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ISBN : 2253126497
Éditeur : Le Livre de Poche (11/03/2009)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 34 notes)
Résumé :
4° de couverture

En avril 1945, Budapest est libérée par l'armée russe au terme d'un siège implacable. Cet épisode historique, que Sándor Máraï évoquera vingt-cinq ans plus tard dans ses Mémoires de Hongrie, lui inspire, à chaud. ce roman qu'il achève en quelques mois.

Libération évoque les dernières semaines du siège : dans les caves d’un immeuble se terrent une centaine de réfugiés. L’oreille tendue vers les tirs d'artillerie et le fr... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Eve-Yeshe
  05 août 2017
Sándor Márai nous raconte une très belle histoire, qui a des parfums d'autobiographie tant il réussit à communiquer au lecteur l'atmosphère étouffante de ce huis-clos, pendant lequel une quarantaine de personnes se retrouve dans une cave, sous les bombes communistes, tandis que les derniers nazillons continuent à chasser le juif avec des délateurs toujours actifs.
On voit évoluer les personnages, les espoirs que certains mettent dans la libération par les communistes, les nostalgiques du nazisme, chacun tentant de de survivre s'entraidant au départ, puis la méfiance émerge… On retrouve tous les types d'individus qu'une société peut rencontrer.
« Que se passe-t-il dans l'âme des hommes à présent qu'ils ont perdu ce qui fait d'eux des êtres humains? Que se passe-t-il dans l'âme d'un être resté fidèle à un pacte implicite et explicite entre les hommes et la solidarité, dans un monde qui renie toute loi humaine et qui, pris d'une rage insensée se détruit? » P 49
Elisabeth est une héroïne passionnante, on la voit évoluer dans ses gestes mais aussi dans sa pensée, la manière dont elle écoute les autres, le raisonnement que s'affine de plus en plus. Elle résiste car elle doit survivre et retrouver son père qui se cache, emmuré vivant dans l'immeuble d'en face.
Sándor Márai nous livre un dialogue extraordinaire entre Elisabeth et un autre « réfugié » de la cave, où il est question d'amour, de haine, de folie entre autres, et le mot libération qui sert de titre au roman est à prendre dans tous les sens du terme: se libérer de l'emprisonnement dans cette cave où l'hygiène et la nourriture font défaut, se libérer du joug des nazis et de leur sympathisants hongrois, se libérer aussi de l'enfermement psychologique dans des idées toutes faites et qu'il convient de nuancer. La libération vient-elle de l'extérieur ou de l'intérieur? Les Russes vont-ils libérer ou vont-ils enfermer davantage?
Je ne connaissais pas cet auteur au destin tragique: antifasciste dans une Hongrie proche des nazis, puis mis au ban par le gouvernement communiste, il a dû s'exiler en 1948 et s'installer en1952 aux USA où il se suicidera en 1989, ce qui fait penser bien-sûr à Stefan Zweig. Son style m'a beaucoup plu, ainsi que sa manière de penser, d'analyser de l'intérieur un personnage féminin subtil, tout en finesse auquel je me suis beaucoup attachée.
Très belle découverte, due complètement au hasard qui me donne l'envie d'explorer l'oeuvre de l'auteur. J'espère vous avoir donner envie de lire ce roman ou un autre de Sándor Márai qui est devenu un auteur culte de la jeunesse hongroise et dont la réputation s'étend au monde entier.
Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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MissG
  07 février 2016
Est-ce parce que je suis allée à Budapest que j'ai autant aimé ce roman ?
Ou bien est-ce parce que j'avais tellement envie de lire, plusieurs mois après y être allée, un auteur Hongrois tel que Sándor Márai ?
Ou alors est-ce parce que le sujet traité se passe pendant la Seconde Guerre Mondiale, une période de l'Histoire qui m'intéresse tout particulièrement ?
Sans doute tout cela, et bien d'autres choses.
Quoiqu'il en soit, je pense que ce roman conservera à jamais une saveur toute particulière, parce que je me suis trouvée à le lire à un moment particulier de ma vie qui m'a apporté une forme de libération, tout comme le titre et le sentiment qu'éprouve Elizabeth, fille d'un savant renommé, qui se terre dans la cave d'un immeuble avec d'autres personnes en attendant fébrilement l'arrivée de l'armée Soviétique synonyme de défaite du Nazisme, et de libération pour la ville de Budapest.
