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Claire-Marie Clévy (Traducteur)
EAN : 978B08958V1G2
Éditeur : Les Presses De La Cite (17/09/2020)

Note moyenne : 3.64/5 (sur 11 notes)
Résumé :
« Je sais bien pourquoi je suis là – je suis venue parce que le monde est en train de tourner le dos aux réfugiés, parce que l’Amérique n’est plus l’Amérique, et que l’Europe suit le même chemin : ces nations autrefois chrétiennes ont délaissé leur devoir, remplacé par la certitude de leur privilège et un instinct tribal. »

Née en 1979 à Ispahan, Dina Nayeri a vécu une enfance heureuse malgré la rigueur de la société iranienne. Jusqu’au jour où sa mèr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
mariech
  23 octobre 2020

Dina Nayeri a quitté l'Iran avec sa maman et son petit frère avec sa maman il y a 30 ans , elle avait 8 ans à l'époque .
C'est la partie du récit qui m'a paru la plus étrange , je n'ai pas bien compris les réelles motivations de sa maman qui m'a semblé ne pas se rendre compte des conséquences de l'exil , se lançant dans l'aventure sans être préparée et entraînant ses deux jeunes enfants . Et puis , il y a l'Iran qu'elle regrettera toujours un peu , car on n'emporte pas son pays avec soi , on en garde une nostalgie éternelle .
A sa décharge , elle rêvait de liberté , ce qu'elle ne pouvait trouver en Iran à l'époque , ne partageait plus rien avec son mari et a assumé son choix jusqu'au bout .
Leur immigration n'est pas représentative car il s'agit d'une famille aisée qui a été aidée matériellement en tout cas au début de leur exil mais c'est un témoignage intéressant puisqu'il est celui de l'auteur .
J'ai beaucoup plus apprécié la partie où l'auteur va à la rencontre de migrants actuels , qui lui racontent leur histoire , leurs déconvenues , les bâtons dans les roues , les tracas administratifs, leurs rêves déçus .
Leurs histoires qui ne convainquent pas toujours les employés de l'immigration , cette partie est édifiante .
Dina Nayeri nous permet de nous interroger sur ce sujet sensible et complexe , comment nous positionner en restant humains , doit on faire la différence entre migrant économique et celui fuyant la guerre ou un autre danger .
Questions qui n'ont pas de réponses toutes faites , pour toutes ces interrogations son livre doit être lu .
Pas vraiment un coup de coeur car c'est touffu , inégal , malgré tout une lecture pertinente qui ne laisse pas indifférent.
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Commenter  J’apprécie          180
xmaszowez
  27 septembre 2020
C'est une histoire sur les histoires.
Italie, hôtel Barba - comme son nom ne l'indique pas : un camp de réfugiés. Là commence l'histoire de Dina Nayeri, celle qui hante ses mille et une nuits. le témoignage de son exil, inextricablement enchevêtré au sort des êtres humains dont elle se fait la messagère : une vieille qui vole des briques, une roumaine qui fuit avec son amant ou encore, un enfant.
C'est un livre à double-fond écrit par une brillante universitaire, une armoire avec un tiroir-secret qui, lorsqu'on le trouve, dévoile toujours plus d'autres compartiments emplis de mots qui glacent : persécution, peur, faim, folie, désespoir, naufrage, solitude. Un requiem à la mémoire d'un homme qui préféra brûler vif que continuer à n'être personne, nulle part, jamais.
C'est un méta-récit qui met au jour une réalité cruelle : ce n'est pas tant ce que les personnes réfugiées ont traversé qui leur ouvrira les portes d'un pays d'accueil, que la manière dont elles le racontent. Certain·e·s seront sauvé·e·s, doté·e·s qu'ils·elles sont d'un talent de conteur·ses (ou d'un·e bon·ne avocat·e) ; d'autres échoueront sans relâche, ne prononçant pas les mots magiques attendus par le fonctionnaire blasé assis de l'autre côté de la table : cette femme, par exemple, qui devrait expliquer qu'elle a été violée, puis répudiée, puis exploitée sexuellement, mais qui n'y arrive pas, qui n'y arrive plus.
