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ISBN : 2355846820
Éditeur : Sonatine (05/04/2018)

Note moyenne : 4.1/5 (sur 10 notes)
Résumé :
Ils se sentent à l'abri chez eux ? Cela ne va pas durer.À Shaker Heights, banlieue riche et tranquille de Cleveland, tout est soigneusement planifié pour le bonheur des résidents. Rien ne dépasse, rien ne déborde, à l'image de l'existence parfaitement réglée d'Elena Richardson, femme au foyer exemplaire. Lorsque Mia Warren, une mère célibataire et bohème, vient s'installer dans cette bulle idyllique avec sa fille Pearl, les relations avec la famille Richardson sont ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Stelphique
  05 avril 2018
Ce que j'ai ressenti:…Instantané de féminité…
Clic! L'air ambiant est saturé de monoxyde de carbone, et une chaleur suspecte se fait sentir dans la petite ville de Shaker Heights. le départ de ce feu est une incohérence dans ces lieux idylliques. Ça ne cadre pas avec l'atmosphère si pleine de disciplines et de réglementations utopistes des Shakers. Il est grand temps de déblayer les cendres et les secrets enfouis sous les décombres nés de la saison des feux. L'objectif fait une mise au point, et nous passons en mode zoom pour mettre plus de profondeur à cette scène de désastre carbonisé, grâce à la plume émotionnelle de Celeste Ng. Et nos coeurs de brûler, avec ses instantanés perdus aux flammes…Mais que se passe t-il vraiment dans cette ville où tout y est planifié jusqu'aux moindres détails?
« Toute sa vie elle avait appris que la passion, comme le feu, était une chose dangereuse. Elle devenait si facilement incontrôlable. Elle escaladait les murs et bondissait par-dessus les tranchées. »
Clic! Intime et féminin, rien ne laissait paraître que ce roman noir partirait vers ses eaux instables des relations Mère/Fille, et j'ai donc été agréablement surprise parce que c'est un thème que j'aime particulièrement retrouvé en lecture. Au fur et à mesure, les dames prennent les rennes de cette intrigue, et nous emmène à repenser les différentes formes d'éducation, de filiation, d'amour, de schéma familial. le pouvoir de donner la vie, le devoir de donner de l'affection viennent attiser les feux des liens du sang et c'est toute une couche de mensonges et de sombres mystères que, nous lecteurs, devront observer avec pudeur, derrière les fenêtres de ces maisons à l'apparence si tranquilles…Mères, filles, amantes, amies, voisines, soeurs dans un tourbillon de sentiments souvent déstructuré et volubile, parasite ou fusionnel. Chacune d'entre elles chamboulant la cellule de l'autre, pour donner d'autres vents terribles qui animeront avec plus de force, les passions…
(On en revenait, encore et encore, à la question suivante: qu'est-ce qu'il faisait de quelqu'un une mère? Etait-ce la biologie seule, ou était-ce l'amour?).
Clic! Il y a toute une dualité électrisante dans La Saison des Feux qui est, comme une braise ardente sur le point de s'embraser… Des pôles d'énergies contraires qui se disputent les regards, entre richesse et pauvreté, liberté et contrôle, entraide et indifférence, superficialité et compassion. Tant de différences, de divergences, de cultures qui se racontent dans les sangs, dans l'oeil de l'artiste, dans les lignes de ce roman noir aux rougeoyantes étincelles de ses phénomènes de sociétés délicats. Celeste Ng, tout comme Mia, aime à toucher aux clichés et les transformer de manière artistique, pour nous faire monter les larmes aux yeux…
"Ils ne gâchaient rien, surtout pas leur temps."