Le siège de Budapest a été particulièrement rude et sanglant, il a d'ailleurs été comparé du point de vue du nombre de morts aux sièges de Berlin et de Stalingrad, une grande partie de Pest a été détruite, tout comme les ponts sur le Danube reliant cette partie de la ville à Buda qui aura été un peu plus épargnée.
A l'époque où se situe l'histoire, les militaires Hongrois et Allemands se sont retranchés à Buda et l'Armée rouge va entrer dans Pest et continuer les combats jusqu'à la reddition de ces derniers.
Les Juifs de Budapest ont été déportés tardivement au printemps et à l'été 1944, ceux ayant échappé aux déportations vivent dans deux ghettos ils sont aussi des cibles privilégiés pour les Croix fléchées.
Voici le contexte dans lequel se déroule cette histoire, les habitants de Budapest sont a cran, ils savent que leur délivrance est proche mais certains continuent encore à dénoncer des Juifs ou des opposants politiques se cachant : "C'était comme si, dans les ultimes instants de péril, toute une société perdait ce qui lui restait de dignité humaine : les gens dénonçaient en masse, écrivaient des lettres, anonymes ou non; se déplaçaient, en personne, pour donner le nom d'un malheureux qui, dans ce dernier tourbillon de folie meurtrière, s'était traîné, à bout de souffle, dans le coin le plus reculé d'un refuge.".
Les Budapestois sont pour la plupart déshumanisés et cela est parfaitement et lucidement retranscris dans ce récit.
Elizabeth a fait cacher son père dans l'immeuble en face du sien, il est désormais reclus avec d'autres personnes dans une cave emmurée pour assurer au maximum leur protection.
Budapest, un personnage à part entière, attend la délivrance telle une princesse attendant le baiser de son prince pour se réveiller de son long sommeil : "Tout est prêt, les soldats, les canons, les chars, les mines antichars, la gens, la ville toute entière dans ses caves et ses immeubles sans éclairage, tout le monde attend, sans rien pouvoir faire; car enfin, ça y est, ce qui était en gestation est arrivé à terme.".
Elizabeth, quant à elle, a trouvé refuge dans une cave et partage son quotidien avec des inconnus.
Mais un beau jour la soupape de la cocotte-minute explose, événement inévitable dans un tel huis-clos, et les langues se délient, les masques tombent : "C'est comme si les habitants de la cave étaient devenus fous, qu'ils se déshabillaient, brûlés par une chaleur insupportable, comme si un incendie latent embrasait soudain les profondeurs de l'immeuble, comme si on ne pouvait plus attendre ou se préparer; il faut parler, dire ce qu'on a tu, pas seulement la veille, et les dix-huit jours et nuit précédents, mais depuis plus longtemps, pendant des années, pendant toutes les périodes d'infinie souffrance de la vie.".
J'ai particulièrement apprécié l'ambiance qui règne tout au long du récit, Sándor Márai a réussi à retranscrire très justement le côté oppressant et sombre de ces heures terrées sous terre à attendre quelque chose qui va changer l'avenir, mais dans un sens que nul ne sait encore.
Il décrit formidablement la ville de Budapest et lui donne vie de façon spectaculaire, grandiose.
J'y étais, je me revoyais à la fois dans la ville, ses rues, ses ponts, ses places, mais à une autre époque, celle de 1945.
Budapest est un personnage en toile de fond du récit, quasiment un personnage majeur, presque autant que peut l'être celui d'Elizabeth.
Voilà un personnage littéraire fort intéressant, elle raconte sa ville, elle se raconte elle, mais elle parle aussi de ces inconnus qui l'entourent, qui l'ont croisée à un moment donné et dont certains vont jouer un rôle dans sa survie.
Elizabeth s'oublie, sa vie compte finalement moins que celle de son père, elle fait preuve d'une abnégation comme seul l'amour filial peut le faire.
Et que j'aime la façon dont elle envisage l'avenir, elle l'attend, s'interroge sur ce qu'il lui réserve, subit des coups durs et malgré cela elle arrive à puiser la force en elle de recommencer à croire pour continuer, avancer.
Elle illumine de sa force, qui la rend encore plus belle aux yeux du lecteur.
