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ISBN : 9791090887589
Éditeur : Stéphane Batigne éditeur (01/10/2017)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 8 notes)
Résumé :
À la toute fin du IXe siècle, Vikings et Bretons se font face de part et d’autre du fleuve.

Deux peuples, deux armées, deux soldats, deux hommes, prêts à s’affronter dans un déferlement de métal et de feu. Mais pour quoi au juste ? Pour un surcroît de richesses ? La possession d’un territoire ? La fidélité à un chef ? Ou parce qu’il n’y a pas d’autre choix ?

Alors que les armes s’aiguisent, que les stratégies s’élaborent, que les peurs ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
boudicca
  13 mars 2018
Fin du IXe siècle. Les Vikings se sont implantés sur le territoire breton et cherchent à grignoter de plus en plus de territoires. Seulement la résistance s'organise sous l'impulsion du roi Alain Ier qui charge une petite troupe de bloquer l'avancée des hommes du Nord en attendant l'arrivée du reste de l'armée. L'affrontement qui découlera de cette rencontre entre les deux peuples est resté célèbre, et c'est justement cette bataille de Questembert qui fait l'objet du premier roman de Jérôme Nédélec. L'auteur m'était inconnu, et le serait probablement resté s'il ne nous avait pas contacté via le site pour nous proposer de découvrir son ouvrage. Bien que d'ordinaire méfiante vis à vis des romans proposés directement par l'auteur, le pitch de ce premier tome ainsi que les retours positifs de certains camarades blogueurs (L'ours inculte ; Albédo ; Au pays des cave trolls...) ont fini par me convaincre de tenter l'expérience. Et je ne le regrette absolument pas, le roman de Jérôme Nédélec reposant sur des bases solides et s'étant révélé très plaisant à lire (en dépit d'une couverture peu engageante, il faut bien le dire...). La narration est assurée par deux personnages bien campés et auxquels on s'attache sans mal : le premier est un jeune guerrier breton à la langue bien pendue, cherchant à cacher sa peur derrière un humour de façade ; le second un Viking plus âgé, vétéran de plusieurs campagnes et aspirant désormais à un peu de paix. Les chapitres alternent ainsi entre l'un ou l'autre des protagonistes, dont les chemins vont évidemment être amenés à se croiser.
Quelques passages introduisent également un troisième personnage déterminant, dont on ignore pour le moment la véritable nature, mais qui prend les atours d'une petite fille aux pouvoirs étranges. C'est d'ailleurs la seule touche de surnaturel que comporte l'ouvrage qui, pour ce qui est du reste, a tout du roman historique. Il faut dire que la reconstitution est particulièrement réussie, l'auteur ayant de toute évidence procédé à de minutieuses recherches, notamment en matière d'histoire militaire. Les descriptions se font ainsi beaucoup plus précises dès lors qu'il est question d'équipements ou de tactiques militaires, sans pour autant tomber dans le travers « cours d'histoire ». le même soin est d'ailleurs apporté aux mentalités des personnages, l'auteur ne cherchant jamais à édulcorer ce qui pourrait gêner un lecteur d'aujourd'hui mais essayant au contraire de se glisser véritablement dans la peau d'un homme de l'époque. Ce parti pris permet de donner naissance à des personnages durs qui ne plairont peut-être pas à tout le monde mais qui, au moins, sonnent vrais. Cet aspect du roman, de même que le soin apporté au volet militaire, m'a d'ailleurs à plusieurs reprises fait penser à ce que peut écrire (dans une toute autre mesure, bien sûr), Bernard Cornwell dans ses « Histoires saxonnes » ou encore sa « Saga du roi Arthur ». le même réalisme se vérifie également dans la vision des Vikings véhiculées ici par l'auteur qui ne s'attarde pas sur les clichés habituels mais dresse au contraire un portrait réaliste de ces guerriers nordiques qui sont loin de constituer un peuple à part entière et qui appartiennent au contraire à une multitude de clans et régions.
