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ISBN : 2266267302
Éditeur : Pocket (02/03/2017)

Note moyenne : 3.99/5 (sur 328 notes)
Résumé :
Lydia Lee, seize ans, est morte. Mais sa famille l'ignore encore… Élève modèle, ses parents ont placé en elle tous leurs espoirs. Sa mère, Marylin, femme au foyer, rêve que sa fille fasse les études de médecine qu'elle n'a pas pu accomplir. Son père, James, professeur d'université d'origine chinoise, a tant souffert de sa différence qu'il a hâte de la retrouver parfaitement intégrée sur le campus. Mais le corps de Lydia gît au fond d'un lac. Accident, meurtre ou sui... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (165) Voir plus Ajouter une critique
latina
04 mars 2016
« Si vous tenez à faire plaisir à un homme – préparez-lui une tarte. Mais assurez-vous que la tarte est parfaite. Plaignez l'homme qui n'a jamais trouvé en rentrant chez lui une tarte à la citrouille ou à la crème anglaise»
Je suis sûre que vous toutes, mesdames, bonnes ménagères, êtes tout à fait d'accord avec cette phrase issue du livre de cuisine-culte des années 50.
Non ? Me suis-je trompée sur vous ?
Sans rire, l'héroïne de ce roman, Marylin, mère au foyer, mère de 3 enfants - principalement de Lydia - , a été élevée dans le culte du « bon mariage ». Elle qui voulait devenir médecin, elle n'a été abreuvée que par les conseils pro-matrimoniaux de sa propre mère. Résultat : devenue mère au foyer comme il se doit, elle transfère son rêve sur sa fille, Lydia, qu'elle imagine exceptionnelle.
SA fille, la prunelle de ses yeux. Elle en a une autre, pourtant : Hannah. Et aussi un fils : Nathan. Mais curieusement, cette « bonne mère », traumatisée par ce rêve détruit dans l'oeuf, ne peut être qu'imparfaite, intransigeante, inflexible, impossible.
Son époux transfère lui aussi ses rêves sur Lydia...
Il est Chinois, et dans les années 50 et même au-delà, c'est traumatisant pour les Américains de croiser un être aux yeux bridés, qui plus est s'appariant avec une blonde bien américaine. C'est LA différence qui tue ! C'est l'horreur ! Il ne sortira jamais rien de bon de ce mariage si mal agencé ! Et pourtant il s'appelle James, et donne cours à l'université sur...le cow-boy américain.
Donc, il aimerait tant que sa fille se fonde dans la masse, fasse « comme les autres », malgré ses yeux bridés, quoique bleus.
Traumatisé par sa jeunesse brisée, il ne peut être qu'imparfait, intransigeant, inflexible, impossible.
Et pourtant, ces parents aiment Lydia.
Et pourtant, ces parents aiment moins leurs 2 autres enfants.
Et pourtant, Lydia meurt, « asservie par les rêves des autres ».
Roman glaçant, tourmenté, fouillant avec ferveur le tréfonds des désirs et des peurs : voilà le cadeau que m'a fait Babelio en partenariat avec les éditions Sonatine.
Il m'a confortée dans l'idée que la famille est un système, une structure dont les membres sont inextricablement liés. Microcosme ballotté dans la tourmente de la vie, incapable de rester stable, la famille peut être un cadeau mais aussi un fardeau.
Parents, interrogez-vous une minute : vos enfants sont-ils aimés à leur juste mesure ?
C'est l'occasion de vous dire tout ce que vous ne vous êtes jamais dit.
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nameless
27 février 2016
Une grande romancière est née. Elle s'appelle Celeste Ng, est américaine. Son premier roman Tout ce qu'on ne s'est jamais dit est édité chez Sonatine, découvreur de talents depuis 2008. Dans ce roman d'une stupéfiante maturité, d'une justesse psychologique à couper le souffle, à la construction sophistiquée, porté par un superbe style richement imagé (sans doute sublimé par la traduction qui en restitue les moindres nuances) et des dialogues intelligents, Celeste Ng met en scène des personnages fragiles, complexes, émouvants à travers l'histoire de la famille Lee.