Ma note Plaisir de Lecture 9/10
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junko1
  25 avril 2018
Dans le second roman de Celeste Ng, tout commence par... un incendie. Une maison dans une banlieue huppée de Cleveland s'enflamme. A Shaker Heights, où la devise est : "La plupart des communautés se développent au hasard, les meilleures sont planifiées", c'est la pagaille. "Il y avait des règles, de nombreuses règles, qui régissaient ce que vous pouviez pas faire". Une pelouse arborée pour chaque maison, une certaine couleur pour chaque type de maison, même chose pour les boiseries. Bref, dans ce quartier résidentiel, tout est planifié, tout est règlementé, tout est "carré". Pourtant, la maison splendide des Richardson brûle en cette matinée d'été. Les voisins se massent autour de la barrière de sécurité installée par les policiers et les pompiers. Bien entendu, ils parlent. "Il y avait toujours eu quelque chose qui clochait" dans cette famille. Leur fille de 12 ans, Izzy, était un peu cinglée, tout le monde le savait. Et maintenant, Izzy s'était échappée, laissant Madame Richardson seule, dans son peignoir bleu pâle, sur sa pelouse arborée. Que diront les voisins lorsqu'ils apprendront que les locataires de Madame Richardson sont partis la veille au soir ? Diraient-ils aussi qu'elles étaient louches ? Il est vrai que Mia et sa fille de 15 ans, Pearl, sont totalement opposées à la famille Richardson. Que s'est-il passé entre ces deux familles ? Où se trouve Izzy ? Que va faire cette pauvre Madame Richardson, en peignoir bleu pâle à midi passé, les yeux rivés sur sa maison en flammes ?
L'auteure américaine ne répond pas évidemment tout de suite à nos questions. Après l'incendie, s'en suit un long retour en arrière, lorsque Mia et Pearl emménagent dans la maison locative des Richardson. Qu'est-ce qui a pu embraser les esprits ?
La Saison des feux joue sur la dualité tranchante entre Mia et Mme Richardson. Mia est une artiste, une photographe, qui parcourt les quatre coins des Etats-Unis pour ses créations. Elle réalise ses photos, les vend et puis part dans un nouvel endroit. Elle brûle même les photos qu'elle n'a pas vendues avant de prendre le large.
Pearl est obligée régulièrement de changer de lycée, de se faire de nouveaux amis, et cette vie instable ne lui convient plus. Cependant, elle admire sa mère et elle est persuadée que celle-ci deviendra un jour une célèbre artiste.
"Elle serait célèbre un jour, Pearl en était certaine ; un jour sa mère adorée ferait partie de ces artistes, comme de Kooning, ou Warhol ou O'Keeffe, dont tout le monde connaissait le nom. C'était pour ça que, dans un sens, elle acceptait la vie qu'elles avaient toujours menée, leurs vêtements dénichés dans des friperies, leurs lits et leurs chaises de récupération, la précarité de leur situation. Un jour tout le monde verrait le génie de sa mère." (page 40)
Mia et Pearl Warren n'ont presque rien. Elles voyagent léger. Parfois, elles dormaient dans leur vieille voiture et roulaient jusqu'à un endroit qui convient à Mia. Elle trouvait un studio pour elles deux et Mia travaille à côté pour subvenir à leurs besoins. A Shaker Heights, elle est serveuse dans un restaurant chinois. Bref, la vie des Warren est précaire, instable, mais toutes deux arrivent à s'en sortir malgré tout. Lorsque Moody, le deuxième fils des Richardson, invite Mia à entrer chez lui, Pearl découvre un univers qu'elle ne connaît pas :
"Il y avait Mme Richardson qui, dans la cuisine, préparait des cookies - chose que sa mère ne faisait jamais, même si, quand Pearl insistait vraiment, il pouvait lui arriver d'acheter de la pâte sous cellophane qu'elles découpaient en ronds. Il y avait M. Richardson, minuscule sur la large pelouse verte, qui versait avec dextérité du charbon de bois dans un barbecue argenté et brillant. Il y avait Trip, affalé dans le long canapé d'angle, d'une beauté impossible (...). Et il y avait Lexie, face à lui dans une mare de soleil, qui détourna les yeux de la télévision pour les poser sur Pearl tandis qu'elle entrait dans la pièce (...)." (pages 45-46)
Pearl aime tellement les Richardson qu'elle passe de longs moments avec eux. Elle est fascinée par Mme Richardson : "Si elle était apparue sur un écran de télévision, elle aurait semblé aussi irréelle qu'un personnage de feuilleton". Un peu à la manière de Bree van de Kamp. Mia est un peu agacée par l'influence des Richardson sur sa fille, surtout lorsque cette dernière l'interroge sur ses origines, sur son père dont elle ne sait rien. Par ailleurs, Mme Richardson ne comprend pas du tout le mode de vie de Mia : comment peut-elle faire subir la vie d'artiste à sa fille ? Pourquoi fallait-elle qu'elle change régulièrement d'endroit ? Se rend-elle compte qu'elle gâche ainsi la vie de sa fille ? Mme Richardson est persuadée que sa vie, réglée comme du papier à musique, est LA voie à suivre, celle d'une vie exemplaire et heureuse.
