire familiale complexe dont ils sont issus.

Survient un drame . Et là j'ai cru être plongée dans un roman de Zola avec sa théorie de la dégénérescence et de l'hérédité de la violence. Un accident? une pulsion alcoolisée? Peu importe, Karel vit avec cette angoisse, d'être découvert , mais aussi de porter en lui un peu de la perversité paternelle .
Les personnages sont complexes. Si Karel et Handricka s'en sortent grâce à leur beauté (leur père ne parviendra cependant pas à tirer profit des castings auxquels il les présente inlassablement), Mohand tire son épingle du jeu en partie du fait de sa laideur, sa disgrâce physique et sa fragilité contribuant à une forme de séduction. Et puis il a un autre atout dans son sac, ce garçon…

C'est quasiment en apnée que se dévore ce roman dont les excès contribuent à l'addiction qu'il suscite. et l'on en sort comme estomaqué, après une scène finale époustouflante. Même si tout est un peu « trop », trop violent, trop beaux, trop laid, c'est très efficace.

Lien : https://kittylamouette.blogs..
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Ladybirdy
  13 août 2020
Chronique qui va faire tache dans cette frénésie de louanges. Mon âme sensible en a pris un coup. Voici mon ressenti à vif et toujours honnête.
Deux frères et une soeur en proie au désamour parental dans une cité marseillaise où règnent violence, injustice et misère.
Il est des hommes qui se perdront toujours raconte l'histoire d'enfants et futurs adultes perdus à s'être escrimés en vain à vouloir être aimés d'un père qui ne voulait pas d'eux.
Encore un livre qui parle de maltraitance, de colère, de conséquences à une enfance saccagée. J'aurai pu adhérer à ce livre mais -et la liste est longue- je n'ai pas pu.
Car :
- Je n'aime pas le langage ordurier, vulgaire. Dans ce roman, vous ne rencontrerez pas de jolies muses mais des putes. Ainsi sont nommées toutes les filles. Connards, enculés, bougnoules et j'en passe...
- Des passages à la pelle de scènes porno où le vocabulaire bad gamme s'en donne à coeur joie, je vous passe les détails.
- Des jeunes caricaturés dans leur cité où suinte la misère, où résonne le rap américain, où ça parle comme ça pisse, ni plus ni moins. Pauvres mômes, j'aspire à croire que la misère ne rime pas toujours avec ces clichés de rue.
En conclusion, ce roman ne m'a pas du tout séduite. Et encore moins fait rêver. J'aimerais penser qu'il existe encore des écrivains attirés par la lumière plutôt que par cette ombre dantesque. Des livres sur l'enfance massacrée, j'en ai lus quelques uns (La golfe blanche, le château de verre, Ecchymoses,...). La non plus il n'y a nulle ou peu de lumière. Mais il n'y a pas non plus de surenchère dans les clichés ni de langage sali par de trop nombreuses références ici au sexe sale et mauvais. Si j'ai lu le roman jusqu'au bout, il sera très vite relégué aux oubliettes.
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DoubleMarge
  01 janvier 2021
"Dès le début du récit, on plonge dans l'enfance meurtrie. Enfants que l'on n'a pas laissés s'épanouir, comme ces « trois fleurs décapitées dans un vase » dont parle l'auteure. Rebecca Lighieri, pseudonyme de Bayamak-Tam, déclare écrire des romans noirs sous ce pseudo. Pourtant son histoire s'écarte de ce qu'il est coutume d'appeler un roman noir. Certes, le roman débute par l'assassinat de Karl, père de la famille Claès, dans « une sorte de règlements de compte. Un assassinat violent, sauvage qui traduit une haine féroce de l'assassin ». Mais l'on devine vite l'identité du meurtrier, ce n'est pas vraiment le sujet du livre. Rebecca Lighieri ne peut pas s'empêcher de faire du Bayamak-Tam. Les romans de l'une et de l'autre se rejoignent par bien des points.