Comment est-ce que ça a commencé ? Comme toujours : avec les mères et les pères (p. 31).
1958 : Marilyn Walker épouse James Lee. En 4ème année universitaire pour devenir médecin, elle est confrontée au sexisme qui mène la vie dure aux femmes briguant un prestigieux métier d'homme.  Elle se heurte aussi à la désapprobation de sa mère, qui imagine plus volontiers Marilyn en Betty Crocker, fée du logis nourricière, cuisinière d'excellents gâteaux. James est son professeur, doctorant, à peine plus âgé qu'elle. Lui dont les origines chinoises stigmatisent son physique bien qu'il soit né en Californie, anime un cours sur « Le cow-boy dans la culture américaine ». Il a une revanche à prendre sur son passé de petit chinetoque aux yeux bridés, de coolie habitué à faire des courbettes, et sur tant d'autres insultes ou sobriquets reçus au cours de son enfance. Il ne vit que pour atteindre l'intégration parfaite dans le pays où tous les hommes sont égaux : “Son père est arrivé en Californie sous un faux nom […]. L'Amérique était un melting-pot, mais le Congrès, terrifié à l'idée que le mélange soit en train de devenir un peu trop jaune, avait banni tous les immigrants de Chine” (p. 44). C'est dans ce contexte historique documenté par l'auteur, que ces deux compagnons d'infortune unissent leurs destinées, alors qu'”en Virginie, dans la moitié du pays, leur mariage enfreindrait la loi” (p. 55). Un mariage mixte !
Trois enfants naissent de leur union, l'arrivée non programmée du premier interrompant brutalement les ambitions médicales de Marilyn. Nath, l'aîné, développe au cours du récit une passion pour l'épopée spatiale des cosmonautes us, les étoiles, le ciel, c'est sa manière à lui de s'échapper, il s'envole. Hannah, la 3ème enfant, négligée, préfère quant à elle s'enterrer, se cacher sous des tables ou dans des placards, c'est sa manière à elle de s'échapper, elle disparaît sous terre. Mais c'est sur Lydia, la seconde de la fratrie, que Celeste Ng dirige son impitoyable scialytique. Elle a été avec amour, choisie par ses parents, surtout Marilyn, pour devenir l'héritière de leurs rêves perdus, cristallisant toutes leurs frustrations et douleurs. Dès son plus jeune âge, les cadeaux que reçoit Lydia, uniquement des livres vecteurs du savoir, sont en relation avec les espérances dont ils l'ont affectueusement, croient-ils, investie : “Expériences de chimie pour les enfants”, “Comment fonctionne votre corps”, “L'atlas en couleurs de l'anatomie humaine”. Cette petite fille étouffe sans un instant de repos, cours supplémentaires, devoirs d'été, “sautage” de classes, mais résiste courageusement, avide d'être aimée, de faire tout ce qui ferait plaisir à sa mère, de crainte de la perdre. Lorsque ses parents détectent qu'elle n'a pas d'amis, se recroqueville à l'intérieur d'elle-même, il est déjà trop tard, et la nouvelle thématique des livres offerts : “Comment se faire des amis et influencer les gens”, “Six manières de se faire aimer”, ne changera plus le cours du destin.
Lydia a disparu un soir avant d'être retrouvée au fond d'un lac quelques jours plus tard. Que s'est-il passé ? Où sont les responsabilités ? Y-a-t-il un coupable ? Il faut atteindre la fin du roman, surprenante, subtile, pour le comprendre au moment où toutes les pièces du puzzle s'imbriquent les unes dans les autres, sans aucun jeu. Je ne terminerai pas sans citer trois personnages, secondaires mais sans lesquels le roman n'aurait pas atteint l'excellence : Louisa, assistante de James, qui tend avec générosité au père détruit par son deuil, une passerelle qui relie Thanatos et Eros, Jack, voisin des Lee, gosse mal élevé par une mère seule et médecin, ainsi que le livre de recettes de Betty Crocker, essentiel dans la compréhension de cette bienveillante machine familiale à broyer les enfants. Tout ce qu'on ne s'est jamais dit aurait pu s'intituler “Le monde du silence”, mais le titre était déjà pris. Marilyn et James ont fait leur une forme d'éducation malheureusement courante, tout ce dont on ne parle pas, n'existe pas et s'oublie. Est-ce si simple ? Un amour maternel toxique peut-il devenir une maltraitance psychologique pour l'enfant qui le subit ?
