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ISBN : 2253069701
Éditeur : Le Livre de Poche (15/03/2017)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 37 notes)
Résumé :
Rome, 1598. L'Inquisition sévit contre les hérétiques. Enfermés dans des cellules, affamés, torturés, ces derniers reçoivent à la veille de leur exécution sur le Campo dei Fiori la visite d'un inquisiteur pour les inciter à se repentir et à reconnaître publiquement leurs fautes.Venu prendre des « leçons d'Inquisition », un carme d'Avila demande à suivre la dernière nuit d'un condamné. Malgré sept ans de prison et de tortures, celui-ci ne s'est jamais repenti. Son no... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
spleen
  13 août 2017
En 1598, un jeune moine castillan, originaire d'Avila, séjourne à Rome pour quelques mois chez ceux qui sont devenus maitres dans l'art de l'inquisition, il est là pour observer leur méthodes et les transmettre à ces frères en Espagne , nous appellerions cela "stage de perfectionnement" à notre époque . C'est un élève appliqué qui commence par apprendre l'italien puis assiste aux  veilles des "confortateurs", des hommes , certains laïcs, qui se réunissent pour inciter au repentir les hérétiques et vérifier  la sincérité des conversions .
L'inquisition, dans ce roman n'est en fait qu'un prétexte, un exemple historique du totalitarisme dans toutes ces formes, là, en l'occurrence la religion catholique pour un écrivain qui a fui sa Hongrie natale devenue communiste après avoir été nationaliste et proche du troisième Reich .
On ne peut s'empêcher de penser également à l'Holocauste lorsque le Padre Alessandro explique au jeune moine que les sentences individuelles ne suffiront pas ...
L'arrivée de l'imprimerie est perçue elle aussi comme dangereuse car échappant au contrôle de l'église et par la diffusion plus facile des oeuvres considérées comme hérétiques ou païennes  , on est pas loin des bûchers de livres .
On sait d'emblée que le moine ne retournera pas à Avila, qu'il choisit l'exil à Genève ; les raisons de son revirement ne sont pas uniquement dues , comme le résumé de l'ouvrage le laisse supposer ou la traduction du titre, à la dernière nuit avant son exécution de Giordani Bruno , un religieux qui ne renie rien et ne se laisse pas fléchir par les propos des confortateurs , ce qui ébranle fortement le jeune castillan , c'est un processus beaucoup plus complexe , lent et insidieux qui, à mon avis, vient aussi de sa dernière conversation avec le cardinal Bellarmin, celui qui l'avait accueilli lors de son arrivée et dont les paroles avant son retour en Espagne ouvrent une brèche dans la certitude du jeune homme , cela rejoint les convictions de l'écrivain lorsqu'il a lui même choisi l'exil comme le moine dont il nous conte l'histoire : la liberté de penser que l'on ne peut ôter à l'homme même en l'incarcérant, en muselant sa parole ou en le condamnant au feu du bucher !
Une écriture remarquable et un sujet de réflexion qui est toujours , malheureusement d'actualité .
Je vous encourage à lire ce texte parfois un peu ardu mais si marquant .
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ATOS
  04 octobre 2017
On tranche, on brûle, on juge, on sentence, on chasse, on pend. Au nom d'une loi, au nom d'un dieu, ou au nom d'une idéologie. Tous les crimes contre l'humanité ont leurs penseurs. Discours ou prêche, défilé ou procession, à chacun ses martyrs, à des millions : des fosses communes ou le silence d'une montagne de cendres.
Livre indissociable de la vie de Sandor Marai. Fuyant la guerre, le fascisme, le stalinisme, son écriture récite la seule prière digne d'être lue parmi les hommes : « Savoir vaut davantage que croire ».