La famille Claès vit dans une cité des Quartiers Nord de Marseille : la cité Arthaud, où Karl fait régner la terreur parmi ses gosses. le responsable de leur enfance bafouée et massacrée, c'est lui. « Les problèmes se règlent par des baffes, les humiliations, une violence de tous les jours ». Dans cette famille, le grand frère Karel, avec sa gueule d'ange, est le narrateur du récit. Sa soeur Hendricka, qui deviendra une beauté hors du commun, cherche à se frayer un chemin dans cette existence délétère. Et le dernier, Mohand, « le dégénéré, le gogol, le triso », ainsi que l'appelle son père, ne connaît que la peur, la brutalité physique et morale. C'est lui qui endure le plus gros de la violence du père. Pour ces trois-là, le sentiment le plus familier est la terreur. Mohand cumule dès sa naissance des symptômes maladifs : malformation cardiaque, perte auditive, fente palatale, perforation de l'anus. Enfant de la douleur, surprotégé par sa mère, Loubna, qui ne partage que parcimonieusement sa culture kabyle. Cette mère impuissante à contrer la violence du père, excepté avec Mohand pour lequel elle s'interpose, avec la volonté de réparer ses blessures. « Il n'y a que Mohand qui puisse la rendre heureuse avec son malheur. »
La cité Arthaud, avec son lot de camés, de voyous, de délinquants. Un lieu de relégation, de marginalisation. Un monde fait de débrouilles et de combines, auquel Karel tente d'échapper. Comment faire pour oublier la cité, « avec sa décharge sauvage, ses ascenseurs déglingués, ses coursives taguées et ses caves pourries » ?
Le regard de Rebecca Lighieri sur cette enclave abandonnée à son sort n'est pas un regard misérabiliste, mais celui d'une professeure habituée à travailler avec des exclus laissés sur le bord de la route. Karel vomit la pauvreté dans laquelle il grandit et n'est pas sûr de pouvoir en sortir. Une chanson de NTM alimente sa rage, « Nous n'avons rien à perdre car nous n'avons jamais rien eu ». Changer quelque chose au déterminisme social est-il possible ? Karel, le seul de sa famille à poursuivre ses études, s'accroche pour être aide-soignant, avec l'espoir de devenir peut-être un jour infirmier. le père, « qui n'en finit pas de mordre la poussière, de s'abîmer dans l'alcool et la drogue », traîne ses enfants de casting en casting. Rêve de sortir de la pauvreté, de toucher le jack-pot. Il est vrai qu'Hendricka et Karel sont beaux comme des dieux. On se retourne sur eux avec admiration. Seul Mohand attire des regards affligés.
Rebecca Lighieri nous raconte la trajectoire chaotique des enfants, de l'âge ingrat jusqu'au devenir de jeune adulte. Que vont-ils faire des traumatismes laissés par la cruauté du père, le silence de la mère « l'injustice insupportable d'être nés pauvres et d'en baver tous les jours » ?
Karel, qui ne veut pas végéter dans la cité, s'aventure un jour dans un camp de gitans, monde de parias auxquels il peut s'identifier, où vit Rudy, son copain d'école. Il trouvera au contact de cette grande famille l'entraide, la générosité et son premier grand amour, Sheyenne. Il va apprendre à l'aimer. Pour le malheur de celle-ci comme pour le sien. le thème de la sexualité si cher à Bayamak-Tam est décrit ici dans sa complexité, ses contradictions, comme produit d'une histoire personnelle emplie de zones d'ombres. le camp appelé Passage 50 deviendra un endroit mythique où expérimenter des moments de bonheur, « le camp sauvera son enfance du désastre absolu ».
Puis Karel, devenu adolescent, déambule la nuit dans les rues de Marseille. Nous découvrons avec lui d'autres quartiers, d'autres milieux, Pour se sortir à tout prix de la misère, de la cité, du Passage 50, Karel veut assouvir ses désirs de fric, de luxe, de vie facile. Il fréquente des filles de riche à l'avenir tout tracé, sans toutefois perdre sa conscience de classe. Pour autant, il n'est pas sans contradiction, sans tâche, sans violence ou blessures infligées aux autres. Il est parfois rattrapé par la résignation, les paroles de IAM comme un avenir qui tourne court. « Pourquoi chez moi le rêve est évincé par une réalité glacée ? Ou de révolte c'est selon. Et lui a droit à des études poussées ? La vie est belle, le destin s'en écarte, personne ne joue avec les mêmes cartes. Tant pis on est pas nés sous la même étoile. » Des chansons des années 80 parsèment l'univers de la cité. Chansons d'amour d'une vraie culture populaire. (...)
Dans ce récit, où R. Lighieri s'applique à nous décrire les liens pervers familiaux, Loubna entretient avec Mohand un amour maternel criant de folie. Quand celui-ci cherche à prendre son indépendance, à devenir un enfant comme les autres, Loubna le souhaite « malade, souffrant, amoindri pour maintenir son emprise sur lui ». Karel en vient à désaimer sa mère tandis que Mohand reste fou d'amour pour elle. « Loubna qui n'a jamais su exister face à ce mari brutal qui ne lui a prodigué des soins que pour contenir sa folie », Loubna, aliénée à ce salaud de père qui devra expier la faute impardonnable « d'avoir fait de Mohand un étranger au sein de sa famille. Un étranger contraint d'aller chercher un peu de chaleur humaine » au Passage 50 « chez d'autres étrangers, les plus étrangers de tous, finalement, ceux à qui on a toujours bien fait sentir qu'il n'étaient pas chez eux ici et qu'ils ne le seraient jamais ».
