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ISBN : 2266258729
Éditeur : Pocket (07/01/2016)

Note moyenne : 4.4/5 (sur 15 notes)
Résumé :
La plus jeune a 17 ans, la plus âgée, 67. Un matin glacé de janvier 1943, 230 femmes enfermées dans des camps d'internement français, ces " châteaux de la mort lente ", sont conduites par la Gestapo en gare de Compiègne. Leur destination : Auschwitz-Birkenau. C'est en chantant La Marseillaise qu'elles feront leur entrée dans le camp d'extermination. Seules 49 d'entre elles en reviendront vivantes.
C'est l'histoire de ces femmes que Caroline Moorehead nous ra... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
PrettyYoungCat
  30 mai 2018
Un train en hiver est un livre documentaire sur la seconde guerre mondiale et plus précisément, sur l'occupation allemande dans Paris. Il met en avant – sur fond de gouvernement collaborationniste – le courage de femmes entrées dans la résistance. Il retrace le parcours de chacune d'elles et a la belle idée d'être ponctué de photographies, ce qui nous permet de voir l'Histoire sous les traits d'individus et donc, de personnifier leur courage.
La seconde partie de cet ouvrage nous dévoile la déportation de ces femmes (dont celle de Charlotte Delbo) faisant partie du convoi dit des 31.000, à Auschwitz-Birkenau. Sans surprise, mais toujours avec émotion, nous lisons les terribles épreuves qu'elles ont dû traverser : le froid, la faim, les coups, la peur, la maladie,…
Enfin, je dis sans surprise, mais c'est faux. Nous croyons avoir tout lu des horreurs qui ont été perpétrées, mais non, il s'en trouve toujours de nouvelles pour nous glacer le sang et nous désespérer de l'âme humaine.
Et, contrairement à ce que nous narrait Primo Levi où la loi de la survie prévalait sur toute forme de solidarité (il ne s'agit pas de mettre en doute sa parole, bien sûr, d'autant qu'il était Juif – leurs conditions de vie et le traitement qu'on leur réservait étaient les plus dures du camp – mais ma surprise vient du fait que justement cela pouvait être différent suivant le contexte), ici il est question de soutien, de solidarité, de forces à se donner mutuellement. C'est donc rassurant qu'il y ait pu avoir dans cet enfer sur terre, une partie des gens qui l'aient vécu en ayant pu préserver cette part d'humanité. C'est toujours quelque chose que les Allemands ne leur ont pas pris.
Les quelques rares survivantes du convoi des 31.000 furent ensuite transférées au camp de Ravensbrück, qui, s'il n'était pas un camp d'extermination, menait, par l'épuisement du travail forcé et les épidémies, à la mort.
Le livre nous parle aussi d'Adélaïde, médecin psychiatre, enrôlée malgré elle aux expériences médicales nazies des camps d'Auschwitz et de Ravensbrück contre lesquelles elle a osé s'opposer de participer.
Ce qui a permis à ces femmes de tenir, c'est l'amitié et la solidarité qui les liaient. Arrivé le jour de la libération, rêvé comme un moment de joie intense, c'est la désillusion : « Au cours de ces deux années et trois mois passés dans des camps allemands, elles avaient souffert du froid, de la faim et de la peur, elles avaient été malades et tristes, elles avaient vécu dans la saleté extrême. Elles avaient été témoins du pire et du meilleur de ce que la vie avait à offrir : la cruauté, le sadisme, la brutalité, la trahison, le vol, mais aussi la générosité et l'altruisme. (…) Elles étaient toutes marquées par une ambivalence. Elles avaient l'impression de ne plus être les mêmes personnes et, en repensant aux femmes qu'elles avaient été, pleines d'espoir, d'assurance et d'euphorie, elles s'émerveillaient de leur innocence et de leur confiance en l'avenir. Il n'y avait plus aucune trace d'innocence en elles ; et il n'y en aurait plus jamais.
Après avoir vécu ensemble si intensément, dépendantes les unes des autres pour survivre, elles étaient maintenant séparées (…). C'était cela, la liberté, cette solitude intolérable, cette chambre, cette fatigue ? ».
