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ISBN : 2290327689
Éditeur : J'ai Lu (18/09/2002)

Note moyenne : 3.85/5 (sur 149 notes)
Résumé :
Un matin pluvieux dans le port de Marseille. Les trois marins de l'Aldébaran se lèvent, "le moral poissé dans la grisaille". Voilà cinq mois que leur cargo est à quai : leur armateur, non content de sa faillite, a pris la fuite. Le navire et son trio sont condamnés à attendre que la justice s'intéresse à leur avenir. D'ici-là, il faut survivre, entre la mer et la terre, où ils fréquentent d'autres êtres à la dérive, en quête du sens de l'existence. Marseille, la bel... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Lorraine47
  18 août 2014
Sur le port de Marseille il y a des marins qui déchantent...
L'Aldébaran, vieux rafiot rouillé semble avoir fait son dernier voyage, saisi et donc immobilisé à quai en attendant que son armateur véreux paye ses dettes.
Le capitaine Abdul Aziz, d'origine libanaise a le sens des responsabilités et négocie des indemnités pour permettre à son équipage de rentrer chez lui ou de voguer vers d'autres cieux. Lui, rivé au bastingage, attend désespérément des nouvelles de sa femme qui l'a mis en demeure de choisir entre les flots et elle. Choix cornélien pour un vieux loup de mer comme lui!
Son second, Diamantis, grec et fier de l'être n'a rien à envier à son capitaine, lui aussi, il l'a dans la peau sa Méditerranée. Il n'acceptera de lâcher la mer que quand il aura réglé certaines affaires sentimentales avec Amina, et qui lui ont valu une belle dérouillée de son Mac vingt ans auparavant.
Pour un drame, il faut un troisième acolyte, il porte le prénom de Nassim. Ce dernier devait rentrer dans sa Turquie natale, mais dépouillé par deux entraîneuses, il n'a d'autre choix que de trouver de l'aide auprès de Diamantis.
Trois marins perdus, au coeur de la nuit marsellaise, trois destins brisés vont se fracasser sur la grève sous nos yeux impuissants.
La belle écriture de Jean-Claude Izzo est une ode à Marseille, perle de la Méditerranée chère à Braudel, Camus et tant d'autres.
Des personnages qui ont toute notre empathie même si leur portrait est ébauché sans épargner leur noirceur. Un thriller psychologique et une analyse sociologique du monde marin à la Guédiguian, autrement dit impitoyable et tendre.
Des marins perdus qu'ont aurait envie de repêcher dans nos filets!
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Ariane84
  16 juin 2017
Un roman noir bien mené du début à la fin.
Jean-Claude Izzo nous raconte le destin de trois marins, un grec, un libanais et un turc, bloqués à quai depuis plusieurs mois.
L'histoire est prenante et les personnages, malgré pleins de défauts, attachants, on se laisse embarquer avec plaisir dans les aventures de Nedim mais surtout dans les pensées d'Abdul et de Diamantis.
C'est un texte assez dur, brut, désenchanté, un bon roman noir.
Le récit nous entraîne par petites touches au coeur de Marseille et l'on sent que l'auteur aimait sa ville. Moi qui ne l'ai jamais visitée ma lecture m'a donné envie d'y faire un tour.
Il y a aussi de belles évocations de la mer et du métier de marin.
Une bonne lecture.