L'intrigue est pour sa part assez simple, l'auteur ne cherchant pas à multiplier les sous-intrigues, et encore moins les décors et les personnages, mais l'ensemble est traité avec habilité. le rythme est soutenu du début à la fin et certains rebondissements parviennent à surprendre agréablement le lecteur. Les scènes de batailles sont quant à elles très bien reconstituées, à mi chemin entre l'épique et le réaliste sanglant. On trouve également peu de choses à redire du côté des personnages qui jouent leur rôle avec conviction. Les deux protagonistes sont suffisamment complexes pour intriguer le lecteur, et suffisamment sympathiques pour le faire se soucier de leur sort. Les personnages secondaires ne sont toutefois pas en reste, même si on aurait aimé que certains soient un peu plus étoffés. Golven, le moine-guerrier, est notamment très convainquant (c'est bien la première fois que je trouve un homme d'église sympathique !), de même que les guerriers entourant notre héros vikings, ou encore la belle Arganthaël, un des rares personnages féminins, dont le rôle ne se limite heureusement pas à celui de simple potiche. le roman se termine par une conclusion satisfaisante qui pourrait laisser penser à un one-shot, mais l'ouvrage s'insère en réalité dans un projet plus ambitieux consacré à l'histoire du royaume de Bretagne et aux menaces auxquelles il a du faire face. On découvre d'ailleurs à la fin de ce premier tome que les ambitions de l'auteur ne se limite pas à une série puisqu'il propose également des vidéos, de la musique, des illustrations ou encore des jeux dans le même univers (ici www.larmeedesveilleurs.com).
Jérôme Nédélec signe avec ce premier tome de « L'armée des Veilleurs » un roman solide qui séduit non seulement par la qualité de sa reconstitution historique, mais aussi par celle de ses personnages ainsi que de sa plume. Si tout n'est évidemment pas parfait, ce premier roman reste en tout cas tout à fait recommandable et possède suffisamment d'atouts pour plaire à un large lectorat.
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Igguk
  24 octobre 2017
On se dit souvent qu'il faut se méfier des auteurs qui t'envoient leur tout nouveau bouquin édité par une boite inconnue. Les trois quarts du temps ils te proposent quelque chose dans un style qui n'est pas du tout ton genre le prédilection (genre j'ai pas lu ton blog). Sur le quart qui reste, les résumés sont blindés de gros clichés qui te font refuser directement le truc. Mais parfois y'a une exception, bien ciblée, ça a l'air pas mal, et t'y vas…
Il faut dire que Jérôme Nédélec n'est pas tout à fait un inconnu pour moi puisque j'avais particulièrement apprécié sa nouvelle parue dans le recueil Star Ouest de l'association ImaJn'ère. Donc quand le monsieur me propose de chroniquer son roman Les frontières liquides, que ça parle de vikings et de bretons qui se tapent dessus au IXe siècle, et qu'il contient une petite touche de fantastique, alors là oui, j'me dis que ça peut me plaire. Ce roman est le premier tome d'une trilogie baptisée L'armée des veilleurs, et nous raconte le face-à-face entre deux groupes armés : d'un côté nous avons les bretons qui défendent leur terre, et de l'autre des vikings qui aimeraient bien piller celle-ci avant de rentrer, parce que c'est leur style à eux. Les frontières liquides du titre ne désignent pas une boisson alcoolisée qui nous ferait passer dans un autre monde (quoique…), mais les fleuves bretons qui serviront de ligne de front naturelle à notre conflit.
Alors qu'on s'attendrait peut-être à trouver des combattants en mode « celtes » à la Jaworski (du moins pour les quiches en Histoire comme moi), il n'en est rien. Au IXe siècle, le christianisme a déjà bien grignoté les croyances païennes et la plupart des locaux sont convertis au culte du pitit Jésus. de ce côté du conflit on a donc des petites intrigues politiques qui mêlent les Tierns locaux aux instances religieuses en place, et dans la boue on a les troufions qui montent des palissades, des recrues inexpérimentées et des soldats qui font avec les moyens du bord. Côté bourrins du nord c'est plus une histoire de famille et de pillages, d'escouades d'éclaireurs qui foutent le bordel façon guérilla forestière. Mais ils ont aussi leur petites embrouilles à eux, avec les différents « clans » d'hommes du nord qui se tirent la bourre.
