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EAN : 9782226245175
283 pages
Éditeur : Albin Michel (03/01/2013)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 385 notes)
Résumé :
Les Mandy habitent de génération en génération la même maison en bois posée au bord des rails près de la gare Nyugati à Budapest. Le jeune Imre grandit dans un univers mélancolique de non-dits et de secrets où Staline est toujours tenu pour responsable des malheurs de la famille. Même après l’effondrement de l’URSS, qui fait entrer dans la vie d’Imre les sex shops, une jeune Allemande et une certaine idée de l’Ouest et d’un bonheur qui n’est pas pour lui.
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Critiques, Analyses et Avis (114) Voir plus Ajouter une critique
andman
  31 mai 2015
Budapest, la perle du Danube : c'est là, au coeur de l'Europe, qu'Alice Zeniter a planté le décor de “Sombre dimanche”. L'intrigue couvre une bonne partie du siècle dernier jusqu'aux premières années de celui-ci.
La sanglante bataille de Budapest début 1945, l'entrée des chars soviétiques dans cette même ville en 1956 et la fin de la guerre froide en 1989 servent de supports historiques à cette saga familiale où chaque génération supporte tant bien que mal son lot de malheurs.
Depuis des lustres, les Mándy refusent de céder la maison de bois située sur le petit terrain triangulaire jouxtant la gare imposante de Nyugati.
En ce début des années 80, un grand-père acariâtre, son fils taciturne, sa bru pragmatique et les deux enfants du couple y résident.
Imre, le petit dernier de la famille, a une sensibilité à fleur de peau. Les réactions bizarres des adultes, leurs réponses à demi-mot, leurs non-dits le perturbent. Heureusement la gentillesse de sa grande soeur Ági et la complicité de son copain Zsolt sont rassurantes.
Avec grande habileté Alice Zeniter entrecroise les époques. Les impacts de la marche de l'Histoire sur le destin de cette famille populaire sont relatés par de nombreux flash-back. Plusieurs passages mettent en évidence le lourd tribut payé par le peuple hongrois aux totalitarismes, d'abord nazi puis soviétique.
Cette famille semble imperméable au bonheur. Imre, bientôt adulte, saura-t-il profiter du souffle de liberté qui soudain se répand sur la ville ? Sera-t-il épargné par la poisse qui depuis des décennies colle aux basques des siens ?
La jeune romancière française a choisi le format court, donnant par là même beaucoup de rythme à “Sombre dimanche”. Humour par-ci, poésie par-là, l'attention du lecteur jamais ne se relâche. On aimerait ralentir la lecture, en garder un peu pour plus tard que déjà la dernière page se referme sur un tempo des plus mélancolique.
Du haut de ses vingt-sept printemps Alice Zeniter fait preuve d'une étonnante maturité, mettant en exergue la fragilité de la vie à la merci de tant d'aléas, s'interrogeant sur la vacuité de l'existence et la difficulté extrême à quantifier le bonheur.
Sombre dimanche” a largement suffi au mien cette semaine !
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Ziliz
  08 juin 2015
En quatre idées :
- la couverture de l'édition poche ne m'aurait pas attirée et le bandeau 'prix du livre Inter 2013' sur l'édition brochée encore moins
- l'histoire d'Imre est belle, triste et joliment racontée
- l'auteur est très jeune (vingt-sept ans à la parution de ce roman)
- elle a un talent incroyable
Hongrie, une petite maison sur un terrain triangulaire au bord d'une voie ferrée. Y vivent Imre, né en 1973, sa soeur Agnès qui a huit ans de plus, leurs parents, et le grand-père paternel.
Chaque année, le 2 mai, le pépé prend sa cuite à coup de Palinka, pour célébrer le triste anniversaire du décès de sa femme "morte en 1955, d'un excès de communisme" à l'en croire.
Le roman s'ouvre sur cette scène qui donne le ton général : la grisaille d'un pays de l'est dans les années 70, les séquelles de l'occupation russe, la pauvreté mais pas la misère, une famille soudée mais un peu bancale quand même, quelques fantômes et non-dits. Et puis les déchets dans ce jardin, jetés par les passagers des trains, comme toute la guigne accumulée par cette famille au fil des années...