Dans une courte postface, Celeste Ng indique que la gestation de ce roman a nécessité 6 années. On comprend pourquoi il est tellement abouti. Elle précise avoir pris quelques libertés avec de menus faits historiques, ce qui prouve que cette jeune femme a étudié l'histoire, de son pays, de l'immigration, de la condition des femmes et que c'est dans ses racines qu'elle a plongé sa plume. Certaines anecdotes (Marco Polo à la piscine, par exemple) ne peuvent avoir été inventées. Celeste Ng sait de quoi elle parle, et en parle si bien... Bien que je n'aime guère comparer des auteurs, chacun étant unique, j'ai pensé au cours de cette lecture à Megan E. Abbott, qui dans La fin de l'innocence, notamment, a décrit avec talent et sensibilité la vulnérabilité adolescente.
Merci à Babelio et à Sonatine pour cette exceptionnelle et marquante découverte.
 
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sandrine57
07 mai 2017
Lydia Lee est morte. Un beau jour du mois de mai 1977, son corps a été retrouvé, noyé dans le lac , juste derrière la maison familiale. Elle n'avait que 16 ans. Meurtre, accident, suicide ? Pour ses parents, cela ne fait aucun doute : quelqu'un a fait du mal à Lydia, leur fille tendrement aimée, la plus jolie, la plus douée, la meilleure de leurs trois enfants. Pourtant, derrière la lycéenne brillante, appelée à être docteur, la fille populaire entourée d'amies que décrivent ses parents, se cache la vraie Lydia, timide, solitaire, écrasée par la pression parentale. Alors que Nath, l'aîné, et Hannah, la petite dernière, sont totalement délaissés par Marylin et James, Lydia est la somme de toutes leurs espérances. Elle sera médecin, comme sa mère rêvait de l'être, elle sera une parfaite américaine, comme son père, d'origine chinoise, rêvait de l'être. Oui mais, malgré ses yeux bleus et ses cheveux clairs, pour la société américaine frileuse des années 70, Lydia est une chinoise. Sa différence se voit dans ses yeux bridés et dans ce père qui, même s'il enseigne la littérature américaine à l'université, ne sera jamais un grand blanc, bleu, blond made in US. Pour cette famille dévastée, la vie ne sera plus jamais la même sans Lydia mais pourront-ils surmonter les petits secrets, les non-dits, les trahisons, le manque de communication ? Sauront-ils se rendre compte de leurs erreurs ?
Malgré leurs manquements ou leur trop plein d'investissement selon les cas, le couple Lee est attachant et émouvant. Elle, pur produit de l'Amérique des années 50, élevée par une mère professeure d'arts ménagers, éduquée pour être la plus parfaite des épouses, et qui choisit, envers et contre tous, d'être médecin. le destin en décidera autrement. Elle tombe amoureuse d'un jeune professeur, James Lee. le mariage, les grossesses et son rêve s'effondre au profit de la famille. Lui est d'origine chinoise. Il est né en Californie, n'a jamais mis les pieds en Chine mais pour tout le monde, il est chinois. Après une enfance solitaire, rejeté, humilié, insulté, il garde la trace de cette intégration rendue impossible par les préjugés et le racisme ordinaire. Leur rencontre est un miracle, un bol d'air pur dans un monde qui a du mal à les accepter. Ils ont jeté le voile de l'amour sur leurs blessures, leurs fêlures, leurs déceptions, leurs rêves avortés. Chacun à sa façon a une revanche à prendre sur la vie, le poids des espoirs déçus que devra porter Lydia, la gentille, la docile, la belle Lydia. Négligés, les deux autres enfants du couple sont livrés à eux-mêmes, privés d'amour et d'attention. Quelle énorme pression pour cette enfant fragile qui doit briller dans ses études, s'entourer d'amis et ne pas se faire détester par son frère et sa soeur.
