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ISBN : 2253164933
Éditeur : Le Livre de Poche (08/11/2017)

Note moyenne : 3.7/5 (sur 67 notes)
Résumé :
Au Maroc, la vie de Mona est devenu un calvaire. Elle s’occupe de sa fille, Leila, et de sa mère malade. Al, son mari, a disparu depuis plusieurs mois, peut-être parti en Angleterre pour finir ses études de médecine. Aussi quand l'opportunité d'aller travailler à Londres s'offre à elle, Mona la saisit.

A Londres, Theodora a besoin d'aide. Entre son père qui souffre de la maladie d'Alzheimer, son fils qui passe sa journée devant la télé et son émission... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
nameless
  18 mai 2016
La première, Mona, a fui la misère de son pays, confiant Leila, sa petite fille de 6 ans, aux bons soins de sa grand-mère malade. Roger, riche expatrié londonien au Maroc a ramené la jeune femme dans sa valise diplomatique pour l'offrir à son ex-femme, Dora : « D'après son visa, elle est là pour travailler, point. Elle est à toi. En fait, elle t'appartient. Elle ne peut pas changer d'employeur. Si ça ne marche pas, elle rentre directement chez elle » (p. 27). Si Mona a accepté cette proposition, c'est qu'elle espère secrètement retrouver à Londres, Ali, son compagnon, qui s'y est volatilisé alors qu'il aurait dû y étudier la médecine.

La seconde, Dora, présentatrice d'une émission de radio branchée, vit en compagnie de Leo, son fils renfermé et déprimé, et de Charles, son père, atteint d'Alzheimer, dont l'état de santé nécessite une garde de plus en plus rapprochée. Mona s'occupera de la maison et du malade, libérant Dora qui pourra se consacrer à sa carrière et rencontrer plus aisément Max, son amant marié et médecin américain.

Conformément au titre du roman, voilà les Deux femmes réunies, pour le meilleur et pour le pire, dans la vieille maison bourgeoise de Dora. Après le déjà brillantissime Désordre (paru chez Sonatine en 2013), le remarquable talent de Penny Hancock est pour la seconde fois à l'oeuvre dans ce huis-clos éprouvant et fascinant sur lequel plane constamment l'ombre menaçante du fleuve. Dora et Mona sont de condition sociale et de culture différentes. L'une est la patronne de l'autre, il y a donc un lien de subordination entre elles, comme entre tout employeur et employé. Il s'agit d'une situation banale.