Nous sommes au 16e siècle. Rome. L'inquisition espagnole veut apprendre de la grande inquisition italienne. Procès, tortures, exécutions. On rédige, on instruit, on prend note. Grand traité, petit manuel du parfait inquisiteur. Giordano Bruno ne lâchera rien. L'univers infini, existe, nous le savons. Mais celui qui ne fait pas d'un dieu ou une d'une idéologie le centre du monde est coupable d'hérésie. Hérésie ...du grec αἵρεσις / haíresis : choix, préférence pour une idée ou pensée.
Un choix, ...une liberté. A parler librement, à penser librement. Penser par exemple qu'  « un homme est peut compter plus qu'un troupeau ». S'interroger : «  Qu'est-ce qui est préférable : l'insouciance dans un endroit où l'on ne peut rien écrire ouvertement ou l'inquiétude dans un autre où l'on peut scribouiller en liberté ? »
Ce qui est remarquable dans ce roman c'est la malheureuse éternité de ce qu'il contient et l'espoir qu'il recèle.
C'est également ce que ce 16e siècle, et les siècles qui l'ont précédé, colportaient déjà à notre porte.
Ce que l'histoire engendre, porte dans ses entrailles. Ce que l'on peut y lire, ce qu'il faudrait comprendre, ce qu'elle annonce.
« Là où l'on brûle les livres, on finit par brûler des hommes. » écrivait Heinrich Heine, .. et là où on brûle un homme, tout est fini.
Effroyable récit où l'on voit un peuple, une société entière, du plus petit au plus grand, du plus riche au plus pauvre, tous être certains.
Certains. Certains de ce qui est dit, proclamé, jugé, certains , sans qu'aucun doute, sans qu' aucune question ne viennent arrêter la main du bourreau. Assassins de bonne foi. Où commence la complicité , où s'arrête la soumission ? L'habit ne fait pas le moine, quelque que soit son obédience.
Comment alors reconnaître un diable ou un bon dieu ? Et si tout cela , pour finir, ne regardait qu'eux..
Et quant aux hommes.. il leur reste l'avenir pour faire infiniment mieux.
Astrid Shriqui Garain


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ivredelivres
  15 février 2016
Michel Onfray vitupère dans plusieurs de ses livres contre toutes les religions à l'origine de bien des violences, de bien des guerres. On peut le trouver parfois excessif certes mais voici un roman qui lui donne mille fois raison et qui de plus est superbement écrit.
L'Italie à l'approche de 1600, Sándor Márai nous propose ni plus ni moins que d'assister à la formation d'un moine de l'Inquisition, quand je dis formation je devrais dire perfectionnement car notre jeune moinillon a déjà été à bonne école à Avila.
En Espagne l'Inquisition s'est déjà exercée à faire parler, à faire abjurer juifs et musulmans et notre jeune moine à déjà eu l'occasion de voir les effets des tourments infligés : « suspension par la corde, le supplice de l'eau, du feu et du brodequin français » il y a admiré les religieux qui encourageaient le bourreau à « arroser le bois sec de poix » afin que le bûcher monte haut et clair dans la nuit castillane.
L'Inquisition italienne trouve cela un peu tiède et notre moine est reçu et hébergé par une confrérie de volontaires qui vont le former par l'exemple car ils ont pour mission d'inciter au repentir « par tous les moyens » les hérétiques soumis à leurs bons offices.
Pendant les 16 mois de son apprentissage notre futur inquisiteur obéit sans se rebeller, obéit comme ont obéit les dignitaires nazis, les procureurs soviétiques ...
Il tient une sorte de journal pendant son séjour et c'est par sa voix que le lecteur entre dans ce monde de ténèbres où il importe de
« réduire à néant tous les livres, auteurs et lecteurs louches parce qu'il n'y aurait pas d'ordre dans le monde tant que vivraient des hommes qui feraient l'expérience de penser par eux-mêmes » car l'invention de l'imprimerie est un quasi péché qui permet la diffusion d'idées subversives.
Un grain de sable va venir se glisser dans les rouages si bien huilés de l'Inquisition lorsque notre apprenti rencontre Giordano Bruno lors de « l'ultime nuit » avant l'exécution de sa sentence.