En moins de trois cents pages, on traverse trois décennies en compagnie du doux Imre, de son enfance à sa vie de couple via ses tourments d'adolescent. Grâce à des souvenirs glanés ici et là, Imre apprend peu à peu les drames subis par ses proches pendant l'occupation allemande et lorsque le pays était sous l'emprise communiste.
L'auteur est très douée pour planter son décor en quelques mots (la maison, le jardin, les rails, la gare, la ville), et pour donner vie à ses personnages, sobrement et efficacement, et nous les faire aimer - même le pépé bougon.
Beaucoup d'intelligence dans le propos, de sensibilité mais aussi d'humour pour nous faire ressentir la blessure d'enfants privés prématurément d'une mère, la rancoeur d'un homme brisé par les événements d'un pays en guerre, ses désillusions à la chute du régime communiste. Belle évocation, également, du rapport à leur corps de femmes violées ou avortées : "Je ne veux pas que les hommes me touchent. Je ne veux pas qu'ils me pénètrent. Je veux une vie entière sans penser à ce qu'il y a à l'intérieur de moi. A ce que l'opération [avortement] a pu y faire. Peut-être que c'est complètement couturé. Ou un peu comme du bois. Je voudrais que ça le devienne entièrement. Me refermer comme une blessure, cicatriser." (p. 235)
Alice Zeniter a vécu quelques années en Hongrie où elle enseignait le français, et cette connaissance intime des lieux et de la culture se ressent, elle parle parfaitement de ce pays malmené par L Histoire, sans pathos ni grandiloquence.
Deux envies à l'issue de cette lecture : en savoir plus sur la Hongrie et lire d'autres ouvrages de cette auteur prometteuse - cette première approche est un coup de coeur. ♥
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Crossroads
  09 mars 2015
Depuis des générations, les Mandy habitent cette vieille bicoque en bois jouxtant la gare.
Comme tous les matins, leur jardin aura servi de dépotoir aux délicats usagers du train inéduqués.
Eternel manège semblant symboliser à merveille leurs rêves de grandeur bien trop grands pour eux.
La banlieue, c'est pas rose, la banlieue, c'est morose.
Que dire de l'histoire de cette famille au bon goût Bulgare.
Le grand-père aura connu la guerre.
Le père un veuvage précoce.
Le jeune Imre l'effondrement de l'URSS tutélaire, son ultime chance d'échapper au mauvais karma qui semble frapper ce clan intergénérationnel avec une égale délectation .
Pour le prix zygomatique en folie, le gagnant est...non, pas Sombre Dimanche, faut pas déconner non plus.
Le contexte historico-politique est passionnant même s'il semble peu enclin à la marrade, fut-elle journalière.
L'on s'attache facilement à cette lignée terrassée par son époque et aux destinées pareillement déprimantes.
Une ambiance de plomb mais pas que, avec l'espoir fou de voir le petit Imre sortir de l'ornière et saisir une chance qui ne saurait avoir le bon goût de se représenter une seconde fois.
Alors, paré pour ce périple humain terriblement excitant ?
Sachez que les cotations, à ce jour, concernant les possibilités d'Imre d'échapper à son destin sont de 15/1 sur terrain gras et de 15/30, balles neuves !
Belle histoire, belle plume, beau moment.
Touchant et poétique, ce Sombre Dimanche pourrait bien vous faire sécher Drucker, ce qui ne serait peut-être pas plus mal...
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Pancrace
  09 août 2019
De A à Z, de Alice à Zeniter. J'aime ses univers.
De « l'Art de Perdre » en Algérie à « Sombre Dimanche » en Hongrie :
Une famille, trois générations. Une même trame, de grands drames.
Style fluide, immersion immédiate dans l'intimité des personnages tour à tour attachants, détestables, attirants, cruels dévoilant leurs failles, leurs souffrances dans cette Hongrie maltraitée, torturée par l'Histoire avec la grande hache de l'hitlérisme et du stalinisme taillant dans les corps autant que dans les âmes.
Tout est clair et concis, plein de sève. Notre héros, Imre me dira son amitié pour Zsolt, d'une couche sociale différente, son amour pour Kristin, une allemande en mal d'exotisme.