Il y a une forme de folie et d'égarement qui habite la plupart des personnages, à l'image de cette femme dans la cave qui se met à raconter à Elizabeth l'enfer qu'elle a connu, elle parle et ne s'arrête plus, sans se soucier d'être écoutée ni de choquer son auditoire par ce qu'elle raconte; ou encore de ces habitants qui se dispersent tandis qu'Elizabeth choisit de rester dans cette cave auprès d'un infirme.
Ce sont des êtres et une ville qui se cherchent, la comparaison à un accouchement est d'ailleurs très juste, c'est une nouvelle vie qui va voir le jour après des mois de gestation, de douleur, de sang et de larmes.
J'ai aimé la force de la plume de Sándor Márai, pour une première lecture j'ai été conquise par cet auteur et je ne vais certainement pas m'arrêter-là dans son oeuvre.
"Libération" est un roman né du chaos et du désespoir de la Seconde Guerre Mondiale et qui pourtant brille grâce à une étoile nommée espoir, un diamant littéraire pur.
Lien : http://lemondedemissg.blogsp..
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InsulaDulcamara
  10 juin 2009
Bref roman rédigé d'une traite par Sandor Marai au sortir de la guerre, Libération (1945) ne compte pas parmi les oeuvres les plus connues de l'écrivain hongrois. Saisi, captivé par la simplicité sans ostentation de l'écriture, l'assurance tranquille de son classicisme, le lecteur y découvre un récit magistralement construit, long flash-back - à ceci près que le narrateur nous frustre de la situation attendue depuis l'incipit (les retrouvailles avec le père), restée tragiquement hors-champ, tandis que le texte, en chemin, s'est lentement acheminé vers le drame, imprévisible et cru. Et s'est attardé sur le portrait lucide d'une humanité que la peur et le confinement dans les caves révèlent comme un précipité, en ses plus mesquins attributs.
Comme toujours chez Sandor Marai, on est frappé par le dispositif presque opératique du récit, un découpage dramaturgique si indiscret qu'il semble appeler la mise en musique : choeur des habitants de la cave, solo de la femme qui décrit le médecin des camps de la mort, solo d'Elisabeth face au soldat russe... Marai se fiche pas mal du réalisme. Une indécision, un flou presque kafkaïen pèse sur les prémisses : pourquoi le père est-il poursuivi par les Allemands ? pourquoi le "sabbathien" accepte-t-il d'offrir son aide ? pourquoi telle ou telle arrestation ? pourquoi la panique et pourquoi le soulagement ? A moins qu'en dépeignant ainsi le règne de l'arbitraire, le narrateur ne rende mieux justice à la réalité de la situation de guerre, et d'un régime de la connaissance lui-même bouleversé dans ses fondations : "elle sait qu'un stimulus nerveux se déplace dans l'organisme à cent vingt-six mètres à la seconde […] mais pas pourquoi […] cette pensée l'a traversée".
Le personnage principal, Elisabeth, figure christique qui endure, "encaisse" toutes les souffrances, et nettoie le visage enneigé de son tortionnaire lorsqu'elle retrouve son cadavre étendu dans la rue, fait songer à l'héroïne de la terrible Nouvelle histoire de Mouchette de Bernanos. L'oratorio de Sandor Marai suinte d'un désespoir qu'aggrave encore l'absence de toute métaphysique, et qui nous parle de la banalité du mal, de la culpabilité, d'une souffrance tout sauf rédemptrice, de sa voix "abrasive, sans éclat, sans lueur, sans braises, et cependant brûlante."
Lien : http://ivressedupalimpseste...
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Peteplume
  14 avril 2016
Libération c'est au sens de la libération du joug l'occupant qui marque le début de la fin de la deuxième guerre mondiale; la libération dont on a baptisé plusieurs des grandes avenues par lesquelles sont passée les troupes des libérateurs. Mais dans le cas de ce roman, il s'agit de Budapest, de la Hongrie et donc d'un libérateur russe, un épisode qui marquera, comme on sait, un tournant décisif dans l'Histoire de ce pays qui fera désormais partie du Bloc de l'Est. Il est cependant peu question de politique dans ce récit qui est proche du témoignage; un récit qui semble autobiographique tant on sent le vécu. C'est pourtant le point de vue d'une femme que nous donne à voir l'auteur. On est frappé par la similitude de cette libération avec celle de l'autre front; on est touché par l'universalité de l'injustice et du malheur qui frappe les victimes de la guerre. Tout cela, on le trouve dans cette histoire réaliste, condensée sur quelques jours, dans un espace très restreint et mettant en scène très peu de personnages; une histoire qui mêle les faits objectifs et la subjectivité d'Elisabeth qui les vit.