C'est un conte persan où les bonnes fées existent, prenant parfois des formes inattendues : bénévoles dévoué·e·s, avocat·e·s militant·e·s, dont le téléphone sonne en continu, remuant ciel et terre pour tenter d'enrayer un tant soit peu la détresse ; nourrices aux mains teintes au henné, qui réconfortent quand on sature du cadre de fer de l'école iranienne et des disputes de ses parents.
C'est la vie de Dina Nayeri, née en Iran, dans une famille moderne et aisée, mère médecin et père dentiste, couple explosif jamais d'accord sur rien et aussi celle de son petit-frère qui changera de prénom en même temps que de religion. La description de leur existence dorée à Ispahan, avant l'éclatement de la cellule familiale et l'exil, avant le combat pour le droit d'exister qu'elle mènera corps et âme, se transformant en championne de taekwondo s'il le faut (ou faisant raboter son “nez iranien”).
« Faiseurs d'histoires » est un document qui sera utile aux lecteurs.trices qui souhaitent s'informer sur ce qui est couramment appelé « la crise des réfugiés », au moyen de récits et non de statistiques désincarnées. C'est un récit qui résonnera profondément dans le for intérieur des personnes issues de familles déracinées, mettant des mots sur ce qu'ont vécu leurs grands-parents ou leurs parents et qu'on leur a peut-être tu. C'est un essai qui, je l'espère, atterrira dans les mains de ceux et celles qui persistent à penser qu'on ne peut accueillir toute la misère du monde.
J'ai apprécié ce livre pour la manière sans complaisance avec laquelle l'autrice aborde son sujet, décortiquant aussi bien les injustices dont sont victimes les héros.ines (pourtant bien réel.les) de son livre, que leurs contradictions, s'égratignant elle-même au passage. Car elles sont légion, les questions existentielles qu'elle se pose : en fait-elle assez pour aider les personnes en exil ? S'adresse-t-elle aux exilé·e·s dont elle croise le chemin d'une façon digne ou cède-t-elle aux réflexes qui s'emparent de nombreux anciens réfugiés : la méfiance envers les nouveaux arrivants et la propension à l'interrogatoire pour tester leurs motivations ? Reste-t-elle avec cet homme pour ce qu'il est ou pour ce qu'il représente (une vie confortable, un certain statut social) ?
J'ai cependant trouvé l'ouvrage un peu long et parfois répétitif, donnant l'impression que Dina Nayeri ne veut rien omettre, pas le moindre petit détail. Ce n'est pas un livre que j'ai dévoré avec appétit, plutôt picoré par petites doses en prenant des respirations entre chaque séance de lecture tant le contenu est foisonnant et parfois étouffant.
C'est une histoire sur les histoires.
Une histoire sur des gens qui espèrent être accueillis par un nouveau pays et qui ne veulent surtout pas se faire remarquer, ne pas faire d'histoires, mais qui pourtant devront répéter indéfiniment la leur. Ou plutôt, la réécrire pour qu'elle plaise aux oreilles qui l'écoutent.
C'est l'histoire de l'irréductible noyau d'humanité qui brille en tout être humain, parfois volcan, parfois faible flamme qui ne demande qu'à être réactivée.

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Coragales
  28 octobre 2020
Dans Faiseurs d'histoires, Dina Nayeri croise sa propre histoire d'émigrée iranienne, ou immigrée (selon le parti pris choisi, et cette distinction est en filigrane le coeur de son essai), à celle de nombreux autres dont elle a croisé le chemin, eux aussi ayant fui ou été arrachés à leur pays d'origine. Pour parler des réfugiés aujourd'hui, le message de Dina Nayeri est clair : il ne faut pas seulement raconter, il faut bien raconter. « Ecrire une histoire digne du New Yorker pour être entendu ». Et Dina Nayeri raconte bien. En cinq parties distinctes – La fuite, Les camps, L'asile, L'assimilation et le rapatriement culturel, elle décrit la longue route des réfugiés qui n'a rien d'un voyage. Elle pose la question de la différence entre migrants, réfugiés, clandestins. Elle met l'Occident face à ses contradictions : que ceux qui pensent que la charité et l'accueil sont synonymes se détrompent. le texte est dérangeant parfois, émouvant tout du long. le ton est juste et la remise en question de notre société inévitable. le droit d'asile est bien un droit fondamental, combat d'aujourd'hui. Mais Dina Nayeri va plus loin : c'est le droit à la dignité qui doit devenir celui de demain. Son récit nous plonge dans un Iran aussi magnifié par elle enfant que détesté par l'adolescente dont l'assimilation culturelle à des Etats-Unis pourtant désunis est la seule solution. Ce récit parfois long mais très fort résonne particulièrement à l'heure où nous nous réfugions tous chez nous par nécessité, et où je me demande : où se réfugient les réfugiés ? « Je voulais être chez moi » dit Dina à 10 ans – « où que ce soit ».