C'est un roman parfait dans sa froideur, dans sa simplicité apparente, le réquisitoire est long mais le propos est fort et ce type de livre est en soit une arme contre tous les totalitarismes qu'ils soient politiques ou religieux. Sándor Márai a souffert de l'exil et il trouve là l'occasion de nous inviter à affirmer avec force notre liberté de penser et de croire.
Lien : http://asautsetagambades.hau..
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Bellonzo
  07 janvier 2016

Neuvième lecture de Sandor Marai, et ma passion pour cet écrivain ne se dément pas, bien au contraire. du côté de Stockholm il fut souvent évoqué mais non... Justice (c'est le cas de le dire avec La nuit du bûcher) lui est rendue car l'action se passe à Rome où un carme espagnol, 1598, prend en quelque sorte des leçons d'inquisition pendant quelques mois. C'est que les hérétiques sont nombreux en cette fin de XVIème Siècle et que l'Eglise veille au grain. Je suis donc resté à la même époque que mon dernier livre chroniqué, La Religion. Epoque troublée, mais toutes les époques ne le sont-elles pas? Sandor Marai, qui eut maille à partir avec le régime de son pays, a pas mal voyagé avant de décider de son ultime destination, choisissant la nuit en 1989 aux Etats-Unis. En 1974 c'est en Italie qu'il vivait lors de l'écriture de la nuit du bûcher.
Même si Bernardo Gui, le sinistre Grand Inquisiteur du Nom de la Rose, est évoqué c'est deux siècles plus tard que Marai a situé l'action de ce beau roman. L'auteur hongrois qui a beaucoup écrit sur les derniers conflits a également souvent utilisé L Histoire, Casanova par exemple dans La conversation de Bolzano.Le moine d'Avila est ainsi éduqué aux méthodes du Saint-Office pour faire avouer les hérétiques. C'est que c'est tout un art dans cette Rome où la délation va bon train, où l'on se dévisage plus que de raison, et où les orthodoxes de mardi peuvent devenir les déviants du jeudi. C'est en fait une longue lettre qu'écrit ce moine à son frère Urbain, dans laquelle il revient sur son accueil romain, son initiation près des confortatori, des prêtres mais aussi des notables réunis en une confrérie, et chargés de fortifier l'espoir des condamnés, bénévolement par charité chrétienne ou parfois par curiosité et voyeurisme.
le moine (on ne sait pas son nom) sera finalement admis à l'ultime nuit d'un des plus célèbres "giustiziabili", Giordano Bruno, qui malgré sept années de geôle et de torture ne se sera jamais repenti. La doctrine de Giordano Bruno n'est pas l'objet du livre. Mais le questionnement du moine, ses hésitations, ses doutes, ainsi que l'influence de l'écrit suite à la diabolique invention de l'imprimerie, sont par contre au centre du roman de Sandor Marai, lui aussi victime en d'autres temps de régimes inquisiteurs. En cela La nuit du bûcher est parfaitement en phase avec toute l'oeuvre de cet auteur, pour moi plus que majeur, de la Mitteleuropa si riche en bouleversements et en écrivains.
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Pirouette0001
  22 novembre 2015
Voici une lecture agréable, en ce sens qu'elle se lit d'un bout à l'autre sans désemparer, le style est fluide et la langue plaisante -merci au traducteur-.
Le thème du livre m'était également apparu attrayant à lire le quatrième de couverture : un religieux espagnol de l'ordre des carmes vient à Rome affiner ses méthodes inquisitoriales, au sens premier du terme, et est ainsi amené à accompagner Giordano Bruno dans sa dernière nuit avant le bûcher. Sauf que c'est un peu tromperie d'éditeur dans la mesure où cette rencontre, en est-ce une d'ailleurs, ne dure que quelques pages et si elle est centrale dans l'ouvrage, n'est qu'une sorte d'apparition fugace et n'en explique pas pour autant les ressorts du protagonistes choisi par Marai.
