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ISBN : 2804160459
Éditeur : De Boeck Supérieur (25/06/2010)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 2 notes)
Résumé :
Extrait de l'introduction

Sans m'en apercevoir, je luttais pour garder séparés mes deux mondes. Sans même savoir pourquoi, je m'assurais, chaque fois que je le pouvais, que rien ne franchissait le cloisonnement que j'avais créé entre l'enfant de jour et l'enfant de nuit.
Marilyn Van Derbur (2004, p. 26)

Les traumatisés chroniques sont pris dans un terrible dilemme. Il leur manque la capacité intégrative et les aptitudes mentales ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Bruno_Cm
  14 juillet 2014
Si vous pensiez que l'être humain est un être complexe et compliqué, un animal complexe et compliqué, ce livre vous le confirmera et même en rajoutera sa couche. Eclatement du cristal, facéties du joyau, fractales et abîmes, tenter de comprendre ce travail d'orfèvre est une gageure, définitive. le propre de l'homme, c 'est-il pas l'impossible ?
Ce livre est en effet assez interpellant. Il se veut premièrement une re-simplification ou re-formulation assez définitive (au sens de définition) de la dissociation structurelle. J'ai envie de dire : ni gagné d'avance, ni réussi au bout du compte. Tout reste compliqué à l'excès.
Quelque part c'est le propre de ce genre de livre scientifique, qui s'adresse avant tout aux professionnels, de tenter cela. Moyennement convaincu.
Le livre a les forces de ses faiblesses et les faiblesses de ses forces.
Les défauts sont pour moi le trop plein de répétitions, qui sont en fait plutôt des variations sur le même thème, mais que je n'aime plus supporter. D'aucuns seront ravis au contraire, car la matière est tellement ardue et dense que les répétitions aident à la maîtrise (comme dans n'importe quel apprentissage).
Le livre manque encore un peu de descriptions et exemples cliniques. On ne visualise ou imagine pas nécessairement si bien que ça de quels patients on parle. Or, pour accrocher et convaincre, quoi de mieux...
Le vrai manque, le vrai problème du livre est à mes yeux qu'en tentant une nouvelle définition des choses, leurs auteurs semblent presque nous dire à tous : vous étiez dans l'erreur depuis tant d'années, vous avez fait n'importe quoi, au mieux du flou au pire... Et ils ajoutent ensuite : voilà ce que sont vraiment les gens. Oui, mais quels gens ?? Qui est réellement TDI (Trouble Dissociatif de l'Identité), DDNOS (Trouble dissociatif Non spécifié)... ça à la limite, passe encore. Mais pour les autres variantes, on a tous l'impression de s'y retrouver, partiellement, par moments, on a tous l'impression d'avoir rencontré des gens qui sont partiellement, par moments un peu autre, qu'ils expriment autre chose autrement d'eux-mêmes, mais quand peut-on parler d'identité autre, de personnalité autre, de Personnalité Emotionnelle... Ca reste non-évident...
Et, quelque part, ça ne change pas grand chose à l'affaire de sortir une définition ultime... Car il n'y en a pas, nous ne sommes jamais que dans la métaphore, qui porte peu ou prou.
Du même coup le traitement proposé est incroyablement compliqué, j'ai envie de dire impossible, à suivre selon les lignes proposées. Un travail en trois phases, qui peuvent plus ou moins se recouvrir... Un travail qui demande un temps in-fini, des qualités thérapeutiques extraordinaires, qui peuvent hélas, grand défaut, paralyser pas mal de thérapeutes un peu en manque de confiance. Ce livre donne plus de défiance qu'il n'apporte de confiance. (En même temps, ça évacuera pas mal de parasites ou de mauvais travailleurs.) Est-ce vain (ou vaniteux) d'oser s'attaquer à de telles problématiques ? le choc de la prétention et du prétentieux. Oui sans doute mais non, osons, Joséphine !
Par contre le très grand intérêt du livre est qu'il nous pousse un peu à réfléchir un peu plus à ces différences internes et parfois réellement impressionnantes que l'on peut rencontrer chez les individus, et nous propose de ne pas nous en effrayer et de les accueillir, de ne plus juger ou moins juger des comportements totalement inexplicables d'une personne, comme si elle n'avait pas entendu, compris, comme si elle se fichait de nous... Bienveillance ultime au lieu de définition ultime, voilà bien ce que je retiens de ce livre. Les explications des différents phobies spécifiques ou spécifiquement développées chez les « survivants » (mais ceci dit de nouveau qui est « survivant »?!) sont absolument passionnantes et très éclairantes. Etre éclairé est le meilleur adjuvant de la bienveillance.
Le livre donne aussi de l'espoir, puisqu'en redéfinissant et revisitant certaines des étiquettes habituellement considérées comme peu curables ou incurables, il redonne sa chance à la thérapie (et au thérapeute, et au patient).
Pour le reste, je vous laisse vous amuser dans les complexités théoriques de la dissociation et des troubles apparentés, je vous laisse voyager, vagabonder, dans les phases de traitements impossibles à appliquer car de une tous les cas sont différents (les auteurs l'accordent) et donc le traitement s'adapte et, surtout, qui dispose du cadre physique et temporel pour appliquer, concrétiser un tel dispositif de traitement ?
Plus on apprend sur l'être humain, ce en quoi participe cet ouvrage, plus on a l'impression d'une totalité contenue, d'une telle potentialité, que ça donne envie de détourner ainsi une idée bien connue : qui soigne un homme, soigne l'humanité entière. Imaginons alors, rêvons alors : « si » « on » « pouvait » « guérir » « un » « homme »...