Sándor Márai me semble un auteur majeur, un peu méconnu qu'on a tardé du moins à traduire et que je me promets de "revisiter".
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Bellonzo
  04 janvier 2014

C'est peu de dire que Sandor Marai est un grand écrivain européen.On ne le découvre que depuis quelques années(voir billets précédents sur Lire Europe de l'Est).Son suicide en Amérique en 1989,à l'âge de 89 ans,était celui d'un homme toujours en rupture,antifasciste dans sa Hongrie alliée au Reich,puis mis au ban par le gouvernement communiste de Budapest.Sandor Marai,exilé aux Etats-Unis depuis 1952,n'aura pas connu la fin du Rideau de Fer.Libération,écrit en 1945,ne sera publié qu'en 2000 comme c'était la volonté de Marai.
Roman,récit,réciflexion dirais-je osant le barbarisme,Libération c'est 220 pages tendues et brûlantes sur le siège de Budapest et l'instant pathétique et lourd de désespoir,ce moment où la tragédie succède à la tragédie,où Elisabeth,dans la cave où se terrent encore une centaine de réfufiés,va commencer à comprendre... Comprendre mais ignorer encore ce qu'il faut redouter le plus,les derniers sévices des nazis et de leurs séides,ou les "libérateurs" russes.Dans le microcosme reconstitué sous cet immeuble solidarité et courtoisie cèdent vite la place à la méfiance,universelle araignée,puis à la trahison.Traitée un peu comme un reportage ce vécu n'en finit pas de nous poursuivre et confirme ce que je pense de toute guerre,il faut les finir,mais ça fait très mal de les finir.Je considère Libération comme de la très grande littérature,de celles qui vous transportent, hors de toute pacotille,vers les sommets relativement fréquents dans cette Mitteleuropa dont j'ai déjà tant parlé où l'on a déjà croisé Schnitzler,Roth,Perutz,Zweig et consorts.
"Il y a un instant,la guerre vivait encore dans l'âme d'Elisabeth,pas seulement sur les champs de bataille,dans les airs ou sous les mers.la guerre était aussi une sensation,une sorte de pensée fantomatique qui envahissait son corps et son âme,à l'état de veille ou de sommeil."
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Citations & extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
PeteplumePeteplume   27 avril 2016
«Vous êtes un homme orgueilleux», fait soudain Elisabeth. Elle n'a pas plus tôt prononcé ces paroles qu'elle les regrette mais elle sent qu'elle ne peut faire autrement, il faut qu'elle exprime tout ce qui lui passe par la tête, maintenant. L'homme la regarde , une lueur froide et sombre dans ses yeux gris.
«Orgueilleux? demande-t-il en faisant traîner sa voix. Vous trouvez?» Cette fois, le ton est sévère.
Il fait un signe, comme s'il se résignait à répondre à cette accusation.
«Vous avez raison. Je suis orgueilleux, déclare-t-il tranquillement. C'est dans ma nature. Il m'est impossible de me défendre autrement dans ce monde.»
Elisabeth dit vivement, comme si elle y était obligée:
«Les juifs sont tous orgueilleux.»
L'homme ne bouge pas, ne remue pas un cil; il parle comme quelqu'un qui a entamé il y a fort longtemps, dès le début de sa vie, cette discussion dont il connaît précisément les arguments pour et contre, les questions et les réponses, il répond patiemment, même à l'impossible, il en a l'habitude, parce que cette discussion éternelle dure toute la vie.
«Les juifs sont des êtres humains dit-il de son ton professoral et monocorde, par conséquent, il y a parmi eux des orgueilleux. il y a aussi des rapiats, des voraces, des lubriques et des voleurs. Il y en a qui aiment tricher, d'autres qui mentent. Mais les juifs sont comme ça parce que ce sont des êtres humains, dit-il calmement. Les juifs, mademoiselle... les juifs sont divers. Ceux qui croient qu'il n'y a qu'une sorte de juifs ne les connaissent pas. Les juifs ne sont pas tous pareils», dit-il en élevant la voix.