Pour découvrir ce conflit, le lecteur suivra alternativement les deux camps avec une narration à la première personne du point de vue de deux héros. Chez les bouffeurs de crêpes on accompagne le second de la garnison chargée de défendre le gué du fleuve qui va faire au mieux avec les alliés qu'on lui donne. de l'autre côté nous suivrons un guerrier alcoolique et vieillissant qui est chargé de déblayer le terrain pour les troupes qui arrivent. Il est accessoirement le frère du chef, ce qui lui donne un point de vue un peu particulier mais bien équilibré entre le côté purement guerrier sur le champ de bataille, et tous les aspects un peu politiques du conflit. Que ce soit dans un camp ou dans l'autre, Jérôme Nédélec s'applique à nous faire vivre ce combat au milieu des troupes, avec des héros et leurs entourages très bien mis en place et attachants. On a pas mal de personnages secondaires traités avec soin, qui prennent vie, et prennent aussi des mandales.
La construction change de narrateur à chaque chapitre, ce qui a l'avantage de nous donner le point de vue de chaque camp alternativement, mais au début on a un peu de mal à retrouver ses petits. Heureusement, on s'habitue finalement assez bien à ce rythme et avant la moitié du bouquin on a tous les ingrédients en tête. Puis ça tombe bien puisque c'est par là que les deux camps se rencontrent vraiment et que tout se mêle. Quand les deux narrateurs observent les mêmes évènements, on a droit à des jeux de points de vue amusants où l'un des deux voit une bataille en en comprenant la moitié, et quelques chapitres plus loin on découvre l'autre version qui décrit la même scène. Comme les deux peuples parlent pas la même langue ça donne des épisodes décalés assez marrants dans une narration en forme de petit puzzle.
Au final, j'ai trouvé Les frontières liquides très agréable, à la fois historiquement solide (Monsieur Nédélec est passionné par cette période et cette région, ça se voit), avec des dialogues vivants, des personnages humains et des péripéties intéressantes. On a droit à quelques scènes de combats bien pêchues parce qu'il faut bien salir un peu ces lances et ces boucliers. On manque peut-être un tout petit peu de souffle épique à mon goût, de moments de tension absolue qui vous font monter le palpitant et gravent une scène dans vos mémoires. C'est un choix, l'auteur a préféré une orientation vers du combat crédible et des troupes humaines, ce qui a son intérêt aussi, ne crachons pas dans la soupe.
Le côté fantastique évoqué plus haut se manifeste dans des petits chapitres intermédiaires qui viennent se greffer au milieu de temps en temps. On y suit une petite fille étrange qui a quelque-chose de spécial, et un but mystérieux qui la mènera au milieu du champ de bataille. C'est là qu'on sent que la trilogie va aller plus loin que juste « des bretons et des vikings qui se tapent dessus » (oui, je m'auto-cite, je fais ce que je veux…). Tout ça mis bout à bout, on arrive à un mélange entre Les héros d'Abercrombie en moins gritty, et Les rois du monde de Jaworski en moins mystique. Oui, j'envoie de la grosse référence pour donner une idée du ton. Même si on arrive pas (encore) à l'excellence de ces deux mastodontes, Les frontières liquides est un premier roman très recommandable et intriguant, qui plonge le lecteur dans une ambiance guerrière historique crédible et fun, on y croise des bons bourrins avec qui on a bien envie de vivre encore des aventures, hache dans une main et le bouquin dans l'autre.
Maintenant, est-ce qu'on peut parler de la couv' ? Non parce que, j'aime pas les couvertures photo-montées à la base, soit… Mais le guerrier là, il nous fait une moue langoureuse de mannequin constipé, et avec cet étalonnage de roman à l'eau de rose ça fait vraiment bizarre. Faites péter le contraste, les enfants. Foutez de la rage, de la boue et du sang, un peu de graphisme stylisé, allons y'a de quoi faire ! Mais là on dirait Danielle Steel chez les vikings… « Oh, Olaf, que vous avez une belle hache ». C'est très dommage monsieur l'éditeur.
Si vous voulez aller plus loin, L'armée des veilleurs est en fait un projet transmédia un peu plus large qui a récolté quelques pièces sur un financement participatif réussi. Ça donne un roman mais aussi un site web, des vidéos, de la musique, des recettes de cuisines (?).
Bouquin aimablement envoyé par l'auteur, merci à lui.
Lien : http://ours-inculte.fr/les-f..