"Mme Richardson avait toute sa vie durant vécu une existence ordonnée et bien réglée. (...) Elle avait été élevée pour suivre les règles, pour croire que le fonctionnement du monde dépendait de sa capacité à s'y conformer, et c'était précisément ce qu'elle faisait et croyait. Elle avait un plan, depuis l'enfance, et l'avait scrupuleusement suivi : lycée, université, petit ami, mariage, emploi, emprunt immobilier, enfants. (pages 83-84)
Face à Mia, Mme Richardson est perturbée et décide de l'embaucher comme femme de ménage chez elle, non par charité, mais pour l'observer. Et contre toute attente, Mia accepte de travailler chez les Richardson pour les "étudier", pour découvrir ce qu'ils ont de si fascinant. Ces deux femmes opposées vont donc s'observer, de toiser de loin, essayer de comprendre leurs différences.
Néanmoins, Mia étant introduite dans la vie familiale des Richardson, plus rien ne sera pareil. Pearl vit mal cette "intrusion", Izzy la rebelle se rapproche de Mia. On a l'impression que ces deux personnages échangent leurs places en quelque sorte. L'une veut faire partie d'une fratrie, l'autre veut une mère beaucoup moins stricte, beaucoup moins rigide.
"Pour un parent, un enfant n'est pas une simple personne : c'est un endroit, une sorte de Narnia, un lieu vaste et éternel où coexistent le présent qu'on vit, le passé dont on se souvient et l'avenir qu'on espère. On le voit en le regardant, superposé à son visage : le bébé qu'il a été, l'enfant puis l'adulte qu'il deviendra, tout ça simultanément, comme une image en trois dimensions. C'est étourdissant. Et à chaque fois qu'on le laisse, chaque fois que l'enfant échappe à notre vue, on craint de ne jamais pouvoir retrouver ce lieu." (pages 142-143)
Puis, une affaire éclate dans cette petite ville américaine et prend rapidement une dimension médiatique. le quartier, puis la famille Richardson se divise sur cette affaire.
Cet événement va réellement créer une tension entre ces deux femmes. Une tension qui va crescendo. Un feu qui brûle à l'intérieur.
"Même alors que Mia sentait ce qu'elle était sur le point de déclencher ; une odeur brûlante lui piquait les narines, comme les premières effluves de fumée provenant d'un incendie lointain." (page 143)
Alors que Mia est une femme qui "s'enflamme" vite, Mme Richardson pense que ce feu, cette colère, cette étincelle est néfaste, "une chose dangereuse". En évoquant les émeutes de 1968, Mme Richardson se pose la question : "Fallait-il vraiment brûler l'ancien pour faire place au neuf ?". Faut-il vivre une vie réglée et bien rangée pour être heureux ? Quelle est la bonne voie à suivre ? Et, finalement, y'a-t-il véritablement une bonne voie à suivre ? Celeste Ng nous offre une superbe réflexion sur la maternité, sur la différence sociale, sur les choix que nous avons à faire, sur les combats que l'on doit mener.