« La Hongrie ce n'était pas pareil, c'était un pays plat, et gris et jaune. Il ne se livrait pas comme ça à l'amour, il fallait de la patience, presque de l'abnégation. »
Il me contera l'épopée de son père Pal mélancolique permanent.
De sa maman Idilko morte trop tôt. de son grand-père alcoolique, acariâtre, détruit à jamais par Staline et ses troupes.
« Ceux qui ne sont pas satisfaits émigrent, disait le grand-père. C'est bien. C'est mieux. Avant ils se pendaient. C'était l'immigration à la hongroise. »
Il me causera du mal-être permanent de sa soeur Agi, abandonnée par un français goujat, il y a de quoi.
Il me laissera pénétrer son adolescence, ses débuts professionnels rocambolesques, ses premiers émois et moi je glissais dans ce rythme poisseux de misère car je retrouvais l'envoûtante Budapest qui m'a tant marqué dans le début des années 2000 où on pouvait encore lire sur le visage des êtres le désarroi et la tristesse après 60 ans de nazisme et de communisme.
Merci madame Zeniter de savoir aussi bien brosser les tableaux d'une époque, de posséder le talent de saisir et de maîtriser l'atmosphère, l'environnement de lieux chargés de vies souvent rudes, toujours passionnantes.
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sandrine57
  22 juillet 2018
Quand le grand-père du grand-père a acheté un terrain et construit sa maison aux abords de Budapest, il n'y avait que des champs et un vague projet d'agrandissement de la petite gare, un peu plus loin. Mais Nyugati, la gare de l'Ouest, n'a cessé de croître et a étendu ses tentacules de rails jusque dans le jardin des Mandy réduit à un triangle de terre, sans cesse recouvert des détritus jetés par les voyageurs. Mais les Mandy sont des résistants, ils n'ont rien voulu céder aux chemins de fer et vivent depuis des générations au bord des rails, dans le bruit assourdissant des trains de plus en plus nombreux. Imre, son grand-père, ses parents et sa grande soeur Agi se sont adaptés aux horaires des trains, aux ordures, à l'isolement. Unis malgré leurs secrets et leurs silences, ils font face aux aléas de la vie. Marqués par l'Histoire de la Hongrie, la famille vivote, plantée dans son bout de terre, même si les enfants rêvent de liberté, de Californie, de surfeuses ou simplement de quitter la maison au bord des rails.
A travers les yeux d'Imre, Alice Zeniter raconte l'histoire d'une famille et celle de la Hongrie, petit pays trop souvent malmené...par les autrichiens, les allemands, les soviétiques. Chez les Mandy, on cultive les secrets, les non-dits, les malheurs, les deuils. En grandissant, Imre s'interroge. Pourquoi le grand-père se soûle-t-il chaque année le 2 mai ? Comment a-t-il été blessé à la jambe ? Comment est morte la grand-mère ? Pourquoi son père s'appelle-t-il Pal alors que tous les premiers-nés de la famille sont des Imre ? Les réponses viendront, et avec elles, de douloureux souvenirs. le sort semble s'être acharné sur les Mandy comme sur la Hongrie. Les hommes en ont pâti, les femmes encore plus. Imre observe, apprend, rêve d'une autre vie. Pourtant, la chute du mur tant attendue sera une autre désillusion. Que faire de cette liberté toute neuve ? Peut-on changer le sombre destin qui semble leur coller à la peau ? Tant d'interrogations et tant de tristesse dans ce livre d'une grande tristesse traversée par des moments de poésie et d'optimisme.
Personnages attachants, découverte de l'histoire hongroise et belle écriture, concise, précise, pour un roman court, sombre et mélancolique. Une belle découverte.
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critiques presse (4)
Actualitte   13 avril 2015
Et c'est fait avec beaucoup de tact, beaucoup de simplicité, beaucoup de retenue et de délicatesse.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Lexpress   29 mars 2013
Dans Sombre dimanche, le troisième roman d'Alice Zeniter, le lecteur suit quinze ans de la vie d'une famille de trois générations, avec les instants vécus qui laissent place à la mélancolie et aux tristes souvenirs. Ce sont aussi près de cinquante ans d'une Hongrie sous l'emprise soviétique.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Telerama   13 février 2013
Avec maîtrise, sans aucun pathos et en jouant habilement de la chronologie, Alice Zeniter dresse une fascinante saga.