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Sevlipp
  16 septembre 2020
Dina est américaine maintenant mais elle est née en Iran ; sa mère s'est enfuie avec son frère et elle lorsqu'elle avait 8 ans.
Elle a de merveilleux souvenirs de son enfance ; les odeurs, les saveurs, les couleurs, les mains de sa grand-mère.
Elle a 40 ans aujourd'hui ; elle revient sur son exil et mêle ses propres souvenirs à d'autres histoires d'exilés.
Ce n'est pas une autobiographie mais une réflexion sur ce qui peut pousser un homme, une femme, des enfants à devoir fuir leur pays, affronter le déracinement, la faim, le mépris, la précarité et les préjugés.
Elle aborde également ce qu'une personne doit accepter d'abnégation, de compromission, de négation de sa personnalité et de sa culture, des efforts démesurés qu'elle doit déployer pour se faire accepter, ne pas se faire remarquer surtout, s'intégrer...
La Hollande n'est pas épargnée.
Elle analyse aussi sans compromis comment un réfugié qui a trouvé sa place peut s'ériger en juge envers les nouveaux arrivants.
L'écriture est dense ; on n'a pas le temps de souffler.
Il y a de la pudeur, de la sincérité, des doutes dans ces réflexions.
Le lecteur ne peut que réfléchir, remettre en questions ses certitudes, peser ses mots et faire preuve d'humilité en refermant "Faiseur d'histoires".
Lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de Elle
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Pilly
  16 octobre 2020
C'est un livre qui m'a pris plus de temps à lire que d'autres, tellement il est riche.
C'est l'histoire de Dina Nayeri, son périple de l'Iran aux États-Unis quand elle était enfant, ses combats, ses désillusions, ses craintes, ses joies... On suit toute son histoire, et cela nous en dit plus sur le parcours du combattant que les réfugiés doivent affronter pour obtenir le droit d'asile. Quand on quitte son pays, tout devient plus compliqué.
Et c'est également les histoires d'autres réfugiés, que l'auteure voulait intégrer à son récit, qui est en fait une quête, une réflexion sur elle-même, sur ce qu'elle a vécu, et sur ce qu'elle vit encore aujourd'hui. Car, vivre dans un autre pays, sans l'avoir réellement choisi, ce n'est pas chose aisée, et ça vous poursuit. le parcours du combattant ne s'arrête pas lorsque vous êtes "accepté" sur le territoire de votre demande d'asile. Et accepté de quelle manière ?
Je vous conseille la lecture de ce livre, qui dévoile une réalité, dont on ne parle pas assez. Les médias abordent le sujet des migrants bien sûr, mais pas de cette manière, pas de façon aussi personnelle, et c'est là tout l'intérêt de cet ouvrage, pleinement humain.
Comme je l'ai pu le lire sur d'autres chroniques, c'est une lecture actuelle, qui nous amène à réfléchir, à nous questionner.
Et d'ailleurs, posons nous un instant. Faisons preuve d'empathie et d'honnêteté. Que ferions-nous si l'on nous menaçait de mort dans notre pays ? Si la guerre était à nos portes ?
On ne choisit pas de devenir réfugié, c'est une question de survie.
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critiques presse (2)
LeSoir   05 octobre 2020
Dans ce beau récit qu’est « Faiseurs d’histoires », elle mêle son histoire et celles d’autres pour établir un portrait du réfugié éloigné de l’imagerie commune.