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jonatjackson
  23 avril 2018
Ce que j'ai aimé
- La couverture et l'objet livre de belle facture pour une maison d'édition qui m'était inconnue jusqu'alors .
- Des personnages forts.
- Une plongée dans l'Histoire et d'une époque sombre dont on ne s'intéresse pas suffisamment (en Belgique en tout cas on en parle rapidement au cours d'Histoire mais sans plus). La qualité des recherches historiques de l'auteur est impressionnante.
- Un récit « gris ». Pas de manichéisme, pas de blanc ou de noir. Chaque camp a ses torts et ses raisons, chaque homme possède ses forces et ses faiblesses, chaque âme enfouit au plus profond d'elle-même une histoire qui n'appartient qu'à elle seule. Les Héros n'existent pas et chacun fait ce qu'il doit faire pour survivre.
- Une écriture de haute volée. On n'atteint pas encore le niveau de Stefan Platteau, mais il y a un mélange de poésie, de mystère dans les mots et les phrases, il y a de la gouaille, un subtil assemblage qui donne au tout une harmonie de qualité et qui nous fait indubitablement dire : « Whoua ! L'auteur il en a dans la plume ! »
- Un lexique qui fait du bien à la lecture et au moral. Je repense à ma lecture de Manesh où j'ai littéralement été laissé sur le côté car je n'arrivais pas à saisir tous les mots spécifiques que l'auteur utilisait.
- Une Fantasy « différente » de par son contexte et sa narration.
- Une parfaite distinction lors des changements de narrateurs, avec une vraie différence dans l'écriture pour chacun d'entre eux (l'expérience et le froid qui émane du discours d'Hasten, les plaisanteries et l'apprentissage du narrateur breton, et enfin les pensées mystiques pleines de poésie de la petite Ouregann).
Ce que j'aurai aimé, ce qui m'a dérangé
- Grand amateur d'action, de sang et de BAGARRE ! (Han, désolé !), je n'ai malheureusement eu que quelques pages pour satisfaire ma soif. Quelques scènes de combats (très détaillées) par-ci par-là et une bataille finale trop courte à mon goût. le sentiment d'une fin bâclée m'ennui quelque peu. Mais bon, dans une véritable guerre, il y a 90 à 95% de préparatifs, et seulement 5 à 10% de combats.
- le langage parfois soutenu du narrateur breton qui, malgré une éducation chez les prêtres dans sa jeunesse, reste tout de même un soldat avec ce qui implique de vocabulaire et de façon d'être (parfois, j'avais l'impression de lire un philosophe lors de ses débats avec Golven). Il présente également un aspect trop « sage ».
- Des périodes de complots un peu stériles. Même si la traîtrise d'un breton est bien amenée, je trouve que les manoeuvres secrètes du Corbeau n'apportent pas grand chose au final. L'on aurait pu croire que Trihoiarn le noble ou encore son fils Maelcar allaient mettre plus de bâtons dans les roues ou tisser des plans pour se venger, mais finalement il ne s'est pas passé grand chose.
- Quelques longueurs ou répétitions qui empêchent à mon sens la possibilité d'un rythme plus soutenu, plus vif.
Points neutres, interrogations
- Bon, je suis parfois resté un peu sur le côté de la route car je n'ai pas su me représenter le castel que le bon Golven a construit. Ce détail m'a empêché de vraiment visualiser l'action lorsqu'elle se présentait. Un petit schéma en début de récit aurait été d'un grand renfort pour moi. Mais d'autres ont très certainement très bien imaginé les scènes et les fortifications. Faut dire que je suis très mauvais en architecture ^^
- le lexique. Même s'il est d'une grande aide, j'ai un peu grimacé à devoir faire les aller-retour jusqu'à la fin du livre. Je suis plus partisan des notes en bas de page avec un récapitulatif final (le gars pas chiant tu vois ?). L'exercice était un peu fastidieux, surtout au début. D'autres préfère cette façon de procéder et je comprends tout à fait.
Conclusion
- Au final, et malgré quelques petits points négatifs et certaines interrogations soulevées, nous avons entre les mains un livre qui vous invite à plonger tête baissée dans un pan de l'Histoire où païens et chrétiens se mettent sur la tronche, où la Bretagne est menacée par une invasion viking alors que ses terres sont déchirées par des luttes intestines. le tout est porté par une écriture remarquable, une précision historique de qualité et teinté de Fantastique pour apporter à ce premier tome des bases à solides pour la suite. Une nouvelle trilogie à suivre.