Car bon nombre de leurs proches avaient péri et le retour à la vie marquait aussi la tragédie de la perte des êtres aimés. Et pour ceux qui étaient en vie « Les familles étaient devenues des étrangers, les enfants avaient tant changé qu'il était difficile de les reconnaître et ils étaient méfiants à l'égard de ces femmes qu'ils ne connaissaient pas et qui prétendaient être leurs mères. »
Le documentaire nous parle aussi de l'après : « le problème qui se présentait désormais à toutes les survivantes était de trouver la force de refaire leur vie, de raconter à leurs familles ce qu'elles avaient vécu. Auschwitz et Ravensbrück, comme l'expliquerait Marie-Claude, étaient tellement extrêmes, tellement incompréhensibles, c'était une expérience si peu familière, que les femmes ne pensaient pas avoir les mots pour les décrire. Et elles découvrirent bien vite que les gens n'étaient pas tous disposés à les écouter. »
Vint ensuite la recherche des coupables, notamment les collaborateurs, nombreux, qui ne seront pas tous inquiétés et pour la plupart assez rapidement libérés. Puis le procès de Nuremberg est abordé, avec Marie-Claude pour seule survivante du convoi des 31.000 à témoigner. « Plus tard, elle dirait que, assise dans le box des témoins, face à Göring, Keitel, Dönitz et von Ribbentrop, elle s'était dit : « regardez-moi bien car, à travers mes yeux, des milliers d'yeux vous regardent, et, par ma bouche, des milliers de voix vous accusent. »
Pour finir, tandis que les déportés pour actes de résistance étaient glorifiés (cette reconnaissance allant par contre bien peu aux femmes résistantes !) et les déportés « raciaux » oubliés, il ne restait que des humains meurtris à jamais « Je n'avais plus le droit d'être malheureuse, écrivit une déportée. Mais aucun plaisir ni aucune joie ne pouvait compenser les souffrances que j'avais endurées. J'ai rapporté le camp avec moi, et pourtant je me sens complètement seule. » « du dehors, je suis un vivant parmi les vivants. (…) Je ne suis pas vivante. Je suis morte à Auschwitz et personne ne le voit. »
Au travers de ce long billet, vous l'aurez compris, Un train en hiver, est un livre à lire absolument.
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akhesa
  27 août 2016
Ce livre devrait etre dedie a toutes les femmes qui hier et aujourd'hui ont donne et risque leur vie pour la liberte de pensee,de la patrie,de conviction.Cet ouvrage fait mal au coeur a lire;tant d'injustice,de violence,de morts,de souffrances inutiles.Mais il faut le lire car il faut savoir et reconnaître les ravages qui ont ete commis au nom de la guerre,de l'armistice et de la collaboration!Ces femmes ont paye le prix fort pour avoir voulu vivre et offrir a leurs enfants,un monde meilleur et c'est en enfer avec toutes ces dégénérescences qu'elles se sont retrouvees en essayant de survivre coute que coute!Beaucoup sont mortes et celles qui ont survecu,sont aussi mortes,mort sociale,mort psychologique,mort politique
Tres vite,il a fallu que la France oublie qu'elle a collabore et ce sont une fois de plus les femmes que l'on a mise au pilori,ce sont les femmes qui ont ete malmenees et exposees a la furie par la tonte de leurs cheveux et les croix gammees dessinees sur leur front!Qu'en est-il des hommes(Papon,Petain....);il aura fallu plusieurs décennies pour enfin pouvoir les condamner!!!
Les femmes ont paye a plus d'un titre,elles ont fait preuve de beaucoup de courage devant l'adversite
Ce livre est accompagne de nombreuses photographies de ces héroïnes hors du commun,ce qui permet de laisser une trace,qu'elles ne sont pas tombees dans l'oubli
A lire absolument
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Oona
  24 avril 2015
"Un train en hiver" est le genre de bouquin qui marque les esprits pour très longtemps!
En ces périodes troubles où on a tendance à enterrer le passé voire, pour certains sinistres individus, à le nier, voilà une lecture qui remet les pendules à l'heure!
Elles s'appelaient Danielle, Lucienne, Charlotte, Marie-Claude, Simone ou MaÏ.
Elles étaient, juives, chrétiennes ou athées. D'obédience communiste, socialiste, SFIO ou gaulliste, elles étaient des résistantes prêtes à tout pour combattre les nazis et faire triompher leurs idéaux.