Commenter  J’apprécie          190
El_Gabier
  22 octobre 2017
« Pour un marin seul partir avait un sens » (page 8), toujours aller de l'avant, partir, repartir au gré des chargements. Se laisser porter par la mer avec l'horizon comme maison, les étoiles en guise de compagnes, mais pour les marins de l'Aldebaran l'astre s'est éteint. La faute à un armateur grec en fuite, le cargo a été saisi par le tribunal. Dès lors l'avenir des employés s'assombrit et les interrogations affluent comme les soubresauts de la mer, « Qu'est-ce qu'on a trouvé derrière l'horizon ? ». Rien, si ce n'est chercher un sens à sa vie, comprendre comment ils ont pu en arriver-là à attendre arrimé dans le port de Marseille depuis de longs jours. Mais attendre quoi, rester parce qu'ils n'ont plus d'avenir, plus d'espoir ? Rester parce qu'on n'abandonne pas son navire… Abdul le capitaine, largué dans sa vie, Diamantis son second depuis des années, ils se côtoient tous les jours mais ignorent tout l'un de l'autre. Enfermés, repoussés dans leur liberté, leur intimité, entre Marseille et l'Aldebaran, ils vont se livrer, se parler, errer dans les lambeaux de leur existences et les limbes de leurs souvenirs. Une lutte, un questionnement pour éviter de rester à quai. « Je ne sais plus trop bien si la vie à un sens ».
Adaptation du roman éponyme de Jean-Claude Izzo, les marins perdus nous entraîne dans la conscience des marins au long cours et dans les rues de Marseille. Un monde interlope où mafia proxénète et marin s'affronte, où passé et présent s'emmêlent dans une toile d'émotion et de violence. Un piège où prédateur et proie ne sortiront pas indemne. le ton délibérément terne, ocre donne une ambiance particulièrement oppressante, accentuant les huis-clos. Ancien marin, Clément Belin excelle dans cet album malgré des imperfections sur les personnages et parvient à nous embarquer dans cette attente lénifiante et destructrice. « Ma vie s'écroule…Tout s'écroule putain ! C'est ce que je paye ici, sur cette saloperie de tas de tôles ! »
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bdelhausse
  22 décembre 2014
[Notes de lecture en cours, page 180] Jean-Claude Izzo me manquait déjà énormément. J'avais adoré la trilogie Fabio Montale, ce roman noir à la française (si tant est qu'un roman noir puisse avoir une nationalité).
Avec Les Marins perdus, je redécouvre à quel point Izzo est incontournable, impeccable. Et il me manque encore davantage.
Izzo nous donne à voir des marins aux prises avec eux-mêmes et avec Marseille. Il nous engloutit dans les souvenirs, les actes manqués, les regrets, les remords, les peut-être, les toujours des marins. Il nous balade ensuite dans une ville qu'il aime. Et il lui rend un somptueux hommage. de bordels en quartiers ensoleillés, du port aux abords de Marseille... nous en prenons plein la vue et plein les tripes.
C'est bien un huis clos qu'Izzo nous livre. Les marins, quand ils ne naviguent plus, se perdent. Ils se perdent dans l'immobilisme. Ils se perdent parce que l'horizon ne les invite plus à aller plus loin. Aller plus loin, pour quoi faire? Pour ne pas penser. Pour ne pas ressasser ces moments perdus, ces rendez-vous manqués, ces rencontres inutiles, ces mots dits on non dits, pensés ou pas. Un marin qui ne navigue plus, c'est comme une tortue sur le dos. Un albatros dans un endroit exigu. le huis clos prend place à la mesure de Marseille. Car ce n'est pas une ville comme les autres, c'est elle qui décide quand on la quitte. Et quitter Marseille, c'est douloureux nous conte Jean-Claude Izzo.
Amour, amitié, désertion, abnégation... les meilleurs ingrédients du roman noir se retrouvent ici encore, dans un vibrant hommage à Braudel et aux marins pris en otage par leur armateur et qui n'ont d'autres choix que de se mettre à quai, oubliés de tous.
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michelangelo
  13 février 2014
Si vous ne connaissez pas Izzo, vous en avez vaguement entendu parler à la télévision lors de la diffusion de la trilogie, piteuse et pas vraiment fidèle à mon avis, de Fabio Montale. Izzo est bien le créateur de ce personnage à la dérive si attachant, bien plus attachant qu'Alain Delon qui prétend incarner le personnage. le vrai succès vient du créateur originel, Jean-Claude Izzo, même trahi, et non de la pseudo-performance de l'acteur…
Les marins perdus, c'est une histoire de désespérance. Izzo y campe la vie de trois marins bloqués dans le port de Marseille. Déracinés, ayant perdu le sens de leur vie en perdant la mer, ils vont se raconter dans un huit clos implacable où se mêlent souvenirs, raisons de vivre, amours oubliés ou perdus, vie de marins dans les ports, espoirs déçus ou perdus.