Enfin, qu'ajouter de plus sur La Saison des feux hormis qu'il est remarquable, tant au niveau de la structure, du style, des personnages, des histoires de vie. Il n'y a pas d'action, pas d'hémoglobine, mais il y a de la tension, des esprits enflammés, des injustices, des révoltes, des combats. Ce roman est une réussite sur tous les plans.
En bref, La Saison des feux est un thriller psychologique absolument remarquable. Ces deux femmes, ces deux familles, ces deux "mondes" sont fascinants. Secrets de famille, manipulations, faux-semblants, quelques coups bas, la tension va crescendo et nous sommes happés dans l'histoire. Les problématiques liées aux femmes, à la maternité, au racisme même, nous touchent directement et ne nous laissent pas indifférents. Un roman sur les femmes créé par une femme talentueuse.
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LeaTouchBook
  05 avril 2018
*Lecture recommandée par le Picabo River Book Club*
Celeste Ng est une des voix les plus prometteuses de la littérature nord-américaine. Son premier roman était déjà très bon mais ce second est, à mes yeux, sublime.
Il est difficile d'expliquer l'intrigue de ce livre et pourquoi elle nous marque autant. Dans ce roman il n'y a pas de révélations grandiloquentes, pas de mystères implacables mais il y a quelque chose de plus solide, un phénomène, un lien qui se tisse lentement mais sûrement entre le lecteur et l'histoire, entre le lecteur et les personnages. Il n'y a pas véritablement de mot pour décrire cette sensation, je peux juste dire que j'ai adoré ce roman.
J'ai adoré ce roman tout d'abord pour ces personnages. Les portraits de Celeste Ng sont absolument fascinants car elle réussit à dépeindre autant la personnalité des protagonistes que leur histoire personnelle toute entière. Aucun personnage n'aura de secret pour vous et vous verrez progressivement le drame prendre place. J'ai particulièrement aimé le personnage de Mia pour son empathie et sa bienveillance, j'ai aimé Izzy pour son caractère révolté, perspicace et sarcastique... Il y a aussi Pearl qui rêve d'une vie stable et normale, Moody qui rêve de tenir la main de cette dernière, Trip le tombeur, fils prodigue; Lexie la fille sensuelle, Mme Richardson la mère superficiellement parfaite,... Des personnages qui sont tous uniques et qui réveillent en nous des sentiments contradictoires.
Si vous voulez vous faire une idée du style de Celeste Ng, cette dernière est dans la lignée de ces auteurs qui mêlent le social au thriller, un mélange entre Ceux d'ici de Jonathan Dee et Petits secrets, grands mensonges de Liane Moriarty. Ne vous attendez pas à un rythme implacable, à des rebondissements retentissants mais plutôt à un roman d'une grande fluidité, un roman qui réussit à dépeindre tout un pan de la société américaine, qui arrive à illustrer des problématiques, controverses prépondérantes en se concentrant sur un petit microcosme social.
J'ai été particulièrement émue par la fin, par ces destins croisés qui se sont percutés à un moment donné pour que la vie de chaque personnage ne soit plus vraiment la même, parce que parfois lorsque tout a brûlé il n'y a plus qu'à repartir de zéro...
En définitive, La Saison des feux est une pépite littéraire, je recommande vivement sa lecture et n'hésitez pas à rejoindre le Picabo River Book Club pour partager votre avis sur ce livre (car il fait partie de la sélection d'avril).
Lien : http://leatouchbook.blogspot..
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FleurDuBien
  20 avril 2018
Un beau livre.
Ceux qui ont aimé le précédent, Tout ce qu'on ne s'est jamais dit, seront, comme moi, peut-être peu déçus...
Il faut dire qu'il était magnifique cet ouvrage !
Ici, il s'agit des relations familiales, une sorte de thriller psychologique.
Le personnage de Mia est très intéressant, avec une philosophie de vie admirable.