Toutes ont été arrêtées par la Gestapo ou les tristement célèbres Brigades spéciales du Commissaire David. Elles, ces 143 Françaises, ont connu la torture, la prison, le fort de Romainville puis Convoi des 31000 qui les amena à Auschwitz. Elles ont vécu l'enfer total. Beaucoup n'y ont pas survécu... Quelques-unes en sont revenues détruites physiquement, psychologiquement mais animées par la rage de témoigner.
Caroline Moorehead a voulu dans cet ouvrage très complet rendre hommage à ces 143 héroïnes.
Je n'ai absolument rien de négatif à dire sur ce livre! La documentation, le style, l'aspect didactique de l'oeuvre font que je ne pourrai jamais oublier cette lecture qui m'a bouleversée.
A découvrir de toute urgence!
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Ingrid91
  13 octobre 2015
Très bel hommage à toutes ces femmes déportées durant la seconde guerre mondiale.
Personne n'est oublié, et chacune d'entre elles, qu'elles soient revenues ou non, sont évoquées avec tact.
C'est terrible de se dire que malheureusement, peu de gens étaient disposés à les écouter après la libération et que de nos jours, elles ne sont plus là pour voir ce beau pavé qui parle de tout ce qu'elles ont subies, car c'était bien cela leur leitmotiv : "il faudra leur dire".
Aujourd'hui on sait.
Il est tout de même important que des livres comme celui là continuent à être publié pour que toutes ces vies volées ne sombrent pas dans l'oubli.
Bravo à Caroline Moorehead : Pas facile d'écrire un bouquin sur 230 âmes.
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helene6467
  11 février 2019
A lire absolument! Quel livre. L'auteur nous décrit comment des femmes ordinaires sont entrées avec naturel et bienveillance dans la résistance et comment elles ont été envoyées dans les camps de la mort. Formidable leçon de vie et devoir de mémoire. L'ouvrage relève plus d'un documentaire mais il se lit très facilement.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
PrettyYoungCatPrettyYoungCat   23 mai 2018
D'humeur de plus en plus hostile et moqueuse, ils opéraient en racontant des blagues. "Collaborer avec les Allemands ? disait l'une d'entre elles. Pensez à Voltaire... Un vrai Aryen doit être blond comme Hitler, mince comme Göring, grand comme Goebbels, jeune comme Pétain et honnête comme Laval."

Une autre commençait par la question : " Vous savez ce qui s'est passé ? A 21h20 un Juif a tué un soldat allemand, lui a ouvert la poitrine et mangé le coeur ! Impossible ! Pour trois raisons. Les Allemands n'ont pas de coeur. Les Juifs ne mangent pas de porc. Et à 21h20, tout le monde écoute la BBC."
+ Lire la suite
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akhesaakhesa   27 août 2016
A leurs yeux,les communistes avaient ete les premiers a s'impliquer dans la resistance et elles en ressentaient une certaine fierte mais aussi de la mefiance a l'egard de celles qui avaient rejete la resistance par loyaute pour une relation ou simplement parce qu'elles n'aimaient pas l'occupant.Ces femmes manquaient de conviction et les communistes le leur faisaient comprendre
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akhesaakhesa   23 août 2016
Vous savez ce qui s'est passe?A 21h20,un juif a tue un soldat allemand,lui a ouvert la poitrine et a mange le cœur!Impossible!Pour 3 raisons:les Allemands n'ont pas de cœur.Les juifs ne mangent pas de pors.Et a 21h20 tout le monde ecoute la BBC
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MoonBearMoonBear   09 décembre 2018
Ce que Charlotte, Marie-Claude, Adélaïde et les autres Françaises toujours détenues à Ravensbrück avaient parfaitement compris, c'était qu'une course était lancée entre les Allemands, déterminés à détruire toutes les preuves de leurs atrocités, et les prisonnières, déterminées à survivre jusqu'à la Libération, qu'elles savaient proche. Dans cette dernière bataille pour la survie, elles renouvelèrent d'efforts pour se protéger les unes les autres.
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akhesaakhesa   22 août 2016
Collaborer avec les Allemands?Pensez a Voltaire...
Un vrai aryen doit etre blond comme Hitler,mince comme Goring,grand comme Goebbels,jeune comme Pétain,et honnete comme Laval
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