La fin de l'histoire nous laisse sans voix, sans souffle. Finalement Bayamak-Tam ou R. Lighieri, on se laisse happer avec le même plaisir par cette écriture si sobre, si juste, pour raconter l'impact de la pauvreté dans une famille dysfonctionnelle et maltraitante."
Francine Klajnberg (Extrait) pour Double Marge
Lien : https://doublemarge.com/les-..
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Kawane
  27 janvier 2021
Attention pépite !..roman noir certes mais quelle fluidité l'écriture,le style !!magnifique ! .. pas de quoi s'offusquer quand à l'utilisation d'un langage cru..! La réalité dépasse souvent la fiction! Et on n'est pas dans les moulures et les dorures du 16ème parisien..!
Année 80 -90
On écoute Iam et NTM
"Chaine en or qui brille"..
On zone dans Marseille
dans les quartiers mal famés
Entre dealers, gitans, truands
Et diverses communautés
où la violence, la haine
et paradis artificiels veillent,
Rôdent et faciles à trouver
Cette histoire de fratrie soudée
Deux frères et une soeur
Abîmés, bousculés par
Deux parents
retors et malveillants
Essayent de s' échapper
De la misère,de la pauvreté.
Il arrivent à esquiver..
En empruntant d'autres chemins
A tout prix : s'en sortir
En restant VIVANTS!
Bouleversée par cette histoire, lue en une nuit...de l'empathie pour ces enfants résolus à sortir de ce déterminisme absolu, de ce ring de boxe, ..une ode à l'espoir au travers de tant de cruauté !.ode à la vie au travers d'une rage ....soif de vivre mais à quel prix!
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Annette55
  18 juillet 2020
«  Il y a des âmes incurables et perdues pour le reste de la société .Supprimez - leur un moyen de folie, elles en inventeront dix mille autres » .
« L'espérance de vie de l'amour, c'est huit ans.Pour la haine , comptez plutôt vingt ».
«  La seule chose qui dure toujours , c'est l'enfance quand elle s'est mal passée : on y reste coincé à vie » .
Deux extraits de ce roman social, noir, dur et sombre qui crie, transpire , frappe, cloue le lecteur sur sa chaise, le maltraite , l'émeut , le touche au plus profond, le sidère, lui fait mal.
J'avais lu déjà de l'auteure : Les garçons de l'été en 2017, un roman explosif, diabolique, cru.
Au début : drame , Karel , le narrateur s'interroge dès la première page :
«  Mais qui a tué mon père ? »
Karel est un garçon qui vit dans les quartiers nord de Marseille entre la cité Antonin Artaud et le passage 50, habité par des gitans sédentarisés , avec sa soeur Hendricka et son petit frère Mohand , infime .
Ils tentent de survivre entre une mère Loubna, gentille mais triste , passive et mélancolique , un père , Karl , aussi sombre que cruel , rongé par ses démons ,il fume de l'herbe, bazarde sa vie à coups de cuites, clopes, shoots , injections, vit d'arnaques ,et de trafics minables : coups distribués aux trois minots terrorisés , brimades, fureur, insultes , menaces de mort, gifles, coups de ceinture, injures éraillées, crachats , crises de colère et j'en passe , folie pure, haine, barbarie, une enfance dévastée , comme une nuit qui n'en finira jamais....
Roman social qui fait penser aux romans de Silvia Avallone ou Nicolas Matthieu , enfance dévastée, maltraitance , injustice, sida, drogue , violence d'une cité de Marseille entre les années 80 et 2000, pauvreté et indifférence des institutions .
Les enfants grandissent dans la peur et l'enfer que leur fait vivre Karl, Hendricka et Karel , très beaux physiquement font l'admiration de tous , de type Kabyle : ils font des castings , auditions de toutes sortes, publicités , entraînés par leur père, tandis que Mohand déficient a droit à l'acrimonie perpétuelle et aux insultes , à l'humeur chagrine et haineuse ..
Nous côtoyons Celine Dion, Mickaël Jackson, en passant par IAM , Cheb Hasni, Richard-COCCIANTE, ou Elton John, .plus on est éloigné de l'amour, plus on écoute des chansons qui le célèbrent ...