Pour la critique complète, c'est par ici -->
Lien : https://evasionimaginaire.wo..
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celindanae
  28 janvier 2018
Ceux qui suivent ce blog connaissent mon grand intérêt pour tout ce qui a trait aux vikings et à leurs mythes. Ainsi quand j'ai entendu parler de ce roman par l'ours inculte, il a tout de suite éveillé ma curiosité. Et quelques temps après, ma curiosité a été à nouveau éveillée par un mail de l'auteur me proposant un service presse pour son roman. Proposition très intéressante et bienvenue pour un roman qui vaut le détour.
Ce roman est le premier de l'auteur qui a déjà écrit quelques nouvelles auparavant. C'est aussi le premier tome d'une trilogie L'armée des veilleurs. Cette trilogie fait partie d'un projet « transmedia » qui a été soutenu via Ulule en juin 2017. le projet comportait diverses choses dont un site internet, des vidéos et des musiques. Petite précision concernant le titre de ce premier tome, les frontières liquides font référence aux fleuves qui marquent des frontières.
Maintenant que les présentations sont faites, venons en au coeur du sujet. le roman situe son action à la fin du IXe siècle en Bretagne sur la rive ouest de la Visnonia ancien nom de la Vilaine. Les incursions vikings ont été nombreuses en France et la Bretagne n'y a pas échappé. le roman raconte ainsi le face à face entre Les Morlaeriens (vikings) d'un côté et les bretons. Les vikings sont motivés par la soif de richesse et de territoire tandis que les Bretons se défendent. Situation de départ assez simple, cependant s'y rajoute la présence d'une mystérieuse petite fille (en apparence) qui apporte un peu de surnaturel à l'univers. Elle va se retrouver mêlée au conflit et semble guidée par un but énigmatique. Elle amène beaucoup de questionnements dans l'intrigue, son personnage est intéressant et intriguant. Quelques chapitres où elle est la narratrice lui sont consacrés.
La narration justement parlons en maintenant est faite à la première personne en changeant de narrateur à chaque chapitre. Nous avons ainsi deux narrateurs principaux, un dans chaque camp: le breton est le second de la garnison qui défend le fleuve, le viking est le frère du chef et un un guerrier vieillissant fortement porté sur la bouteille. Cette narration a le mérite d'éviter le manichéisme en apportant le point de vue de chaque côté du conflit. de plus, comme la narration est alternée, cela donne plus de rythme au roman et permet de mieux comprendre certaines situations.
Les deux narrateurs sont des personnages intéressants qu'on apprend à connaitre et à apprécier. le héros breton est un soldat un peu particulier, qui doute des croyances chrétiennes bien établies, et qui a une culture plus élaborée que le troufion de base. le héros viking est un grand combattant avec des points faibles et qui a une relation pas très amicale avec son frère, le chef. Les rivalités sont nombreuses entre les différents clans vikings (avec des tarés de chefs de clans), et les intrigues pour détenir le pouvoir à l'intérieur des deux camps sont nombreuses.
Les personnages secondaires sont assez nombreux dans les 2 camps. Ils sont également bien travaillés, vivants et intéressants. le roman est rythmé par des scènes de combat bien décrites et réalistes. Il ne s'agit pas de bataille de masse, à la Seigneur des anneaux mais elles apportent ce qu'il faut d'action au récit.
Le roman appartient au genre de la fantasy historique. L'aspect historique est bien détaillé, les références à l'histoire sont assez nombreuses avec notamment l'utilisation de termes d'époque. Ces derniers sont expliqués dans un glossaire à la fin du roman et en version électronique, c'est un peu pénible pour y accéder. Cependant, elles ne gênent pas dans la compréhension de ce qui se passe.
Le personnage sur la couverture m'a un peu fait penser à un des personnages de Viking, le Jarl Borg, je ne sais pas si c'était voulu. Il n'a cependant pas la même expression. Les runes et la hache sont bien représentatifs du sujet mais le personnage au milieu gâche un peu. Je préfère notamment l'image avec les guerriers que l'on peut trouver sur le site.