J'ajoute et termine en insistant sur le fait que les auteurs sont conscients de leurs atouts et faiblesses, ils sont conscients qu'ils manquent encore de validation scientifique, ils ne présentent pas de thèse mais des hypothèses (même si ils sont plus que convaincus) et ouvrent leurs portes aux collaborations, aux ajouts, commentaires qu'on pourrait leur apporter. En ce sens, ce livre est un vrai livre scientifique, qui peut avoir de la prétention sans être prétentieux. Ca c'est réussi, et ça j'aime beaucoup.
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Citations et extraits (103) Voir plus Ajouter une citation
Bruno_CmBruno_Cm   10 juillet 2014
... beaucoup de parties dissociatives se redoutent, se méprisent ou se comprennent mal les unes les autres. Quand au cours de leurs interactions, elles expriment leurs émotions ou leurs pensées préréfléchies, il s'ensuit parfois des boucles de feedback négatif sans fin, qui peuvent finir par mener la personne à un épuisement post-traumatique.
Sally, une étudiante de troisième cycle souffrant de DDNOS [Trouble dissociatif non spécifié], entendait une voix critique qui la traitait d'imbécile chaque fois qu'elle essayait de finir d'écrire un difficile rapport de recherche. La PE [Personnalité Emotionnelle] à qui appartenait cette voix avait secrètement peur d'un échec (phobie de la prise saine de risques) et sabotait donc le travail de la PAN [Personnalité Apparemment Normale] de Sally. Quand la PAN entendait la voix de la PE, qui était devenue un stimulus conditionnel intéroceptif pour elle dans la mesure où elle renvoyait à une critique violente, son action substitutive préréfléchie était de se mettre à boire pour noyer cette voix en elle, avec pour résultat que Sally, ivre, ne finissait pas son rapport. Cette voix redoutée et méprisée revenait alors avec une violence renouvelée, pleine de rage contre l'échec de Sally qui éveillait en elle une honte massive. Plus la PAN de Sally entendait la voix, plus elle se sentait déprimée et nulle. Pour éviter ces sentiments, elle continuait à boire, ce qui menait à de nouvelles réprimandes internes de la PE. Sally fut finalement hospitalisée pour toxicomanie et tendances suicidaires.
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Bruno_CmBruno_Cm   12 juillet 2014
Travailler avec une phobie des besoins.
Souvent, les patients sont extrêmement effrayés ou honteux de leur profond désir, de leur besoin humain d'amour et de contact, car ce désir et ce besoin n'ont jamais reçu de réponse adéquate ; ils les nient, en conséquence, pour prévenir déception et sentiments de rejet. Le travail le plus difficile en thérapie est souvent d'aider les patients à réorganiser, accepter et personnifier leurs besoins, et de leur apprendre à y répondre de manière adaptée. Le traitement consiste en une psychopédagogie des besoins de base que partagent tous les humains (se reposer, jouer, travailler, aimer et être aimé, avoir de l'attention et de l'aide lorsque c'est approprié, etc.) et une exposition progressive des différentes parties aux besoins les unes des autres, puis en une acceptation et d'une personnification mutuelles.
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Bruno_CmBruno_Cm   06 juillet 2014
... le thérapeute peut fréquemment faire remarquer au patient que, même si une partie est amnésique de ce que fait une autre partie, toutes deux restent des aspects d'une même personne : "Même si cela ne vous semble pas être le cas, c'est une partie de vous-même. Pouvons-nous trouver un moyen pour comprendre un peu mieux cette partie de vous ?" Le thérapeute peut encourager le patient à réfléchir davantage et à expérimenter consciemment, en commençant par poser des questions "si - alors" : "Si vous vous rappeliez, [alors] qu'imaginez-vous qu'il se passerait ?" ; "Si vous m'exprimiez vraiment votre colère, comment croyez-vous que je réagirais ?" Ces questions permettent de tester si les attentes catastrophiques vont avoir lieu ou non. Quand le survivant réalise les peurs qui bloquent ses actions adaptées, il a déjà fait un grand pas vers l'intégration.
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Bruno_CmBruno_Cm   30 juin 2014
Les survivants ont besoin de beaucoup d'aide pour personnifier leurs expériences, à la fois sur le moment et dans la durée. Il s'agit là d'une composante essentielle de la réalisation, qui sera développée tout au long de la thérapie. On soutiendra l'élévation du niveau mental de toutes les parties dissociatives jusqu'au moment où elles pourront personnifier les expériences d'autres parties. Chaque partie doit donc, en dernier ressort, être capable de réagir au moment présent que vit la personne tout entière et à son histoire globale, et pouvoir dire : "Voilà ce que j'ai vécu, ce que j'ai ressenti, il s'agit de mon corps, de mon histoire."
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Bruno_CmBruno_Cm   23 juin 2014
On sait que de nombreux souvenirs traumatiques sont exacts et que leur véracité peut être prouvée. Cependant, on a également la preuve que les souvenirs traumatiques doivent être considérés comme des reconstructions plutôt que comme des reproductions, ce qui est d'ailleurs vrai de tous les souvenirs. Par exemple, les individus qui revivent un souvenir traumatique ajustent leur comportement, jusqu'à un certain point, aux circonstances sociales et environnementales présentes, ce qui indique qu'il ne s'agit pas d'une réplique exacte de l'événement traumatisant. Lorsqu'une femme traumatisée se fige au cours d'une séance de thérapie, elle adapte son corps à la chaise dans laquelle elle est assise, ou bien, quand elle est engagée dans un comportement d'agression, elle frappe un coussin, et non le thérapeute.
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