L'histoire de cette famille fait bien sûr froid dans le dos mais elle donne aussi à réfléchir sur le rôle de parents, le passif que l'on transmet malgré soi à ses enfants, les erreurs que l'on commet là où l'on croit bien faire. Céleste Ng, dont c'est le premier roman, fait preuve d'une parfaite maîtrise de l'intrigue et de l'écriture et d'une belle sensibilité qu'on sent à fleur de peau. Elle a su nous plonger dans cette famille dysfonctionnelle sans nous faire détester ses membres les plus faillibles. Au contraire, elle a su nous les rendre proches, nous faire ressentir la même tendresse qu'elle a pour eux. Et puis, elle fait là une fine analyse critique de la famille, ce microcosme complexe où s'agitent différentes personnalités liées par des drames, des joies, des expériences vécus en commun mais ressentis différemment. Ce livre est une claque, un bijou, une pépite ! Un coup de coeur absolu !
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indira95
29 février 2016
Comment être déconcertée dans le bon sens du terme ? Et bien lisez ce premier roman de la très prometteuse Célecte Ng et vous verrez. Merci aux éditions Sonatine et à Babelio de m'avoir permis de découvrir cet auteur car nous ne sommes pas loin du coup de coeur.
Quand on m'a contactée pour le chroniquer j'ai rapidement fait le calcul : éditions Sonatine = roman noir/polar/policier = romans de qualité = choix éditoriaux approuvés la majeure partie du temps par bibi. Donc revenons-nous en à nos moutons. le roman s'intéresse à la question suivante : comment la jeune et prometteuse Lydia Lee, 16 ans, métisse sino-américaine a-t-elle trouvé la mort ? Suicide ? Assassinat ? Accident ? Comment expliquer la découverte de son corps noyé dragué dans le lac à 5 min de là où elle habitait ?
Tout ce qu'on ne s'est jamais dit déroule le fil de cette macabre découverte qui a chamboulé en quelques minutes le quotidien de sa famille : sa mère Marylin, femme au foyer, pure whasp américaine qui n'a jamais caché sa préférence pour sa puinée, modèle de réussite et porteuse de tous ses rêves brisés, à savoir être médecin ; son père James, prof de fac d'origine chinoise, qui toute sa vie a souhaité s'intégrer parfaitement dans le moule américain ; son frère Nath qui ne rêve que de quitter l'étouffant cocon familial et est sur le point de le faire en intégrant Harvard ; sa petite soeur que tout le monde semble ignorer et qui assiste impuissante à l'éclatement d'une bulle familiale sous pression. Car nous le comprenons assez vite, rien n'est rose chez les Lee. Rancoeurs, non-dits, souffrances et frustrations sont le lot quotidien de tous ces membres. On découvre la dure réalité d'un mariage mixte aux USA (l'intrigue se déroule dans les années 70) et ce que cela implique : regard de l'autre, rejet, racisme ordinaire. On y parle également de rêves brisés, celui d'une femme, Marylin qui a tant souhaité être médecin mais a dû abandonner pour fonder une famille, celui d'une relation fraternelle fusionnelle, celle de Lydia et Nath qui font corps pour affronter le monde extérieur. On apprend à connaître chaque membre de cette fratrie, à les découvrir dans leur complexité. En filigrane, c'est la figure de Lydia qui apparaît et dont personne pas même ses proches ne savent rien finalement, jeune fille discrète et élève modèle sur qui reposent beaucoup d'espoirs : réussite et revanche sur le passé.
Je pourrais dérouler encore 2 pages pour vous parler de ce roman qui m'a beaucoup touchée. Moi qui pensais avoir affaire à une classique (et divertissante) intrigue policière (avec une enquête, des inspecteurs et tout le tintouin) je me retrouve avec un roman aux qualités littéraires indéniables qui est loin de rentrer dans la case du roman noir. Au final, nous nous intéressons moins à comment Lydia est morte qu'aux raisons qui ont fait d'elle la jeune femme mystérieuse et insaisissable qu'elle fut. Céleste Ng a su conquérir mon p'tit coeur de lectrice avec ce tableau de famille brisée porté par une écriture sensible et profonde (chapeau à la traduction d'ailleurs). Tout est juste et d'une maîtrise impressionnante pour un 1e roman. Chapeau madame, j'en redemande !