Lire la critique sur le site : Telerama
Liberation   06 janvier 2013
Alice Zeniter dépeint la vie somnambulique au temps du communisme.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (139) Voir plus Ajouter une citation
bbrunet27bbrunet27   07 août 2020
La mesquinerie quotidienne de l’humanité, sa faiblesse n’étaient pas des données qu’elle prenait en compte. Pourtant il semblait à Imre qu’il ne s’agissait que de ça. Il y avait très peu de vrais salauds et de vrais saints. Il n’y avait que des hommes qui regardaient leur nombril, tremblaient pour leur nombril et protégeaient leur nombril sans jamais cesser d’être d’une banalité insoupçonnée.
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bilodohbilodoh   18 mars 2014
Il les avait découvertes en 1990 et il s’était rendu compte qu’il aimait ce fruit. Il pouvait passer des jours à ne se nourrir que de ça. Le fait d’avoir perdu plus de quinze ans de sa vie à ignorer l’existence des bananes l’avait considérablement perturbé. Il était persuadé que sa vie aurait peut-être été tout autre si le communisme n’avait pas changé son enfance en un long désert dépourvu de fruits exotiques. (p.176)
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Annette55Annette55   01 octobre 2014
Il souffrait d'une sorte d'incompétence maintenant que sa mére n'était plus là.
Elle l'avait laissé faillé,ébréché, sans muraille,et la peur lui rongeait l'estomac.Imre ne voyait plus que la fragilité de sa famille.
La perte de la personne qui lui avait donné la vie avait englouti un peu de son existence à lui aussi, il se sentait incomplet, comme si l'enveloppe de son corps dissimulait des creux, des organes manquants.
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fbalestasfbalestas   26 juin 2020
Imre tira longuement sur sa cigarette en se demandant si sa vie était normale. Il ne pensait pas à la maison dans laquelle il habitait ou aux membres étranges de sa famille, il pensait à la tristesse qu’il ressentait, à la colère que lui inspirait Kerstin. A son incapacité à être tout à fait heureux, même auprès des gens qui lui étaient les plus chers.
Il se demandait si c’était l’état normal des choses, si les autres étaient comme lui et si leur bonheur n’était qu’apparent ou bien si c’était lui qui avait raté quelque chose.
Est-ce que la vie pouvait n’être que ça ? cette succession d’espoirs et de dépressions, l’un faisant toujours oublier l’autre, malgré les années et le peu de sagesse qu’on pouvait en tirer ? Est-ce que c’était possible qu’il n’y ait pas plus ?
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ZilizZiliz   08 juin 2015
Il avait été cruellement déçu par le premier gouvernement qui avait suivi la chute du régime. Comme beaucoup de Hongrois, il s'était imaginé que la sortie du communisme signifierait la liberté, l'abondance et la joie. Il avait conservé pendant cinquante ans l'espoir que le changement amènerait la justice, c'est à dire pour le grand-père la condamnation en cour martiale de tous les soldats de l'Armée rouge et le dédommagement de leurs victimes. (p. 184)
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Vidéo de Alice Zeniter
La rentrée littéraire 2020, action !
C'est avec enthousiasme que nous vous présentons ici trois romans qui sonnent déjà comme des incontournables de cette rentrée littéraire 2020...
- Liv Maria, de Julia Kerninon, à l'Iconoclaste : https://www.librairiedialogues.fr/livre/17096634-liv-maria-julia-kerninon-l-iconoclaste - Comme un empire dans un empire, d'Alice Zeniter, chez Flammarion : https://www.librairiedialogues.fr/livre/17250002-comme-un-empire-dans-un-empire-alice-zeniter-flammarion - Histoires de la nuit, de Laurent Mauvignier, aux Éditions de Minuit : https://www.librairiedialogues.fr/livre/16912280-histoires-de-la-nuit-laurent-mauvignier-les-editions-de-minuit
À bientôt pour la suite de nos découvertes !
Pour nous suivre, c'est là : INSTA : https://www.instagram.com/librairiedialogues FACEBOOK : https://www.facebook.com/librairie.dialogues/ TWITTER : https://twitter.com/Dialogues
**** À bientôt ! ****
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