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ISBN : 2253069701
Éditeur : Le Livre de Poche (15/03/2017)

Note moyenne : 3.82/5 (sur 28 notes)
Résumé :
Rome, 1598. L'Inquisition sévit contre les hérétiques. Enfermés dans des cellules, affamés, torturés, ces derniers reçoivent à la veille de leur exécution sur le Campo dei Fiori la visite d'un inquisiteur pour les inciter à se repentir et à reconnaître publiquement leurs fautes.Venu prendre des « leçons d'Inquisition », un carme d'Avila demande à suivre la dernière nuit d'un condamné. Malgré sept ans de prison et de tortures, celui-ci ne s'est jamais repenti. Son no... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
ivredelivres
15 février 2016
Michel Onfray vitupère dans plusieurs de ses livres contre toutes les religions à l'origine de bien des violences, de bien des guerres. On peut le trouver parfois excessif certes mais voici un roman qui lui donne mille fois raison et qui de plus est superbement écrit.
L'Italie à l'approche de 1600, Sándor Márai nous propose ni plus ni moins que d'assister à la formation d'un moine de l'Inquisition, quand je dis formation je devrais dire perfectionnement car notre jeune moinillon a déjà été à bonne école à Avila.
En Espagne l'Inquisition s'est déjà exercée à faire parler, à faire abjurer juifs et musulmans et notre jeune moine à déjà eu l'occasion de voir les effets des tourments infligés : « suspension par la corde, le supplice de l'eau, du feu et du brodequin français » il y a admiré les religieux qui encourageaient le bourreau à « arroser le bois sec de poix » afin que le bûcher monte haut et clair dans la nuit castillane.
L'Inquisition italienne trouve cela un peu tiède et notre moine est reçu et hébergé par une confrérie de volontaires qui vont le former par l'exemple car ils ont pour mission d'inciter au repentir « par tous les moyens » les hérétiques soumis à leurs bons offices.
Pendant les 16 mois de son apprentissage notre futur inquisiteur obéit sans se rebeller, obéit comme ont obéit les dignitaires nazis, les procureurs soviétiques ...
Il tient une sorte de journal pendant son séjour et c'est par sa voix que le lecteur entre dans ce monde de ténèbres où il importe de
« réduire à néant tous les livres, auteurs et lecteurs louches parce qu'il n'y aurait pas d'ordre dans le monde tant que vivraient des hommes qui feraient l'expérience de penser par eux-mêmes » car l'invention de l'imprimerie est un quasi péché qui permet la diffusion d'idées subversives.
Un grain de sable va venir se glisser dans les rouages si bien huilés de l'Inquisition lorsque notre apprenti rencontre Giordano Bruno lors de « l'ultime nuit » avant l'exécution de sa sentence.
C'est un roman parfait dans sa froideur, dans sa simplicité apparente, le réquisitoire est long mais le propos est fort et ce type de livre est en soit une arme contre tous les totalitarismes qu'ils soient politiques ou religieux. Sándor Márai a souffert de l'exil et il trouve là l'occasion de nous inviter à affirmer avec force notre liberté de penser et de croire.
Lien : http://asautsetagambades.hau..
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Bellonzo
07 janvier 2016

Neuvième lecture de Sandor Marai, et ma passion pour cet écrivain ne se dément pas, bien au contraire. du côté de Stockholm il fut souvent évoqué mais non... Justice (c'est le cas de le dire avec La nuit du bûcher) lui est rendue car l'action se passe à Rome où un carme espagnol, 1598, prend en quelque sorte des leçons d'inquisition pendant quelques mois. C'est que les hérétiques sont nombreux en cette fin de XVIème Siècle et que l'Eglise veille au grain. Je suis donc resté à la même époque que mon dernier livre chroniqué, La Religion. Epoque troublée, mais toutes les époques ne le sont-elles pas? Sandor Marai, qui eut maille à partir avec le régime de son pays, a pas mal voyagé avant de décider de son ultime destination, choisissant la nuit en 1989 aux Etats-Unis. En 1974 c'est en Italie qu'il vivait lors de l'écriture de la nuit du bûcher.