Contrairement à celui de Mme Richardson, femme au foyer psycho-rigide qui veut tout diriger, tout contrôler et qui m'a souvent irritée.
Les personnages sont très finement décrits, avec précision et délicatesse. On y rencontre toute une galerie de portraits ; des adolescents aux parents, en passant par des adoptants, d'une mère chinoise qui veut récupérer sa fille qu'elle a abandonnée, ou bien d'une mère célibataire élevant sa fille.
Une bonne satire de la société américaine aisée, qui se croit tout permis.
Une petite préférence personnellement pour Mia et Izzy, les deux persos les plus attachants.
Un bon livre donc, mais qui ne me laissera pas un souvenir impérissable...
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SagnesSy
  15 avril 2018
Le roman débute sur l'incendie d'une maison, alors que ses occupants, regroupés sur la pelouse, contemplent le désastre. Les Richardson vont devoir se trouver un endroit où vivre, le temps de réparer les dégâts. A rebours, alors, on fait connaissance avec cette famille très comme il faut, image idyllique de la vie de banlieue cossue. Pas n'importe quelle banlieue, d'ailleurs, Shaker Heights, Ohio, est tissée de règles, que ses riches habitants respectent avec docilité et respect. C'est là que Mia et sa fille adolescente Pearl ont décidé de poser bagages, rompant ainsi leur vie itinérante. La confrontation de leur mode de vie avec celui des Richardson va provoquer des étincelles… Un roman addictif qui tient les promesses de son bandeau : Hypnotique, intelligent et brillant, rien de moins, mais pas exagéré pour une fois. On y suit avec grand plaisir les méandres des psychismes de très beaux personnages féminins et chaque page tournée contribue à un suspens qui nous tient en haleine. Beaucoup aimé !
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
missmolko1missmolko1   14 mars 2018
Sometimes you need to scorch everything to the ground, and start over. After the burning the soil is richer, and new things can grow. People are like that, too. They start over. They find a way.
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missmolko1missmolko1   14 mars 2018
Parents, she thought, learned to survive touching their children less and less. As a baby Pearl had clung to her; she’d worn Pearl in a sling because whenever she’d set her down, Pearl would cry. There’d scarcely been a moment in the day when they had not been pressed together. As she got older, Pearl would still cling to her mother’s leg, then her waist, then her hand, as if there was something in her mother she needed to absorb through the skin. Even when she had her own bed, she would often crawl into Mia’s in the middle of the night and burrow under the old patchwork quilt, and in the morning they would wake up tangled, Mia’s arm pinned beneath Pearl’s head, or Pearl’s legs thrown across Mia’s belly. Now, as a teenager, Pearl’s caresses had become rare—a peck on the cheek, a one-armed, half-hearted hug—and all the more precious because of that. It was the way of things, Mia thought to herself, but how hard it was. The occasional embrace, a head leaned for just a moment on your shoulder, when what you really wanted more than anything was to press them to you and hold them so tight you fused together and could never be taken apart. It was like training yourself to live on the smell of an apple alone, when what you really wanted was to devour it, to sink your teeth into it and consume it, seeds, core, and all.
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StelphiqueStelphique   04 avril 2018
Ils ne gâchaient rien, surtout pas leur temps. 
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missmolko1missmolko1   14 mars 2018
To a parent, your child wasn't just a person: your child was a place, a kind of Narnia, a vast eternal place where the present you were living and the past you remembered and the future you longed for all at the same time. You could see it every time you looked at her: layered in her face was the baby she'd been and the child she'd become and the adult she would grow up to be, and you saw them all simultaneously, like a 3-D image. It made your head spin. It was a place you could take refuge, if you knew how to get in. And each time you left it, each time your child passed out of your sight, you feared you might never be able to return to that place again.
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missmolko1missmolko1   14 mars 2018
One had followed the rules, and one had not. But the problem with rules... was that they implied a right way and a wrong way to do things. When, in fact, most of the time they were simply ways, none of them quite wrong or quite right, and nothing to tell you for sure what side of the line you stood on.
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