Lire la critique sur le site : LeSoir
Liberation   17 septembre 2020
Dans «Faiseurs d’histoires», l’autrice iranienne confronte des témoignages de migrants actuels aux souvenirs de son arrivée aux Etats-Unis il y a trente ans, et pointe un cruel changement de regard et d’attitude.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
PillyPilly   13 octobre 2020
Deux hommes discutent assis sur des marches. (...)
Je les écoute une dizaine de minutes. Ils parlent de ce qu'on ressent en mourant, de la douleur du trépas. Ils parlent de la meilleure façon de vivre.
"La vie est comme un film, dit l'un d'eux. Tu peux choisir de ne te concentrer sur aucun détail, de flotter là-haut. Ou tu peux zoomer quelque part et te concentre là-dessus. S'il y a de la douleur, tu la sentiras davantage. S'il y a de la joie, tu la sentiras davantage aussi. Mais si tu restes loin au-dessus de tout, j'imagine que tu pourrais éviter de ressentir quoi que ce soit de façon trop intense.
- Si tu veux vivre, tu es obligé de zoomer, déclare l'autre." (...)
Quand l'un d'eux parle de rester à l'affût de la musique de la vie, je décide que c'est assez joli pour que je m'en aille.
+ Lire la suite
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SevlippSevlipp   13 septembre 2020
Une vie meilleure ? A Ispahan, nous avions des roses jaunes, une piscine. Un cube vitré s'élevait au milieu de notre salon, avec un arbre à l'intérieur. J'avais un arbre dans ma maison ! J'avais les mains parcheminées de Morvarid, mon amie et nourrice, une villageoise de quatre-vingt-dix ans ; j'avais les rouleaux de pâte au fruits de ma grand-mère, les schnitzels de l'hôtel Koorosh, les cerises aigres, des vergers et une ferme - ma vie en Iran était un conte de fées.
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PillyPilly   13 octobre 2020
"Le problème, m'a dit un financier hollandais lors d'une fête de l'entreprise de Philip, c'est que les migrants opportunistes racontent les mêmes histoires que les vrais réfugiés. Ceux-là sont rares. Comment l'IND peut-elle faire la différence ?"
(...)
"Je ne crois pas qu'opportuniste soit le bon mot, ai-je dit. Qu'ils fuient la misère ou autre chose, ils fuient quand même. Ils ne viennent pas ici pour escroquer les gens."
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PillyPilly   10 octobre 2020
Je pensais à mon premier récit, face à un agent de l'immigration en Italie : comme il était cruel qu'avec la sueur et la poussière de notre fuite encore sur le front, nous ayons été obligés de transformer notre calvaire en belle histoire convaincante, ou risquer l'expulsion. Après avoir obtenu l'asile, nous avions dû revivre cette histoire encore et encore, pour mériter notre place, pour apaiser les sceptiques ordinaires. Chaque jour de leur nouvelle vie, les réfugiés sont sommés de se démarquer des opportunistes, des migrants économiques.
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PillyPilly   11 octobre 2020
Avec le temps, à mesure que je me transformais en femme occidentale et qu'un fossé culturel et personnel se creuserait entre nous, nous nous disputerions à propos de cette coutume iranienne plus que de toute autre : la valeur qu'elle accordait à la dignité et aux apparences, la façon dont elle se préservait de la mauvaise foi et des regards jaloux. Et pourtant, je sais que si elle ne m'avait pas mise en garde au sujet des mauvaises intentions des Sadeghi, ou des marqueurs sociaux violents des Jahangir, je n'aurais pas appris à me métamorphoser. Je serais restée attachée à un unique habitat sécurisé, sans l'assurance ou l'audace de vivre comme un caméléon, libre de m'installer dans n'importe quel coin du monde.
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Video de Dina Nayeri (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Dina Nayeri
Dina Nayeri - Une pincée de terre et de mer .Dina Nayeri vous présente son ouvrage "Une pincée de terre et de mer" aux éditions Calmann-Lévy. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Valérie Bourgeois. http://www.mollat.com/livres/nayeri-dina-une-pincee-terre-mer-9782702144527.html Notes de Musique : Amina Alaoui - 6 Ya laylo layl
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