Même si Bernardo Gui, le sinistre Grand Inquisiteur du Nom de la Rose, est évoqué c'est deux siècles plus tard que Marai a situé l'action de ce beau roman. L'auteur hongrois qui a beaucoup écrit sur les derniers conflits a également souvent utilisé L Histoire, Casanova par exemple dans La conversation de Bolzano.Le moine d'Avila est ainsi éduqué aux méthodes du Saint-Office pour faire avouer les hérétiques. C'est que c'est tout un art dans cette Rome où la délation va bon train, où l'on se dévisage plus que de raison, et où les orthodoxes de mardi peuvent devenir les déviants du jeudi. C'est en fait une longue lettre qu'écrit ce moine à son frère Urbain, dans laquelle il revient sur son accueil romain, son initiation près des confortatori, des prêtres mais aussi des notables réunis en une confrérie, et chargés de fortifier l'espoir des condamnés, bénévolement par charité chrétienne ou parfois par curiosité et voyeurisme.
le moine (on ne sait pas son nom) sera finalement admis à l'ultime nuit d'un des plus célèbres "giustiziabili", Giordano Bruno, qui malgré sept années de geôle et de torture ne se sera jamais repenti. La doctrine de Giordano Bruno n'est pas l'objet du livre. Mais le questionnement du moine, ses hésitations, ses doutes, ainsi que l'influence de l'écrit suite à la diabolique invention de l'imprimerie, sont par contre au centre du roman de Sandor Marai, lui aussi victime en d'autres temps de régimes inquisiteurs. En cela La nuit du bûcher est parfaitement en phase avec toute l'oeuvre de cet auteur, pour moi plus que majeur, de la Mitteleuropa si riche en bouleversements et en écrivains.
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Pirouette0001
22 novembre 2015
Voici une lecture agréable, en ce sens qu'elle se lit d'un bout à l'autre sans désemparer, le style est fluide et la langue plaisante -merci au traducteur-.
Le thème du livre m'était également apparu attrayant à lire le quatrième de couverture : un religieux espagnol de l'ordre des carmes vient à Rome affiner ses méthodes inquisitoriales, au sens premier du terme, et est ainsi amené à accompagner Giordano Bruno dans sa dernière nuit avant le bûcher. Sauf que c'est un peu tromperie d'éditeur dans la mesure où cette rencontre, en est-ce une d'ailleurs, ne dure que quelques pages et si elle est centrale dans l'ouvrage, n'est qu'une sorte d'apparition fugace et n'en explique pas pour autant les ressorts du protagonistes choisi par Marai.
Incohérence dans la psychologie de ce protagoniste tout comme il en apparaît dans l'histoire. Ainsi ce carme, qui arrive à Rome en 1598 pour en repartir en 1600 nous parle des ennuis qu'aurait connus Cervantes avec l'Inquisition, suite à la publication de Galatée, certes paru en 1584, mais surtout connu, nous rappelle le prêtre carme, pour ses aventures de Quichotte. Et là c'est impossible puisque l'oeuvre est parue en 1605 pour la première partie et en 1615 pour la seconde partie.
Donc si l'on s'en tient au côté plaisant du récit, à lire sans trop réfléchir, cela vaut, en étant bienveillante, ce que j'avais envie d'être, un quatre étoiles, mais certainement moins, si l'on s'attache à la valeur historique de ce qui n'est en définitive qu'un conte.
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topocl
10 janvier 2016
« Ils étaient d'accord : le livre représentait un énorme danger car, pour beaucoup de gens, il était susceptible de provoquer la terrifiante possibilité d'une réflexion indépendante. D'accord également quand le padre, soufflant et transpirant, déclara que le seul moyen de lutter efficacement contre le danger était d'incarcérer tous les suspects. D'accord aussi pour dire que la méthode souveraine dans le combat contre l'hérésie était de réduire à néant tous les livres, auteurs et lecteurs louches, parce qu'il n'y aurait pas d'ordre dans le monde tant que vivraient des hommes qui feraient l'expérience de penser par eux-mêmes. » .
Au déclin du XVIème siècle, un jeune carme espagnol est envoyé à Rome en « stage d'observation » pour rapporter chez lui tous les enseignements qui permettront à la redoutable Sainte Inquisition d'être encore plus performante.
Au terme d'un séjour fait de dévotion et d'admiration pour la grande charité qu'il prête au censeurs romains, celui-ci assiste à un ultime bûcher, celui de Giordano Bruno [https://fr.wikipedia.org/wiki/Giordano_Bruno], prêtre apostat et intellectuel hérétique. Son obstination à prêter la moindre allégeance à ses bourreaux l'amène à renoncer à l'Inquisition.