Ce récit de vies brisées, abîmées, ces drames, mensonges ,terreurs constantes , violences , blessures reçues et infligées , remords et regrets , ces traumatismes à vie ne seront pas sans conséquence ....
Un livre sombre, sordide parfois, très bien écrit et construit , le lecteur ne le lâche pas.
Un enfer nous saute à la figure , l'on n'est pas prêt de l'oublier!
On en ressort pas indemne ...
J'avais été prévenue par mon libraire mais,....
,..
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critiques presse (1)
LaPresse   06 juillet 2020
C’est la France des marginaux, des laissés-pour-compte, d’enfants abandonnés qui se construisent en marge de la société. Un livre brûlant et sans pitié, comme le soleil de juillet.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (41) Voir plus Ajouter une citation
ZilizZiliz   03 juillet 2020
(...) la voix d'Elton John nous parvient : 'and it seems to me you lived your life like a candle in the wind.' Le petit visage de Shayenne se rembrunit.
- C'est trop triste. Lady Di...
La princesse Diana vient tout juste de se tuer en voiture sous le pont de l'Alma, et cette information a mis ma cité en émoi. D'un appart à l'autre, ce n'était que mines navrées et commentaires compatissants. A en croire Shayenne, la nouvelle a bouleversé aussi les gitans du passage, suscitant de bruyantes manifestations d'affliction chez Dadine, Jovanka, Elie, Lysandro...
- Lysandro ? Mais qu'est-ce qu'il en a à foutre, Lysandro, de Lady Di ? Y'a trois jours, il savait même pas qu'elle existait !
- Bien sûr que si, on savait tous qui c'était.
- Et alors ? On a quoi à voir avec une princesse, nous, tu peux me dire ? On a quoi à voir avec une gonzesse qui voyage en jet privé, qui prend une chambre au Ritz, et qui roule en Mercedes-Benz avec chauffeur ? Putain, ça me fout la gerbe toutes ces conneries !
(...)
Et qu'on ne vienne pas me parler de 'princesse des coeurs' ni d'une prétendue proximité de Lady Di avec le peuple. Le peuple, c'est nous, c'est moi, c'est la Cité Artaud et le passage 50 - et nous ferions mieux de pleurer sur notre propre sort plutôt que sur celui d'une nana à qui on n'a jamais coupé l'électricité, qui n'a jamais dû bouffer aux Restos du Coeur, et qui ne s'est jamais demandé ce que ses enfants allaient devenir, vu qu'ils étaient respectivement deuxième et sixième sur la liste de succession au trône britannique.
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ZilizZiliz   01 juillet 2020
- Putain, arrête ! Ça me coupe tout !
- Qu'est-ce qui te coupe tout ?
- Toi ! T'es tendue !
- Je suis pas tendue, c'est toi qui es tendu !
(...) A [l'] en croire, il se pourrait même que nous soyons victimes d'une malédiction, un mauvais sort exsudé par les lieux :
- C'est pas bon de baiser dans un appart' de vieux !
- Il est à nous, maintenant, c'est notre appart' !
- Tu parles, elle est partout, la mémé : elle nous regarde.
- Je vois pas le rapport !
- Moi, je le vois.
Je la laisse se buter dans ses superstitions de petite gitane. Sans les partager, je dois reconnaître que l'appartement n'incite pas au stupre. Il sent plutôt les années de veuvage, la sortie de messe et les soirées télé. Pour [lui] faire plaisir, je remise toutes les photos de famille, le crucifix et le rameau de buis, mais rien n'y fait : je ne bande plus.
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ZilizZiliz   30 juin 2020
(...) ils exercent un certain contrôle sur leur toxicomanie, alors que dans la cité, d'autres ont complètement sombré. Sans compter ceux que le sida a tués et dont on ne parle absolument jamais.
Nous les avons vus décliner, devenir l'ombre d'eux-mêmes, séjourner de plus en plus longtemps à l'hôpital jusqu'à disparaître tout à fait, sans qu'il soit jamais fait mention de leur décès et encore moins de leur inhumation. Là où la mort réunissait tous les voisins pour des veillées funèbres improvisées, autour de mères désemparées sur leur canapé, autour d'enfants guindés dans leurs beaux habits, autour de pères, de frères ou d'oncles qui s'essuyaient furieusement les yeux sans laisser à leurs larmes la moindre chance de couler, le sida a imposé son absence de rituel et le plomb de son silence.