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nannou71
27 janvier 2017
Un coup de coeur !!!! Un vrai !!!
Une jeune fille de 16 ans meurt, noyée dans un lac.
Nous rentrons alors dans l'intimité de cette famille de 5 personnes : le père, la mère, le fils aîné et les 2 filles. Une famille comme il y en a partout en Amérique. Une famille qui se construit, sur le passé de chacun.
Les parents amènent leur propre vécu, les sentiments et les ressentiments, les rêves et les regrets, de générations en générations... Les enfants se construisent peu à peu, avec leurs propres envies, mais surtout " en traînant des casseroles", celles de leurs parents et grands-parents.
Une famille construite sur des non-dits.
Celeste Ng apporte ici une ambiance pesante. On a mal pour la petite Hannah, on a mal pour Nath, on comprend que Lydia a mal également. Quant aux parents, eux aussi souffrent, en silence !! On aimerait les aider, leur dire de communiquer. Facile à dire !
Ce roman n'est pas un polar, un thriller. C'est un roman qui raconte l'histoire d'une famille ordinaire.
Les pages se tournent les unes après les autres. On est pris dans cette histoire qui pourrait être la nôtre. Construire une famille, élever ses enfants, se réaliser soi-même... Comment ne pas faire d'erreurs, comment voir les personnes de notre entourage telles qu'elles sont réellement, sans transposer nos rêves et nos espoirs ??...
Bravo à Celeste Ng pour ce 1er roman.
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Citations & extraits (78) Voir plus Ajouter une citation
DuzboDuzbo23 septembre 2017
Le lendemain, Marilyn oublierait ce moment : le cri de Lydia, le ton brisé de sa voix. Il disparaîtrait à jamais de son souvenir, car les souvenirs d'un être aimé se lissent et se simplifient toujours, et on se débarrasse des complexités comme d'écailles.
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canelcanel18 juin 2016
Plus tard cet après-midi là, il remarqua une minuscule tache jaune à la pointe de l'orteil de Marilyn. Après avoir cherché un moment, il trouva une bavure sur le mur, à l'endroit où son pied l'avait touché quand ils faisaient l'amour : une trace grosse comme une pièce de dix cents où la peinture avait été effacée. Il ne dit rien à Marilyn, et lorsqu'ils remirent les meubles en place ce soir-là, la commode dissimula la tache. Chaque fois qu'il regardait cette commode, il était content, comme s'il pouvait voir à travers les tiroirs en pin et ses habits pliés la marque que le corps de sa maîtresse avait laissée.
(p. 50)
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canelcanel19 juin 2016
Autrefois, il parvenait à lire l'humeur de sa femme, même quand elle lui tournait le dos. A l'inclinaison de ses épaules, à sa façon de déporter son poids de son pied gauche à son pied droit, il savait ce qu'elle pensait. Mais ça fait longtemps qu'il ne l'a plus observée attentivement, et maintenant, même de face, tout ce qu'il voit, ce sont les rides légères au coin de ses yeux, les rides légères à l'endroit où son chemisier a été écrasé, puis rajusté.
(p. 263)
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namelessnameless26 février 2016
Souvenez-vous que les gens à qui vous parlez s'intéressent cent fois plus à eux-mêmes, à leurs désirs et à leurs problèmes qu'à vous et vos problèmes.

Page 171 - Sonatine
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jeunejanejeunejane27 juin 2017
Alors, chaque fois que sa mère avait demandé : Est-ce que tu veux...? elle avait répondu oui. Elle savait ce que désiraient ses parents, sans qu'ils aient à prononcer un mot, et elle avait voulu les rendre heureux. Et sa mère était restée. Lis ce livre. Oui. Veux-tu ceci. Aime ceci. Oui.
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