Incohérence dans la psychologie de ce protagoniste tout comme il en apparaît dans l'histoire. Ainsi ce carme, qui arrive à Rome en 1598 pour en repartir en 1600 nous parle des ennuis qu'aurait connus Cervantes avec l'Inquisition, suite à la publication de Galatée, certes paru en 1584, mais surtout connu, nous rappelle le prêtre carme, pour ses aventures de Quichotte. Et là c'est impossible puisque l'oeuvre est parue en 1605 pour la première partie et en 1615 pour la seconde partie.
Donc si l'on s'en tient au côté plaisant du récit, à lire sans trop réfléchir, cela vaut, en étant bienveillante, ce que j'avais envie d'être, un quatre étoiles, mais certainement moins, si l'on s'attache à la valeur historique de ce qui n'est en définitive qu'un conte.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
spleenspleen   31 juillet 2017
"Viendra le temps " , en disant cela, il écarquilla involontairement les yeux comme s'il lisait dans l'avenir, "viendra le temps où l'on ne pourra plus sévir de façon individuelle mais où il faudra réunir et mettre à part tous les suspects ensemble . Le diable fait des tours et des détours , il soumet tout le monde à la tentation. Arrivera une époque où l'on regroupera sans ambages ni perte de temps tous ceux qui seront soupçonnés de tomber un jour dans le péché d'hérésie , à cause de leur origine ou pour d'autres raisons , dans des champs clos par des barrières de fer pour des périodes plus ou moins longues ... mais en général il vaudra mieux que ce soit pour longtemps . Un tel lieu de détention ceinturé de barrières de fer , permettra de surveiller en même temps des groupes d'hommes plus importants ... Certes, il est vrai que les hommes ont les moyens de différencier le Bien du Mal avec leur intelligence . Mais pour cela il faut de la Miséricorde .
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ivredelivresivredelivres   15 février 2016
réduire à néant tous les livres, auteurs et lecteurs louches parce qu’il n’y aurait pas d’ordre dans le monde tant que vivraient des hommes qui feraient l’expérience de penser par eux-mêmes
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mouette_liseusemouette_liseuse   07 mars 2017
Les enfants ont une propension à observer, disait le padre Pistoia, ...
Ces petits malins sont capables de duplicité, ils sont inventifs et habiles et ils comprennent vite la véritable signification des paroles lâchées à la table du déjeuner ou la nuit, dans l'intimité de la chambre à coucher commune. Ce que disent vraiment ou ce que cachent les parents, les frères et sœurs aînés, la parentèle et les visiteurs, quel est le contenu secret de remarques apparemment anodines mais à l’ambiguïté suspecte. Les enfants sont les petits observateurs directs de la famille, cette communauté étroite, et le padre soulignait avec quelle joyeuse et vive attention ils s'emparaient des paroles imprudentes des adultes pour ensuite signaler à la Sainte Inquisition ce qu'ils avaient entendu !
Page 64-65
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EtoilesonoreEtoilesonore   20 janvier 2016
La méthode souveraine dans le combat contre l'hérésie était de réduire à néant tous les livres, auteurs et lecteurs louches parce qu'il n'y aurait pas d'ordre dans le monde tant que vivraient des hommes qui feraient l'expérience de penser par eux-mêmes.
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mouette_liseusemouette_liseuse   08 mars 2017
Tout pouvoir suprême, prince ou despote, tyran étranger, se trouve souvent impuissant face à la volonté de la famille. Celle-ci constitue une alliance secrète par le sang, une structure établie sur une toile d'araignée des intérêts et des expériences archaïques. L'Inquisition sait qu'une puissance qui s'oppose aux intérêts de la famille n'a finalement aucune chance. C'est pourquoi, ... , il faut tout faire pour démasquer à temps les intentions suspectes tapies dans les recoins secrets des solidarités familiales.
Page 66
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L' émission "Un livre toujours" vous présente «Les Grands Romans» de Sandor Marai, publié au Livre de Poche (collection Pochothèque).
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