Mais rien n'est jamais simple ou évident avec Penny Hancock. Dès les premières pages, elle rend les femmes interdépendantes, chacune ayant pour des raisons différentes, besoin de l'autre. Le rapport de force silencieux devient rapidement troublant, Mona ayant détecté que Dora a besoin d'elle : « le besoin crée l'opportunité. Cela me donne du pouvoir » (p. 32), et qu'un subalterne « doit faire de petites choses pour se préserver » (p. 235). L'inéluctable drame finira par se produire, et bien malin celui ou celle qui a su deviner sous quelle forme.
Un roman qui met le lecteur sous tension dès son ouverture, au suspense à couper le souffle, psychologiquement et humainement très puissant, qui est également un plaidoyer contre ce nouvel esclavage des temps modernes, qui exploite, martyrise des personnes déracinées, sans autre droit que celui de souffrir dans l'anonymat. Esclavage entériné par le Royaume-Uni le 06.04.12, « les travailleurs immigrés qui s'engagent à suivre leur employeur au Royaume-Uni sont liés à ce seul employeur. S'ils sont exploités ou maltraités, ils auront le choix : continuer à souffrir ou s'enfuir et devenir clandestins ». C'est Penny Hancock elle-même qui apporte cette précision dans une courte note. Elle remercie également Justice For Domestic Workers (J4DW), groupe d'entraide pour les travailleurs immigrés, dont elle fournit les coordonnées :
www.j4sdw.org
www.kalayan.org.uk
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Livresque78
  02 novembre 2015
Deux personnages principaux, deux femmes, totalement opposées, mais qui sont amenées à devoir vivre ensemble et à se supporter pour des raisons différentes, mais primordiales pour chacune.
Tour à tour, on les aime, on les déteste, on les comprend, on a pitié, puis elles nous insupportent...
Une ribambelle de sentiments, qui fait de cette lecture une nécessité, il faut aller au bout, découvrir jusqu'où les choses vont aller.
Ces deux femmes recherchent chacune à combler quelque chose, un manque, à satisfaire quelqu'un, pour elles mêmes devenir quelqu'un de bien.
Une lecture captivante, qui touche à l'imperfection, aux erreurs de parcours, à la naïveté, aux désillusions.
Une trame rondement menée par l'auteure, elle nous embarque dans une spirale, dans un tourbillon. Un livre qui se lit avec une folle rapidité, un plaisir sadique, un certain voyeurisme pour en arriver à une fin digne de ce nom.
On sent rapidement que les choses vont tourner au vinaigre, que la belle relation de départ ne peut pas se poursuivre, on voit les erreurs commises et on tente d'imaginer quelles vont en être les conséquences.
Je ne vous dirai pas laquelle de ces deux femmes j'ai le plus aimé, celle que j'ai le mieux comprise, mais vous ne resterez pas sans rien ressentir, c'est évident
Bref, un livre à lire absolument, une tension qui monte crescendo, un véritable moment de bonheur littéraire.
Lien : https://livresque78.wordpres..
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Stelphique
  27 octobre 2015
Les personnages:
Dora, ou plutôt Théodora, Don de Dieu? C'est une femme trop désemparée par sa nouvelle vie, ses problèmes bien trop lourds à gérer. J'ai apprécié son côté « femme active ».
Mona est une femme en manque de ressources, elle se retrouve obligée d'accepter un poste à l'étranger pour subvenir aux besoins de sa famille. J'ai adoré son côté « oriental ».
Chacune a un quotidien lourd à supporter, on se prend d'empathie pour ses deux femmes vivant dans le monde moderne, avec ce que ça comporte de difficultés à se battre seule.Leur association semble être la meilleure des solutions, jusqu'à ce que la dépendance s'installe….
Ce que j'ai ressenti:
Un choc, Deux versions.
Une danse en Deux temps.
Un portrait de Deux femmes.
Penny Hancock nous offre un duo de femmes à suivre, à apprécier, à détester. C'est tellement humain, tellement travaillé dans la psychologie de ses personnages, qu'elle nous entraîne jusqu'au bout de ses lignes, dans un engrenage d'émotions diverses. C'est quasiment impossible de laisser ce livre de côté, tellement on est happé dans leur mental.
Suivre Théodora, c'est connaître le rôle de la benjamine d'une fratrie, celle d'une femme active débordée, une Londonienne privilégiée, une maman dépassée, une fille à papa qui connaît le revers de la médaille.
Suivre Mona, c'est connaître une femme dans le besoin, perdue dans un pays trop froid, abandonnée par son mari, une Marocaine fière, une maman qui culpabilise, une fille dévouée.
Si au début, la cohabitation parait idéale, parce que chacune a à y gagner, le choc ne va pas tarder à se pointer, car leur culture est trop différente, leur manière de penser également. Mais voir peu à peu le malaise se créer, la pression monter, l'erreur fatale arriver, c'est juste jubilatoire! On sent bien que la mélasse se prépare, on y reste englué et on pédale encore plus vite (enfin les pages tournent presque seules!!!) pour se prendre le coup fatal en pleine tête. Etre menée d'une telle façon, avec talent et lenteur, ne rend que meilleure la dégustation de ce thriller impeccable.
J'ai beaucoup apprécié cette lecture, car elle est à la fois captivante et qu'elle sonne juste. Ses deux femmes sont chacune en manque d'affection et de « rayonnance ». Pouvoir connaître leurs pensées à chacune des deux parties, c'est avoir un plus large panel de ressentis, encore plus de sentiments à partager, plus d'émotions à vivre, malgré la lente noirceur vers laquelle on se dirige. J'ai aimé autant le fond que la forme, cette écriture féminine mais acérée, cette ambiance lourde dans la brume était juste imprégnante…
En bref, rien à redire….Ah si!!!!! Il faut absolument que je lise le premier livre de l'auteure: Désordre!!!!