[...]
Elisabeth soupire:
«[...]. Mais j'ai toujours pensé que les juifs étaient orgueilleux. Je ne sais pas s'ils se considèrent comme le peuple élu... Il se peut que ce soit une forme de propagande antisémite. C'est plutôt une forme d 'orgueil... comme si nous autres ne savions pas quelque chose qu'eux, les juifs savent.»
L'homme sourit de l'air de celui que la discussion amuse:
«Vous voyez, C'est peut-être là que se trouve la cause du malentendu. La généralisation, voilà le problème, la seule cause de tous les maux. Vous êtres de bonne volonté mais vous dites ausssi: eux, les juifs.. Vous aussi, vous croyez que les juifs partagent un secret commun, quelque chose qui les relie. Mais ce n'est pas vrai Mademoiselle, dit-il , sérieux à présent, grave, presque solennel. Les juifs, c'est une généralité, C,est comme si vous disiez les chrétiens... Il y a des juifs et il y a des chrétiens, et il est évident que l'origine, la religion, le mode de vie, l'ethnie induisent des traits spécifiques communs... Mais les juifs diffèrent plus entre eux qu'il ne se ressemblent. Croyez-moi... [...] Mais oui, ça doit être vrai qu'il sont orgueilleux, dit-il gravement. L'orgueil est un défaut, un péché peut-être aussi. Chacun expie par où il a pêché. Toutefois, ne pensez-vous pas que les juifs ont payé tous leurs péchés réels et imaginaires, ces temps-ci ?... [...]»
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Eve-YesheEve-Yeshe   06 août 2017
La folie n’a aucun but. Le fou fait quelque chose, sans raison et sans but, comme ça, il s’arrache les dents avec un clou rouillé, ou se met à éructer en norvégien, sans aucune signification. Cette nuit, ces malades mentaux vont « accomplir quelque chose ». P 106
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Eve-YesheEve-Yeshe   05 août 2017
Et puis, tout le monde était fatigué. Compassion, entraide, tout sentiment élevé avait disparu. Chacun attendait la mort à tout instant, la bombe ou l’obus ou encore cette aventure terrible que représenterait le changement de régime, un bouleversement dont personne n’était capable de mesurer à l’avance les conséquences. P 25
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MiklosMiklos   19 février 2012
Que se passe-t-il dans l’âme des hommes à présent qu’ils ont perdu ce qui fait d’eux des êtres humains ? Que se passe-t-il dans l’âme d’un être resté fidèle à un pacte implicite et explicite entre les hommes et à la solidarité, dans un monde qui renie toute loi humaine et qui, pris d’une rage insensée, se détruit ? (…) Quelle peut être la motivation d’un homme comme le sabbathien ? Ce n’est pas l’argent. Il ne promet rien, n’implore pas, ne hait point, ne veut rien, n’a pas de projets à long terme. Il se contente d’agir alors que tous sont terrifiés d’agir ; il “accepte” quelque chose alors que les seules pulsions animant les hommes sont un égoïsme sauvage et un instinct de survie qui les fait gémir et geindre… Est-ce parce qu’il est croyant, que c’est un homme de foi ?... Peut-être. Mais peut-être est-ce tout simplement un homme, dont l’âme et le corps sont régis par une seule et même loi, une pulsation vitale contre laquelle il ne peut combattre. Cent mille personnes n’ont pas apporté d’aide ; celui-là seul a bien voulu. Et on ne peut percer à jour le “secret” de cette homme-là.
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ElianorElianor   24 janvier 2014
C'était comme si, dans les ultimes instants de péril, toute une société perdait ce qui lui restait de dignité humaine : les gens dénonçaient en masse, écrivaient des lettres anonymes ou non ; se déplaçaient en personne, pour donner le nom d'un malheureux qui, dans ce dernier tourbillon de folie meurtrière, s'était traîné, à bout de souffle, dans le coin le plus reculé d'un refuge ...
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L' émission "Un livre toujours" vous présente «Les Grands Romans» de Sandor Marai, publié au Livre de Poche (collection Pochothèque).
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