Les frontières liquides est ainsi un bon premier roman qui se lit facilement. La double narration permet de suivre l'évolution du conflit dans les deux camps, les personnages sont humains et attachants. L'aspect historique est bien développé. le surnaturel est apporté par le personnage de la petite fille qui apparait comme très prometteur pour la suite en amenant une autre dimension à l'histoire.
Lien : https://aupaysdescavetrolls...
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BlackWolf
  25 janvier 2018
En Résumé : Au final j'ai passé un sympathique moment de lecture avec ce roman qui, certes n'est pas parfait, mais offre un récit de guerre historique solide, entraînant et offrant quelques batailles épiques. L'intrigue, entre ses deux camps qui se préparent à la bataille, ne manque pas de se révéler solide, efficace et monte en tension au fil des pages ce qui fait qu'on se laisse un minimum porter avec l'envie d'en apprendre plus. La toile de fond de la Bretagne au 9 ème siècle est un des points fort, je trouve, du récit. On sent que l'auteur est passionné par cette période de l'Histoire et qu'il la retranscrit de façon réussie dans son récit, nous proposant aussi deux camps qui sont loin de tomber dans le manichéismes, s'avérant plus complexes qu'on le croit. Jérôme Nédélec nous offre aussi un joli dépaysement avec des lieux qui donnent envie d'être découverts. Concernant les personnages autant certains, comme les deux héros principaux ou encore le moinde, m'ont paru attachants et intéressants à suivre et à découvrir, autant j'ai été un peu frustré par certains comme Luern qui s'efface un peu, Arganthaël qui apporte une romance qui, je trouve n'apporte pas grand-chose au récit ou bien encore la petite fille. Après je regretterai aussi une petite baisse de tension vers le milieu du récit, quelques facilités ici ou là, des dialogues qui parfois en font trop et aussi un aspect fantastique qui offre quelques simplicité. Alors rien de non plus complètement bloquant, je me suis laissé tout de même captivé par ce récit qui se lit facilement et m'a offert un agréable moment, le tout porté par une plume simple et efficace. Je pense que je me laisserai tenter par la suite.

Retrouvez la chronique complète sur le blog.
Lien : http://www.blog-o-livre.com/..
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
boudiccaboudicca   20 février 2018
L'heure n'était plus à la bataille rangée mais aux combats de chiens, où le but était d'épuiser l'adversaire. Les escarmouches se multipliaient avec leur lot de bravoure, de trouille et de lâcheté... On se trouvait à mille lieues des combats épiques et des chansons qui cachent pudiquement à l'auditoire les tripes répandues et l'odeur de merde. La réalité telle que je la voyais aurait d'ailleurs fait passer l'envie de chanter à n'importe qui !
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jonatjacksonjonatjackson   23 avril 2018
C'est ainsi que naissent les mythes, pensais-je. Vivants comme morts, ce sont toujours les salopards qui ont les meilleures places.
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jonatjacksonjonatjackson   23 avril 2018
Pour nous hommes du Nord, le chrétien est un animal étrange…Il redoute les punitions du Dieu qu’il s’est créé, tout en les pensant légitimes et méritées. La faiblesse d’un tel peuple est de croire que son destin est écrit par un autre. Notre force à nous est de ne pas nous laisser dicter nos actions par quiconque. L’homme livre ouvre sa voie, dût-il le faire à grands coups de hache et d’épée dans la friche de sa propre existence.
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jonatjacksonjonatjackson   23 avril 2018
Mon instinct me chuchotait que l'humain apprécie peu ce qu'il ne sait pas expliquer, et même quand c'est le cas, sa méfiance demeure souvent inexpugnable...Sauf bien sûr lorsqu'il s'agit de la religion, domaine où il est prêt à ouvrir son âme à n'importe quelle croyance dès l'instant qu'elle satisfait son appétence spirituelle.
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jonatjacksonjonatjackson   23 avril 2018
Mon adversaire se révéla encore plus coriace que je ne l'avais imaginé ; le genre d'homme qui éprouve plus de surprise et d'émotion lorsqu'il pète en pissant que quand il fend un crâne, un homme pour qui la mort n'est qu'une simple formalité.
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