Lien : https://fairystelphique.word..
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belette2911
  08 février 2016
Deux femmes… L'une – Theodora – a le pouvoir et détient un quasi droit de propriété sur l'autre femme – Mona – une marocaine importée par son ex-mari pour la seconder.
La seconde femme est ce que l'on peut appeler une esclave moderne car elle est attachée à sa nouvelle patronne. Sur ses papiers, elle ne peut travailler QUE pour elle.
Nous ne sommes pas dans un trou perdu du monde à une époque lointaine mais à Londres, en 2015. Ceci n'est pas une fiction, cette horreur est bien inscrite dans le code du travail.
Si j'ai eu de l'empathie pour Mona, pauvre travailleuse qui ne sait pas ce qu'est devenue son mari et qui a dû s'exiler en Angleterre pour faire vivre sa mère et sa petite fille, j'ai tout doucement commencé à haïr Theodora.
Theodora… le don de Dieu, d'après l'étymologie de son prénom. Notre femme BCBG va sombrer, au fil des pages, du côté tellement obscur de la Force qu'elle en aurait fait pâmer de jalousie le grand Dark Vador himself !
L'écriture est assez simple et le fait d'être à deux voix – Theodora et Mona – va nous donner un point de vue plus élargit et faire monter crescendo le côté psychologique du roman ainsi que la tension qui, telle la petite bête, va monter, monter… jusqu'à l'apothéose des 100 dernières pages.
Tout le sel du roman se trouve dans ces deux personnages ainsi que tout ceux qui gravitent autour et dans cette putain de tension qui va s'insinuer entre Theodora et Mona.
Theodora est parano, j'ai d'ailleurs eu maintes fois l'envie d'aller la noyer dans la Tamise tant elle se prenait pour le nombril du monde, la chouchoute à papa et toussa toussa…
Si je ne l'ai pas fait parce que sa psychologie de cette Méchant Madame est magnifique ! Sa mauvaise foi, son déni… j'en avais les jambes coupées, la gorge nouée, le plexus bloqué et dans ma tête tournait ce « Non, c'est pas possible ».
Au début de ma lecture, j'avais cru entrevoir la fin, mais dans ces fameuses 100 dernières pages, l'auteure m'a asséné un coup de masse comme s'en prenait le pauvre Nicky Larson dans le manga (j'ai de la culture, moi, mâdame !).
Putain, quel duel… digne des meilleurs westerns, mais sans les révolvers… bien que les coups portés fassent mal. Très mal.
Un roman qui se déguste et dévore dans un divan confortable, un plaid sur soi car les frissons arriveront bientôt pour ne plus vous quitter jusqu'à la fin. Et encore après.
Un roman à l'ambiance aussi lourde que le buste de la maman de Theodora. K.O en 421 pages. Soigneur, venez me relever !

Lien : https://thecanniballecteur.w..
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Ydamelc
  21 décembre 2015
Un thriller psychologique comme je les aime.
Personnages énigmatiques, petits et grands secrets, ambiance pesante, apparences trompeuses, rapports complexes, insidieux, esprits torturés...
Un roman où la tension est présente d'un bout à l'autre.
Un final qui m'a extrêmement surprise, me poussant à relire un passage et à me dire "Bien joué Penny Hancock ! Vous m'avez bien entourloupée! Malin ! Très malin !"...Allez... J'en dis trop...
Laissez vous tenter par le portrait de ces Deux femmes, vous ne serez pas déçu...
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Citations et extraits (44) Voir plus Ajouter une citation
namelessnameless   16 mai 2016
C'est comme quand vous laissez votre enfant à la crèche pour la première fois. Accepter qu'un autre adulte vous remplace. Ne pas laisser votre petit voir que c'est aussi dur pour vous que pour lui. Vous taire en constatant que vous n'êtes plus le centre de son monde, et qu'un autre prend votre place. C'est dur, mais nécessaire.

Page 65 - Sonatine
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StelphiqueStelphique   26 octobre 2015
Il est minuit. Non, beaucoup plus tard. Cette heure de la nuit où le monde est enténébré, et le froid si intense que c'est comme si l'humanité tout entière se retrouvait au fond d'un puits.
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rkhettaouirkhettaoui   28 novembre 2015
Nous ne prenons pas le temps de nous dévêtir quand nous sommes dans nos ébats passionnés, rapides et intenses. Plusieurs fois, nous ne nous sommes même pas déshabillés, trop pressés d’être l’un dans l’autre. Parfois, je rentrais chez moi en guenilles, chérissant cette sensation de débauche sensuelle qui embellissait mon trajet du matin parmi les banlieusards, lesquels, j’aimais à l’imaginer, n’avaient jamais connu de passion comme la nôtre. Je goûte secrètement le fait que nous sommes uniques dans notre désir charnel.
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rkhettaouirkhettaoui   28 novembre 2015
Que vivre seule dans un pays étranger où l’on ne sait ni lire ni écrire la langue vous donne l’impression d’être un enfant vulnérable et hésitant. Quand vous ne savez pas à qui faire confiance, que vous pensez que les autorités se méfient de vous, au point que vous rasez les murs dans l’espoir de ne pas vous faire remarquer ?
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rkhettaouirkhettaoui   28 novembre 2015
C’est mon plaisir secret. Je ne l’avouerai jamais à mes amies obsédées par les derniers produits bio à la mode, toutes scotchées à des émissions culinaires le soir, ou au régime. Donnez-moi du pain de mie et du fromage à tartiner, et je suis au paradis.
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