Nous sommes en 1996, les premiers médicaments antiviraux commencent à être utilisés, mais dans les quartiers, personne n'en sait rien, et comme de toute façon personne n'y est officiellement malade, les trithérapies mettront du temps à nous arriver.
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ZilizZiliz   30 juin 2020
[ 1993, l'OM remporte la Ligue des champions de l'UEFA, face au Milan AC ]
- Sérieux, frère, t'aurais dû être là, parce qu'on revivra plus jamais un truc comme ça. A moins que la France gagne la Coupe du Monde, mais c'est pas demain la veille !
Il rit puis reprend d'une voix étranglée :
- Tu vois, je te raconte ça, et j'ai des frissons. Parce que tout le monde se parlait, se tombait dans les bras, comme si... on était tous frères. Tout d'un coup, on avait un million de copains. Même nous.
Il n'en dit pas plus, mais je comprends sans qu'il ait besoin d'expliciter. Les gitans, des copains, ils en ont pas beaucoup. Et des moments comme celui-là, où ils peuvent se fondre dans la masse et se sentir pleinement marseillais, ça ne leur arrive jamais. Et pourtant, ils sont nés là, ils supportent l'OM, et ils ont plus l'accent que tout le monde.
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DoubleMargeDoubleMarge   01 janvier 2021
Elle parle de nous, c’est-à-dire de types mal barrés, qui vont mal tourner et surtout mal finir – autant dire des moins que rien – tant qu’on se crèvera entre nous sur des tas d’ordures, tant qu’on se crackera bien la gueule avec nos petits cailloux, la société passera ça par pertes et profits. Et si les pertes sont négligeables, les profits sont loin de l’être : la sélection s’opère naturellement, sans intervention extérieure, sans déploiement des forces de l’ordre – pas besoin de ligne budgétaire – y a qu’à nous laisser faire, bingo.
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Videos de Rebecca Lighieri (15) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Rebecca Lighieri
En partenariat avec le festival Paris en toutes lettres, la BnF accueille chaque année deux écrivains en résidence littéraire. Cette année, Emmanuelle Bayamack-Tam et Arno Bertina proposent une restitution publique de leurs travaux respectifs.
Née en 1966, Emmanuelle Bayamack-Tam a publié aux éditions P.O.L. une douzaine de romans, ainsi qu'une pièce de théâtre, Mon père m'a donné un mari (2013). Elle a reçu le prix Alexandre-Vialatte 2013 pour Si tout n'a pas péri avec mon innocence et le prix du Livre Inter 2019 pour Arcadie (2018), une fable politique et écologique. Sous le pseudonyme de Rebecca Lighieri, elle écrit également des romans plus « noirs », tels Les Garçons de l'été (2017) et Il est des hommes qui se perdront toujours (2020). En 2019, elle publie éden, son premier roman pour la jeunesse.
Pour Emmanuelle Bayamack-Tam, la fonction de la littérature est de déstabiliser. Sa langue volontairement violente et organique aborde des sujets souvent provocants. « J'écris pour déranger. À commencer par moi-même. […] La littérature qui m'intéresse est celle qui fait bouger les lignes, qui déstabilise. Je n'attends pas qu'un livre me conforte dans mes idées reçues, ni qu'il me procure une sérénité factice. Quand j'écris, dès que je sens que le lecteur s'est tranquillement installé dans l'histoire, je le malmène. Je débusque toute position confortable, et je la détruis. », déclarait-elle en 2018.
Né en 1975, Arno Bertina a publié des romans et récits très variés, mais qui ont en commun la forme de l'enquête sur sa propre « identité mobile ». Je suis une aventure (2012) est une sorte de roman picaresque dont un des protagonistes est le tennisman « Rodgeur Fédérère ». Des Châteaux qui brûlent (2017) met en scène un huis clos d'une semaine entre des salariés d'un abattoir breton en grève et le ministre de l'Industrie qu'ils séquestrent. En mars 2020, L'Âge de la première passe, récit documentaire, relate le travail mené durant trois ans auprès de prostituées congolaises mineures.
Arno Bertina se dit également « passionné par les aventures collectives » depuis son année de résidence à la Villa Médicis en 2004-2005, durant laquelle il a coécrit la « farce archéologique » Anastylose (2006). Il a ainsi participé à toutes les aventures de la constellation d'écrivains à géométrie variable (Bruce Bégout, Mathias Énard, Claro, Maylis de Kerangal, Hélène Gaudy, Oliver Rohe…) qui s'est constituée en 2004 autour de la revue et des éditions Inculte.
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