Non parce que celle-ci est un acte abjecte et inadmissible... Mais parce qu'elle est vouée à l'échec : si des hommes aussi fiers et courageux s'opposent à elle, notre carme estime que c'est en vain qu'elle exercera son pouvoir, les irréductibles ne seront jamais vaincus (ou sauvés, selon le point de vue)
Sandor Marai nous propose, sous forme d'une lettre de confession, un récit à l'écriture à la fois ample et compassée. L'Inquisition y est décrite dans tous les détails, fort peu réjouissants, par un homme qui lui est totalement dévoué, dans une complaisance liée à son aveuglement, selon un un procédé par moments un peu trop didactique. Ce n'est qu'à la page 206 (sur 254) qu'il a brusquement son illumination, par un mécanisme qu'on s'explique mal, puisque jusque là le doute ne s'était pas le moins du monde immiscé en lui. Ce retournement brutal est certainement la faiblesse du livre. S'ensuivent alors l'exil en Suisse où il côtoie la société civile et les protestants, et une ouverture à l'autre sans pour autant qu'il renie sa foi. Il découvre une liberté, ainsi que le prix qu'elle peut coûter : celle d'autoriser le savoir, et l'écrit, au côté de la foi.
A travers l'Inquisition, Marai dénonce tous les régimes totalitaires, et postule que par la résistance et la persévérance, les opprimés détiennent une force et peuvent vaincre.
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unclemeat
26 décembre 2016
En mettant toute son énergie, son talent et son érudition à raconter l'inquisition et à décortiquer les (peu saints) esprits qui la justifient et la servent, à en montrer la cruauté certes mais aussi l'ingéniosité de ce système (en ce sens qu'il est construit, codifié, décliné dans toute la société), on sent que Sandor Marai a tout le temps à l'esprit le national-socialisme et le totalitarisme, communiste ou autre, et que ce sont les mécanismes sophistiqués de destruction de l'individu et de sa liberté de penser qu'il fustige. La bonne nouvelle c'est que
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Citations & extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
mouette_liseusemouette_liseuse07 mars 2017
Les enfants ont une propension à observer, disait le padre Pistoia, ...
Ces petits malins sont capables de duplicité, ils sont inventifs et habiles et ils comprennent vite la véritable signification des paroles lâchées à la table du déjeuner ou la nuit, dans l'intimité de la chambre à coucher commune. Ce que disent vraiment ou ce que cachent les parents, les frères et sœurs aînés, la parentèle et les visiteurs, quel est le contenu secret de remarques apparemment anodines mais à l’ambiguïté suspecte. Les enfants sont les petits observateurs directs de la famille, cette communauté étroite, et le padre soulignait avec quelle joyeuse et vive attention ils s'emparaient des paroles imprudentes des adultes pour ensuite signaler à la Sainte Inquisition ce qu'ils avaient entendu !
Page 64-65
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ivredelivresivredelivres15 février 2016
réduire à néant tous les livres, auteurs et lecteurs louches parce qu’il n’y aurait pas d’ordre dans le monde tant que vivraient des hommes qui feraient l’expérience de penser par eux-mêmes
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EtoilesonoreEtoilesonore20 janvier 2016
La méthode souveraine dans le combat contre l'hérésie était de réduire à néant tous les livres, auteurs et lecteurs louches parce qu'il n'y aurait pas d'ordre dans le monde tant que vivraient des hommes qui feraient l'expérience de penser par eux-mêmes.
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mouette_liseusemouette_liseuse08 mars 2017
Tout pouvoir suprême, prince ou despote, tyran étranger, se trouve souvent impuissant face à la volonté de la famille. Celle-ci constitue une alliance secrète par le sang, une structure établie sur une toile d'araignée des intérêts et des expériences archaïques. L'Inquisition sait qu'une puissance qui s'oppose aux intérêts de la famille n'a finalement aucune chance. C'est pourquoi, ... , il faut tout faire pour démasquer à temps les intentions suspectes tapies dans les recoins secrets des solidarités familiales.
Page 66
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EtoilesonoreEtoilesonore23 janvier 2016
La curiosité mauvaise brasille encore dans la conscience des Romains quand ils sont assemblés sur la place, où ce ne sont plus des païens qui assassinent les chrétiens, mais des chrétiens qui assassinent des chrétiens différents d'eux.
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Videos de Sándor Márai (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sándor Márai
L' émission "Un livre toujours" vous présente «Les Grands Romans» de Sandor Marai, publié au Livre de Poche (collection Pochothèque).
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