Le tout se joue dans l'atmosphère étouffante de Marseille, ville fétiche d'Izzo. La détresse humaine prend le pas sur vague espoir de construire un destin réjouissant… Mais peut-il en être autrement pour ces hommes dont la vraie raison d'être est cette fuite en avant inhérente à la vie des marins ?
Jean-Claude Izzo réalise, à mon avis, un petit chef d'oeuvre digne des plus grands écrivains, par l'originalité et l'actualité du sujet traité, mais aussi par la qualité de son écriture.
A lire, si ce n'est déjà fait, la trilogie Fabio Montale : Solea, Total Khéops et Chourmo parus en série noire Gallimard.
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
Philippe-rodolphePhilippe-rodolphe   09 août 2012
On ignore toujours pourquoi et comment, un souvenir vous remonte à la gorge. Ils sont là, c'est tout. Prêts à sauter sur l'occasion. Pour vous tirer vers des mondes perdus. Les souvenirs, quels qu'ils soient, même les plus beaux ou les plus insignifiants, sont ces instants de la vie qu'on a gâchés. Les témoins de nos actes inaboutis. Ils ne ressurgissent que pour tenter de trouver un accomplissement. Ou une explication...
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Lorraine47Lorraine47   17 août 2014
Les souvenirs quels qu'ils soient, même les plus beaux ou les plus insignifiants, sont ces instants de la vie qu'on a gâchés. Les témoins de nos actes inaboutis. Ils ne ressurgissent que pour tenter de trouver un accomplissement.
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Lorraine47Lorraine47   19 août 2014
Seuls les Grecs possédaient plusieurs mots pour la nommer. Hals, le sels, la mer en tant que matière. Pelagos, l'étendue d'eau, la mer en tant que vision, spectacle. Pontos, la mer espace et voie. Thalassa, la mer en tant qu'événement. Kolpos, l'espace maritime qui embrase le rivage, le golfe ou la baie...
Al-bahr al-rum. Le nom égyptien lui revint en mémoire. Et il se souvint que, pour les Arabes, cette mer n'était ni bleue ni noire, mais blanche.

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mgeffroymgeffroy   12 mars 2008
"Tu te lèves, tu pisses, tu bois un café, et t'avales un Doliprane." Il se répéta cela à haute voix, lentement, en bougeant une jambe puis l'autre. Il s'assit sur le bord du lit. "Deux Doliprane, même. Ouais. Et après, tu te recouches. Ça va ?"
Non, ça n'allait pas. Chaque geste était comme un poignard qu'on lui enfonçait. Il fallait vraiment qu'il aille pisser. C'était à cause de toute cette bière qu'il avait bue hier soir. Encore heureux qu'il ne se soit pas fait sur lui, pendant qu'ils le bastonnaient. Non, ça, ça ne lui arriverait plus. Avant de quitter le bar, il était passé par les chiottes. C'était un réflexe, maintenant. Pressé ou pas, il pissait avant de se rendre quelque part. Surtout s'il devait y aller à pied. Surtout si c'était la nuit.
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Ariane84Ariane84   15 juin 2017
Maintenant, il entendait distinctement les rumeurs de la ville. Elles s'engouffraient par la fenêtre ouverte de la chambre. Coups de klaxon. Crissements de freins. Sirènes de police. Voix humaines. Battements d'ailes de pigeons, parfois. La même rumeur que dans tous les ports du monde, qui vous envahit après avoir couché avec une fille inconnue, qu'on ne reverra jamais. La rumeur de la nostalgie. Et qui rappelle que vous n'êtes pas d'ici. Seulement un étranger qui passe.
Un marin perdu.
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Vidéo de Jean-Claude Izzo
Extrait de "Il dit", spectacle poétique et musical autour de l'oeuvre de Jean-Claude IZZO.
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